CAMPEMENT SUR LES RUINES DE CÉSARÉE
sa marche avant l’évacuation des malades, et l’on était dans le plus grand embarras au sujet des moyens de l’effectuer. On fit encore jeter beaucoup d’attirails d’artillerie à la mer pour rendre disponibles des chariots à munitions ; le général en chef ordonna que tout le monde irait à pied et que tous les blessés qui pouvaient monter à cheval partiraient de cette manière; une partie de la cavalerie fut démontée. Les plus faibles des malades ou blessés furent couchés sur des baudets et. soutenus par des soldats. On parvint enfin à tout mettre en route, à l’exception de quelques pestiférés prêts à mourir qu’on abandonna.
A deux heures et demie, nous nous mimes en route; je montai sur mon dromadaire; j’avais donné mes chevaux pour les blessés.
Nous eûmes à passer, en sortant de Tantourah et aune lieue plus loin, des torrents peu considérables. Nous arrivâmes avant la nuit à Césarée et nous campâmes sur des ruines au milieu des débris de colonnes de marbre et de granit. Ces ruines sont celles de la ville de Césarée bâtie parHérode; mais il reste encore des fortifications construites par les Croisés, un beau carré avec des espèces de tours bastionnées aux angles et de petites tours le long des courtines, un fossé et une contrescarpe, le tout
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assez bien conservé et d’une solidité extraordinaire. On aperçoit dans la maçonnerie des colonnes entières prises dans les ruines de l’ancienne Césarée. Il y a dans l’intérieur de cette place une église et de belles citernes ; nous en trouvâmes l’eau délicieuse. En dehors du fort et du côté de Tantourah on voit les restes d’un long aqueduc.
11 faisait chaud, et nous étions fatigués; nous nous baignâmes dans la mer près de laquelle nous étions campés ; c’était d’ailleurs une précaution qui n’était pas inutile pendant une marche au milieu des pestiférés. Nous en avions un très grand nombre qui suivaient l’armée, soit qu’ils fussent convalescents ou que, commençant à avoir la maladie, ils eussent encore la force de marcher.
Le 4 prairial (23 mai), nous partîmes de fort bon matin de Césarée. Nous trouvâmes près de là un bâtiment échoué sur la côte et qui nous parut encore en assez bon état ; nous marchâmes longtemps sur le rivage dans des sables qui offraient beaucoup de difficultés â l’artillerie. Sur les dix heures nous fûmes attaqués par de la cavalerie des Naplousains réunis à des Arabes; ils se contentèrent, après avoir tiré quelques coups de fusil, de caracoler sur la crête d’un rideau que nous avions à notre gauche. Deux