‹ Journal de la vie privée et des conversations de l'Empereur Napoléon à Saint HélèneChapitre 16 sur 43 · MERCREDI 29 JANVIER AU SAMEDI 5 AVRIL · texte numérisé non relu

MERCREDI 29 JANVIER AU SAMEDI 5 AVRIL

Trantlalicn à Newlands, maison ^ xampagne des^ Qouv^r^

Aujourd'hui, de très-benne heure, avec une. exactitude parfaite, ainsi qu'il' avait été arrêté avec, le colonel aiderde*camp, une voiture à 4 cheyaiuc s'est dçr^tée^ avec le colonel, à notre .porte ; nous tiQus sommes mis en route, et en moins de trois quarts d'heure nous ayons atteint Ne wlands, (terreins neufs), maison de campagne dess Gouverr XJf^urs.,, qui pourrait passer pour une jolie habitation d'Europe. Il nous fut aisé de voir que qt*el-. ques années s'étaient écoulées depuis son nom primitif, car elle est entourée d'arbres très-élevés, d'ii^' grand nombre de bosquets, et de beaucoup de vergers en plein rapport.

Un aide-de-camp du Gouverneur nous en .mit en possession avec toutes les formes de la politesse la plus recherchée ; et voulant me faire reconnaître k terrain, me disaît-il, et m'éxpliquer toutes les: circonstances environnantes, il irte pria de la par*

ld>9\] DB L'irMP£REUR NAPCNUBON. 113

eMtrir avec lui, ne disant {ias un met des KmilM m des restrictions, et trouvant lé moyen de glissdr adroitement que les soldats que je voyais n'étaient autres que la garde ordinaire du Gouverneur, et n'avaient pas d*autre consigne que celle qui existait pour lui; que je pouvais me regarder dans la maiaon à)mme chez moi ; que tout y était à mes ordres^ et il prit congé.

Laissés à nous-*mêmes, et parcourant ces lieux charmans, nous nous disions être passés «ubitemêiit d'une afiBreuse prison à un lieu de délices. Ces dsppartemens soignés, des volières dans le voisinage^ des oiseaux de toute espèce, des fleurs en abondance^ ces bosquets nombreux, ces belles promenades, et avec tout cela ce silence, cette solitude^ le tout nous semblait quelque chose de magique ; nous trouvions qu il y avait du Zémire et Azor. '

Tout dans la maiscm avait été mis à notre usage« et restait dans l'état où il avait été occupé ; vien n'avait été mis de c6té. Mon fils, en ouvrant une boîte à couleurs, aperçut un dessin non encore achevé d\ine des filles de lord Charles ; c'était le portrait de l'objet révéré que nous pleurions, car oit ne se trouve-t^il pais ! Le modèle était à côté i une mauvaise esquisse, espèce de caricature pri^ à bord du Northumberland, qui nous poursuit partout, et qiie nous déti^ons partout avec ce zèle ardent des missionnaires brisant les intéges des &UX Dieùx« Dans sa verve et potir son début

ToM« IV. Huitième Parité, i.

poétique, mon fils écrivit au bas du deasia $fK>riiiç de Mademoiselle Someraet :

SouB'VosdoigtBélégans tout deTmits'embclfir; - C'est aux bellet surtout à peindre le couifage : Du héros des héros, du Mars de Tavenir, ; .

Comment ^vez vous pu défigurer Timage ?

£t moi j'y joignis une : petite, médaille» image plus fidèle de Napoléon. Puis nous resseirâm^a soigneusement le tout, ravis de notre espièglerie, etijouissant d'avance de la surprise de Miss Somer*^ set, lisant un jour, sans colère, la censure que nous nous étions permis de faire de son dessin*

Lé Gouverneur avait poussé Tattention jusqu'à faire venir pour moi, de la ville, un maître d'iiôteL en titre, qui devait prendre mes ordres pour ma nourriture de chaque jour, me disait-il, me donnant à entendre que je pouvais ordonner avec profusion; maïs j'avais pris des mœurs Spartiates ; je le priai donc de borner ses soins au simple nécessaire ; et quant à lui, changeant sa destination, je l'établis, dès cet instant, mon lecteur; en quoi il me. fut véritablement précieux : du reste, par un hasard singulier, c'était précisément le neveu du seul habitant que je connusse à Ste^Hélène, le, cher Amj^itrîoni notre bon et auciep hftté deJSria^ que j'aîme beaucoup.

