Tome III. Cinquième Partie, r
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2é2 MON SjfcjOUR AUPRES £Aaùt
^* genoux ; je vons implore, arrivez ; si vous hé- *^ sitez ma main est saisie d*un poignard; je me '^ donne la mort ; vous serez coupable de notre *^ destruction, etc. etc."
Elle avait accumtdé, dans le temps, tous ses efforts, toutes ses ressources sur le général de Farmée d'Italie, disait l'Empereur ; elle lui avait écrit au loin sans le connaître ; elle le harcela présent. A l'en croire, c'était une monstruosité que Tunion du génie à uûe petite insignificante Créole, indigne de l'apprécier ou de l'entendre, etc. etc. Le général ne répondit malheureusement que par une indifférence qui n'est jamais pardonnée par les femmes, et n'est guère pardonnable en effet, ob^ servait-il en riant.
A son arrivée à Paris, il se trouva poursuivi du même empressement, continuait-il ; mais de sa part, même réserve, même silence. Madame de Staël, cependant, résolue d'en tirer quelques pa* rôles et de lutter avec le vainqueur de Tltalie, l'aborda de bout au corps dans la grande fête que M. de Talleyrand, ministre des relations exté* rieures, donnait au général victorieux. Elle l'interpella au milieu d'un grand cercle, lui demandaant quelle était à ses yeux la première femme du monde, morte ou vivante. " Celle qui a fait le " plus d'enfans^^ répondit Napoléon, avec beaucoup -♦*"de simplicité.*^ Madame de Staël, d'abord un peu déconcertée, essaya de se remettre, en lui observant qu'il avait la réputation d'aimer peu les
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femmes.. ^^ Pardonnez-moi, reprit encore Napo- '^ léon» j'aime beaucoup la mienne. Madame/'
Le général de l'année d'Italie eût pu sans doute mettre le comble à l'enthousiasme de la Cprine Genevoise, idisait l'Empereur; mais il redoutait ses infidélités politiques et son intempérance de célébrité ;. peut-être eût^il tort. Toutefois l'héroïne avait fait trop de poursuites, elle s'était vue trop rebutée, pour ne pas devenir une chaude ennemie.^ *^ Elle suscita d'abord son serviteur du '^ moment, qui n'entra pas bien noblement dans 'Ma carrièrei observait l'Empereur; lors de la formation du Tribunal, il employa les plus vives sollicitations près du premier Comul pour s'y ** trouver c(mipris# A onze heures du soir il était encore À mes genoux ; à minuit, et la faveur prononcée,^ il était déjà relevé jusqu'à l'insulte. '* La première réunion des tribuns fut pour lui une " superbe occasion d'invectiver. Le soir, illumi- ^^ nation chez Madame de Staël. Elle couronna *^ son Benjamin au milieu d'une assemblée bri^ ^'lante, et le proclama un second Mirabeau. A " cette farce, qui n'était que ridicule^ succédèrent '* des plans plus dangereux. Lors du concordat, ^* contre lequel Madame de Staël était forcenée, " elle unit tout-à-coup contre moi les aristocrates et les républicains :—• Vous n'avez plus qu'un moment, leur criait-elle ; demain le tyran aura 40 mille prêtres à son service." Madame de Staël ayant enfin lassé toute pa-
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tience, disait Napoléon, fut envoyée en exil. Son père avait déjà vivement déplu lors de la campagne de Marengo. '^A mon passage j'avais ** voulu le voir, disait l'Empereur, et n'avais trouvé qu'un lourd régent de collège, bien boursouflé. Peu de temps après, et dans l'espoir sans doute de reparaître avec mon secours sur ^* la scène du monde, il publia une brochure, dans *^ laquelle il prouvait que la France ne pouvait " plus être république ni monarchie. On ne voit pas trop, disait l'Empereur, ce qui lui restait. Il appelait dans cet ouvrage le premier Consul^ " r homme nécessaire, etc. etc. Lebrun lui répondit, par une lettre en quatre pages, dans json beau style et d'une façon très-mordante : il lui *^ demandait s'il n'avait pas assez fait de mal à la ^* France, et s'il ne se lassait pas, après son ''épreuve de la Constituante, de prétendre à la *^ régenter de nouveau?
'' Madame de Staël, dans sa disgrâce, combat- '* tait d'une main, et sollicitait de l'autre. Le premier Consul lui fit dire qu'il lui laissait l'univers à exploiter, qu'il lui abandonnait le reste de la terre, et ne se réservait que Paris, dont il lui défendait d'approcher. Mais Paris était précisément l'objet de tous les vœux de Madame ^' de Staël. N'importe, le Consul fut constam- *^ment inflexible. Toutefois Madame de Staël "renouvelait de temps à autre ses tentatives. " Sous l'empire, elle voulut être dame du palais :
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" 11 y avait sans doute à dire oui ou non ; mais *' le moyen qu'on pût tenir Madame de Staël tran- '^ quille dans un palais ! etc. etc."
Après dinér TËmpereur nous a lu les Horaces, que notre admiration a souvent interrompus.
Jamais Corneille ne nous avait semblé plus grand,
plus beau^ plus nerveux que sur notre rocher.
De la chasse à Ste-Hélène, etc. — Veille du lô Aoét, etc.