‹ Journal de l'expédition des portes de ferChapitre 3 sur 17 · IL · texte numérisé non relu

IL

ilnn U terre . «ni n»fa md*M par lr«r MMMMt

rûses des palmist et la tente elle-

; ) lusse s \ tenir décos misérables demeures

» pan t par Touverti

l s’appuyant aux • > *»* m i #*-

ORAN

Le retour de Mez-er-Ghin à Oran s'effectuait en trois quarts d’heure, avant le coucher du soleil, à travers les palmiers nains, sous une jolie brise de mer chargée des parfums de tous les jardins quelle vient de rafraîchir.

Les montagnes apparaissent au loin comme des blocs de bois de campêche ou d’acajou, et, à mesure que le soleil s’abaisse, la campagne passe par toutes les nuances les plus chaudes du jaune, du cinabre et du brun.

La mer, parsemée de barques aux blanches voiles, ne laisse pas apercevoir une seule ride. Oran se montre enfin, avec ses terrasses garnies de femmes et de fleurs. La ville est en habits de fête comme la nature. Quelques heures encore, et tout ce tableau, éclairé d’un autre jour, dormira, calme et charmant aux yeux, dans cette lumière blanche et un peu azurée de la lune, qui donne tant de charme aux soirées des climats chauds.

Il y avait à la Casbah un grand dîner suivi d’un bal. Mustapha, dans son burnous blanc, décoré de la croix d’officier de la légion d’honneur,

ORAN

était assis au banquet à la droite du prince, et, près de Mustapha, Ben-Cadour, autre guerrier

renommé. Au bal, les femmes indigènes ne pouvaient être représentées que par les juives, heureuses d’étaler pour la première fois, dans une fête européenne , d’élégants et somptueux vêtements couverts d’or et de pierreries; mais elles ne dansaient pas. Dans les contrées ardentes du Midi et de l’Orient, où le repos passe, avec quelque

ORAN

raison, pour le plus parfait des plaisirs, la danse n’a d’autre mérite que d’amuser les yeux. On voit danser.

Il est presque inutile de dire que l’attention des militaires européens s’était principalement fixée, pendant toute la soirée, sur le vieux Mustapha Ben-Ismaïl, ce brave compagnon de nos armes, dont le nom se mêle à la plupart des succès de l’armée d’Afrique : son œil aigu et pénétrant; son nez recourbé , qui lui donne quelque chose de la physionomie d’un épervier; l’expression vive et mâle encore de cette nature énergique, qui porte sans effort le poids de quatre-vingts hivers, décèlent une de ces organisations fortement trempées qui semblent avoir été formées pour les batailles et pour la gloire. Lorsque les Français prirent Alger, en i83o, et firent appel à la haine des Arabes contre les Turcs, ils trouvèrent de l’écho dans le prince d’Oran ; le vieux cheikh et marabout Mahiddin, père du trop célèbre émir Abd-el-Kader, leva l’étendard de la révolte contre le bey; l’élan de la population arabe triompha de la bravoure et de la discipline turques; l’insur-

ORAN

rection gagna le pays et la ville même de Tlemcen, où commandait, en qualité d’aga, un septuagénaire intrépide et robuste : c’était Mustapha Ben - Ismaïl. Sans communication avec le bey d’Oran , prince tunisien dont la puissance éphémère et nominale avait succédé à celle du bey turc Hassan; dénué de toutes les ressources, à l’exception de celles qu’il pouvait trouver dans son courage, Mustapha entreprit de résister avec deux ou trois mille Turcs ou Coulouglis, de tout sexe et de tout âge, dans une ville où ses ennemis composaient plus de la moitié de la population , à l’insurrection universelle des Arabes. Il avait pour cela cinq cents fusils tout au plus, et une place fermée à tous secours. Pendant cinq ans et demi cependant, Mustapha soutint sur les murs et dans les rues de Tlemcen un siège non interrompu contre les peuples de la province d’Oran , de Maroc et du désert , qui se succédaient avec une infatigable obstination sur un champ de bataille toujours occupé : lutte héroïque et patiente, qui ferait honneur aux troupes les plus aguerries, et qui ne s’explique à l’esprit

œatyjf tfapkiæi siüra-asoïsmaiL.

la puissance éphé-

i< ' 'I' a < die du bey

>**\s les ressources, à

i J pouvait trouver dans

|f|ia entreprit de ri 'Mi'i a\eç Turcs ou Coulougiis, de tout

- ^e, dans une ville où ses enne-

•posaient plus de la moitié de la populansurrection universelle des Arabes. 11 la cinq cents fusils tout au plus, et .wp à 1- us secours. Pendar.i • »«*<{ I ». riant , Mustapha soutint sur les

es de Tlemcen un siège non s peuples de la province i ^ert , cpii . .

