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ÉVACUATION DES BLESSÉS A TANTOURAII

l’armée et de ne point l’abandonner ; nous eûmes bien souvent ce spectacle déchirant.

Nous côtoyâmes le bord de la mer assez longtemps, et sur les neuf heures, nous arrivâmes à un endroit nommé Atlit ou le Château Pèlerin ; on y trouve une enceinte en pierres de taille d’une grosseur extraordinaire ; elle est si épaisse que deux voitures y pourraient rouler de front; on trouve encore un vieux château en ruines et quelques belles citernes ; il y a là une petite baie; cette place fut bâtie par les Croisés et dut être très forte; on ne sait pourquoi l’on construisait avec autant de solidité dans un temps oùles moyens d’attaque étaient bien peu vigoureux. Nous vîmes dans les environs des ruines, ce qui annoncerait assez qu’il y eut une petite ville; la position est fort belle, il y a là beaucoup d’arbres et de verdure ; nous nous arrêtâmes un instant et nous continuâmes notre route dans un chemin assez agréable, au milieu d’arbustes et sur une espèce de gazon; nous passâmes dans quelques endroits sur des rochers et sur un terrain pierreux.

A 2 lieues d’ Atlit, nous trouvâmes de fort belles citernes, dont l’eau était excellente; il faisait chaud, nous étions très altérés, d’ailleurs nous avions toujours bu de mauvaise eau devant Acre.

Nous aperçûmes à midi Tantourah, et nous \

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arrivâmes à une heure; il n’y a là aucun autre édifice qu’une espèce de fort carré avec des tours aux angles.

Nous fûmes extrêmement surpris de trouver là presque tous les blessés ; on n’entendait que gémissements de tous côtés; la plupart n’étaient pas pansés depuis plusieurs jours.

Je m’informai de suite de ce qui m’intéressait beaucoup, de mon frère; j’appris avec une grande satisfaction qu’à la suite d’une opération à l’épaule gauche qui avait arrêté les hémorragies el fait sortir la balle, il s’était trouvé beaucoup mieux et était parti, la veille, en meilleur état qu’il n’avait encore été.

On embarqua dans la soirée une faible partie des malades sur des djermes et autres petits bâtiments. On ne put évacuer que bien peu des objets d’artillerie que nous avions envoyés; on fut occupé toute la nuit à en jeter à la mer et à en enterrer. Nous fumes obligés de renoncer à emporter les deux pièces de 24 qui nous restaient; on les enterra sur le bord de la mer.

L’arrière-garde arriva le soir sans avoir été inquiétée; elle n’avait pas même aperçu l’ennemi de loin.

Le 2 prairial (21 mai), nous couchâmes à Tantourah.

Le 3 (22 mai), l’armée ne pouvait continuer

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