Tome IV. Huitième Partie. t
9f^ MON «PJQ(J«^ AjUJRfli^^ ^.. i*m(^
trop df |irU à ce-yie yna^wi^ifn'.kkm^m»^t nmnm» ^H pour lui <kiBaer la moindre publi€Îtë« Ç^ m ^fpnLtfllftiJtti dab % iwire obligeance et k.la cooridémtm» q«e ja imit^piMe^. ^
*' Monsieur, je vous prie- d'atyMiny l*<<f>hli(wefn<ntde>li<ip|^'. wood k la Ifiaerve Frmifaue, et de continuer d*]F joindre lep pub' lications nouvelles. Françaises et Anglaises, que vous croiriez dignes de quelqu*intérèt. ' '^
'' M. le Cardinal Fesch m'écrit de Roiàe qifHa fidt deux fois Tofiiede la collection du MonUeur pour réta b lisse m ent de Loogwood. On a déjà à Sainte-Hélène jusqu'en 1807 i iln*ynH»que plus que 1808 jusqu'à Tannée présente. Si vous aviez qoelq^'ob^ jectioa à y expédier ces années, envoyées par M. le Cardinal, prêteriez-vous à ce qu'elles remplaçassent, du moins, ceUes ^q|^ vous voudriez bien choisir et y expédier vous même ? Le motif d'une économie nécessaire me porte à oser vous en fiûre la. proposition.
<' Monsieur, toute la famille de l'Empereur Napoléon se câioât pour que je vous supplie, au nom des sentimens les plus natmrels et les plus tendres, d*avoir l'extrême bonté de me fiaire parvenir rétat de la santé de leur auguste parent, toutes les fois qu^ voqs en recevrez d'officiel. C*est une grâce que nous vous demandons tous, et dont j'espère que votre cœur ne refusera pas de gratifiée tant de personnes, qui en demeur^ont vivement reconnaissantes. Je sais. Monsieur, que toutes les fois que j'ai l'honneur de vous écrire, ce sont de nouvelles importunités que je vous adresse, ou de nouveaux embarras que je vous crée ; mais je vous assure,^ du fond de mon cœur, que c'est contre mon gré, et que je m'estimerais heureux de pouvoir vous en débarasser au prix de mes propres peines. Ceci me porte naturellement à vous demander^ dans l'intention du bien et d*un avantage commun, si vous pouvez me dire, non dans votre capacité publique, mais coiim^ homme privé, si je dois renoncer tout à &it à respoirjd'allernn jour auprès de vous, accomplir le ministère religieux an^id jTai piçuQeme9t.vQué le^reste de mes- acuités et de ma vie. SI j'en pouvais QQncevoir la moindre espérance, j*en recommenceii^is demain la deina^f^de r%ulière à milord Bathuist ^ mai$ si je. de»
l^0qft] DE ihmPÉtuBUMLf'nki^ùMkbs. QKftF.
aUATRIEME L£TTR£ DU COMT£ D£ XAS CASES AU C.V. \ ^. ' . : . i iPjbiÀliAI*. COMT£ R£RTEAKD«
' • ' Francfort, 15 Avrfl ï«l«.
'* *'îM»daine de Las Cases a continué ses informations sur votre fm&lfle et* ediè ' cie ces-messieurs. J*ai écrit niot-mènie dheetement.' - Mes lettres ont été- remises par un valet de chambre à lÉtt. ^ l'aiBpptis que votrc'famHle était bien et tranquille. La sœtn* dtr Généra! Gourgaud m*a écrit directement une lettre éttr&mement îûmable, pleine de tendresse pour son Mfe. Quant' à ma tnnsième tentative, bien réitérée, elle n*a produit qtt*tin. ^fience absolu. Vous trouverez, M. le Grand-Maréchaî, noeB dMStstifiÉ-bitfn Aérîle!f. Ce n'est pas ma f^ute. Je vous mafhthsr ttrat ^ce que je peux. Vous auriez tort de juger par ma stérilité, dk t6ns mes sofhns et de mes efforts încessans. - * •' *
"^3e contftme & recevoir des nouvelles de tous les membres Si la ikmîllc de f Empereur. îl sont tous bien dans leur santé. Soïf Hîs est toujours beau. L'Impératrice, me mande-t-on, est fort maigrie. J'ai vu dernièrement quelqu'un d'auprès de la Tririoesse Murât.' fl était spécialement chargé de tne peindre les tendres sotKcitudes pour son auguste frère, son dévoûmentet ses v^jen. Je viens de recevoir une lettre de la l^rincésse '^sa; pffHnef di'S mêmes sentimens. Tous ne vivent que pour i)enset h eii^tilfqtiiietnr tient de sr près, qui les combla de bienfeits, et etfmpOBe aujounThui 'rensémbfe de leurs sentimens. La* Princesse Eisa-' habite TVîerte. EHe me mande avoir écrit cinq fors &'î^^te-IJé!èfte. Le Cardinal m'écrit, de son c^é, que de Kome, «k f'écïtt fiort souvent. Ort m^a répondu de Longes à la delAlÉiâè qae.fat^fe%rîte, et doht* je dois vous avoir parlé^dans fh« dennère, pour que le FVince Lucien pût aller visiter son smgustè Wèté: Lftfépense ne m'a piis paru cWre pour que je votisi
f976 MOV asurouii Avraàs làmi^
renvoie axant d'affok an aûiifel:épIalrQÎ^qi^iiU I^* Fnuce Jérftme, qui parlait de faire la mtoe tentative Tannée proch|iiiif> n% pu différer, aussi long-teipp» une d^qaaqcjbbe donjll^wiccès comblerait son cœur. 11 va s'adresser luirinèœe au Prince*R^ geaty pour qu*il lui soit permisb avec sa femine elton QU* d*eii* treprendre immédiatecûent ce voyage.