i I esprit

^ Inl AV § IU ISÆ

ORAN

que par la constance invincible des musulmans, accoutumés à tout braver et à tout souffrir. Elle offrit toutefois, on le croira sans peine, bien des chances et bien des fortunes diverses. Plusieurs fois les Arabes parvinrent à refouler jusque dans un quartier du méchouar de Tlemcen les Coulouglis chassés de rue en rue, de ruine en ruine,

et chaque fois la valeur persévérante et désespérée des soldats de Mustapha Ben-Ismaïl leur rendit en peu de temps la possession du terrain qu’ils avaient perdu. Pour comprendre cette guerre de

ORAN

tous les jours au cœur d’une ville africaine, il faut se faire une idée de Tlemcen, vaste amas de ruines romaines et mauresques, ville immense, mal peuplée de rares habitants, issus de races différentes, cantonnés dans quelques quartiers, et nourris dès l’enfance, de génération en génération , à se disputer la propriété exclusive du cadavre de cette vieille cité, qui fut la capitale de la Mauritanie.

L’autorité du cheikh Mahiddin passée aux mains d’Abd-el-Kader son fds, celui-ci obtint du gouvernement français le titre d’émir et les conditions d’une paix qui devait nous être bien funeste. Abdel-Kader en profita pour appeler tous les Arabes au siège de Tlemcen , où il fut vaincu. Mustapha, maître de sa tente et de son cheval, était près de le saisir, quand un ordre des Français l’arrêta, et vint réduire à l’inaction cette brave milice turque , dont la valeur impassible balançait , seule , un pouvoir déjà rival du nôtre, et que venaient de créer nos efforts aveugles et persévérants. La garnison du méchouar garda cependant la place, et continua la guerre des rues pendant deux ans

ORAN

encore, en combattant tous les jours; et ce ne fut qu’en janvier 1 83 6 que Mustapha livra la ville au maréchal Clauzel.

Depuis l’occupation de Tlemcen par l’armée française, le vieux capitaine servit fidèlement dans ses rangs, avec une bravoure et des talents militaires qui lui méritèrent le grade de maréchal de camp et la croix d’officier de la Légion d’honneur. A la Tafna, il contribua au salut d’une colonne française. A la Sickak, il fut blessé

en enfonçant l’infanterie arabe. Plus nouvellement, suivi de ses fils, dont le dernier n’avait que sept ans, il mit en déroute, dans diverses

ORAN

rencontres, les cavaliers d’Abd-el-Kader, et plusieurs périrent de sa main. Le récit de tant de beaux faits, que nos soldats se racontaient les uns aux autres, avec de curieux détails, comme les guerriers d’Homère, prêtait ainsi à cette veillée de repos et de plaisirs quelque chose de la solennité d’un épisode de l’épopée antique.

Le mercredi 2 5 septembre le prince commença la journée par une revue des excellentes troupes qui sont placées sous les ordres du colonel Devaux. Là se déployaient deux bataillons du quinzième léger, deux bataillons du premier de ligne, le premier bataillon léger d’Afrique \ plusieurs compagnies de pionniers, six pièces de campagne, six pièces de montagne, une batterie de réserve sans matériel, une compagnie du génie, et, en cavalerie, cinq escadrons du deuxième de chasseurs, magnifique régiment du colonel Randon ; quatre escadrons de spahis , et le train : tout cela était imposant d’aspect, bien portant, bien tenu, bien exercé, brillant de jeunesse et de cou-

1 Ce bataillon s’est rendu célèbre , depuis l’époque à laquelle appartient cette relation, par la belle défense de Mazagran.

ORAN

rage, admirable d’ordre, de précision et de discipline. Après la revue de cette notable et digne portion de notre brave armée africaine , défdèrent, dans un ordre bien moins régulier sans doute, et nécessairement fort bizarre aux yeux d’un Européen, les nombreux guerriers des tribus alliées, Douares et Smélas, conduits par Mustapha et El- Mezari, et qui s’étaient tenus jusqu’alors derrière le front de la division. Puis recommença l’infaillible fantasia, exécutée dans une proportion énorme par cent cinquante cavaliers à la fois, détachés tour à tour de cette multitude confuse et sauvage, qui se précipite dans l’espace en poussant d’horribles cris, en livrant aux vents les plis de ses larges burnous, et en faisant voler sous les pieds de mille chevaux impétueux le sable rouge et brûlant de la plaine.

Le jeudi 26 septembre, à cinq heures du matin , on quitte la Casbah ; on laisse de côté ce fort de la Mouna, degré inférieur des fortifications de l’ouest, et on suit le chemin neuf ouvert en grande partie dans le roc vif, par les soins du génie , pour établir une communication facile

OttAN.

entre Oran et Merz-el-Kebir. Merz-el-Kebir, où l’on arrive à six heures, et qui a conservé ses fortifications espagnoles, est le véritable port d’Oran, dont la rade n’est pas abritée.

Le vent était favorable ; le Phare et son équipage prennent rapidement la direction d’Alger.

