‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 84 sur 171 · PRÉPARATIFS DE LA LEVÉE DU SIÈGE · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE LA LEVÉE DU SIÈGE

rentrer en Égypte ; la saison des débarquements m’y rappelle.

« Encore quelques jours et vous aviez l’espoir de prendre le pacha même au milieu de son palais; mais dans cette saison la prise du château d’Acre ne vaut pas la perte de quelques jours ; les braves que je devrais d’ailleurs y perdre sont aujourd’hui nécessaires pour des opérations plus essentielles.

»( Soldats! nous avons une carrière de fatigues et de dangers à courir; après avoir mis l’Orient hors d’état de rien faire contre nous cette campagne, il nous faudra peut-être repousser les efforts d’une partie de l’Occident.

« Vous y trouverez une nouvelle occasion de gloire et si, au milieu de tant de combats, chaque jour est marqué par la mort d’un brave, il faut que de nouveaux braves se forment et prennent rang à leur tour parmi ce petit nombre qui donne l’élan dans les dangers et maîtrise la victoire.

« Bonaparte. »

On fit jeter à la mer différents objets qu’on prévoyait ne pouvoir emporter et l’on enterra près de l’ambulance une des pièces de 24 qu’on voulait conduire à Tantourah et dont l’affût se brisa. Les deux autres continuèrent leur route.

Le 29 (18 mai), on tira un peu de canon de part

et d’autre; on mit des pièces de campagne à la place des pièces de siège qu’on avait retirées, afin que l’ennemi pût moins se douter de notre retraite. On donna ordre de jeter à la mer les pièces de 18 et quelques pièces de 12, et une grande quantité de boulets qu’on ne pouvait tirer faute de poudre. On fut obligé, pour faire des cartouches d’infanterie, de ramasser tous les registres et livres qui étaient dans le camp et de prendre la poudre des cartouches à boulet ; depuis plus de quinze jours, on avait toujours été à la veille de manquer de cartouches d’infanterie.

Mon frère partit le soir dans une litière avec quelques autres officiers d’état-major blessés; il devait s’embarquer à Tantourah ; mais il se trouva si mal qu’il ne put le faire; il y campa.

Le 30 (19 mai), on délivra à l’armée les vivres pour quatre jours. On tira le soir des bombes et des boulets de toutes les bouches à feu qui étaient encore en batterie. Après que celles de siège eurent consommé les munitions qui leur restaient, on les retira pendant la nuit et on les jeta à la mer, ainsi que beaucoup d’autres attirails que nous ne pouvions emporter.

On organisa l’artillerie des divisions. Elle fut principalement composée de pièces de 4; il y en avait quelques-unes de 3, de 5 et de 8; le tout formait une quinzaine de pièces.

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