‹ Journal de Larocque de la rivière AssiniboineChapitre 16 sur 30 · Les sauvages Fail de la Saskatchewan (Atsinas · texte numérisé non relu

Les sauvages Fail de la Saskatchewan (Atsinas

2. Il a atteint la rivière aux Roches Jaunes au dessous de Pryor's Fork.

3. John McDonald connu parmi les traiteurs et les sauvages comme le "Bras Croche'' à cause de son bras difforme. Il a écrit une série de notes autobiographiques excessivement intéressantes, 1791-1816 — voir Masson, II, 1-59. Comme il les a écrites à l'âge de 85 ans, l'on ne peut toujours y ajouter foi à l'égard des dates. Il dit qu'il a construit la maison New Chesterfield (sur la Saskatchewan du sud, à l'embouchure de la Red Deer) en 1805, puis il décrit l'arrivée de sauvages " Mississourie " (évidenmient les 'Big Bellys' dont parle Larocque) vers l'époque de Xoël de cette même année. Le journal de Larocque indique mûrement cju'il s'agissait de 1804.

se sont joints aux autres ; ils ont quinze tentes aujourd'hui. Ils étaient campés sur le côté opposé de la rivière.

Jeudi, 12. J'ai fait l'acquisition de six gros castors des sauvages Snake. Nous avons traversé de l'île sur le côté ouest de la rivière, puis nous avons parcouru 9 milles en remontant dans la direction du S. O. et nous avons campé sur une pointe oij ils préparent habituellement "their fall medicine."

Vendredi, 13. J'ai acheté un arc en corne, quelques flèches, une selle et "pichimon,"^ une partie de tente et quelques-unes de ces perles en verre bleu qu'ils ont reçus des Espagnols et auxquelles ils attachent une telle valeur qu'ils échangent un cheval contre 100 de ces pgrles.

Samedi, 14. Après avoir visité les terres des sauvages Crow pour constater s'il y avait des castors comme on l'avait rapporté et avoir engagé ceux-ci à leur faire la chasse, conformément aux instructions reçues de M. Chaboillez, je me prépare à retourner sur mes pas. J'ai réuni les chefs en conseil et après avoir fumé je les ai informés que j allais partir, que j'étais content d'eux et de leur conduite à mon égard et que je reviendrais au milieu d'eux l'automne prochain. Je leur ai demandé de tuer des castors et des ours durant tout l'hiver parce que je reviendrais pour trafiquer avec eux et leur fournir ce dont ils avaient besoin. Je leur ai dit d'autres choses encore pour les convaincre qu'ils retireraient des profits à faire la chasse aux castors, puis nous nous sommes occupés des moyens de nous reconnaître l'automne prochain et de savoir comment je les retrouverais. Il a été entendu que si je ne les rencontrais pa's sur l'île à mon arrivée, je me rendrais sur la montagne appelée Amanchabé Chije oij j'allumerais 4 feux différents 4 jours de suite et qu'alors ils viendraient nous rejoindre, (car la montagne est très élevée et un feu peut être aperçu à une grande distance) , mais quatre d'entre eux seulement devaient venir et si un plus grand nombre s'avançaient, nous devions nous tenir sur la défensive car se serait d'autres sauvages. Dans le cas oij j'allumerais moins de trois feux, ils ne viendront pas parcequ'ils croiront que des ennemis seront là. Ils m'ont dit que durant l'hiver on peut toujours les trouver à l'endroit oîi se trouve un

1. Ou pichimoni; la copie n'est pas distincte. C'est peut-être le nom d'une bride en langue Crow. C'est peut-être encore une mauvaise épellation ou transcription de pemmican, mélange de \dande pilée et de gras fondu qui constituait une partie si importante de l'attirail des traiteurs.

parc au pied de la montagne ou aux environs. Le printemps et l'automne ils se trouvent toujours sur cette rivière et l'été sur les rivières Tongue et Horse.*

J'ai en ma possession 122 peaux de castor, 4 peaux d'ours et deux peaux de loutre que j'ai achetées non en considération de ce qu'elles valent (parceque ce sont toutes des peaux d'été) mais pour montrer aux sauvages la valeur que j'attache aux peaux de castor et aux effets que nous leur donnons. Avec les présents que je leur ai faits je crois avoir réussi à gagner leur bienveillance.

Je ne leur ai jamais rien donné sans leur faire entendre que j'attendais quelque chose en retour. Si nous leur avions donné davantage ils auraient pensé que nous avons des marchandises en grande abondance et auraient accordé aucune valeur à celles-ci. I^s sauvages qui ont rencontré quelques blancs seront plus satisfaits de recevoir quelques articles seulement, car ils attachent peu de prix ou aucune valeur à ce qui leur est donné trop libéralement. C'est pourquoi j'ai acheté leurs peaux d'ours et en même temps je voulais pouvoir prouver qu'il y a des castors dans cette région sans compter qu'il était avantageux de distribuer nos articles à ceux qui le méritaient le plus, c-à-d aux moins paresseux.