rKp -revojaaût l'aide-de-cfimp, qui :;Pouf , \dsîf»it 4!^^^^^li^^i^P.t, 9}^ut, charge, expresse, dji^i^tr il,^Q.vi5i^kc.à lîpt^e bieiji^êtrp, je le pï:i35l4?iaife RiFyenir, nosi .reça^cîmens et npitrei jecpnpaijSjçwiçe

à lord Ch; Soiherset, pour foute là grice dont il nous entourait afin de déguiser notre captivité; '^ Car c'eD était toujours une^ lui iaisais^jé dire, '^ puisque, malgré nons, nous pleurions loin de " Ste-Hélène et loin de PEurope/*

Notre sortie de prison et notre établissement à Newiands, fut pour nous une véritable révolution : noua reçûmes dés visites, beaucoup de personnes s'empressèrent de nous voir: Le Général Hall, cc»nmandant en l'absence du Gouverneur, vint accompagné dé sa femme, qui, joignant à une trè»» jolie figure les manières les plus douces et les plus agréables, parlait très-bien le Français. Son mari avait été 11 ans prisonnier en France, et elle était venue Ty joindre en dépit des grandes restrio* . tiohs existant enfî'e les deux pays. £Ue n*avait pas craint, pour y parvenir, de s'exposer à travers ser la Manche, autant que je puis me le rappder, en simple canot* L'un et l'autre se trouvaient de grande connaissance avec beaucoup de mes amia dé Paris. Le Général Hall, d'une sévère frandiise et d^tte grande loyauté, me dit qU'il se trouverait heureux d- acquitter sur moi, sans songer aux di& fêf encéd d'opinion, tons les bons traitemens qu'il aràit généreusement éprouvés en France, et ii tint parole.

Je reçtis aussi la visite du Colonel Ware, dont la femme avbit sa sœur mariée à un des membres^ diiisrinistèré actuel. Demeurant à un quart d'hèiircr d^ Newlands, il venait tne faire Ttifffé, disàit-il/

116 MOBf séjOITR AI7PIIES [fec*.

d'an bon voisinage, qu'il n'a ' cessé, en effet, dé nous rendre des plus agréables» par les commuaéeaittohs les plus suivies et les plus aifloables* Enfin; il n'est pas jusqu'à une femme des plua distinguées sous tous les rapports, et accidentellement dans la colonie, qui n'eut la chanté chrétienne de venir visiter un captif; ce qu'elle renouvela plusieurs fins, et ce qui fut un inespérable bonheur ; car son acte de bienveillance était rehaussé de tout le prix d'une conversation charmante^ de manières pleines de grâce et d'une modestie séduisante: c'était véritablement une fleur d'Europe égarée dans les bruyères du Cap.

Il est encore une foule de fonctionnaires de toutes armes et de tout rang qui s'empressèrent de venir visiter notre solitude, et s'effiMCcèrent d'al* légOT nos peines avec une sympathie et un intérêt tout à fait touchans^ La connaissance de leur bienveillance eût pu lenr valoir alors, de la part de leura ministres, des désagrémens, et peut-être des destitutions ; et aujourd'hui encore, quoiqu'il m^en coûté, je tairai leurs noms à tout hasard; mais qu'il sachent bien qu'aucune* de leur& - démarches, qu'aucune de leurs paroles n'ont été perdues^ pour mon cœur : je me sens né pour la recon<^ naissance.

lia curiosité s'en mêlait aussi $ il« n'était point d'étrsflD^er arrivant dans la colonie, tous les nombvetix passagers de l'Inde surtout, ^i ne voulussent visiter Newknds. J'étais xm rayon échi^ppé

1817 j I>£ b'sifPfittElUR NAPaLBON. II7'

de Lôngwood : 011 tenait à voir celui qui venait (Fauprès'de Napoléon, tant il était constamment et partout dans tous les esprits, dans toutes. !«& conversations^