Vers midi le golfe achève de dessiner son anse profonde, large croissant au fond duquel repose Mostaganem. Le bâtiment cingle sous de larges cavernes dans lesquelles on assure que les lions viennent chercher un abri pendant la saison des pluies. La côte n’offre plus çà et là que les tombeaux des santons, placés toujours, selon l’usage, sur les points les plus élevés. La terre s’étend jaune et nue jusqu’à l’horizon des montagnes bleues qui la séparent du désert.

OBAN.

Le vendredi 27 on aperçoit Sidi-Feruch, où

débarquèrent les Français en i83o, sous les ordres du général Bourmont, entreprise aussi habile dans sa conduite et aussi grande dans son accomplissement quelle avait été hardie dans sa conception, et qui ne s’effacera jamais de la mémoire des hommes.

Le convoi salue Sidi-Feruch, et bientôt après apparaissent les belles collines du Sahel, dont la riche verdure est semée çà et là de blanches habitations. Peu à peu les aspects se rapprochent et les détails deviennent plus distincts, les palmiers montent dans l’air d’un seul jet, des caroubiers gigantesques étalent leurs vastes rameaux , quelque chose se meut au rivage; déjà des barques nombreuses courent emportées par leurs voiles triangulaires : tout annonce l’approche

ORAN

d’une grande ville. Enfin le rideau vert de l’horizon se déchire, un large sillon blanc descend du sommet des coteaux , et va s’épanouissant toujours jusqu’à la mer : on dirait un éboulement du terrain qui a mis le sable à découvert, une crête de rochers nus qui percent le sol, une carrière de marbre qui vient de s’ouvrir. — C’est Alger.

ALGER

l g e r a la forme d’un triangle dont la base repose dans la mer, clouée à l’est par la porte Bab-Azoun, et à l’ouest par la porte Bab-el-Oued. Le sommet se couronne de l’imposante masse de bâtiments qui porte le nom de Casbah. Entre la porte Bab-Azoun, qui s’ouvre

ALGER

sur les riants coteaux de Mustapha, et la porte Bab-el-Oued, qui est défendue par le fort des Vingt-quatre heures, s’avance une jetée dominée à son extrémité par le phare. C’est là l’entrée du port, étroit espace mal défendu contre les vents d’est.

A mesure que l’on approche, l’aspect de la cité devient éblouissant. L’œil a peine à reconnaître une ville dans cette agglomération de bâtiments sans toits et presque sans fenêtres, d’un blanc mat, quelquefois légèrement doré, d’où s’élancent de hauts cyprès, d’immenses platanes, et surtout des figuiers dont le feuillage dessine brusquement ses noirs massifs sur le front pâle de la ville maure.

De chaque côté s’élève le Sahel , large plateau qui sépare la Méditerranée de la plaine de Metidja. Sa surface, creusée çà et là de nombreuses vallées, ou sillonnée d’anfractuosités profondes, est couverte de fraîches et blanches habitations qu’ombragent des arbres magnifiques; c’est dans une de ces délicieuses demeures, sur le coteau de Mustapha, que Cervantes subit cette captivité

ALGER

kl

si riche en inspirations, qui produisit Don Quichotte.

Ces collines verdoyantes s’avancent comme les cornes d’un croissant, à l’est jusqu’au cap Matifou, à l’ouest jusqu’au promontoire de Sidi- Feruch. Au-dessus se détachent les sommets de l’Atlas, qui confondent et perdent leurs contours bleus dans le fond bleu du ciel.

Bientôt nous distinguons les navires qui couvrent la rade: tous ont hissé leurs pavillons, pavoisé leurs mâts; des nuées de mousses pendent aux gréements et agitent leurs chapeaux de paille.

Le bâtiment court ; il est au port : l’amiral Bougainville vient recevoir le prince dans le canot royal, au milieu du hourra des navires et du salut retentissant des forts; il le conduit à terre sous la voûte de la Marine.

Le maréchal Valée, accompagné de l’état-major de la colonie et de l’armée, dans lequel on distingue le colonel de Salles, gendre du gouverneur, embrasse le prince royal. Le cortège suit la rue de la Marine , presque entièrement reconstruite par les Français, traverse la place du Gou-

ALGER

vernement en laissant à gauche la seule mosquée monumentale d’Alger, et puis descend sous une

voûte sombre de l’ancien palais du dey, qui conduit par des ruelles obscures , étroites et d’un accès difficile, à la résidence du maréchal gouverneur,

ALGER

où des appartements sont préparés pour le prince.

Le cortège s’avance lentement, et, par intervalles, assez difficilement, à travers une multitude presque impénétrable. Sur tout son chemin se presse une population immense, contenue, non sans peine, mais avec douceur, parles admirables troupes de la garnison; elle accourt de tous les points, elle encombre toutes les rues, elle s’entasse à toutes les fenêtres, elle couvre toutes les terrasses. Les ondulations de la foule , le mouvement des soldats, le piétinement des chevaux, soulèvent des nuages, ou, si l’on peut s’exprimer ainsi, une atmosphère de poussière; il semble voir une mer tumultueuse soulevée par la tempête; on croit en entendre les bruits; les cris de réjouissance se mêlent au retentissement des salves d’artillerie, et complètent cette fête d’Afrique éclairée par le soleil de midi.