Nous sommes partis à 2 heures avec deux chefs qui nous ont accompagnés jusqu'à 8 milles environ, alors que nous nous sommes arrêtés pour fumer le calumet d'adieu. Ils nous ont ensuite embrassés et après nous être serré mutuellement la main, nous nous sommes séparés. Ils nous ont suivi à distance jusqu'à un mille environ, ralentissant graduellement leur marche. Ils pleuraient ou faisaient mine de pleurer et lorsque nous fûmes hors de vue à peu près, ils nous tournèrent le dos et s'en retournèrent. Au moment du départ ils nous promirent qu'aucun de leurs jeunes gens ne nous suivrait et après avoir pris le ciel et la terre à témoin de leur sincérité, ils dirent qu'ils avaient écouté attentivement mes paroles et qu'ils feraient ce que je leur avais demandé. Ils me firent jurer de la même manière que je reviendrais et que je n'avais rien dit de faux (certainement que je n'avais pas alors et que je n'ai pas aujourd'hui l'intention de violer mon serment, car si je ne tiens pas les promesses que je leur ai faites, ce ne sera pas ma faute).

1. Il s'agit peut-être du "Pumpkin Creek" l'une des branches principales de la rivière Tongue.

Nous avons parcouru 20 milles dans la direction du N. E. Un peu avant le coucher du soleil nous avons été surpris par un orage qui nous à forcés à rejoindre un endroit de la rivière où nous avons campé et passé la nuit. Nos chevaux ont été effrayés et c'est avec difficulté que nous avons réussi à les rassembler. Nous avons fait le guet durant la nuit.

Dimanche, 15. Nous avons marché dans la direction du N. E. et après avoir traversé la rivière ' Roche Jaune ' à 9 heures, nous avons continué notre route sur la rive sud. A 10 heures nous avons traversé la rivière Manpoa à l'endroit où elle se jette dans la rivière aux Roches Jaunes. La rivière Manpoa ou Short Storm a une largeur de 10 pieds en\aron et il y passe très peu d'eau. Elle prend sa source à peu de distance dans 'Amanabe Chief ' et l'on trouve du bois le long de ses rives surtout près de la montagne. Il y a des castors sur le côté est de cette rivière et près de l'endroit où elle se jette dans la 'Riv. Rocher Jaune,' se trouve un rocher blanchâtre perpendiculaire sur lequel est dessiné avec de la terre rouge une bataille entre trois personnes à cheval et trois autres à pied.^ A 2 heures de l'après-midi nous somme arrivés à une haute montagne située sur le côté de la rivière et que les natifs appellent Erpian Macolié; nous nous sommes arrêtés là pour faire reposer nos chevaux et nous avons tué un buffle femelle. Nous sommes repartis une heure avant le coucher du soleil et il faisait nuit lorsque nous avons campé sans faire de feu, de crainte d'êtredécouverts par des voleurs de chevaux ou des ennemis. De Manpoa jusqu'à cet endroit nous avons suivi la direction de l'est. Nous avons vu des buffles et des cerfs en grande quantité. Vent du S. O.

Lundi, 16. Forte gelée la nuit dernière. Temps couvert. Neuf milles dans la direction du N. E. Nous nous arrêtons pour faire cuire des aliments pour la journée, car nous ne faisons pas de feu la nuit. Des buffles et des cerfs en grande quantité. Il a

1. En descendant la Yellowstone au mois de juillet 1806, le capitaine Clark visita un rocher remarquable près du confluent du Shannon Creek et de la Yellowstone. Dans la description qu'il en fait, il dit '' que ce rocher mesure quatre cents pas de circonférence en\'iron, que sa hauteur est de deux cents pieds et qu'il n'est accessible qu"au nord-est, les autres côtés n'étant que des falaises perpendiculaires composées de roc graveleux légèrement coloré. Les sauvages ont gravé des figures d'animaux et fait d'autres dessins sur les côtés de ce rocher et sur le sommet s'élèvent deux amas de pierres." Il donna le nom de "Pompey's Pillar" à ce rocher remarquable, nom qui sert aussi à le désigner sur sa carte. C'est apparemment le même rocher dont Larocque fait mention et la rivière Manpoa dont il parle est le Shannon Creek de Clark.

plu jusqu'à 3 heures de l'après-midi alors que le temps devenant beau, nous sommes venus camper près des rochers de la grande rivière Horn où nous sommes arrivés à 8 heures du soir.

