‹ Journal de Larocque de la rivière AssiniboineChapitre 26 sur 30 · Chien de prairie {Cynomys ludovicianus · texte numérisé non relu

Chien de prairie {Cynomys ludovicianus

3. Le Kitt renard {vulpes velox) ou coyote peut-être {Canis latrans).

4. Puma connu sour les divers noms de chat sauvage, lion de montagne, lion américain, couguar, panthère. Il se rencontre du Canada à la Patagonie, surtout dans les montagnes.

5. Voir la description graphique d'un village de chiens de prairie, près des rives du Missouri, Catlin I, 7fJ-7, et gravure 42.

se nourrit de chair et de racines, devient gros comme un rat musqué et sa couleur est grisâtre. Il y a un grand nombre de leurs villages aux environs du Missouri et quelques-uns ont une circonférence de trois ou quatre acres.

Sur le parcours de la rivière aux Roches Jaunes, j'ai vu une troupe d'oiseaux qui ressemblaient aux coqs de bruyère ; ils étaient cependant beaucoup plus gros que ces derniers et avaient une large queue qu'ils tenaient ouverte en volant.^ Je n'ai pu en tuer aucun, car ils se tenaient sur le sol parmi les herbes et je ne les ai aperçus qu'au moment où ils se sont levés et envolés. Ils ne s'enfuient pas tous ensemble, mais' s'envolent les uns après les autres comme les faisans,^ à mesure qu'ils sont dérangés.

Les Fiat heads habitent le côté ouest des Rocky Mountains aux sources des rivières qui coulent dans la direction du sud-ouest et se jettent dans l'océan de l'ouest. La chaîne de montagnes qui sépare ces rivières du Missouri peut être franchie en deux jours après quoi l'on ne rencontre plus de montagne jusqu'à l'océan. Ils se rendent tous les automnes au fort du Missouri ou aux alentours pour tuer des buffles qui ne se trouvent pas de l'autre côté de cette chaîne de montagnes et pour se procurer des couvertes et de la viande séchée et ils s'en retournent aussitôt que l'hiver arrive. Il se trouve des cerfs de différentes sortes sur leur territoire ainsi que des castors; ils se font des couvertes avec les peaux de ces derniers mais ils préfèrent pour cela les peaux de buffles. Ils ont un grand nombre de chevaux qu'ils vendent pour des bagatelles et ils en donnent beaucoup pour rien. Ils disent qu'il y a des blancs qui habitent les parties du bas de la rivière, qu'ils résident sur les terres de ces derniers qui leur fournissent des perles en verre et une sorte de petit bâton cylindrique qui ressemble à un wampoon. Ces blancs, disent -ils, ne font pas la traite, Les castors que ces sauvages tuent sont rôtis et la peau est mangée avec la chair. Ils harponnent le poisson et le castor au moyen de dards fabriqués avec des cornes de cerf, et ils se nourrissent de poisson durant une partie de l'année. La description qu'il m'en ont faite me porte à croire qu'il s'agit de saumon.

1. Poulet de prairie, poule de prairie, coq de bruyère {Tympanuchiis Americanus) . Il se trouve dans la prairie au sud de la Saskatchewan. Voir la description donnée dans Lewis & Clark, I, 201.

2. Perdrix commune qui se rencontre dans les bois du Canada et dans le nord des Etats-Unis.

Lorsqu'ils ont obtenu une chaudière de cuivre de leurs voisins ils ne s'en servent pas comme d'un objet de cuisine mais ils la coupent en petits morceaux dont ils se servent pour orner leurs accoutrements et leurs cheveux. Ils échangent un cheval contre 70 ou 80 dents de cerfs qui sont considérées comme une grande parure parmi eux. Ils trafiquent surtout avec les Ererokas avec lesquels ils échangent des chevaux et des arcs fabriqués avec des cornes contre des articles que ces derniers ont reçus de nous, des Mandans et des Big Bellys. Les flèches dont ils se servent à la guerre sont empoisonnées et beaucoup plus petites que celles dont ils se servent à la chasse.^ Ils combattent à cheval généralement et sont munis de deux arcs et de deux carquois remplis de flèches avec lesquels ils se défendent et harcèlent beaucoup leurs ennemis même en fuyant, car ce sont des cavahers accomplis. Ils disent que leur contrée est si fertile que les arbres fruitiers qui ne dépassent pas des arbrisseau ici deviennent là de grands arbres. Ils parlent généralement très bas et aucune nation environnante ne parle leur langage très difficile à apprendre et qui ressemble au son produit par de petits morceaux de verres heurtés les uns contre les autres. Leurs arcs sont fabriqués d'une seule pièce et presque tous avec des cornes de différentes sortes de cerfs. Ils n'ont jamais vu d'élan.^

Les Snakes habitent à l'est des Fiat heads au pied des de la même chaîne de montagnes et à proximité de la source des rivières qui coulent aussi vers le sud. Ils disent qu'il y a beaucoup de castors sur leurs terres et qu'ils fabriquent une partie de leurs vêtements avec les peaux de ces animaux. Ils sont tous sur un pied d'amitié avec les Rocky Mountains et font avec ceux-ci le même trafic que les Fiat Heads. Ils forment une population très nombreuse dont chaque tribu porte un nom différent.^ Les tribus

1 . La description que LewiS & Clark font des arcs, des flèches et des carquois des Shoshones est d'accord avec ce que Larocque dit ici au sujet de ceux des Fiat heads, à l'exception de ce qu'il ajoute au sujet des flèches empoisonnées. Je n'ai pu trouver la confirmation de ce fait nulle part. (Lewis & Clark, I, 151.)

