DEUXIÈME LETTRE DU COMTE DE LAS CA^^ AU GÉNÉRAL COMTE BERTRAND
" Francfort, 26 Janvier 1818.
" Me voilii. fidèle à mon engagement ; je vous écris apïès . un noois, et à pareil jour de ma première lettre. . Je tiens è consacrer la même date, pour que vous soyez certain qu'elle n^ vous manquera jamais. Toutefois, des parties de ma lettre. seront (leiit-être phis fratdies que sa date, par la circonstance dn silence dé Mad. de Las Cases dont j'attendais chaque jour des nouvelles de Paris. Elle m'a quitté il y a près d'un mois. £lle ^^vait aller ydtr tous vos parens, ainsi que > ceux des Géoéraiix GoM^gaud et Monthoion.. Je devais en recevoir les détails içsi plus. circonstanciés. Amon grand étônnementi je nl^» n^f»^ V9^ i>^er, et' ne voukoat pas retarder plus longttlemp» à, vqus éia^roé je me vois rédMÎt à renvoyer auimois.procbain tous les détails que je ,
8iiiftbiai06r ^*d&e aura été prendre avee «atmiit de sfc^ et de aoÎB qisie ii c*était inoi<»mème.
'< J*fli la satisfeetion de savmr que ma première lettre vous a été envoyée : je l'arsis accompagnée d'une lettre d*enm à AL Goulburn ; je viens de recevoir sa réponse. Je me fais un vimi ]^al^ de reeoontltie qu*elle est pleine d'attentions, d*%ai!âs, et satisfidsante sur tous les points *, ce qui me donne l'espoir qu'il j avait le viee de ne pas s'entendre.
^' On m'assuie qu'on sera toujours prêt à vous transmettre mes lettres» lorsqu'elles seront de même nature et ne présenteront pe» ]du8 d'objections* On ajoute que, conformément à ma demande, otk vous tmnemeitra les Hvres et pamphlets que je désignerai. On s*offî« de w les proeurer et d'en surveiller exactement l'envoi, se réservant de m'en envc^er de tempe à autre le montant, pour être acquitté pas* moi. On me Mt savcâr que, s'il est agréable k l'Empereur de me confier la Campagnes étltoHe, Sir H. Lowé reçoit des instructions pour ks transmettre en Angleterre, d'ob on me les fera remettre, dans les formes exprimées, âe Longwood même, wsptéè en avoir pris la connaissance nécessaire. Enfin, l'on m'apprend que mes papiers saisis dans la Tamise m'ont été renvoyés sur4e*champ, et sans avoir été ouverts ^ que des fatalités seules peuvent m'en avoir privé jusqu'ici, ce qui en effet est encore de la sorte.
'^J'espère donc, qu'avec cette présente lettre, vous recevrez ôéjfk quelques publications. Malheureusement, je suis loin, et bien mal placé pour leseh^rieir et. les avoir dans toute leur non^^uté. Mais je vais écrire à Londres, pour tacher de remédier & cet inconfénient J'espëre aussi, par la mêaie occasion, pottvinr faire expédier bien des objets dont vous manques ou qui pourraient vous être agréabies> on bim encore eseentids à la santé de rBmpcKur.
** Sa Majesté Marie-Louise se porte à merveitte, et est tot\îoura àPfeinne. Sen fils d'après les nouvelles de peu de jours, de quei* qu'un qui l'avait vu à «n bal d'enfims, était beau comme l'amour» et faisait les déëees de Vienne; ce smit ses propres expiesslons. 11 dense aven fureurj et s*en aeqtétte à merveille.
't J'ffi été iMMir tous les mmkt^ de la âunillè de 4*finifttreiti\ un objet du plus tendre et du p}us touahaat intévÊt« Je me M» TU entonné, i»eMé de Icnm offies et de leura v^nux. Je eerai sMfeez faenreux pour yous tranemettre de kurs wmr^ihB tégû* lièorement tous lee mois.