" Le cardinal me donne le plus grand détail de tous les mem* bres de la &mille établis à Rome. La Princesse HcMtense est tranquille à Augsbouj^^ où son frère vient la voir de temps à autre. .£lle 8*occupe de Téducation de son second fils, mie a eu Tainé plusieurs mois, qui a développé, durant ce court voyage toutes ks qualités qui honorent, attachent et intéressent. Il est retCNirné à Rome auprès de son père, qui 8>8t fixé dans ceti^ ville,
" J'espère, que ma première lettre vous est parvenue à Theure qu'il est, et je compte les jours et les heures qui doivent nVap-k porter votre réponse, parce qu'alors je saurai plus particuH^ement ce qpe je pourrai faire pour être agréable à chacun de voua tpus. Dites-vous bien que je ne vis que pour cela, moi et les miens ; que la mort même ne saurait interrompre le.coursde mes eftirt^à cet égard. Je me serai donné un successeur i Êûtesmoidoiic connaître tous vos désirs. Rien ne sera impossible à nion 7^, à l'affection et au dévouaient de ceux qui me seoond* entp
" On, .me répond de Londres avec beaucoup de complaisance sur tous .les objets que j Indiquais pour vous être adressés. On m'assure qu*on va vous expédier les' diverses brochures- que j'^i indiquas. On vous abonne, me dit-on> au Mamittg Çkronick «t au Journal du Commerce, celui de Pàjis, que Ton m.'a dit être le meilleur. Du reste, sur ce point cpmme sur to|it.fiutrei nu^dea^ moi vos d^irs. Dites tout ce qui pourrait faire plaisir à l'établissement.
''Quanta des provisions, vin» café, huile, etc., qu« je «i^tim^rr, nski^ dans ma lettre^! on wib repond qv'on venait de voua fàkp im envoi considérable, et de la meillure qualité. On m'en envoie )a , lis^^,^ Qn ajput^ Q^i^^^i^^ HçUai^d en .avai^, f^it^ua ^e. spu çdté,.
It'lW demande de la I^lneesBe Bofgh^V on m'en en^^<^ «fsëi là •Ifetc • ' ■ •
^Mai siAi^é malheureusement est toujotn*» au^i déptdfable. Jè'toe iàïs nùcun amendement. Les médecins me défendent absolument tout travail. Je vais aller prendre quelques eaux. Je vMs manderai dans ma première, suivant les apparences, mon déplacenient'de Filamcfort. J*ai ooeaâlondevoir ici plusieurs deê bàdhis^qui ont trouvé un refuge temporaire dans cette ville ou dans les environs. On les flatte chaque jour de leur prochain rappel. L*opinion le demande, leur écrit*on 5 on pense que ce sera verë la fin 'de cette année que tous les Français auront le droit d*habiter la France* Les rigueurs exercées envers eux semblent, du reste, me demeurer tout-k-fdit étrangères.' Madame de Las Cases, à son retcAir à Paris, a reçu, d'anciens amis, beaucoup de conseils et d'offres à nK>n sujet, ils se -sont empressés fort obligeamment d'offiir leurs démarches et leur crédit ; mais elle a constamment répondu que je n'avais, à la rigueur, besoin de personne, et puis que je n^étais pas dans Tintentign de mettre à Tépreuve la bienveillance de qai que ce fût ; que je me bannissais volontairement pour un saint et religieux ministère ; et en effet il ne sera plus de patrie pour moi. Monsieur le Grand-Maréchal, tant que vous sei^ez cÀ voils êtes, et qu'il existera une seule chance pour que mes efforts, mon dévouement, et mon zèle puissent vous amener quelque consolation utile ou agréable. Jusque-là, je serai errant dans le mondé. Je promènerai partout, s'il le faut, mon atmosphère de déuleur et de zèle. De votre côté, conservez-moi votre souvenir, donnezmoi la consolation d'imaginer que nos pensées se croisent et s'échangent quelquefois. De la patience et du cottrage, ce sont lés vertus des héros : qui sait mieux que moi que ce sont celles dé vdus tous? Adieu, je vous embrasse, etc.