Le palais du gouverneur ne répond pas mieux d’abord que la plupart des palais d’Orient à la splendeur de son nom; mais l’apparence de son extérieur, modeste jusqu’à la simplicité , ne sert qu’à relever, par un contraste piquant, l’éclat in-

ALGER

teneur de ce beau séjour. On parcourt en entrant une longue galerie, dont la voûte est sculptée d’arabesques et le pavé couvert de mosaïques;

quelques degrés en marbre conduisent ensuite à une cour carrée , décorée de péristyles superposés, qui forment les trois étages de la maison. Des colonnes de marbre blanc, entourées de baguettes en spirale, et couronnées de riches chapiteaux composites peints et dorés, supportent des arcs élégants; dans les étages supérieurs, les co-

ALGER

lonnes sont unies entre elles, jusqu’au tiers de leur hauteur, par des rampes en bois tourné, remarquables par la délicatesse du travail. Chaque colonne est surmontée d’un pilastre en faïence.

Au-dessus de l’entablement règne une frise, également en faïence, qui forme, en courant sur les arcs, l’ensemble le plus agréable aux yeux.

ALGER

La cour est bordée de plantes grasses, d’arbustes variés, de fleurs odoriférantes, qui mêlent leurs couleurs et leurs parfums; au milieu, une fontaine élégante lance un jet d’eau continu qui retombe en pluie sur une corbeille de fleurs, dont son bassin est le centre.

Le pavé, les murailles jusqu’à la hauteur de cinq pieds , les marches des escaliers sont revêtus de faïences émaillées ; les parois sont blanchies à la chaux.

Chaque étage est composé de quatre galeries à jour. Dans chacune d’elles de vastes portes s’ouvrent sur de longues pièces dont les fenêtres

prennent jour sur la cour; des divans couverts de brocards régnent partout; des glaces de Ve-

ALGER

nise, des meubles anciens, quelques meubles modernes placés çà et là, forment une décoration incomplète et peu commode, mais d’un effet pittoresque et piquant. Une vêla plonge la cour dans une ombre transparente et douce, en interceptant les rayons du soleil sans diminuer sensiblement la lumière.

Les habitations d’Alger sont parfaitement appropriées au climat et aux besoins des Orientaux; notre civilisation plus exigeante a cru devoir importer les productions d’un goût nouveau parmi les décorations naturelles au pays , et les constructions récentes forment un contraste frappant avec les monuments moresques. On ne peut se dispenser d’avouer que le résultat de la comparaison n’est pas de nature à satisfaire l’amourpropre de nos compatriotes. Les quartiers nouvellement bâtis , d’ailleurs somptueux et bien aérés, ont cette uniformité désespérante qui rend les villes modernes de l’Europe si ennuyeuses par leur fatigante monotonie.

Alger a peu de monuments. La principale mosquée , ainsi que nous l’avons dit , mérite

ALGER

seule l’attention. C’est un superbe édifice. On suit pour y pénétrer plusieurs passages qui aboutissent à une grande porte à deux battants, et on entre dans une cour en parallélogramme, autour de laquelle règne un double rang de colonnes. Dans l’un des angles de cette cour, une petite cour séparée renferme une fontaine destinée aux ablutions, et qui est ombragée par de magnifiques saules pleureurs.

A la grande porte, on passe des babouches sur la botte profane des Européens, pour quelle n’apporte rien d’impur dans le lieu saint. C’est là que se déchaussent les croyants, qui n’entrent jamais dans la mosquée qu’à pieds nus; et ce renversement de l’usage établi, que notre costume rend indispensable, aboutit au même but.

Le muphti place, en signe de respect, un châle rouge sur son immense turban blanc, et accompagne le prince dans la visite de la mosquée.

C’est l’heure consacrée à l’instruction religieuse. Quelques vieux ulémas, assis sur des tapis et adossés à la muraille, président aux exer-

PiaQ[Ffl©oP/aiLi sïa©®©iy)ii

<*ms * liflcc. On

■ i‘>-uches surquelle napsaint. C’est là iui n’entrent is; et ce

.iiiejiA'a sauetOH aj

ALGER

cices d’une vingtaine d’enfants qui psalmodient l’Alcoran d’une voix claire et argentine; à chaque verset, chaque vieillard incline doucement la tête en signe d’approbation , et les versets se succèdent sans fin dans leur mélopée monotone.

On aperçoit çà et là des musulmans en prière, couchés sur la face au pied des colonnes. D’autres, qui ne sont qu’agenouillés, balancent gravement la partie supérieure de leur corps, jusqu’à ce que leur tête ait touché la terre neuf fois de suite.

Un grand tapis manque à la décoration intérieure de l’édifice. Le prince le promet au muphti , et sa promesse a été accomplie.

