‹ Journal de la vie privée et des conversations de l'Empereur Napoléon à Saint HélèneChapitre 23 sur 43 · DEPUIS L'ARRIVÉE A FRANCFORT JUSQU'AU SÉJOUR · texte numérisé non relu

DEPUIS L'ARRIVÉE A FRANCFORT JUSQU'AU SÉJOUR

D'OFFEMBACiJ.

ii-. ' f

EspaçQ de quip^ç mois.

Séfâiur 4 Francfort,-- Mes effart$ pour adouiir ht sitmatioB 4^ Id^f^iœQôd; lettre i Marie- J^fum, a^ SoH^mam allwr^Mo, lettre à Lord Bathurst. --^Pétition au Parkr ment cTAngleterre.-^^Relations avec les divers membres <ie la famille de F Empereur, — Mesures pour pourvoir au^ besoins de Longwood; détails, etc, — Voyage aux eaux de Bade. — Séjour à Manheim ; motifs de ce choix, — Congrès d^Aix'h'Chapelle ; mes efforts; détails. — Lettre de Ma^ dame Mère, etc; Note aux Souverains. — Nouveaux docu^ vi/em ^dch reçus de Zongwood, et airesés aux Sottûetr«im} miuitmux ^orts; déiail$,etçn^'^EtQt d» ropimQn-^^ Arrivée du brick le M^uito. — Jiernihe vexation i fç ministère Bqdm me fait sortir de Manheim ; ditaik, etCi'^Retraite à Offembach,

La bande prisonnière arrivai enfin à Francfort, après plus de quinze jours d*une persécution dont les pays civilisés et dans Vétat tranquille, offrent peu d'exemple. Un officier Prussien, beaucoup moii^s chargé, disait-il avec politesse, de me garder que de me faire bien traiter, m'y avait conduit. Il ne me permettait de Communicntion libre avec per8<mne, et ne devait me quitter qu'après une décision authentique et finale à mon égard»

176 MON 8SJ0UA AIIPRES > t^HHée

En mettant le pied à IVahdfeiPt, je>*i«ie lifttai d'envoyer à notre ambassadeur» ainsi que je Favaîs fait à celui que nous avions dans les Pajrs-^Bae^ la lettre suivante :

•« Monsieur le Comte, — J'ai l'honneur, en. arrivant dam cette ville, derédamer la protection de votre caractère public contre les mesureft rigoureuses exercées depuis long-temps sur ma personne.

^ On a'est saisi de moi, on me transj^rte, contre •nion gré, de ville en ville, sous escorte, avec tous les détails de la captivité. Ceux qui en agissent ainsi avouent ingénuement qu'ils me poussent en avant de la sorte, parce que je leur suis arrivé ainsi de Tarrière : ils n*ont du reste, aucun motif spécial ni ordre positif. En traversant les Pays- Bas, je me suis réclamé à ce sujet de Fambassaéesar de France à la cour de la Haie ; mais on a précipité ma course avec une telle rapidité, qu'il m'a été impossible de recevoir aucune réponse. Je prends la liberté de vous envoyer copie de la lettre que je lui ai adressée, afin de mettre Y. £. au fait des premiers détails de mon affaire.

^< M. le Comte^ je suis en cet instant au * cent trentième jour de route, harassé^ fatigué, malade, infirme ; je me trouve comme roulé jusqu'ici par ia fureur des flots; je succombe, si enfin je ne trouve le port. J'implore, au nom de Fbumanité et de la justice qu'on me laisse respirer un moment* J^ai 'trouvé tme< erreur établie sur toute ma route;: ^ceux qti 'disposaient de ma personne ont tons

iadf.J DE ^l'«MrEJ|»^;JR NAPOLÉON- ,177

\épvù!dVKc un, grand étofinement, quand la dkctiSfiion est' venu& ^à éteUixcir qu'il n'y avait en France, contre fua pei'sonne, aucune loi ou acte public ou particulier, et qu'il n'avait jamais rien existé qui e^t pu les provoquer. Je vous prie, M. la Gomtey '.d'avoir à ce sujet l'extrême bonté de vouloir bien, par votre témoignage, prévenir ici toute méprise qui influerait sur la décision à prendre à mon ^ard, et m*accorder la protection naturelle que je dois ttoarer dans votre caractère public. J'ai l'hon- •neur d'être, etc.

^* P. S. Je dois prévenir V. E., peut-être, que pressé par la circonstance, j'ai écrit il y a quelques jours à S. M. l'Empereur d'Autriche, pour lui d^ mander un asile dans ses états, au cas où ma liberté serait gênée; mais un pays lointain, â:ranger à mes moeurs et à mon langage, ne saurait me oon* venir que par nécessité. J'ai besoin de m'ékûgntf le moins possible de France, pour revoir ma famille, et veiller à mes intérêts domestiqués, négligés depuis trois ans. Bruxelles, qui, à ces avantages, joindrait, à cause de la langue, celui de me donner •les moyens de suivre l'éducation de mes enâ^ns, est le lieu qu'il me serait heureux d'habiter. J'ai prié M. de Latour du Pin, à La Haie, de me Tobtenir, et j ose vous supplier de vouloir bien y joindre les moyens qui sont en votre pouvoir J'

Je n'eus pas à Francfort plus de réponse que je n^ea avais eu en Belgique^ Toutefois S. £^ ne demeura pas inactlveàmon égan^ et û-mt tut

Page 1