'* Le Comte de Las Casbà; ' *' P. S. J'écris pour qu'on vous envoie la Minerve Française, ouvrage nouveau en grande recommeadation, qui 'â succéclé au Mercure, et Va BibiMkeque Histtyrique, âont on paHe aussi beau-'
coup.
*' J'attends ma femtae tous les jours : sitfet qu'elle sera'^urivéè.
, MO^ SÉJ.OUR AUPa^is .. {;Annèey
je vais fsûre vc^^agef mon (ils : il est d'âgç k finir son éducation. Je veu3t qti*il tire profit de ses heureux cômmenceméDs. 11 désire qne voua .'et Madame ^BertraKid reœviez les expressions de sa i^connaissance pour les bontés que vous ayez toiyours eues, pour l|ii.*
LETTRE DU COMTE DE LAS CASES A M. GOULBURN, EN LUI ADRESSANT LA PRECEDENTE.
" Monsieur» Francfort-sur-le-Mein» le 26 Avril 1818.
" Je vous renxercie beaucoup, et avec une sincère reconnaîssance» de Texactitude avec laquelle vous voulez bien répondre à mes lettres, et des détails dans lesquels vous voulez bien entrer.
'*' J'espère qu'à l'heure qu'il est, les diverses publications que vous me mentionnez seront parties pour Sainte- Hélène. Je vous prie de vouloir bien y joindre la Minerve Française, tout ce qui a paru, et ce qui continuera à paraître de cet ouvrage ; de mênie pour la Bibliothèque Historique, £t une fois pour toutes, je vous prie de donner vos ordres à votre libraire ou correspondant, pour que vous puissiez comprendre dans les envois et sans indication ultérieure de ma part, tout ce qui paraîtrait de remarquAble, Français et Anglais, de quelqu'opinion que ce soit.
" Je vous remercie des informations que vous voulez bien xae donner sur tous les approvisionnemens qu*on viei\t d*expédier à Sainte-Hélène, et de deux listes (1 et 2) que vous avez eu la cornplaisance d*y joindre. J'oserai vous prier de vouloir bien comprendre, par la première occasion, quelques bouteil|es de liqueurs de la Martinique, mais réelle. On trompe souvent §ur cet objet. Vous me pardonnerez ce petit détail; vous savez combien je m'estimerais heureux de vous l'éviter, en Texécutant moimême : ce qui me conduit naturellement à vous dire combien j Vtends avec impatience votre réponse à ma dernière lettre sur ce dernier objet.
" Vou5 m*ioformez>. Monsieur, que si le Prince Lucien Bonaparte désire sortir d'Italie, il doit s'adresser à un des àmbassadeurs des grands pouvoirs à Paris. Il me, reste à vous prier de
iiSisJ DE' 'L*£kPEREUR NAÎPÔLÉON. 0^9
me laisser savoir si, 1 ayant obtenu, il peut se natter que votre gouvernement lui permette, d*aprbs sa demande que j ai eu Phonheur cle vous transmettre/de se rendre il Saînte-Hélène.
^' Agréez, Monsieur, Texpression sincère de la haute cohsidëration, etc. etc. Le Comte de Las Cases.*'
ClNâuiEME LETTRE DU COMTE DE LAS CASES AU GENERAL COMTE BERTRAND.
" Francfort-sur-le-Meîn, le 15 Mai 1818.
