TROISIKMB LETTRE VV COMTE DE LAS CASES AU OÀNERAL COMTE BERTRAND
Francfort» le 15 Mars ÎSI8.
'* Je trouve un certain plaisir» mon cher général» en vous écrivant ma troisième lettre, à penser que ma première doit être déjà fort près de vous. J'espère que" ma secondé est déjà en route» bien q^ue je ne sois pas assez heureux pour en avoir la certitude.
S70 MON SÉJOUR AUPRKS [Attofe,
On a d^TOOs expédier av?c.eUe imboA aonbiede pujblîcalioaB, et je va» donner one petite note de qudkioes autrçs à envoyer «tee la {vésenle.
** Je reçois des noavelles de ma fionme, qui est à la veille de quitter Fans, pour venk avec mes enfius se fixer auprès de mioL Elle me mande avoir vu la £unîUe de Gom^wd, et lui avoir donné sur lui et sur votre établissement, toua les venseignemens qu'elle avait recueillis de moi. Sa mère et sa soeur se portent très-bien* Elles le comblent de vœux et de tendresse. Votre familte, monsieur le grand maréchal, était ^en province, et il y avait longtemps qu'on n*en avfut point entendu parler. Quant à la famille de Montholon, Madan^ de JUs Cases n'a pas été assea heureuse pour en rencontrer aucun. J'espère, dans ma première, pouvx>ir vous parler des vôtres, m8%ré leur 41oignement de la capitale.
*' Tous les membres de la &mi)le de TEmpereur se portent très*bien. J'ai eu des nouvelles de chacun d'eux depuis ma der* nière, et j*en aurai chaque mois de manière à pouvoir vous en donner r^ulièrement. Tous le suivent de leurs vœux, et ne vivent qu*en lui. La plupart étaient demeurés jusqu'à piésent tout à f«it pyivés de ses nouvelles. Le peu que j*ai. pu leur en transmettre, leur a été bien précieux et bien cher« Pour satisftûre à leur intérêt et à leur tendresse si naturelle, je vais prier le gouvernement Anglais, lorsqu'il recevra des nouvelles de Sainte^UélènCi de vQuloîr bien laisser arriver jusqu'à moi Tétat de la santé de l'Empeiwttr; c'est une grâce que je sollîcitemi au nom de toute une nombreuse Êtmiile. J*espère qu'il ne la refùseia pas au sen« tiokent qui porte à la demander.
*' Is Prince Jérteie me âiit l'honneur de me mander que ks conditions inqposées à sa correspondanœ, et sbn profond nespeet pour sou auguste. fière, qu'il- se plaît à.recannaîtare pour son second' pèiT^, .ont pu.seuls le porter à se pdver du bonfaeCor de lui écrire lui-même» et de. déposer à ses pieds toute son existence. Si la situation de l'Empereur ne se trouve pas améMonée lUmnée prochaîue, tX se propose de demander au gouvernement Anglais le liberté de se rendre à Sainte-Hélène avec sa femme et son fils.
181^0 DE L'EBfPERBUR NAK)t;£ON. ^1
ne pensa»! pas q[a% oeltë époque'son voyage piûflse renfiontter aucune objection laisonnable. La Reine, sa femme, à qui rien d'héroïque et d'élevé ne saurait être étranger, parfage les mêmes sentimensy et forme les mêmes voeux.
'* Le Ganlinal Fesch m'écrit, de son c6té, au nom de Madame et an sien, me disant d'observer qu'étant seuls à n'être pmnt - distraite par' les Hens de la propre &mille, ni par la crainte de lui créer des inconvéniens, je dois m'adresser à' eux de préférence, pour tout' ce qui pourrait concourir à adoucir, en quoi que ce soit, J'afllreuse situation de l'Empereur.
<^ La Comtesse de Surviiliers, que j'ai l'honneur de voir trèssouvent, et dont les vœux voyagent sans cessé à Sainte-Hélène, est dans un très-mauvais état de santé. Elle souffre beaucoup, et donne même des inquiétudes. Les Princesses ses filles sont à merveille.
'^ Je viens enfin de recevoir les papiers qui m'avaient été saisis dans la Tamise. lis m'ont atteint après quatre mois de courses inutiles, et pour moi, de privations journalières. La fetalité seule a dû. créer ce retard à ma peine, car ils m'ont ^té rendus sans avoir été ouverts.
'' Il me tarde bien de recevoir de vos nouvelles, et tontes vos commissions. Malheureusement, la distance est si grande, et les communications si peu r%ulières, que je dois attendre enccne long-temps. Demandes-moi tout ce que vous voockez. Jlasque là je suis réduit à deviner. Vous ne tarderez pas à raeevolr la partie da ifont^air. qui vous manque. J'écris aiQOurd'huiàce si;get.