ALGER

Toutes les colonnes de cette cour claustrale sont éblouissantes de blancheur; le pavé est partout couvert de riches tapis ou d’une natte en paille jaune foncé, liée avec des rubans rouges et verts; la chaire où parle le muphti est peinte en rouge et vert. On est frappé en entrant de la fraîcheur de cet édifice, de son excessive propreté,

de la recherche qui a présidé aux moindres détails de sa construction , et du calme religieux qu’il inspire. Un balcon élégant qui s’ouvre sur la mer laisse apercevoir ces riants coteaux de Mustapha ,

ALGER

dont un grand homme a immortalisé le souvenir.

Cette mosquée est maintenant pressée de tous côtés par les constructions nouvelles ; elle forme une des faces de la place du Gouvernement, point central de la ville basse autour duquel s’exerce l’industrie des colons.

A Alger comme partout, les juifs exploitent en grande partie le monopole du commerce. Ils ont de nombreuses boutiques, où l’on voit accumulés les foyers de pipe en terre ou en bois orné de cuivre, les tuyaux de cerisier ou de jasmin, les blagues brodées de paillettes , les cordons chefsd’œuvre de passementerie et de goût, les flacons d’essence de rose, et une foule de petits riens dorés , tissés , ornés de soie ou de filigranes d’or et d’argent, qui ressemblent à des jouets d’enfants, et qui émerveillent le peuple arabe, si facile à éblouir.

Tous ces objets sont amassés avec ordre dans une boutique basse, étroite, et qui paraît à peine suffisante pour renfermer le marchand; l’acquéreur se tient debout devant la porte , et débat la valeur de ses emplettes, poussé, froissé, foulé par

ALGER

les gens, les chevaux, les dromadaires, les ânes qui encombrent la circulation.

Plus loin , les Maures étalent les riches étoffes et les burnous blancs de Tunis, les burnous noirs de Mascara, les bottes de Maroc, les yatagans de

ALGER

Flissa. Leurs boutiques, plus vastes que celles des juifs, sont ordinairement entourées d’un cercle de Kabyles et d’Arabes qui convoitent ces richesses d’un œil fixe et brillant.

D’autres marchands offrent aux passants différentes qualités de tabac apprêtées pour des usages divers. On trouve ordinairement près de ceux-ci la boutique du barbier, qui rase la tête pour un prix fort modique , au moyen d’un petit fragment de rasoir parfaitement aiguisé, et promené sur le crâne d’une main si adroite et si légère, que cette toilette devient, dit-on, un plaisir. La barbe est ensuite peignée, les moustaches parfumées , le turban roulé avec toute la grâce requise. On a le droit alors de s’asseoir sur le divan circulaire qui embrasse la boutique, et que' le barbier occupe toujours pendant l’opération, tandis que la pratique qui la subit, la tête saisie entre les genoux de l’artiste, fume patiemment quelques chibouques en prêtant une oreille plus ou moins complaisante à ses interminables récits. Le barbier d’Alger est encore le barbier babillard des Mille et une nuits.

ALGER

Les cafés maures sont fréquentés par toutes les classes et à toutes les heures du jour ; il est inutile de dire que le prix d’une tasse de café est approprié à cette énorme consommation. Un Européen généreux paye ordinairement sucre et café avec un sou , et le sourire de satisfaction qui épanouit les lèvres du garçon prouve assez que cette rétribution modeste lui promet un pourboire honnête.

La ville haute, avec ses rues escarpées, étroites et sinueuses, a été respectée, et les Maures y font toujours leur résidence. Les hôtels des grandes familles turques sont comme perdus au milieu de ce labyrinthe de petites masures; mais quand un guide intelligent vous fait pénétrer dans ces délicieux séjours où règne une éternelle fraîcheur, on y éprouve un bien-être si pur et si doux, qu’on ne tarde pas à oublier le confortable européen des hôtels de la place du Gouvernement.

C’est dans la partie inférieure de la ville que sont situés les bains, dont nous visitons l’établissement le plus important.

On entre d’abord dans une rotonde recouverte

ALGER

d’un dôme d’où se répand la lumière : cette salle est blanchie à la chaux; les chapiteaux des colonnes qui la soutiennent sont peints de diverses couleurs; une fontaine jaillit au milieu. Deux petites galeries superposées construites en bois occupent une moitié de cette vaste pièce; de larges matelas couverts d’étoffes de laine ou de riches tapis de Smyrne sont disposés de manière à offrir toutes les commodités d’un doux repos. On fait monter les visiteurs dans ces galeries , en réservant la plus élevée à la personne la plus éminente; là, on les dépouille de leurs vêtements, qui sont remplacés par une pièce d’étoffe roulée autour des reins, et qui descend jusqu’au milieu des jambes; puis chacun d’eux est saisi par trois garçons baigneurs d’une robuste beauté. Leur peau brune et leur barbe noire font ressortir l’éblouissante blancheur de leurs dents, et leurs prunelles d’un gris pâle, noyées dans le blanc azuré de l’œil, donnent à leur regard une expression singulière et sauvage.