** Je ne vous écrirai, aujourd'hui, mon cher Bertrand, que pour être exact et fidèle à la date que je me suis invariablement prèscrite chaque mois pour vous donner de mes nouvelles. Rien n*étant changé dans ma situation, je ne pourrais que vous répéter mot à mot les mêmes choses renfermées dans ma derniëre. J*espérab pouvoir vous expédier ma lettre d*un autre endroit j mais des maux d*yeux trës-violens qui sont venus accroître mes. autres incommodités, m'ont empêché jusque présent de me mettre en route pour quelques eaux thermales de FAllemagne méridionale, où je me rendrai pourtant sous peu de jours.
** J'ai la satisfaction d'apprendre que mes lettres précédentes vous ont été régulièrement expédiées, et que beaucoup de brochures sont parties. Je désire qu'elles vous soient un passetemps. Malheureusement je vous approvisionne un peu en aveugle ; les localités seront mon excuse, je fais de mon mieux : je suis si mal placé pour cela ! Un tel soin demanderait une capitale. L'on ne me permet pas d'habiter Londres, et je ne pourrais à Paris remplir mon objet. Le même éloignement m^empêche dé songer à' vous envoyer bien des petites choses dont je pourrais m'occuper moi-même, si j'étais sur les lieux. J'avais eu la pensée de vous compléter un petit attirail de chimie ; mais j'y renonce, j'apprends qu'il vous serait inutile.
" Tous les parens de l'Empereur se portent bien, et attendent avec impatience le cours r^ufier dé vos lettres, dont ils ne doutent pas, quand vous aurez reçu ma première ; et ma résolution invfeurîabte de vous donner deis leurs éxaclèîàeht^ tdùs tes mois.
yL^ fetame me «joiiidra sot» peu <le jourrs, et> pour ite {dus nbus^ quitter» j'espère.
'' Acfieu» ireœs^ez mes^ voeux. Le Gomte de Las Cases.*' :
UiTTRE DU COMTE DE LAS CASES A. M. GOVLBURK, £N LUI ADRESSANT LA PRÉCÉDENTE.
" Franofort-sur-]e-Mein, 19 Mai 1818.
^' J*ai rboaneiir de vous remercier de Tobligeance atec la* quelle voua youlex bien me laisser connaître le départ de mes lettres pour Sainte-*Hélène, ainsi que celui des brochures et journaux dont voua avez; bien voulu les accompagner.
" Je suis fâché que vous ayez été dans le cas de jgudAt le si* lence sur certains articles de ma dernière l^tïe. Ma discrétion saura interpréter ce silence. Je dois à l'obligeance personneUe qii^e vous m*avez montrée jusqu^ici^ de ne pas y revenir davantage.
'' J^écris à M. le Cardinal Fesch, d'après un article de votre leUrej qu'il peut adresser par la voie qu*il jugera la plus conve«* nable» la suite des MonUeurs à compter de 1808, à Toffiee dé Lord Bathurst à Londres } que Sa Se^eurie admet l^r transit n^^smx à Sainte-Hélène.
*' Monsieur^ quant à l'article de votre lettre concernant Ia^«^ mande que j'avais eu l'honneur de vous &ire, «l'un buHetin régffn lier de la santé de Napoléon^ au nom et en faveur des membres^ de sa &mille^ qu'il me soit permis de vous prkr de 'ftdre observer à milord Bathurst^ que toute la famiUe de l'Empereor .Napoléon n est point à Rome« qu'il a une sœur et sa Êunille à Francfort» un frère et sa famille en Autriche^ deux autres sqbuhs et leiH* fitmille s^ux environs de Vienne et à Trieste» sans compter d'autres en^ cpre« qui tous omettent le plus grand prix, et régleraient c&mtach une véritable &veur pour leur cœur, que les seatimens qui ont porté Lord Bathurst à donner des nouvelles. réguUères à Rome> I^ fissent condescendre k leur en laisser parvenir régitlièrement aussi. Je rn'igporais, pfMS la; satisfaction xjui avait été ^proeurée* jusqu'ici à la Princesse Borghèse -, mais elle ne revenait pas de Rome sur tous les membres de la famille en Allemagne^ où la
>«#aJ»
DE l4.Sllf«»EPft HArOil^ON.
