‹ Journal de Larocque de la rivière AssiniboineChapitre 6 sur 30 · Il s'agit des Crées · texte numérisé non relu

Il s'agit des Crées

2. La version de ce discours, fournie par Mackenzie se trouve dans Masson, I, 344.

valent pas mieux que d'adresser la parole à un amas de pierres. En outre je crains qu'une trop grande libéralité lors de notre première visite à ces nations, ne donne un pied aux B. B. et ne les encourage à devenir chaque fois plus exigeants lorsque nous nous rendrons à ces endroits si des mesures sont prises pour y faire la traite. Et si nous passons cette fois-ci sans leur faire aucun présent je crois que nous aurons surmonté la difficulté pour toujours. Si le Borgne exerce encore l'autorité qu'il avait autrefois, il sera seul capable de nous tirer d'embarras et il paraît être notre ami sincère.

Samedi, 22. Je me rendis d'abord à la tente d'un sauvage dont les deux fils avaient fait partie de l'expédition qui avait tué des blancs sur la Saskatchion. Il me fit le récit complet de ce qui s'était passé et apparemment avec plus de franchise que tout autre. Il m'a dit qu'il y avait quatre tentes en toile et quatre autres en cuir sur les bords de la rivière oii se trouvaient des canots; qu'ils avaient tiré sur la plus grande tente en cuir et avaient tué trois hommes dont deux étaient des sauvages et que, sans pouvoir l'affirmer, ils avaient pensé que le troisième était un blanc. Ils avaient apporté un scalpe et si c'est celui que j'ai vu, il provient d'un sauvage. Il y avait beaucoup de tentas de toutes sortes sans compter les effets. Ce qu'ils n'ont pu apporter avec eux, ils l'ont brisé et jeté dans la rivière.

Dimanche, 23. Trois hommes et une femme appartenant aux Rocky Mountains sont arrivés à midi environ; les autres seraient arrivés aujourd'hui s'il n'avait pas plu le soir.

Durant la soirée je suis allé voir le frère de le Borgne où j'ai rencontré deux sauvages Rocky Mountain dont l'un était le chef déjà mentionné par le Borgne.^ Après avoir fumé avec eux quelques moments, le Borgne leur dit que j'allais les accompagner et il fit grandement mon éloge. Ils parurent très satisfaits.

Lundi, 24. Lafrance et les autres blancs qui résident plus bas chez les Mandans sont venus voir ceux des Rocky Mountains qui étaient arrivés; les autres en avaient été empêchés par le mauvais temps. Il a tonné durant toute la journée mais il n'a pas plu. J'ai fait cadeau d'un couteau à mon hôtesse.

1 . Charles Mackenzie écrit : Le Borgne nous envoya chercher afin de présenter Mr. LaRocque au chef Rocky Mountain qui portait le nom de Nakesinia ou Red Calf. Masson, I, 345.

Mardi, 2.5. A une heure de l'après-midi environ les sauvages Rocky Mountain sont arrivés et ont campé non loin du village avec leurs guerriers qui comprenaient 645 hommes. Ils ont traversé le village à cheval, munis de leurs boucliers et autres attirails de guerre/ se sont rendus au petit village," puis chez les Souliers^ et chez les Mandans, et sont retournés à leur camp. Il ne resta pas vingt personnes dans le village; hommes, femmes et enfants se rendirent au camp des nouveaux arrivés emportant avec eux du mais cru et bouilli qu'ils échangèrent contre des guêtres, des couvertes et de la viande séchée. Il y a 20 huttes de sauvages Snake'* et 40 hommes environ. Les autres bandes sont plus nombreuses.

Ce matin, le Borgne m'a envoyé chercher et après m'avoir fait connaître le chef Rocky Mountain des Ererokas^ il informa celui-ci en ma présence que je l'accompagnerais et lui recommanda de prendre bien soin de nous ; puis il fit grandement notre éloge et me dit que les B. B., ne savaient pas encore s'ils nous laisseraient aller ou non, mais que nous partirions si nous le voulions, parcequ'il aplanirait les difficultés si c'était nécessaire. J'ai donné à deux Ererokas chacun 6 [pieds] de tabac et 20 charges de munitions.