'* Le Prince Jérôme m'a £ût dire que ses o8rat pour moi ne iNMinaitraîent d'autres bornes que l'impossible. Il a leoueiHi pcès de lui le bon et vertueux Planât» qui, depuis noti^ séparation du Bellérophon» poussé de tourmente en tourmente, était vmmcé de périr sur la plage. La Prinecsse Hortensc me mande qu'elle a été bien penéeutée; mais que si le motif de sesiour* mens avait été le tendre et respectueux dévouement qui i^mplis-* sait son omuTi elle en était fière et beuieuse.
'' Toutes les fois que ma santé me le pennet» je vais finie ma oour k la Princesse JoMfh, que sa mauvaise santé tient àm» la retraite la plus absolue» et alitée la plupart dn tcmps< Non» parlons de Sainte-Hélène. Nos pensées traversant les mers ^ ce eont d'heureux instans pour nous. Ses filles sont à merveille. Son mari, d'ajj^rès de trés-firaiches nouveUes, était en bonne santé. Il avait pris soin de deux domestiques de rEmpcveur Na-* poléon> dont le Gouvernement Anglais avait ji^ à propos de di^ minuer l'établissement de Longwood.
" Le Prince Lucien me donne des nonveUee de tenta la lamyieréunie à Bome* Madame» M. le Cardinal Feadi> la Princesse Borgbèse et le Prinee (lOuis, se portent à merveille^ et joignent leura vœux et leurs pritos pour k santé et la conservation de leur auguste parent. Pour le Pimce lineien, il est heuiemi» dit-îl> à Rome t il vient d'établir avantageusement ses trois filles. Toutefois, son esprit et son cœur se dirigent sans cesse sur Saiate*Hélène^ Il ne peut plus se faire à l'idée de voir son Mae languir et mourir dans son exil. Il me somme de lui dire du fond de mon cœur, si FEmpereur serait aussi heureux de le voir, qu'il le serait lui-même de se pfésenter à hii| et il me charge, ee que j'exécnte par le mène coarriert de demander an gocrreme'* ment Ang^ sll veut lui accorder, dt passer à Sai0te4ié)ène, pour y demeurer deux anaées> ou tovgouiB, si soa frète ne l'en
â66 > BiON SÉJOUR At>l^ft£S [Année,
renvoie» avee oa mm sa femme et ses enfems ; sa flsmine lui disputant rhonneur de le suivre 5 8*engageant à ce que lui ou les siens ne contribuent à aucun aecroîswBment quelconque de dépense, se soumettant à toutes les restrictions imposées à son fîère, et ofirant de se soufpettre à toutes «elles qu'on jugerait à prc^OB de lui imposer personndtement avant son départ on après «onyetoiir.
• ff MoU'dier génâral, je ne puis m*empèeher ^e revenir encore à vous prier de voir ei TËo^iereur daignerait me confier leë Cbmpo^saf dtltaJ&e; vous me farez parvenir ensuite «celles dIEgypte k leur tour. CSe sont deux trésors pour le monde savant et pour rhislme, tout à lait étrangers à la politique du temps, par conséquent» sans nulle objection. J'ai fait parvenir à'Londres fa» remenolmensde la Comtesse Bertrand, pour les sonveiiirs gracîeuK qu'on avait bien voulu lui. témoigner et les attentions aimaldes. qu'on avait eues pour ses enfons. Si j'avais pu demeurer en Angleterre, je me serais occupé, moi, sur les lieux, de chercher, quelque chose qui pût' être agréable à ces dames. De si loin, je n'ai que mes vœux; il sont bien «incères pour elles-' et pour voua tons, mes chérs compagnons. Le roc fatal ne sort point de mon coeur.
'* Ma santé continue d'ètve bien mauvaise ; mes maux de tète s'aggcavent journellement: les médecins ne stvent qu'en dire. (gue Dieu . me la conserve, pour le service et pour le bien de mon ûoeur! • Je vous entrasse tous bien tendrement. Pour vous au* tresi. saignez votrevsanté, portez^TOUs faieni ee sera- ma recompenser > celle de vos amis, qui vous aiment comme moi.
*' Le Comte de Las Cases."
LETTRE DU COMTE DE LAS CASES A M. GOULBlTRN,