EN LUI ADDRESSANT LA PRECEDENTE
'' Frani^rt^8ur-le-Mein^ le 4 Mars 1818.
" Monsieur,: je reçois à l'instant votre lettre. La réponse satisÊûsaçilte qu'elle contient^ à tous les articles de la mienne, ks procédés jst rQbUgeaaee.personnela^ dont vous* voûtes bien ne
1018.] DE jJBMJtEKRVB. NAPOZ,éoN. 267
dcmaar ]a pleuve ^ jrenAuls extvèioeiiieat toodié et tout -à ùàt
. *' Je voua ciBvoiè.iiQii aectNade lettre pour ïLoiigwoad. Tout ee i^ue voua oie.n^ipdez toucluutit les papiers de la campagne d*ica* lie, k>ÇB()i:|e j*étais enicore à Sainte-Héièae, est ti^joite. Vcutlle» hmï feiie^gréerines reB(Ma*cinieiis à Load Bathurst» pour les instructiûDs qu'il fait adresser à Sir Hudson Lowe> afin de :ine feciliter Venvoi de œs papî^ni dans le cas ou l'Empereur Napoléon daiguerait trouver agréable de me les confier. ^
" Je vais écrire k Londres, pour qu'on vous reinette» Monsieur, une note des livres et des publications que je désiiers» que vous «ussiez kt.bonté de transmettre à Leogwood* Je suis trop loin des lieux pour pouvoir les choisir à temps. Dans tous les cas, si ks premières occasions étaient trop promptes pour que cette note vous fût remise, oserais-je vous prier d'expédier de vousHJnème les demâres brochures de messieurs de Pradt, Fiévée, B«ajania- Constaat, Cbàteaubxiand, celles sur le concordat, etc^^ete. ? Voudriez vous y joindre de votre choix, ce que vous croiras de meilleurs, de plus neuf, de plus récommandable dans vos publications ? Auriez- vous la bonté d'abonner rétablissement de Longwood au Journal du Commerce^ si toutefois, depuis mon départ, ils ne reçoivent déjà un journal Français ; comme aussi de vouloii* bien l'abonner de votre choix, à un de vous journaux d'opposition ? Le Couner et le Tvme$ leur étaient communiqués, étant communs dans l'île. J'acquitterai ponctuellemenit la dépense>que vous voudrez bien m'en adresser, vous {Nriant seulemoit de ne pas en laisser monter les réclamatioiis partielles trop haut j non plus que de les tirer sur moi à vue. Je n'ai point de fonds à ma disposition > ceux que j'avais été assez heureux d'offrir et dé voir accepter, ne me sont point encore remboursés. Je suis donc ré^ duit à puiser dans la bourse d'autrui et d'un chacun : je suis le mend&ant de Bélisaùre,
^' SncouJ^é par la grâce de votre réponse officielle, et dans l'espcôr de recentrer de plus en vous des dispositionis officieuses, j'oserai étendre mes demandes jusqu'à vous prier de vouloir Inen ftîre comprendre dans les envois à Longwood, • des objets que je
a68 MON SBJOUR AUFRBS [AlUlée^
cKMs agiéables aux jotiîawuiOCT^ ou easentielft à la aanU du prison* nier de Longwood. Auriez-vous la bonté de faire chercha quel* c|aet livres du meilleur café qu'il serait possible de se procurer dans XiOodreSf et une certaine quantité du meilkiur vin de Bour^ deaitt existant} Je sais par expérience, pour ce dernier^ qu'on pouvait s'en procurer sur les lieux, de la cave des propriétaires mêmes, du prix de six k sept francs, qui était supérieur à tout ce que le commerce laissait circuler. Je mettrais du prix à ce qu'il fût posûble de se procurer quelque chose de la sorte. Mon* sieur, dans toute la vérité de mon àme, en dehors de tout res* sentiment et de toute humeur, je puis vous assurer qu'il n'arrivait que trop souvent que le vin présenté à Napoléon n'était pas sup* portable, et- qu'il en était ainsi de la plupart des chose» à son usage* Ce qui pourra vous aider à le comprendre, c'est de vou* kûr bien réfléchir que nous subsistions à Longwood à V entreprise, Vc^re gouv^nement débourse les sommes, nul doute ; mais vous connaissez assez les affidres pour savoir les inconvéniens et les ^us des fournitures. Ceci n'est pas im cri nouveau de ma part, c'est un épanchement Du Cap, j'ai fait parvenir du vin de Con-> stance. Il a été trouvé trèsrbon,. a causé quelque plaisir. Vou*^ driez-vous bien ordonner qu'cm en fit un nouvel envoi à mon compte } Un autre objet auquel je tiendrai beaucoup, serait de tâcher d'obtenir de nos huiles de Provence, sur les lieux mêmes, ce qu'il y aurait de meilleur. On ne nous a jamais rien donné de ce genre qui ne fùt tout à fiedt repoussant i on y soitait vivement la privation d'eau de Cologne, dont l'habitude, ou la santé même, demandait un grand usage.
*' Monsi^uri je sais que j'ose exprimer ici des détaila tout à fiiH hois de votre sphère. Je n'imagine pas m^sie comment, avec la msilleiire volonté, vous en pourriez venir à bout eanvefiaâ)le- B^ent. Cependant, la seule humanké, les procédés, les égards les plus communs sembleraient donner droit à de pareilles indul* gences. C'est pour obvier à tout, et satisfaire en même temps à tout, que se sollicitais si vivement, si ardemment la permission de me fixer sur vos rivages. Tout ce que j'ose vous indiquer ici, e&t été mon unique et ma constante occupation. Je l'eusse.
1618.3 D£ L^ËMPERfiOlt NÂFOLéON. 369
du reste/ rempli sans reproehe. On eût pn s'en rappûrter & mol. J'eusse 'été fid^ à tcmt ce que j'eusse promis» et qudl in^ conrénient y eùt-il eu à permettre des soins aussi naturels ? Qad. nom n'a-t-on pas ie dro^ de donner sa contraire aux interdic^ tions crudks qu'on a prononcées ? Poumit-on les maintecdr? Je désire et sollicite toujours un adoucissement en ma Ikvetir^ c'est-à-dire en ibteur du bien. Je demeure à Francfbrt^ comme si Fon ne m*avût pas encore délivré de mon surveiHant : je ne sors guère davantage de ma chambre : j'eusse été de même à Londres.
*' MoniBienr» je vais terminer ma longue lettre en vous priant de mettre sous les yeux du ministre la demande que je viens d^ètre chargé de lui fiiire, de la part du Prince Lucien Bonaparte^ savoir : de lui accorder de passer à Sainte-Hélène, pour y demeurer deux années» avec ou sans sa femme et ses enfans : ^' s'en^ " gageant à ce que lui et les siens ne contribuent à aucun ac- *^ Croissement quelconque de dépense» se soumettant à toutes les *^ restrictions imposées à son frère» et offrant de se soumettre à toutes celles qu*on jugerait à propos de lui imposer personnelle^ ment» avant son départ» ou après son retour." Ce que vous avez la bonté de me dire relativement à mes pa^ pîers saisis dans la Tamise» est le premier mot que j'en aie «ttttndtt depuis que j'en suis privé. Je viens de prier le ministre Britan^nique ici» de vouloir bien les réclamer h Berlin» oh il panassent oubliés. Je vous assure que j'en ai éprouvé et j'en éprouve chaque jour de grandes privations et de véritables dommages.
'* J'ai l'honneur d'être» Monsieur» avec une parfoite considéra* tion» etc. etc. Le Comte Las Casbs."