Il s'agit du petit Missouri
2. Lewis et Clark ont aperçu les Rocky Mountains quelques semaines avant Larocque, mais ni celui ci ni ceux-là ne peuvent réclamer l'honneur d'une découverte, puisqu'il y a déjà soixante-deux ans que La Vérendrye à accompli cet exploit. De fait Larocque n'a atteint que le "Big Horn" un fragment de la chaîne principale.
3. Il se trouvait un grand nombre de rivières et de cours d'eau qui portaient ce nom dans l'Ouest. On ne trouve nulle part ailleurs que celle-ci ait été appelée Pine. C'est une branche de la rivière Powder qui prend sa source dans le Big Horn.
C'est la jalousie qui l'a poussé à commettre cet acte. L'on s'occupe de ce cas au moment où je me prépare à partir. Ils semblent désirer que je m'éloigne. J'ai en ma possession 23 peaux de castor; à leur avis, c'est un nombre très considérable et beaucoup plus que nous n'avons besoin. Ils croyaient qu'après avoir vu les Rocky Mountains nous retournerions sur nos pas immédiatement, car ils ne peuvent comprendre que je puisse avoir l'intention d'y découvrir quelque chose. Il est bien difficile de les faire comprendre par des signes seulement, surtout en cette occurrence, parcequ'ils ne veulent pas comprendre.
Mercredi, 7. Nous sommes partis à 6 heures et après avoir marché dans la direction du sud nous avons dressé nos tentes à 9 milles plus haut sur le bord de la l'ivière. Les sauvages ont chassé et tué plusieurs buffles et une femelle est venue se réfugier parmi les chevaux où elle a été tuée. A 5 heures du soir nous nous sommes remis en route et après avoir marché contre le vent dans la même direction que le matin, nous campons à 5 milles plus haut.
Jeudi, 8. Nous avons parcouru 24 milles dans la direction du S. O. en suivant le cours de la rivière Fine. Plusieurs petits cours d'eau viennent s'y jeter à peu de distance les uns des autres. Un homme et un cheval ont été blessés par un ours mais les blessures ne sont pas dangereuses. Il y a beaucoup de fruits aux environs et des ours en grand nombre. Vent S. E. Nous sommes campés ici au pied de la montagne.
Vendredi, 9. Les sauvages sont allés à la chasse et sont revenus avec plusieurs peaux qui doivent être préparées pour confectionner des tentes. Le temps est couvert et le vent vient du sud. Les rapides sont très fréquents à cet endroit de la rivière; le courant est rapide entre ces derniers et le lit de cette rivière se compose de roc.
Samedi, 10. Quelques sauvages sont revenus de la chasse et ont apporté 9 peaux de castor que j'ai obtenues pour des perles. Même température que la veille.
Dimanche, IL Ils ne savent pas quelle direction prendre en partant d'ici et pour cette raison il est décidé de rester où nous sommes jusqu'au retour d'un parti de jeunes gens envoyés du côté ouest des montagnes. Ils s'informent souvent de notre départ au sujet duquel leur anxiété est grande ; ils demandent si je dois les quitter bientôt et aujourd'hui ils ont été plus importuns
que d'habitude. Ce que j'ai vu de leurs terres jusqu'à présent ne m'a pas appris ce que je tiens à savoir au sujet des castors. Je leur ai dit que je resterais avec eux 20 à 30 jours de plus; que je désirais beaucoup voir la rivière aux Roches Jaunes* et l'endroit où ils résident habituellement, sinon que je me trouverais dans l'impossibilité de revenir et de leur apporter ce dont ils avaient besoin. Ils admirent que c'était vrai, mais quand à mon ignorance de leurs terres, ils résolurent d'écarter cette objection en se réunissant quelques-uns d'entre eux pour dresser sur une peau préparée, je crois, une très bonne carte de leur contrée^ sur laquelle ils m'indiquèrent les endroits où je pourrais les rencontrer aux différentes saisons de l'année. La seule raison qui leur fait désirer mon départ, c'est, je crois, leur hâte de recevoir les autres objets que j'ai en ma possession, car nous ne gênons en aucune façon ceux dont la tente nous sert d'abri. De plus ils prétendent nous être attachés, ils nous traitent bien et pleureront disent-ils lorsque nous les quitterons.
Lundi, 12. Les jeunes gens qui avaient été envoyés pour reconnaître, sont revenus et rapportent qu'il y a beaucoup de buffles et des fruits en abondance sur la rivière Small Horn,^ qu'ils ont vu l'endroit où de leurs gens qui n'étaient pas allés au Missouri avaient campé récemment (9 huttes), qu'ils avaient traversé les montagnes et qu'ils n'avaient vu aucune trace d'ennemis de l'autre côté. Ensuite ils tinrent conseil et des harangues furent prononcées à l'effet de lever le camp le matin suivant et de se diriger du côté de la rivière aux Roches Jaunes.
Mardi, 13. Nous nous mettons en route à 8^ heures du matin. Nous avançons dans la direction de l'ouest le long de la montagne à travers des cours d'eau et des monts tels que je n'ai rien vu de semblable auparavant. Comme il est impossible de gravir ces monts avec des chevaux chargés nous sommes obligés de les contourner à mi-hauteur où nous courons le grand danger de rouler en bas, car ils sont tellement à pic que l'un des côtés du cheval qui porte du bagage effleure le côté du mont. Un faux pas
1. Ce nom français qui lui a été donné en premier lieu est probablement l'équivalent de celui qui lui avait été donné par les indigènes.
2. Tracer une carte est une tâche naturellement facile pour le sauvage. Il est constamment fait mention dans les narrations des explorateurs et des traiteurs, de l'habileté et de la précision de ces géographes indigènes.