j'avais Thonneur de demander. Quelques titres et qoebiCies^rtnt^ que oioA cœur me ëonnàt peiut-être à solliciter pour md^Éïèsoe une part de ce bulletin, je saurai faire abnégation entière» et me mettre tou^ li &it de côté $ et ne doutant pas que la fiÎTenr M fût plus appréciée par cc^x pour q^i je la illicite, si elle venait directement de Lord Bathurst plutôt que de passer par mes msôns, je solliciterai éonc de nouveau et au nom de la Comtesse des Survilliers (la Princesse Joseph Bonaparte), qui réside en cette ville, d'avoir la bonté de lui faire parvenir réguHèremetit le» DOièmes nouvelles qu'il a la bonté d'adresser k' là PHncessé Borghèse à Rome. La Comtesse es Survilliers' sff'chât^erA de iâ». communiquer à toute la faoïille en Allemagne»
** ^aûBÎeuT, je viens d'BJpprendre, par les journaux, le retour in attendu du. Général Gourgaud. Cette diminution sensible auprès de Napoléon, cette privation nouvelle d'un serviteur de plus, me pénètre le cœur, et me fait prendre le parti de vous prier de^ôuloil* bien deimnder à Lord Bathorst qu'il me soît permis d^ retourner k Saittle-Hélèoe, accompagné de ma famille. Cette Intention et cp désir ne me quittèrent jamais^ ainsi que Sa Seig^ neurie pourra sr'en convaincre dans toute ma correspondance avec Sir H. Lowe» au moment de quitter la colonie. Je ne pense pas qu'il t^ néoessaire d'en demander l'agrément préalable' à ^£mpere^r Napdâm, parce ce que j'ose me flatter que sa réponse œ saurait être douteuse. Toutefois, si Lord'Batburst le jugeait nécessaire, je supplie S. S. d'en faire la demande elie^mêtne;^ elle pourra s'apercevoir que dans ma lettré à Longwood, je me suis aXistena de mentionner cette circonstance. Des considéia*^ tioos de dâicatesae que Sa Seigneurie saura apprécier, ' m'ont vetcsMM VéXmt déplorable de ma santé ne sera pc^nt im obstadé. Jf'ambitionnfi d'aller trouver un tombeau aux pieds de celui qtie je vénère, et aux noins duquel je trouverais doux de eônsacrer le dernier soufle de ma rie. Agréez, Monsieur, Texprëâsion de la pou^te considération, etc. etc. Le Comte de Las Cases.*'' '
£83 JM9I ' «bOtTfi TiVntits ^^ lAtmée,
Je me hâtai, à la réceptiôh de 'ceà^^^detitiiens envoyés par le Comte Bertrand,' d^en expédier urje copie à chacun des souverains à Aix-la-ChjapelJ^e. S en pris occasion de renouyçkrr mef ia^tancca ; je les imploraÎB pour qu'ils portassent.dit secourra l'illustre victime. ** Quelques jours encore,*^ disaisje, " et il ne serait plus temps ; le médecin qu*on venait de lui arracher (un Anglais), déclarait publiquement dans Londres qu'un plus loKig séjour sur ce roc insalubre allait donner la mort i^ j'osais leur représenter que leur humanité, les sentimens de leur cœur, seraient arrêtés peutêtre par des dénégations formelles ; mais quelles paroles contradictoires leur justice aurait-elle entendues? Je leur demandais qu'il me fôt perïftis d*arriver jusqu'à eux; je sollicitais Tunique faveur de comparaître dans Tintérêt de cette cause- sacrée; me résignant, exprimais^je^ "v jç W prouvais la vérité des documens d^osés à leurs pieds, à ce que ma honte et mon sang expiassent d'avoir osé vouloir leur en imposer/' En même temps je ne perdais pas une occasion, un instant, une pensée, qui aurait pu multiplier le^ chances de quelques succès. Je m'adressai à q^ooque Ton m'apprenait avoir qizelqu^fluence sur le cœur des monarques. J'écrivis surtout à M: de la Harpe, cet instituteur de l'Empereur Alexandre, si connu, si vénéré, que l'on avait ,dit être en cet instant auprès de lui à Aix-^Ia-Cba- {^Ue*
. . ^'', j^ctpfi^uirr,;-^liH;^i^jci^, " oa m> fait parvenir ^ Ton ma assuré^ ^ue vous aviqz dfiigné prendre (|uek}ue intérêt à ma situatîon^ à la constance et aux efforts du sentiment qui l'a amenée et qui'là continue. Ce mouvement généreux ne saurait m*étonner. , 'Rien de ce qui eèt noble* grand, humain^ philantropique, ne sauniît> dfltp» mtt p^sâe;;. fttr^ étranger dans M* ëe la Harpe. Il jç^^ çpmitt h tou^ par . le» doctrines qu'Usa enseignées, et qu*îl ne prenait qu*en lui-même.
