MARDI 31 DECEMBRE I8I6 AU VENDREDI 17 JANVIER I8I
Traversée. — Les griefs de Longwood. — Détails, etc.
Au jour^ il n'était plus question de Sainte^Hélène pour nous, que dans nos cœurs. Nous navi* guions avec vîtesse loin de ce lieu cher et maudit^ sur notire léger esquif, au milieu du vaste Océan, à une immense distance du vieux et du nouveau monde* Il se trouva que les officiers, l'équipage ét^ent remplis pour nous d'une bienveillance toute marqi^; à leurs soins, à leur empressradwt, à kurs ^é^tfds;^ à leur sympathie, j'aurais pu me
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croire, si ee n*eât été le langage^ à bord d'un hft* thneot Fraoçaifl. Ce n'était plus la eirconspectioiii la réserve de Sainte- Hélène : l'abandon avait suôcédé. J'appris là tout ce que je devais à l'Amiral Malcolm: c'était lui qui m'avait valu la faveUIr d'un brick de guerre^ au lieu du mauvaiis transport dont j'avais été menacé. Dès qu'il avait connu la détermination de Sir Hudson Lowe, l'Amiral avait couru chez lui pour lui offiîr un de ses bâtimelià, l'assurant qu'il en aurait toujours un pour m'épargner le désagrément et les privations auxquelles je serais autrement condarïmé ; et faisant un signal,, il avait fait rentrer le Griffon, dont le capitaine était un de ceux qu'il aimait davantage : on a vu qu'il me l'avait amené. L'Amiral avait montré de bonne heure le désir de me voir ; mais il avait attendu, par circonspection, le moment du départ ; il avait fedouté surtout, me disait-on, que je ne lui exposasse mon affaire, et ne voulusse le pren* dre pour juge entre moi et Je Gouverneur, vis-àvis duquel il se trouvait très-délicatement placé. Mais il eût pu être tranquille, je sortais d'une trop bonne école pour donner dans un pareil travers.
Une partie de notre traversée fut employée par mon fils, à retranscrire quelques papiers que nims avions déchirés à dessein, et placés épars dans nos . efiëts ou sur nom-mêmes. Sir Hudson home m'avait rendu cette précaution nëcessciire, m'ayawt dit <;fue}que t^mps auparavant qû'ii IbuiUeraît ^de iMun^aa tous ines papiers avant nètre déj{M»rt, pimr
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Tmrce.qiie j'auÊrais pu écrire durant nudétentiom '^r Un tel actei serait tout à fait tyrannique et sons *^ idëbcatesse, m'étâis-je permis de lui dire ; vous <' ne m'auriez donc permis T usage de plumes et de f^ papier que - pour vous saisir d'idées, qu'autre- ^ ment j'aurais retenues en moi-même : ce serait M un piège révoltant, condamné sans doute par vos ^'trilmnâuXi.et flétri bien davantage encore par ^ tous les cœurs honnêtes." Sir Hudson Lowe sentit apparemment la justesse de ce raisonnement» car il n'en fut plus question* , Le plus important de ces papiers, celui auqud je tenais davantage» était ce que j'ai appelé les griefs de Longwood.
Pendant que je me trouvais au pouvoir de Sir Hudson Lowe, nos entretiens me conduisirent* sur son propre désir,' à lui tracer à la hâte l'énut mération de nos griefs. L'état de mon flls, celui dcimes yeux nous empêchèrent de pouvoir le transcrire au net pour notre prq|>re compte. J'avais decnandé au Gouverneur un copiste, qu'il ne me dmina point. Je trouvai, peu délicat d'insister^ pubque ce n'était que pour lui présenter des choses qui devaient lui être peu agréables. D'un autre côté, comme je parlais à l'insu de mes compagnons^ et néanmoins souvent en leur nom^ il mlétait essentiel qu'ils en eussent connaissance, pour me redresser si je m'étais mépris. Au moment de partir^, je dis à Sir Hudson Lowe avoir complété cett9 pihf}^ je lui en montrai le .parquet oac^^iet^
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me prop<»9aitit^ lai dis^s^je, de le. £ih*e otopier \jem Cap^ ou mêmea bord du biick^^^de Jai '^emem' VÂSfyer deux exemplaires, Ynn pour lui, ^et l'autre pour Loagwood. Sir Hudson Lowe^ sembk^ t at-^ tacher un très-grand prix, et préférant un aatré arrangement, il fut convenu que je laisserais dès cet instant montnanusorit en main tierce,;, afin (^ë chacui^e • des parties en pût prendre copie; et que ^original me serait renvoyé; . Je cberclm^à ùet ^et quelqu^un dont le caractère honorable coiû« mandât ma confiance ; et le Général Bingiiam,. le commandant en second, fut le premier qui me vint à la pensée. Je lui addressai donc ce papier^ du consentement môme du Gouverneur, sous la oondîtion expresse d'être communiqué également, et tout à la fois, à Sir Hudson Lowe et au Comte Bertrand, instruit de l'arrangement. Voici cette pièce: elle ne présentera sans doute que des- réu pétitions ; mais pourrait-il en être autrement ?: Du moins retracera-t-elle un résumé suivi, et ^ sons ce rapport, elle doit' trouver de l'indulgence; d^aiL leurs, c^estiun document qu'il m'est indispensable de: produire.