On traverse d’abord deux salles dont la température, graduée avec soin, conduit par une tran-

ALGER

sition supportable, mais non pas insensible, à la salle de l’étuve ; c’est une rotonde plus vaste que la première; de petites ouvertures carrées pratiquées dans le dôme, une lueur incertaine tombe sur l’épaisse vapeur d’eau chaude dont la salle est remplie. Au centre, à hauteur d’appui, s’élève un massif en maçonnerie, autour duquel sont creusées de petites niches d’où s’élancent des fdets d’eau presque bouillante.

Les dalles sont chauffées par des calorifères , et la température de la salle est si élevée , qu’après être resté quelques minutes soumis à son influence énervante, on se laisse conduire nonchalamment à une place où l’on se couche de soimême , tant les jambes sont devenues incapables de supporter le poids du corps. C’est là qu’on subit la longue opération du massage et des frictions, au bruit monotone des versets sacrés. Ce n’est pas tout : le patient , saisi avec adresse par des mains agiles et exercées, entend crier une à une toutes ses articulations; on le tord, on l’étend, on le roule en boule, on le retourne sur lui-même, comme le corps flexible du clown,

ALGER

et l’un des serviteurs lui pince successivement chaque vertèbre de l’épine dorsale, tandis que les deux autres profitent de ses soubresauts involontaires pour tirer ses jambes et ses bras en sens inverse, et faire ainsi craquer toutes ses articulations à la fois. On peut s’estimer heureux alors si la sage prévoyance d’un ami vous a appris les mots Barca chelif (assez! laissez-moi!) qui font cesser comme par enchantement ce laborieux exercice de gymnastique.

Le corps est ensuite frotté de gants de poil de chameau, inondé d’eau de savon parfumée, frotté d’une pâte onctueuse , et aspergé d’eau tiède.

Enfin , rien ne manque à un bain complet. Le corps enveloppé de bandes d’une laine très-fine, et la tête d’une sorte de turban roulé, on est reconduit, avec une gravité qui ne s’est pas démentie un seul instant , sur le lit disposé dans la première pièce ; on y reçoit tour à tour une pipe chargée d’excellent tabac , un café léger et une limonade excellente. L’eau de fleur d’orange coule autour de la couche de repos , des parfums enivrants s’y consument, et au son plus assoupissant

ALGER

des voix qui s’apaisent , les membres doucement frottés d’une main légère à travers les étoffes qui les couvrent, on cède ordinairement à un délicieux sommeil, enchanté par les plus charmantes rêveries. Tels sont les bains d’Alger.

Le palais du gouverneur avait pris un air de fête; les galeries étaient émaillées des fleurs les plus variées; la corbeille du milieu de la cour, enrichie de plantes splendides, répandait un parfum agréable et doux; l’eau jaillissante retombait en perles sur les corolles épanouies : l’animation et la vivacité françaises remplaçaient dans cette demeure les habitudes nonchalantes de la vie orientale. Une table dressée dans la cour du palais reçut les autorités de la colonie ; MM. Blanqui et Hase y représentaient l’Institut. On y remarquait M. de Breteuil, pair de France, dont le fils , simple spahi , a gagné les épaulettes par sa bravoure.

Le 2 8 le prince et le maréchal visitent les hôpitaux réunis du Dey et de la Salpêtrière, situés à une demi-lieue de la porte Bab-el-Oued, et les braves soldats qui y reçoivent les secours de la

ALGER

devenus dépendances de l’hospice, servent de promenade aux convalescents; les jasmins, les orangers y parfument l’air et y jettent leurs rameaux épars à travers les larges feuilles des bananiers. Un pavillon élégant, l’ancien kiosque du dey, est réservé aux officiers.

médecine avec une résignation aussi admirable que leur courage. Les délicieux jardins du dey,

ALGEb.

Après avoir passé devant le fort des Vingt-quatre heures, et jeté un coup d’œil rapide sur l’élégante mosquée de Sidi-Abderaman , on arrive en traversant la ville à la plage de Mustapha, sur les sables de la mer, où le prince procède à la revue des troupes de la garnison.

La milice a des sapeurs, des canonniers et des pompiers comme la garde nationale de la mère patrie, et l’on croirait, à la tournure martiale de ces soldats citoyens, que nos braves légions parisiennes sont venues faire un moment le service d’Alger.

L’armée, sous les ordres des généraux Ru- Ihières , de Dampierre et de Rostolan , a huit bataillons, quatre escadrons, huit bouches à feu, le génie et l’administration. En venant partager les travaux de cette héroïque armée, le prince royal a voulu lui apporter les récompenses si bien méritées qui lui ont été décernées par le Roi. 11 distribue aux officiers et aux soldats celles qui leur sont destinées, et remet au brave lieutenant-colonel du 2e léger, Changarnier, le brevet de colonel de ce régiment, déjà si célèbre dans nos fastes

-, on s -•Minent le service Alfjeî

L’armn*, • 1 a ■••ivraw Bu-

lhières, d«' 1 '■ mpi > • >

ii lui apporter t* • ■ m 1

RfQt, d» ji »i i dan.H nos fastes

.as® j a a sywafli

ALGER

militaires d’Afrique, où il ne peut manquer d’acquérir de jour en jour, sous son habile chef, de nouveaux titres de gloire.

