DÉPART DE JAFFA
la ville une contribution. Beaucoup de pestiférés se sauvèrent des hôpitaux et venaient sur le passage du général en chef solliciter pour qu’on ne les abandonnât pas; on donna des chevaux à plusieurs, qui bientôt succombèrent de fatigue et tombèrent sur la route.
La division du général Kleber formant l’arrière-garde partit deux heures après nous. On s’étendit dans la campagne pour pouvoir détruire toutes les moissons; nous laissâmes partout des traces de feu. Nous arrivâmes, vers les trois heures, dans un endroit où l'on trouve les restes d’un pont; l’artillerie y passa difficilement1. A la nuit, nous nous égarâmes et ce fut après avoir bien longtemps sonné le ralliement et fait des grands feux que les guides, que nous avions perdus dans de mauvais chemins, nous rejoignirent. Je ne campais plus; nos chameaux devenaient si faibles que j’avais pris le parti de brider ma tente et plusieurs de mes effets en partant de Jaffa. Les nuits étaient fort douces, et nous trouvions beaucoup de pailles dans lesquelles on pouvait bien dormir.
Le 10 (29 mai), nous nous mîmes en route au soleil levant. A onze heures, nous étions arrivés à un village assez bien bâti, â 5 lieues de Gaza2.
1. L’armée campa à Ebneh, village situé sur la rive gauche du Rubin ; le passage de ce petit fleuve fut assez difficile.