" Monsieur, ce sera, donc dans la persuasion de Tintérêt qui semble vous avoir touché, que je m'adressemi à vous en toute confiance. On m*a assuré vous avoir communiqué lés premkiB p^îers que j'adressai ei^ Europe» tonefaaoat la aainte cause à la< . quelle j*ai voué jusqu'au dernier soupir, de ma vie* J*ose prendre la liberté d'ajouter ici un petit supplément» dans Tespoir d'enrichir de motifs puîssans les intentions» peut-être les efforts, de votre bon cœur.
*< J'avais une brochure d'observations sorties du roc même, et de la dictée de Tillustre victime j plus, la relation circonstanciée de ce. qui s*était passé depuis notre départ de Pans, jusqu'au mp^ ment oh j*ai été arraché de Tile fatale^ Ces deux pièces, Mon^sieur, vous seront remises à Aix-la-Chapelle. Vous trouverez ici les derniers détails qui me sont parvenus : ils vous prouveront que les mauvais traitemens, les outrages, la barbarie, ne font quV aocrottre.au Ueu de diminuer^ voua en. serez toucké, j en suit «sûr, et vovia toucheriez quiconque il vous serait permis d'çn ep<r tretenir. Qui sur la terre pourrait demeurer insensible à de tels faits, ^ un tel spectacle ? J'ajouterai que la victime est attaquée du f(Me ; que ce mal est promptement morte), dans le lieu et sous le clknat auquel il est condamné. Il est digne de vous, Moosieiir, de remuer des vertus ^ô vous avez cpéées. Le cœur ^ue vous avez ora^ ne saurait vou9 être fermé* Vous avez trpp bien implanté les idées du beau, du juste, du mi|gnaBime, po|i^ que ces glorieuses qualités se refusent à une aussi méritoire et ^ aussi glorieuse application ; et quelle plus digne, plus noble, pluei grande œcasioti se présenta jamais ? Quelle que puisse être la situation d'esprit et de cœur de Tauguste source d'où on
^§4f Mdft'éiîKWfti AC«it# ^ « [Année,
lÂ'idAidtls^ tdllt est gidire dàiHT sa cttldttâénâàixtÉ ^1 da'syn^a* tlBe« S*U 6e ressouvient d'une anciemie «mtt{é»-9*il aime ancore,: rien n*est plus doux, et jamais spectacle tie fut plus moral auic yeux des peuples. S*il hait, rien n*est plus grand, ni plus magnanime. ,
' " CSe royal intérêt semble demeurer seul pour compléter son' imttortelievouroDne. Sa belle histoire l*atteiid et fe soindf^. Mais est-ce bien à moi à vous le dire ? Qu'imagioerais-je de généreux qui vous fût nouveau ; ainsi qu'à celui dont le caractère brille en effet et en toute justice dans les annales publiques, où les actes privés, de nos affaires et de nos temps }
^ J*ai eu f honneur d^éerire difectement à ce stijet. Mais ma lettre aura-t-elle atteint Tauguste personne à laquelle f avais osé l'adresser ? Je vous en envoie une copie pour y remédier, s'il y avait occasion : elle vous exprimera mieux que je ne saurais vous le dire, la nature de mes soins, celle de mes vœux, de mes efforts, de mes espérances. Vous y verrez que la politique est en dehotB de toutes mes pensées ; que Thumanité, la morale, et )es aflbctions du cœur sont tout ce qui m'anime, tout ce que je poursuis et que j'invoque. Ces sentimens sont faits pour être recueillis par vous, et pour être bien, reçus de celui aux |Meds duquel j'ai cherché à les faire parvenir. Je m'autoriserai des droits qu'ils doivent avoir sur votre cœur, pour vous supplier de me fiiire -parvenir ce. que j'en dofs espérer, ou me feirc guider dans tme :)aaellieure route, s'il y avait lieu, pour parvenir à me faire entendre. Le respect m'empêche de profiter de la circonstance favorable pour chercher à m'approcher ; mais si je venais à apprendre qu'il ne fClt pas impossible d'être admis à une auguste présence, j'y traînerais avec joîe et confiance ma débile et dé&tUaiite existence. Tout travail nf est interdit : les souffrsûlc^ de mil tête ne me permettent aucune occupaftion suîviaj et c'est mon pliis douloureux tourmeût. Mon cœur est plfsin de aei^timens et d*efforts qu'il me devient impossible , de mettre en pratique.