Une foule innombrable et bigarrée se presse pour admirer la belle tenue des troupes ; de longues files de femmes voilées, conduites par des négresses, sillonnent comme de blancs fantômes cette multitude diverse de costumes et de couleurs, où, sur des masses de burnous se détachent au vif les modes des femmes européennes, l’habit caractéristique des Espagnols et des juifs, et surtout la peau luisante des nègres à turbans blancs. Le retour n’est pas facile au milieu de cet océan de population dont les flots s’ouvrent à peine devant les omnibus, les fiacres, les caravanes de chameaux ou les longues files d’ânes, pour se refermer aussitôt; la voie ne s’élargit que devant les efforts des chiaoux et de Karamoussa, espèce d’officier de police volontaire, qui s’est imposé à lui-même le singulier devoir de régler les écarts de la jeune population, et qu’on pourrait appeler à ce titre le cadi des enfants ; mais les coups de bâton, qui se distribuent autour de lui avec une

ALGER

rigide impartialité, ne manquent jamais de rétablir l’ordre, et il ne reste bientôt de cette orageuse agitation qu’une rumeur où se confondent

les cris rauques des Africains, et les jurements des Espagnols, des Allemands, des Français, comme le bruit vague et sourd d’une tempête qui finit.

Le dimanche 29 le prince et le maréchal vont

ALGER

entendre la messe à la cathédrale de Saint-Philippe, contiguë au palais du gouverneur. Monsieur d’Alger, le vénérable abbé Dupuch, les reçoit avec pompe et célèbre l’office. L’église est une ancienne mosquée, consacrée au culte catholique avec tant de précipitation, que ses murs, affranchis par exception de l’odieux badigeon si cher à nos curés , et qui serait , peut-être , ici de rigueur, étalent encore de toutes parts les versets de l’Alcoran. Hâtons- nous d’ajouter, cependant, pour qu’on ne tire pas de cette observation une conséquence trop rigoureuse, que ces passages, traditionnels dans la langue, et qui vivent ineffaçablement dans la mémoire du peuple, appartiennent tous à la morale universelle des religions, sans toucher d’aucune manière aux principes du dogme, et qu’ils sont traduits pour la plupart de nos écritures sacrées. On peut s’en rapporter sans crainte aux lumières d’un prélat aussi éclairé que pieux sur leur appropriation à la décoration d’une église chrétienne.

Le prince visite ensuite les jardins d’essai de Kouba et de Birmadreis. Cette partie du massif

ALGER

est cultivée comme en France, avec une économie du terrain si parfaitement entendue, qu’il n’en a pas été perdu le plus petit espace possible.

La route que le duc de Rovigo fit tracer et exécuter est superbe. Des cactus immenses, des aloès dont les hautes tiges en fleur s’élancent comme des candélabres gigantesques, des caroubiers au feuillage épais et luisant, des arbousiers dont le fruit rouge ressemble à la fraise, des pistachiers-lentisques, des jujubiers, des oliviers

ALGER

dune proportion énorme, opposent les uns aux autres les teintes variées de leur feuillage avec une incomparable harmonie, et charment le regard de l’aspect le plus riant. A Bir-Kadem un café maure dessine ses élégantes arcades de marbre blanc sur le feuillage d’un vaste pin qui le recouvre comme un sombre dôme. Des Maures assis nonchalamment fument et boivent le café par intervalles, tandis que les voyageurs désaltèrent leurs montures au large abreuvoir qui règne au pied des arcades.

La belle ferme de M. Urtiz, située entre Kouba et Birmadreis, appelle surtout l’attention par la

ALGER

richesse de ses plantations d’oliviers et de mûriers, et par la beauté de ses troupeaux.

Le massif d’Alger, sauf une ligne qui s’étend de Douera à Torre-Chica, est aussi bien cultivé quil le serait en Europe, et il renferme déjà une population de plusieurs milliers d’habitants de tous pays. C’est de là qu’avec la paix, le travail, la persévérance et de bons soins administratifs doit sortir un véritable peuple algérien.

Un bal offert par la ville au prince royal termine la journée.

Un toit provisoire couvre la cour étincelante de lumière. Les uniformes brillants et variés des officiers, les vêtements splendides des Maures, des Arabes et des juifs, donnent à cette fête une physionomie du plus agréable effet, où se confondent merveilleusement l’aisance élégante de l’Europe et la magnificence orientale. Les regards sont surtout attirés par le public indigène qui, penché aux galeries supérieures, suit avec étonnement les mouvements cadencés des danseurs, et semble méditer profondément sur les manifestations d’une joie incompréhensible pour lui.

' kr

w n | , i m est aussi bien cnit,.

