Elle eut lieu le 5 nov. 1804, tel que déjà mentionné
5. Dans ses réminiscences (Masson, II, 25-26) John McDonald de Garth décrit les incidents de la mort de Iving (James Iving est inclus dans la liste du département du fort des Prairies et des montagnes Rocheuses dans Arrangements of Proprietors de Roderick McKenzie, [Masson, I, 6.3] tué d'un coup de feu par LaMothe en ISOl près du Fort de l'îsle sur la Saskatchewan. Il existait évidemment de la haine entre les deux hommes et Lamothe prétendit n'avoir tiré que pour se défendre. Il semble difficile de justifier le cruel épithète de 'vilain' dont Larocque s'est ser\d. En tout cas, McDonald avait une excellente opinion de cet homme. Le procès de Lamothe fut instruit à Montréal et celui-ci fut acquitté ou comme McDonald le dit cjTiiquement il appartenait à une famille honorable et ne fut pas condamné.
6. Archibald Norman McLeod inscrit comme bourgeois sur la liste de Masson, 1804. Voir note de Coues, Henry-Thompson, I, 277. Il est possible que McLeod ait agi d'une manière vendicative à l'égard de La Mothe, mais il ne doit pas avoir été aussi méchant que Larocque le fait entendre, car Harmon et d'autres contemporains parlent de lui avec les plus grand éloges.
cet hom me qui leur rappelait leurs basses manœuvres à son égard, était pour eux un tourment. Pour exécuter ce complot et remplir sa promesse, M. McDonell n'accorda pas de commandement au jeune homme et ne lui confia aucune charge ; en outre il ne voulait ni le voir ni lui parler et l'envoya passer l'hiver avec moi espérant qu'en agissant ainsi, il s'en débarrasserait. M. McDonell exprima quelques fois son chagrin de se voir obliger de traiter ainsi M. Lamoth; il savait que ce dernier ne l'avait pas mérité, mais il s'efforçait d'excuser sa conduite par la nécessité de suivre les instructions de ses coassociés et de remplir sa promesse. M. Lamoth supportait ce traitement avec une indignation qu'il s'efforçait de concentrer, mais sa bonne humeur habituelle ne s'en ressentait pas Il méprisait trop l'auteur de tout cela (qu'il croyait être M. Mc- Leod) pour permettre à cette pensée d'occuper longtemps son esprit. J'ai trouvé que c'était un excellent compagnon et avec le temps il est devenu un ami. Il m'a rendu tous les services qu'il a pu et chaque fois il l'a fait volontairement, services que requéraient les affaires de la compagnie et qui consistaient souvent à entreprendre la tâche, aussi dangereuse que désagréable, de se rendre aux tentes des sauvages; et souvent il a fait le travail d'un simple engagé^ pour se rendre utile à ceux qui le maltraitaient. Il m'est arrivé un fois de m'absenter durant vingt-deux jours du fort dont je lui ai confié la charge pendant mon absence, bien que je n'ignorasse pas que le bourgeois serait mécontent. A mon retour j'ai tout trouvé dans le meilleur ordre et je dois ajouter que j'ai contracté envers lai d'innombrables obligations et que nous avons passé ensemble un hiver agréable. J'avais à mon service un commis, un interprète, un guide qui remphssait aussi la charge d'interprète et neuf hommes.- Il y avait sur le côté opposé de la rivière^ un établissement rival de la baie d'Hudson, dont le chef nommé Thomas Vincent avait vingt-trois hommes à son service
1. Ou voyageur à qui incombe tout le travail manuel de la traite.
2. A son arrivée au fort Assiniboine, le 12 juillet 1806, Alexander Henry dit: "M. F. A. Larocque a été chargé de la direction de ce poste durant l'été. Il y a ici 3 manœuvres, un interprète assiniboine, quarante femmes et des enfants qui meurent presque de faim. Il n'y a pas de buffles à présent dans cette région et ils ont épuisé la provision de pemmican qui avait été laissée à cet endroit le printemps dernier. Tout ici porte l'empreinte de la détresse et de la désolation.'' Le gai récit de Larocque contraste étrangement avec cette peinture.
3. Poste de Brandon établi en 1794, aux en\'irons ou presque'en face de l'embouchure de la ri\dère La Souris.
et une grande quantité de marchandises. A l'automne nous avons conclu à l'égard des sauvages et de la traite à faire avec eux, un arrangement qui a été strictement observé d'un côté comme de l'autre et dont nous avons bénéficier mutuellement.* Mes profits ont été plus considérables que ceux de l'année dernière et plus élevés que ceux de mes voisins, mais comme je n'avais que quelques hommes sans compter vingt-deux femmes et leur famille à nourrir et que mes concurrents en comptaient vingt-deux, nous avons dû mes commis et moi faire un travail colossal. Les buffles qui étaient presque notre unique ressource se trouvaient à une grande distance et les hommes suffisaient à peine à fournir la subsistance à un si grand nombre de personne. En outre il nous
fallait surveiller nos sauvages de même que les - en sorte
que nous étions constamment sur pied, mais nous avons réussi à surpasser l'attente de notre bourgeois qui croyait que nous ne pourrions pas dépasser le chiffre de cinquante ballots tandis que nous en avions cinquante-cinq.^ J'ai écrit un journal exact de ce qui s'est passé tous les jours, j'ai tenu des livres réguUèrement et sachant que je ne devais pas passer l'hiver suivant à cet endroit, j'ai laissé le tout avec des renseignements sur les sauvages, pour celui qui devait me remplacer.
Au mois de mai j'ai fait démolir la maison et les magasins qui n'étaient pas absolument nécessaires et je les ai fait transporter sur des radeaux à un endroit appelé fort Fine* (nom d'un \'ieux fort qui se trouvait là au temps de M. Robert Grant) situé à treize milles environ en aval, conformément aux instructions de Mr. J. McDonell qui avait résolu de construire un fort à cet endroit et de démohr celui où j'avais passé l'hiver. J'ai employé tous les hommes dont je pouvais me dispenser à la reconstruction des magasins et lorsque j'ai quitté cette place, tout avait été transporté au nouveau fort et mis à l'abri. Des lettres reçues de la famille
1. Comparer avec la version de Charles Mackenzie (Masson, I, 327).