Mardi, 17. Ce matin nous avons traversé la rivière de bonne heure. Ses pointes ici sont larges, magnifiques et abondamment couvertes de bois. Nous avons passé à travers une région abominable et nous avons désespéré plus d'une fois d'en sortir, car nous y avons rencontré des rochers qu'il était impossible d'escalader ou de contourner. En sorte que nous étions obligés de retourner sur nos pas pour suivre un autre chemin où nous rencontrions les mêmes difficultés. Finalement nous avons gravi la montagne, mais une fois sur le sommet de celle-ci notre position n'était guère plus encourageante, car il nous fallait souvent décharger nos chevaux et transporter nos bagages nous-mêmes,

puis faire franchir des ^ de rocher à nos chevaux légers,

leur faire longer des précipices et courir le danger de les perdre. Enfin à 3 heures de l'après-midi nous étions sortis de notre mauvaise position et sur le bord d'un rocher nous pouvions voir un terrain uni devant nous, mais le soleil se coucha avant qu'il nous fût donné de rencontrer vm chemin praticable pour opérer notre descente. Il nous a fallu encore décharger nos chevaux et transporter nos bagages sur une partie du parcours, pendant que les chevaux durent franchir 25 verges environ en se laissant glisser sur la croupe. Nous avons brisé quelques-unes de nos selles et nous avons rejoint la plaine au moment où le jour paraissait, puis nous avons campé un peu plus loin sur le bord d'une rivière. Il est probable que si nous avions eu un guide, nous aurions évité ces rochers , tandis que notre ignorance de la route nous y a conduit et qu'une fois engagés dans cette impasse, il était aussi difficile de rétrograder que d'avancer. Nous n'avons pas suivi de direction déterminée, car pour nous dégager nous avons dû marcher en tout sens. Nous avons tué un cerf.

Mercerdi, 18. Ce matin nous avons aperçu à 9 milles au sud les pointes couvertes de bois où nous avons campé la nuit dernière; nous en étions séparés par la rivière d'un côté et par les rochers de l'autre. J'ai entendu hier le bruit des chutes ou Great Rapids,^

1. Illisible; c'est peut-être " channels " dans le sens de " chasms " — ravins.

2. L'on ne saurait dire de quelle chute Larocque fait mention, car le Yellowstone est na\dgable depuis son embouchure jusqu'à un endroit situé au-dessus de la position où il se trouve présentement.

52 AKCHIVES CANADIENNES

mais je me trouve présentement trop éloigné de la rivière et trop occupé pour me rendre à cet endroit. Il a gelé très fort la nuit dernière et nous avons quitté notre campement plus tard qu'à l'ordinaire, parceque nos chevaux étaient fatigués, mais une fois en route, nous nous sommes arrêtés qu'après le coucher du soleil. Nous avions parcouru 22 milles dans la direction de l'est et le vent soufflait du S. 0. Beau temps; des buffles et des cerfs en grand nombre.

Jeudi, 19. Le temps est froid et couvert. Vingt-deux milles parcourus dans la même direction que la veille. Nous avons fait halte à 2 heures de l'après-midi et nous avons tué un cerf qui n'avait pas grand valeur parcequ'il était entré dans sa saison de chaleur. Nous nous remettons en route dans la direction du N. E. et après avoir parcouru 8 milles nous campons pour la nuit.

Vendredi, 20. Nous sommes partis de bonne heure aujourd'hui. Nous avons gravi les collines qui sont accidentées et arides et nous avons parcouru 36 milles dans la direction du N. E. Nous avons tué un gros Beau temps; vent du N. E.

Samedi, 21. La route étant très mauvaise, nous sommes descendus à la rivière dans l'espoir d'y trouver un meilleur passage, mais celle-ci atteignant le roc à chacun de ses coudes, nous avons dû regravir la colline et poursuivre péniblement notre route à travers les rochers. Après le coucher du soleil nous avons campé sur la rivière à la Langue^ où nous avons tué deux cerfs qui étaient très gras. Direction de l'est pendant 18 milles; vent du N. E.

Dimanche, 22. Nous avons traversé la rivière à la Langue et nous avons franchi une plaine de 9 milles de largeur, après quoi nous avons rencontré des rochers et des précipices sans nombre que nous avons dû traverser, puis nous avons campé deux heures avant le coucher du soleil, sur le bord de la rivière près d'un rapide. Il y a peu ou pas du tout de bois ici le long de la rivière, à l'exception de quelques liards disséminés ci et là et l'herbe fait complètement défaut. Direction du N. E. pendant 18 milles environ; vent du S. O.

Lundi, 23. Nous avons traversé une plaine assez unie aujourd'hui. Nous avons parcouru 12 milles dans la direction de l'ouest et 24 autres dans la direction du N. E. A 10 heures nous avons traversé la rivière Powder; il n'y a pas de bois sur ses rives

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