** Je viens enfin de recevoir des nouvelles de mon argent de Londres. Il me mande avoir fait honneur à tous- mes billets. J'en suis heureuX' Mais il mande avoir reçu de i^oi, dedx oou^ veaux billets devons, qu'il s'est vu dans la nécesSbité^ refuser, ÊMiAe de s'être trouvé prévenu ou autorisé de moi. ' Je sni» affligé de celte cisconstance. Depuis que je vous avais qi^té,' je n'avab pu avoir de relation avec lui. Je viens de lui répondre sur-Iejckamp^ pour le charger d'f remédier autant qu'il ponnwit être
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ces deux. bUYets*
'' Ma santé demeure toq^ours amsl mauf^se» ai >aâne «Hé n'empire |;)eaucoup. Je n»'ea désespère d'ait^mt plas JifâmJa, swpn devient U^-beUe, et que cette ckconstaiiee . A*«ppoile ««• cune améiioratîoa à ma personne, C*est os %iii me^fiHt àimmater à Francfort^ où je me trouve au centre d'un ffvoÀ noml»» d*i— a. thermales, où les médecins vont m'envojFer*
" M. le Gra9d*Maréchal> recevez pour vous 0k mes duere eaai-« pagnons, l'expression de tous mes vœux et de tous messentisieBB. La colonie occupe et remplit ma vie. Soigne»«vous tous, c'est le vœu de ceux qui vous aiment. Chaque jour je le. recule pour vous autres. Il y a ici ou aux environs {lutteurs des bannie $ quelques-uns étaient de votre connaissance particulière. Us vous aiipeht et vous vénèrent : le Comte de Lâs €a»8.v"
LETTRE DU COMTE DE LAS CASES A. M. GOULBURKi^ EN LUI ADRESSANT LA PRÉCÉDENTE»
« Francfort, ^7 Mars, 1818.
" Monsieur, j*ai Thonneur de vous adresser ma troisième! lettre pour Sainte-Hélène. Je reçois, a l'instant même, les papiers qui m'avsdent été saisis à Douvres. Ils me sont rendis sans avoi)r été 4nx99rt$s Je suis reconnaissant de ce procédé^ H n'avait jainais été dans ma pensée de me refuser à leur communication. Bfa lettre à Lord Sidmouth, publiée malheureusement à mont insu et contre mon gré, en lait foi. Je suis fSkché que l'entête^ ment et le zèle mal entendu d'un agent subalterne aient créé cette drconstence^ qui m'a valu quatns mois de peines et de 'pri«viGtions joumaHèies.
M Monsieur, je écks m'empresser de vous faire observer un fhlt qui m*Afam Inexpliquable, et qui peut-être vous aura éc&oppé. ' Vous m'aves £edt l'honneur de m'écrîre le 1^ Kvrierf votre lettre m*a éti remise par le ministre de Sa Msgesté Britannique en cette viUe^ le SB du même mois $ et le limer du S^Mars contient un article nnlbraiant^ à peu de diose pr^, le selureit même les paroles de votre lettre, que j'aurais feit connaître, dit-on. Or,
leia^ 0fi VwÈfmÈvn napoléon. ^5
! je Aft iMlk »*air fiât parvenir à Londres cette circonstance ea vingt-quatre heures, je n*ai pas besoin de me justifier à vos ytm de inoa indtserétion; Jl me suffit de placer le fait sous vos yeux» et de Tabandonner \ votre calcul *, vous àssiu^nt que je
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♦ C^te circonstatice mérite d'être rapportée, si non pour son
w^ortancc, du moins poui* son inexplicable singularité.
La lettre du secrétaire d'Etat, datée du 12 Février, a été remise an Comte de Las Cefses, à Francfort, le 28 du même mois, par le OBinktre Britannique en cette ville, et le Times du 2 Mars, c'està-dire vingt quatre heures après environ, contenait ce qui suit ; •• Une lettre particulière de Francfort-sut-le-Mein, nous apprend que le Comte Las Cases y est traité avec la plus grande attention, qui! s'y trouve sous la protection spéciale des ministres d'Autriche et 4'Angleterre. Le comte a même dernièrement montré une lettre du 80us-secrétaire-d'£tat, dans laquelle^ enti-e autres offres obligeant es, il est autorisé à envoyer, par l'intermédiaire du département des colonies, tout les livres, pamphlets, journaux que le Général Bonaparte pourrait demander. Cela suggère naturellement la question suivante : Le gouvernement anglais cansidererait-il le Comte de Las Cases comme te chargé d^affakes d^ Napoléon en Europe ?"
A présent^ le fond de l'article relatif au sous secrétaire d'Etat est exact et vrai^ jusqu'à ceitaines expressions même. Le Comte de Las Cases est sanâ doute exempt de se justifier de l'indiscrétion qui aurait propagé ses paroles en vingt-quatre heures de Francfort à Londres, et il faut pour avoir rencontré si juste dans cet aitide, qu'on ait ouvert la dépêche du sous-secrétaire-d'£tat dans sa route de Londres à Francfort^ ou bien à Londres même ; ou ïÂeù encone qu'on ait fouillée dans ses bui*eaux. Cela est sans réplique; et alors qui a pu le taire ? comment et pourquoi? et quel peut être le but de l'article en question >
Ce n'est pas, du reste, le seul exemple que l'on ait eu de Tintînae ration de certains articles de journaux avec la cônes pmidance confidentielle de Longwood. On est prêt à les produire avoc des preuves tout aussi incontestables.