1. Mackenzie fait un récit plus auimé de Tarrivée des Rocky Mountain: Au-delà de 300 tentes furent dressées et nous fûmes témoins d'un spectacle admirable. Tout le monde était à cheval; les jeunes enfants étaient attachés aux selles et ceux qui avaient atteint l'âge de six ans pouvaient conduire un cheval. Les femmes avaient des selles de bois, tandis que la plupart des hommes n'en avaient pas. Le nombre de chevaux, y compris ceux qui servaient au transport des bagages, dépassait deux mille; ils cou\Taient une étendue considérable et l'on .se croyait en présence d'une armée. Ils s'arrêtèrent sur une élévation derrière le village où ils se formèrent en cercle, puis le chef leur ayant adressé la parole, ils descendirent à toute \atesse, traversèrent le \allage et déployèrent leur adresse de cavaUers de mille manières. Je fus étonné de leur agilité et de leur aisance et je les crois les meilleurs cavaliers du monde. Drapés dans des vêtements de cuir, leur tenue ne manquait pas de dignité et d'élégance; quelcjues-uns portaient des colliers et des anneaux comme ornements. Ils avaient pour armes des arcs et des flèches ainsi que des lances et des pierres rondes qu'ils lançaient avec une sorte de fronde qui avait l'apparence d'un fouet. Ils se servent aussi de boucliers et ils ont quelques fusils.

2. Le village Minnetaree appelé Metaharta par Lewis & Clark et Awatichay par Maxifnilian. Il était situé svu- la rive sud de la rivière Knife et c'est là que résidait Le Borgne.

3. Les Amahami appelés par les traiteurs français Gens des Souliers ou Souliers Avoirs.

4. Sauvages Shoshone. Henry et les autres écrivains de cette période les appelaient sauvages Snake. Ils résidaient aux environs des sources du Missouri ou de ses tributaires.

5. Les Crows, dit Gran ville Stuart, sont appelés Absarokis ou Upsuroka. {Contr. Hist. Soc, Montana, I, 274.)

Mercredi, 26. Les Mandans, les Souliers, la population du petit village et celle du Village sont montés à cheval et sont allés faire autour du camp des Rocky Mountains les mêmes parades que ceux-ci ont faites ici hier.^ Ils étaient 500 environ, mais un grand nombre de guerriers sont partis pour la guerre.

Jeudi, 27. J'ai rassemblé les chefs des différentes bandes de Rocky Mountains et je leur ai fait présent de:

2 grosses haches 16 larges couteaux

2 petites haches 12 petits couteaux

8 peignes d'ivoire 2 Ibs. de vermillon

10 colliers de coquilles 8 douzaines d'anneaux

8 briquets et pierres à fusil 4 paquets de verres coloriés

4 casse-têtes^ 4 douzaines d'alênes

6 "Masses" de perles B. C.^ 1^ Ib. de perles bleues

4 brasses de tabac 2 douzaines de perles bleues

8 plumes de coq Mille balles et de la poudre

Je les ai fait fumer dans un calumet que je leur ai dit être celui du chef des blancs. J'ai ajouté que ce dernier désirait qu'il devinssent ses enfants et ses frères, qu'il n'ignorait pas qu'ils étaient à plaindre parce qu'ils n'avaient pas d'armes pour se défendre contre leurs ennemis, mais qu'ils ne seraient plus à plaindre dès qu'ils deviendraient de braves chasseurs. Je les informai que je les accompagnerais avec deux hommes pour visiter leurs terres, que nous apporterions les articles dont ils avaient besoin actuellement, que notre chef leur envoyait les objets qu'ils avaient devant eux afin qu'ils écoutassent avec bienveillance les propositions que nous avions à leur faire; que notre chef espérait qu'ils traiteraient tous les blancs comme des frères parce que nous étions sur un pied de paix et d'amitié avec les Peaux-Rouges, que nous n'avions pas l'intention de rapporter des scalpes, que probablement ils verraient sur leurs terres des blancs venus d'un autre endroit, mais que ceux-ci étaient nos frères et que nous espérions qu'ils ne leur fe-

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