• Jéus Toccasion alors de répondre à bien des questions qui m^étaient adressées sur sa personne, ce que je faisais toujours avec une étemiue dans laquelle je me complaisais» Que de préventions je détruisais ! Que de surprises je causais l car il serait difficile d'imaginer aujourd'hui combien le d^ut de communications des deux peuples, pendant tant d'années, leur irritation mutuelle, avaient accumulé sur TEmpereur d'atroces mensonges ou d^absurdes niaiseries. Croirait-on qu'un militaire d un rang distingué, de beaucoup d'esprit lui*même, me priait de lui dire franchement, entre nous, si Napoléon était capable d'écrire un peu ; il le sup* posait soldat, et pas autre chose. Je crois, en vérité, qu'il n'était pas éloigné de douter qu'il sût lire» Je lui ris au nez, et lui demandai s'il n'avait donc jamais eu connaissance de ses proclamations militaires. Sans doute, repondait-*il ; mais il las avait supposées de ses faiseurs ; et je l'étonnai beaucoup, et il convint n'avoir flus rien à dire, quand je lui appris, qu'à Q!7 ans, il était membre de l'Institut de France, réunion indubitablement la première, la plus savante du monde. . *

Dès^ que j'avais été établi à Newlands, mon prei» mier soin avait été deson^r à etftvo)ser à Lon^ wood quelques uns ,defr ctjetsi qu^ je -savais y mao-

118 MOV BàjOVU AVnàê ' [Për.

qùer. Je connaissais par expérience combien, dans ce lieu de douleur, on demeurait privé de toutes choses, surtout de celles qu'une longue habitude pouvait avoir rendues nécessaires ou agréables ; je savais qu*on y attachait peu de prix il est vrai ; mais c'était à moi, le cœur plein de ces souvenirs, à y pourvoir, me di^ais*je; je fis donc rechercher ce qu'il pouvait y avoir de mieux en vin de Constance, vin de Bordeaux, café, Kqueurs, huile, eau de Cologne, etc. demandant des qualités extrêmement supérieures, ou pas^ du tout. Le cap est encore très-mal pourvu de nos délicatesses d'Europe. A l'exception du vin de Constance, qui est indigène, on ne trouva, de tout le reste, que peu ou même rien. «Tavais eu la précaution de demander au Général Hall, s'il se prêterait à mon envoi, ce qu'il fit avec la plus grande obligeance. Il est vrai que pour que ces petits objets présentassent le moins de difficulté possible, pour leur admission à Sainte-Hélènet j'avais voulu y demeurer tout à fait étranger, je n'avais même pas voulu les voir ici, ayant prié des officiers de l'état-major d'avoir la bonté d'en faire la recherche, et ne me réservant d'autres soitis que cdui du paiement. C'est avec ces précautions, et en les faisant connaître à Sir Hudson Lowe, que* je lui adressai le tout. On lit dans M.' O'Méara, que ce Gouverneur se montra très-heurté de ma démarche, la disant injurieuse au gouvernement Anglais ; et à moi il mè répondit dans le témps^

»>S;^MP fti^'A dvt. reçpopaître gue j*ay^s mig ijfje

^grande, réé^rvç daps, la manière de m'y prendra;

fiejptçndapt ij pe ppuvajit permettre cj^ue cea ql^elts

fpssentremis à Longwoodi parce que lui peiil ét^t

><^FffJ^? .^ ^^, ^ gouvernement A^gW/Sj, de poi^yçûr à ton? les Iiepoins de cet éta})iiasqaient^ lltoubliait s'être plaint mainte fpis.de n'avojr pas les sommes, suffisantes» et que nous^ de i)otre çôté« ifiQUS. lui aidons &it connaître souvent qu'il npps laissait manquer du nécessaire. Néi^nmoins^ j'Bi .su. plus tard qu'il avait fini par^ remettre le tout à sa destination, et j'ai eu rinexprimable satisfaction d'apprendre que le vin de Constance, surtout» y ^v^t fait plaisir. L'Empereur se l'était particulièrement . réservé ; il ne l'appelait plus que de mon nom. Dans ses derniers momens^ dégoûté de tput^ quand il nç savait plus que prendre ; /^ Donnez-moi du vin de Las Cases, disait-iL" Quelles paroles pour moi ! .