2. L'élan ne se trouve pas à l'ouest des Rocky Moimtains et il n'est pas fait mention qu'il se soit rencontré en Aniérique nulle part aussi au sud, dans ces latitudes.

3. ' Les shoshones forment une petite tribu qui fait partie de la nation appelée Sauvages Snake, dénomination vague qui comprend à la fois les habitants des parties sud des Rocky Mountains et des plaines qui s'étendent de chaque côté. ' Lewis & Clark, I, 445.

qui se trouvent le plus au sud ont des relations avec les blancs du Nouveau-Mexique qui leur fournissent d'épaisses couvertes rayées, des brides et des haches de guerre en échange de peaux de buffles et de cerfs, mais il est probable que ces articles ne leur arrivent qu'après avoir passé par deux ou trois mains et qu'eux-mêmes ne trafiquent pas directement avec les Espagnols. L'une de leurs tribus a été en partie détruite et le reste qui forme un groupe de douze tentes environ, vit avec les sauvages Rocky Mountain qui sont sur un pied de paix avec toute la nation et fournissent aux Snakes une sorte d'herbe sucrée enivrante qu'ils fument en guise de tabac. Ils se servent d'une pierre transparente pour fabriquer leurs pipes et échangent des arcs en corne et des chevaux contre des couteaux, du tabac, etc. Comme les Fiat heads ils n'ont pas encore obtenu de fusils dans les échanges qu'ils font avec les Ererokas, mais ces derniers qui en ont beaucoup se proposent de leur en vendre quelques-uns cette année. ^

Les quelques mots suivants qui font partie de leur langage indiquent évidemment que leur origine doit être tout à fait différente des sauvages Big Bellys et Rocky Mountain.

Un — Shemits. Loin — Mawnatow.

Deux — Wawk. Près — Mush tits.

Trois — Pa its. Bon — tsanti.

Quatre — Waiv tsouts. Mauvais — tish tsent.

Cinq — Waiv ni kith. Je vous aime — Mahaw makan.

Six — ivaw watch. Venir — Keman.

Sept — tawt souts. Aller — Mean.

Huit — na waw tsouts. Courir — Kech tan.

Xeuf — sheman doun.

Dix — Toshfunb.

Onze— Shemits sheinandow.

Douze — Wawk o mandon.

Treize — Past o mandow.

Vinat — Waivk on torhamb.

1. Les Shoshones forment une famille qui possède une langue distincte. Les Snakes qui en faisaient partie formaient l'une des tribus du nord, tandis que les autres tribus s'étendaient au sud jusqu'au Mexique. Les Minnetarees et les Crows appartenaient à la famille des Sioux.

JOURNAL DE L.VROCQUE 79

Octobre ISOÔ.i

A mon arrivée à la rivière la Sourie j'ai rencontré M. Pierre Rocheblave- devenu propriétaire et Bourgeois du déjjartement à la place de M. Chabilly transféré au département du fort Dauphin.^ En compagnie de ce monsieur et de F. N. Lamoth,'^ j'ai passé un hiver très agréable durant lequel je n'ai eu à constater aucun fait remarquable. J'ai visité les tentes des sauvages deux fois durant cet hiver et j'ai employé le reste du temps à lire, car il y avait beaucoup de livres à cet endroit.' Lamoth est allé prendre charge du for Appell^ à la place de Poitras^ qui abandonnait son poste. Le 28 courant M. Rocheblave (très malade) quitta cette place pour se rendre à Kaministiquia.^ M. Falcon étant aussi parti durant la même année, ^ il ne resta pas de commis à l'intérieur, à l'exception de ceux qui avaient fait ou faisaient leur apprentissage à la rivière Qu'Appelle et à la rivière la Sourie où je me trouvais moi-même

1. En imprimant le journal de Larocque, nous avons strictement suivi la méthode adoptée par l'auteur pour raconter les faits, car autrement il eut été plus à propos d'insérer ce qui suit à la fin du journal avant les " Remarcjues sur les sauvages Rocky Mountain." Comme il est dit à la fin du journal, Larocque est arrivé au fort de la rivière La Souris le 22 octobre 1805, après avoir accompli son voyage aux Rocky Mountains. Il va maintenant raconter brièvement les incidents de l'hiver 1805-06 et de l'été suivant.

2. Pierre Rastcl de Rocheblave était l'im des pionniers de la compagnie du Nord-Ouest. Ils rejoignit la compagnie X. Y. en 1801, signa la convention conclue à Montréal le 5 novembre 1804 en vertu de laciuelle il y eut fusion des deux compagnies et remplaça Chaboillez l'aîné au département de l'Assiniboine en 1805.

3. Situé aux environs du lac Dauphin, dans la région qui comprend aujourd'hm l'ouest du Manitoba.

4. A part la mention qui en faite par Larocque et l'incident désastreux décrit par McDonald de Garth dont il est question dans une note ultérieure, cet homme est très peu connu. McDonald dit qu'il appartenait à une famille respectable.

5. Ce passage remet sur le tapis la question intéressante de l'existence de bibliothèques dans les postes de trafic de l'Ouest, y compris la fameuse petite bibliothèque du fort Chipewyan sur les bords lointains du lac Athabaska et les autres bibliothèques dont il est fait mention au hasard dans les récits des traiteurs.

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