" Daignez agréer, &Ci ' lieCônitede LasCase».*^
.£n cette oecdâifiot ni damaueiuie axktre jerû^mim
jsanàs la moindre réponse à une^setde de «fô^ let^ très ; et s^îl me fiit insinué parfois quelque cfiose indirectement et avec mystère, je dûs m'en défier coipme d'un piège tendu à ma personne, ce .qui eut été peu^ ou à itia cause» qui était tout pour moiw
Ainsi le congrès se finit, et pas un mot n'en sortît eh faveur de Napoléon. . . Enfin, il n'est pas jusqu'aux talens étrangers que je ne cher-, chasse. à stimuler ; et dans le nombre des vois: qui s'élevèrent alors, la brochure d'un célèbre publiaciste Allemand attira assez les attentions supé-' rieures pour servir de prétexte à machiner des entraves à la liberté de la presse. ^ ;
Quoiqu'il en soit, tous les efforts que j'avais p^ot, voqués furent vains, tous mes soins furent per^dus. .... et on le laissa mourir !. • • Au fait, quei pouvait, auprès des souverains, la vérité toute nuë,' sans l'entourage d'aucune adresse ni l'alliance d'aucuns intérêts^ contre les insinuations de méchana; qui veillaient avec toute l'ardeur du fanatisme po^. litique, des ressentimens privés, et des apprében^ sions éventuelles. Ils firent si bien que, dans le conseil des Rois, la crainte l'emporta . sans doute sur la générosité. Ils démontrèrent cpfnbien l'in-i térét était universel, ce qui rendait la viotinie daiii^i gereuse j et il «.t vrai de dire, à la gloir^-des sentimens généreux, que l'opinion s'était prononcée, partout avec une grande chaleur, non moins^ e,n Allemagne qu'en tout autre pays, et peut-êtrç
â8@ 'MON BfiiouR.'AifraBà; ^f^ [Ai^iAff
qu*à U MéflextoD' d» haotsr < iper^ngOB ^<l^iiu«i / furent les témcnns» cette opitàqt^islhmhyQSiiaBte]fit-^Ue beaucoup de mal à ceteîtqa^élle .^oiilaH'> servir; comme s'il eût ^é daas/la destkiëedftiNaqpoup léon que Tititérêt des Allemands lui: de^^lot aussi (^ funeste dans l'adversité que: Imc faDinsoakéîiuri^ avait été fatale au temps de sa Totite^Pùissaniae. < Au nombre des e£brts pour maintenir Thideiise : . captivité de Napoléon, on a été jusqu'à supposer: aux Ministres Anglais une basse intrigue^ uneitt^ .. digne déeeption. On a vouhi que poisr rad&imir i . les souverains ébranlés^ ils eussent for^ tout eaCi^rf. près un prétendu complot d'évasion; On. s'est ^^ fondé sur TàpropQS, Véelat, la prG^usioQ:<afVEGiJàj>« ' quelle l'arrivée du bdck le Musquito fit répondre : sbudainem^it cette nouvelle dans Ufste I'£ur€^;' circonstance qui« une fois qu'elle eut pfodniit l'efiett attendu, celui de contrebalancer la faveur de Pok pinion, n'a plus donné lieu à aucune mention v3&-. t^ieure> à aucun détail» à aucune ;CDa&3iuitàaB:) quiconque; conjecture imaginée sanSitlouttt, et> dans laquelle les Ministres Anglusnesont prob&»I blement coupaUes que d'avoir doimélieude lei;. en soupçonner, par les nombreux anbécédc^s dans'' lesquels ils se scmt dégradés en agissant conlreiNQ- •
poléo&« * ^ ^ ' ' '• • ' .•••'■■.•.•.-. r-i-r-'-t' •
A mon chagrin vint se joindrie eûcore^Iai <^auite: ' de voir les, anciennes vexatiolns me^arelancer -dâiss^ ma paisible solitude.^ • Nous approcbionsr do prln^j^ ' temps de 1819 ; l'excellenti Grand^Duo^ de Bade r
vcnaiibv^ nj^uorint ^oeux qui ne nom wi^iieiit pais^ detenùaploaifortStpar )a eirccmstanoe, me firent signifier, à Pinfu du /nouveau souveram peuttétre^ quÂgi'dUaflè À.siDrtir des États de Bade* L'oidre ne ane ittt donné que Yerbalement, et Ton me dit méfhe que je ne ' le recevrais pas autrement» Le motif de* mon ^ignement^ disait-on, était Tinten-» tioQ de t vivre en bonne amitié avec la France, et la eraiii^ que mon séjour ne lui fût désagréable : c'était à^ faice f ire de pitié. Je dédaignai, du reste, de direiqfuele Ministère Français a\'ait trouvé bon quJkmimfi laissât en repos ; l'intolérance d'opinion eût trouvé un autre motif tout aitfssi ridicule. Celui 'chaf^ d'exécuter 6&ntre moi voulut bien m'aOGOrder quelques jours de préparatifs ; mais j'étais à peu près comme le philosophe Grec qui pwtait tout sur sa personne, et je serais p^trti à l'instant de la notification même, si M"^ de Las; Cases ne se fût trouvée avec une fluxion depoî^ trine qui la mettait en grand péril. «Tassur^ que je ne me- donnerais que le temps de la voir hors de danger ( et bien qu'on* me doniiâ talors le conseil bienveillant de solliciter du gouvernement la pernussibn: de demeurer, je le dédbiigqai encore; et, à peu de joum de là, je me mis en route pour Ofiêmbach, où M"^*^ de Las Cases devait venir me Joindre^ dôs qu'^^e sevait en état de voyager.