Je renvoyai dans le même temps à Sir. Hudspn Xx)we le titf e éventuel que, dans les angpissas ^e mon départ,: le Gr^nd-Maréchal m'aya^t repiis .coatre ies 4000 louis laissés à l'Eipper^ur • » Il «portait «ijue cette spnpme , me serait remboursée .siir4e-c][iamp« £t comnie je ;ne refusais, à Je prendre, le Gouverneur Sir Hudson Lowe m'avait dit ironiejjjif qient : "Prenez tpuJQur^ vous ire2i pu sont le? fonds du généraj, et çe^a yoiiç s^ryira à jYOus fairfijp^y^r." Le sQU^venir de cptte^ pjifçpnstancje^m'étant revçnu pju^^ tard, e^.np dpufjint

i30 MON aéjOUR AUMÙII ||^

pit» ëw rapports quie Sir Hudsoii Lomé en «iinaît f^it à ses ministres, je crus devoir lui renvoy» ce. titre, tout en lui recommandaitt de vouloir bien redresser, auprès de son gouTemement, les oommerUaires erronés dont il n'avait ffftrement pas manqué d*accompagner cette circonstance. '^ Je ^ ne in*étais réservé, lui mandais^je, qUe la simple '* signature comme plus prédeuse que la somme ^' même; et je rendais le reste pour détruire à ^' ses yeux les fausses idées qu'il m'avait laissé ^ apercevoir. Tout titre m'était inutile» ajoutais- <* je, chacun des parens de l'Empereur ne man- *^ querait pas de se disputer, sans doute, l'honneur ^^ de me rendre ma somme ; ou, au besoin, le pre- *^ mier Français que je rencontrerais m'en ouvri- ^ rait un compte."

Deux mois s'étaient déjà écoulés à.Newlands, et, d'après ce que Pon a vu plus haut, bien des lecteurs seront tentés de croire que nos jours y avaient été heureux ; mais est-il de bonheur dans la captivité, loin de la patrie !•... Seulement nous y avions passé le temps le mieux que nous avions pu ; nous avions régularisé nos heures et distribué du travail. Mon fils continuait ses leçbns. he piano des ly^ Somerset était une de ses diver* sions, et moi je me faisais lire beaucoup. J'avais des livres sous la main, et les amis me fourni»* satent régulièrement les journaux, et les publica*tions nouvelles. Le soir venu, mon fils et moi nous errions ensemble sous ces beaux ombrages.

ouibni feD6om9;.oonmé il Mail «chûlé tm> cAieva^ : û £BisÊBitTpm6àB des 'edDcarstbiis daM le voisinage» et J»iti»itj«en fi>uiiitÉNUiil des courses devant vmH^. dans les* belles: aliâes de Newlands, où; assis, je ine:cdiBpIaisaiB à le i^garder;.*. Il me sembhit le voirrevirre et se développer*

Je dois le confesser, dan$ ce» belles soir^s d^été^ entouré d*un finnament a«sst ppr^ respirant une fraîcheur délicieuse sous ces beaux arbres, tout au spectacle ravissant d'une aussi belle natmre, j'ai goûté parfois encore quelques beures pleines et entières : c*étaient mes adieux à la vie..; La roideur d'ame à laquelle nous avait montés les traitemens de Sainte- Hélène, venant à se détendre sous les charmes d'un si beau del et de la tranqmllité parfaite du lieu, je me suis surpris plus d'une fois à me dire: que le reste de maikmflle n'est*il ici!.... Ah! si encore, l'Empereur était aussi bien !.... Mais que ces momens d'oubli étaient rares et courts ! car, je le répète, il ne saurait dtre df idée même de bonheur, de pleine et entière jouissance au loin de chez soi et des objets - qui attachent:^ si bien que l'on puisse être d'ailleurs, on traîne partout le désert avec soi. Ce sentiment, l*impatîenoe qu'il me causait, le besoin de voir finir mes peines, prenaient sensiblement sur imà santé:. j'avais des insomnies constantes devenues unvéritable supplice ; j'avais beau travailler, pren. dre de l'exercice le jour, pirolonger fort tard le moment de mon coucher, à peine au «lit, et mal-

