CASES
^^ En conséquence de ce qui a été énoncé dans la décision du Gouverneur, touchant l'af&ire du comte de Las Cases, U a été retenu, lors de son dâpart de l'île, un très*grand nombre de papiers.
*^* Le Gouverneur, dont le devoir spécial est de ne pas soufirir que des papiers quelconques^ venant de Longwood, sortent de cette îl,e sans au préalable avoir été examinés, s'est toutefois jusqu'à pré-, sent abstenu, par des motifs particuliers, de prendre connaissance de tous ceux du Comte de Las Cases, et a décidé que les papiers à lui apparte-? nant^ qui ont été retenus (papiers dont lui, Gouverneur, n'a connu que la teneur générale) seraient n^is en deu,x paquets séparés, et déposés à la trésorerie de Pile, pour y rester jusqu'à ce qu'il eût
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reçu des ordres de son gouvernement en ce qui tes concerne. .
** Le Comte de Las Cases pourra apposer «on cachet sur chacun de ces paquets, bien entendu que ce cachet sera susceptible d'être levé, soit dans le cas où ces paquets devraient sortir de Itle, par suite de la réception d'ordres du gouvernement, soit au cas que Pintérêt du service Texigeâc.
*' Ainsi, Tapposition de ce cachet n'est autre qu'une garantie morale que lui ofire le Gouvemeor, pour sa propre satisfaction, en ce qu'elle lui donnera Tassurance que les paquets ne seront point ouverts si ce n'était par Tun des motifs urgens prévus ci-dessus. ,
Si» dans de telles circonstances, le Comte de Las Cases répugnait à apposer son cachet à ces paquets, ou refusait d'accéder à la condition à laquelle cette apposition est permise, le Gouverneur, qui ne peut permettre qu'aucun paquet cacheté, ou que des papiers quelconques, venant de Longwood, sortent de ses mains sans être ouverts, ne jM>urra que regarder comme nécessaires toutes précautions propres à assurer à son gouvernement, Jusqu'à la réception de ses ordres, la connaissance des mesures qu'il a prises pour la sûreté de ceux qu'il a retenus.
^^ Le Comte de Las Cases s'étant refusé à apposer ^son cachetr aux conditions mentionnées cidessus, les papiers, partagés en deux paquets dî^
36 MON fiijoiM Ai>m£s: [Déd
atiacts^ ont été déposés dam deux bottes scellées du sceau du gouveraement et de rtle. t
81 Décembre, 1816- Signé: H, Lowx."
Tout fini entre nous, Sir Hudson Lowe, par une tournure qui lui était caractéristique Tis-à^vîs de moi, depuis que je me trouvais entre ses mains^ passa' tout aussitôt, soit bonté, soit calcul, à écrire pour moi quelques lettres de recommandation privée à de ses connaissances du Cap, qi^, m'assurait^il, me seraient fort agréables, et que je n'eus ^as le courage de rejeter, tant elles sembkient être ofïbrtes de bon cœur. Enfin vint le moment de cet éternel départ ; Sir Hudson Love descendit avec moi, m'accompagnant jusqu'à la porte de sortie, et là, ordonna à tous ses officiers de me suivre jusqu'au lieu de rembarquement pour me âtire honneur, disait-il. Je me jetai avec em|»*essèment dans le canot préparé pour me recevoir }' je traversai la rade, passant assez près d'un bâtiment q ni venait d'arriver du Cap, d'où je reçus, par gestes, les salutations du Polonais et des trois domestiques qu'on nous avait enlevés quelques mois auparavant. Ils repassaient pour regagner l'Europe; Je fus saisi à leur vue : l'un d'eux était porteur de la seule pièce qui eût échappé de J'île : la belle lettre au sujet des commissaires dea alliés. Je ne doutais pas que la découverte faite sUr mon domestique ne servît au Gouverneur pmiffidre ittire deiî recherchés sur ces' personnes, qui étak^t
loiiti de s'y attendre; heureusement il n'ex^ £ut \imi
et le brave et fidèle Seatioi eut leanérite d'êtee le
ipremier à faire paraître en Ëurc^e quelque chpse
d'qutiientique-sur Longwood*
/ Enfin/ je ims le pied sur le brick^ il levai'ancrey
et je crus le plus utile de mes vœux accompjii*
ji^aânes iUusâons que le temps devait détruircf , si
crueUement, et qu'une dernière expérience du
cœur de certains hommes devait me prouver
n'avoir été que d'absurdes chimères ! » . • • £t com-^
ment ai-je pu en effet m'ab user au point de croire
à la sensibilité de ceux-là même qui^ contre tout
droit, •avaient prononcé la sentence et ordonné le
supplice . . . Ah ! que n'ai-je choisi de demeurer !
que n'ai-je continué des soins domestiques, au lieu
d'aller rêver des services lointains ! J'aurais pro-
longé quelque temps encore mes attentions dé chaque jour . . • j'aurais recueilli quelques marques d'intérêt de plus ... et le moment fatal arrivé^ j'aurais eu ma part de. la douleur. commune, ma part des soins de tous ; j'aurais concouru à adou<»^ les derniers momen$;.moi aussi j'aurais aidé à fermer les .yeux ! • . . . Mais plutôt non, cédant de bonne helireau cUmatet à ma débile santés j'aurais succombé long^Xemps auparavant ; je n'aurais pas été 14 témoin deJ'horrible événement ! . . • j'aumis 9iiUKé]d'éter.rteUes douleurs;; je ne serais pl(^ ! # . .' jerim'en.gie£aifi.piâs à me débattre ^^ encore sou^^dea i9^nMé$: ,cxmUe& rapportées du liçu m^m y^y reposerais en paix ! . .^ • et bien dei$ gens regarde**
38 MON SÉJOUR AUPRKS [Janv.
raient ma dernière demeure comme un nouveau bonheur de mon étoile ou une dernière faveur du Ciel I
Je devrais peut-être terminer ici, puisque me voilà hors de Sainte- Hélène, et que je n*ai plus à citer les paroles de TEmpereur; néanmoins, ce qui va suivre se trouve en général trop directement lié à ce qui Je concerne, pour qu'on ne me pardonne pas d'avoir continué.