>Si je meitrouvai si Jieurté de ce traitement înat-
t;endtt| o'est^fnej'airaisd^à oublié tous ceux dont
j^msàë été. accablét pai* les autorités Anglaises, et
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que depuis plus d%ne antiée qtié j'étais sur le sol Allemand, je n-étaîë plus fkit à dé pareilles formes ; que yétaîs! gâté, au contraire, par la faveur, l'intérêt, et les égards dont je m*étaîs vu partout l'objet, même de la part de ceux dHine opinion contraire ; et puis, c'est qu'en sortant dp Manfaeim j'étais loin d'être embarrassé sur un nouveau domicile : des* amis, dans leurs bienveillante^ précautions, avalent parfois pressenti divers gouvernemens voisin^} j'étais assuré d'une réception favorable dans plusieurs. Un des princes auxquels on s'était adressé à cet égard, avait même répondu gaîment : '* Oui sans doute, qu'il soit reçu et bien traité. Loin dfe repousser ' un homme de ce Caractère, un prince qui s'y , connaîtrait, devrait en feire vatrcitiér ses courtisans." Toutefois, en tn'ëtendaut • id avec autant de complaisance sur mes succès, je ne dois pas non plus déguiser mes ^hecs. Parci par-la j'attrappais bien aussi mes petites mortifications ; tout ne saurait être roses ; et sans compter l'expulsion de Manheim, par exemple, . dont il vient d'être question, on -se seândalisait fort, dans un autre lieu, des égards qu'on montrait pour moi, étant> disait-ôn, un dé ces misérables qui avaient arrêté le Roi de.Fraiice à Varennés, et qui, plus» tard, avait fait peut-être jpis encore.
Dans un autre endroit ù^ baroii <iui donnait une
grande soirée, racontait à sés^ invités iqu-il avait enfin vérifié ce qu'était ce comte et ce -conseiller d'État de Napoléon, dont ràrrîvée avait fait tant .
de bruit dans la ville.: Ce n'était, letir apprenaitil) que son cuisinier à Sainte-^Hélène ;^ que n'ayant pas eu le moyen de le solder en le congédiant» il Tavait pour s'aoquiter, créé comt^ et- conseiller d'Ëtat. Si le baron croyait ce qu'il disait, a«(urément c'était un bon homme, et s'il ne voulait que le faire croire à, ses convives, il devait les reconnaître pour de bonnes gens. Ce qu*il y avait de plaisant du reste, car il faut tout dire, c'est qu'en effet le cuisinier de Longwood avait passé il y avait peu de jours ; et voilà pourtant comfiient naissent et croissent les anecdotes, les biographies de salon ; et puis le diable ne les déracinerait plus»
Je pouvais rire de la méchanceté ou de la bêtise, leurs faits et leurs dires n'étaient que ridicules et grotesques; mais il se présenta. une circQnstaiice d'une haute nature qui eût pu m'afiliger excessivement, si je ne savais combien l'erreur qui se presse autour des souverains peut altérer la justice de leurs jugèmens. On m'assura que quelqu'un, après le congrès d'Aix-la-Chapelle, se trouvant en mesure de toucher, vis-à-vis l'Empereur Alexandre, l'affreuse situation de Napoléon, et s'étayant des récits authentiques produits par moi, ce prince avait répondu : " Il ne faut pas croire non plus tout ce que •' celui-là est venu nous débiter en Europe; c'est *^ un inti'igant." Comme on peut pourtant tromper les princes même les plus éclairés, ceux qui se produisent davantage! A moins qu'il n'en fût ici. comme de Napoléon, qui employait souvent des