je ooœptfiiB u», jout de W9iw de anon^œdl» iet.je m'ett^oh&i^ invo)ontaireiQMt à calculer etitcml- .<^.er le i^ml^re de ceux néceMÛreB' «n^orè .poiir recevoir j4€.IiûQdi:es l'ordre, de iicÉre ^ânrraAoe, les cbamces qui pouvaient le retarder, et€« :ete# ; ettces idées, «une .fois saines de mon . esprit, ^unenaient Timpossibilité absolue de cl<Mre Toiil } ce qui renQiivekit pour moi chaque nuit un des Uammens les plus cruels, qui puissent s'iaiàgineté

Cependant le retour du Gouverneur approchait, et je commençais à m'inquiéter dWoir à me trouver ^si avec lui dans sa maison, ne pensant pas qu*il ,pût être bien séant ni agréable, pour l\in ou pour l'autre,, d'avoir à confondre, de la sorte, sous un même toit, . Thospitalité avec la réclusicm ; mais mon embarras cesqa bientôt. Soit réalité, soit fté* texte, le secrétaire colonial vint me j^l*e oonnaftre quef par Tarrivée prochaîne de Lord ÂiQherat, .revenant de son ambassade de la jChine^; le Gouverneur se trouvait obligé; de me donner une autre demeure.

Ç, secrét^ife colorùal, dootj^ n'ai janmia parlé, bien que le second personn^e pivii.da la, colonie, était, yn homme tput-à-fait exoentrique au physique et au moral. Il avait été membre de plusÎMU^ pa^lemens; était instruit de tout, dj^m^ant sur tout, et le plus souvent browjttant tout, aussi disait'ron ^ue c'ét^t une eiiey:clopédîe dont on . ax^t^qiél^lesr feuilles^ la; relinœ. Ilsetnitd'aJbofd

>eft tète ' de ^noin pkeer dati9 un' étabHssemeiit <)u'U avait oùmtaeùcéy et « qu^il eût fait louer au Gou* «nnemeiiti Heureuéemeiit nous ' échoppâmes, foqrce qu'il sY trouva des difficultés msuttuentaUes, v^aotme d'dtsre obligé de 8*y rendre par mer, je crois» 4t ensuite de n*ètre pas sûr, une fois^là, de fxmvoir communiquer avec nous à volonté ; enfin Ton se fixa, pour notre nouveau séjour, sur une honnête -fiimille, à huit ou dix lieues du Cap à Tygerberg (montagne du Tigre), tirant son nom de la grande quantité de tigres qui s*y ttouvaient au moment de l'occupation.

Cette occupation n'était pas fort ancienne, car tous ces terrains n'appartiennent exclusivement à ta civilisation que depuis assez peu de temps ; des personnes encore pouvaient me dire avoir vu «Ue»*mômes des tigres apparaître dans . les beDes allées de Ne wlands, que nous occupions en ce mo-, ment. Il paraît que les Hollandais, se bornant è la mer, se sont occupés peu, ou du moins avec lenteur, des progrès d'une grande colpnisatbu; Aujourd'hui les choses vont changer de face sous l'industrie et l'activité des Anglais. Tous ces pays, et la ville du Cap, surtout, que les marins appellent l'Auberge indispensable des deux mondes, sont iafaillibleoÊient appelés à de hautes et brilksntes destinée : le sol y est riche et le ciel adr tairable^ On peut cultiver presque partout à la fois et lea productions de la Zone tempérée et -celles des Tropiques» Les éfisigrations Anglaises

sœouipeiit an foule, et l^étendue est «ans 'bornes: la poputlatioti doit s'y accrottre rapidement. UEu^ pope envahit FAfriquo par le Midiy et là race fin^ lopéenne la convrira dans TaveniT eomme ^riie eouTre déjà F Amérique i eomme de Botany^Bay elle ccmvrira, avec le temps, la Nouvelle-Hol* lande, d'où elle subjuguera la Chine. La race £uropéenne couvrira le globe et te régira ; heui:enx Bi elle expie, par les bienfaits de la civffîsafaon, les crimes de la conquête, ou Fimpureté de IVmgme !

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