^ rait en . et il renferme dej1

■ , i, . . milliers d’habitants de

« 4» qu'avec la paix, le travail,

Lisév de bons soin< ’> v,|s

. i sorti ;r» • ritable peupl< ••

Un I rt par la ville i val ter¬

mine U .ruée.

I ■ provisoire couvre la cour étincelante de lu ‘j’ - Les uniformes brillants et variés des

►ètements splendides des Maures juifs, donnent à c« > rie un* agréable effet, où se con-

I aisance élégante de

u. 4 joie iticompcéheu.siblc pour hii.

.A3&JA A i/tai

ALGER

Au premier étage, dans un petit appartement richement orné, le prince reçoit les muphtis, les cadis et les ulémas, qui lui adressent quelques paroles empreintes, à leur manière, d’une gracieuse et poétique éloquence. Du côté opposé à celui qu’occupent ces graves personnages, une trentaine de dames et de demoiselles juives forment avec eux un délicieux contraste. Leur riche parure accompagne harmonieusement de jolies

têtes, que surmonte une longue feuille d’argent découpée à jour avec une délicatesse et un goût

ALGER

merveilleux, qui part du front, s’élève à deux pieds , et sert d’appui à un voile de gaze flottant jusqu’aux talons. Cet ornement noble et gracieux est rattaché au visage par un fichu élégant qui embrasse le cou et se noue sous le menton. Les enfants, assis sur les tapis, cachent à demi leurs jolies têtes entre les genoux de leurs mères; mais tant de grâce et de beauté laissent sans émotion l’impassible gravité des musulmans. Le préjugé de race, qui s’éteint chez nous chaque jour davantage, conserve encore toute sa force parmi les peuples méridionaux ; rien ne saurait leur faire franchir la limite qui les sépare d’une race abjecte et déchue à leurs yeux : ce sentiment, qui se manifeste dans les occasions les plus ordinaires de la vie , n’avait garde de s’effacer alors que tous les yeux étaient fixés sur eux. Ces jeunes femmes, dont la plupart sont charmantes, resteraient isolées au milieu des fêtes, si les Européens et les Juifs partageaient pour elles le froid dédain des Arabes.

Dans la pièce du fond, qui est tendue à la turque, des musiciens maures, entourés d’un

ALGER

auditoire où l’on n’admet que des hommes, psalmodient des refrains dont la gaieté, d’un goût suspect, explique assez l’absence des femmes.

Les contredanses françaises font place à un concert et à une danse de nègres; trois d’entre eux portent de grosses caisses, comme celle de notre chorégraphe d’Oran, mais de différentes

ALGER

dimensions; deux autres choquent brutalement des cymbales, dont le son retentissant n’a jamais pu chatouiller agréablement que des oreilles noires; le corps du ballet est armé de ces fameuses castagnettes à queues de vache, que nous avons déjà vues figurer dans un concert du même genre. Il faut se prêter à l’illusion avec une extrême complaisance pour imaginer qu’ils jouent un air.

La danse commence. Les Africains secouent nonchalamment les épaules, et lèvent avec peine un pied; puis lèvent l’autre, d’un air si morne et si fatigué qu’on les croirait volontiers disposés à s’endormir, s’il était possible de dormir au bruit de leur musique.

Quand on connaît leur pantomime accoutumée, on prendrait d’abord la sage sobriété de leurs gestes pour une réticence de bon goût, commandée par le respect qui est dû aux dames ; mais au bout de quelques instants il faut renoncer à cette explication bienveillante. Le ballet s’anime par degrés, il s’éveille, il sautille, il bondit, il arrive à l’emportement, à la frénésie, à

ALGER

la fureur; le bruit redouble, le fracas augmente, les danseurs enchérissent les uns sur les autres

en sauts prodigieux qui semblent imités du tigre; mais ce féroce animal n’a pu leur enseigner, dans sa chasteté sauvage, les attitudes obscènes et les gestes révoltants dont ils épouvantent leurs spectateurs, jusqu’au moment où les femmes, le visage couvert de leurs mains, et les hommes, la rougeur au front, se bâtent de remplacer

\LGER.

ces t\> « ' * jwi « • ntredaase.

ilure rte !r i% q «>ur t* m«<* harmonie

rs in -miner m* retirent au bruit du n m il i des rires moqueurs, en v»

.-«a • . ; ; M l, •’ifinie du irimnphc,

• > i • le f irrait frire une compagnie de vir-

ux iravi des amateurs. Lorsque * contredans» -s ont entièrement effacé l’impresm qi«* les n< u > avaient faite, douze aimées, les cils peints et accompagnés d’une petite ligne noire qui simule la prolongation de l’ouverture de l’œil, les ongles des pieds et des main* teints en rouge ave* lu ' nnè, et vêtues de c tûmes

s'avancent ccié- .,!irt»‘<\s par une

latre d’entr** elles, ■ces dot qu'on huit poni icher à leur front,

«• ««ces de cette ms* « dentale

peine m mais dont la jMiitoinuoe de-

Page 1