‹ Journal de Larocque de la rivière AssiniboineChapitre 8 sur 30 · L'infortuné Ménard dont il a été fait mention déjà · texte numérisé non relu

L'infortuné Ménard dont il a été fait mention déjà

2. Chez toutes les tribus le calumet de la paix était tenu en grande vénération et tous les traités ou rencontres entre les sauvages eux-mêmes ou entre les sauvages et les blancs s'accompagnaient toujours de la cérémonie qui consistait à fumer le calumet de la paix.

3. Félix concolor, connu aussi comme la panthère ou le lion des montagnes ou le chat sauvage {Lynx rufus fasciatus.)

4. Jupes. Chacune était évaluée à 7 peaux de castor. Voir Roderick McKenzie's Réminiscences (Masson, I, 14 et I, 87.

5. La présentation d'un habit de chef constituait un acte important lors d'une première rencontre entre deux tribus. Le journal de James McKenzie (Masson, II, 384) indique en quoi consistait cet habit.

Samedi, 29. Après avoir sellé nos chevaux, nous avons quitté le village des B. B. Nous sommes restés une demi-heure environ au camp des Rocky Mountains pendant que ceux-ci pliaient leurs tentes, après quoi nous nous sommes tous mis en route. Nous avons suivi la rivière Knife^ sur un parcours de 8 miles environ alors que nous avons fait halte et avons campé. Le Borgne et plusieurs autres B. B. sont venus passer la nuit avec nous.

Dimanche, 30. Nous avons parcouru 4 miles environ dans la direction du sud alors que nous avons fait halte pour dîner, puis nous nous sommes mis en marche dans la direction du S. S. 0., et nous avons campé pour la nuit. Là oii il n'y avait pas de colline, nous pouvions apercevoir à notre droite la rivière Knife à 6 miles de distance. Orage accompagné de tonnerre le soir.

Lundi, 1er juillet. Nous sommes partis à 8 heures du matin et nous sommes campés à midi après avoir marché dans la direction du S. O. et avoir traversé trois petits cours d'eaux qui coulent du N. au N. E. et se jettent dans la rivière Knife. La pluie a commencé à tomber aussitôt après que les tentes furent dressées et il a plu durant toute la journée. Les sauvages ont chassé et tué quelques buffles. Je leur ai fait cadeau de quelques articles, tels que couteaux, perles pour collier.

Mardi, 2. Nous partons à 9 heures et nous campons à 2 heures de l'après-midi après avoir marché dans la direction du sud. Il a tonné beaucoup durant toute l'après-midi et au coucher du soleil, il est tombé un orage de grêle tellement violent que je n'ai rien vu de semblable encore; les morceaux de grêle étaient de la grosseur d'un jaune d'œuf de poule et quelques-uns étaient aussi volumineux que l'œuf même; ils tombaient avec une telle violence que plusieurs tentes furent renversées. Le vent était à l'ouest durant l'ouragan puis il tourna au nord et souffla durant toute la nuit.

Mercredi, 3. Nous avons marché durant 4 heures environ à travers une région très montagneuse et nous avons campé au pied d'une montagne très élevée. Je suis monté jusqu'à son sommet, mais je n'ai pu rien apercevoir à une grande distance parce qu'une rangée de montagnes nous entourait de tous côtés. J'ai perdu

1. La rivière Knife vient du sud se jeter dans le Missouri. Le village que Larocque et ses amis venaient de c(uitter était situé au sud de la rivière Knife à un h mille environ au dessus de sa source. Il s'ensuit que le parti suivait la rive nord de la rivière.

ma lunette en descendant et il m'a été impossible de la trouver. Nous avons marché dans la direction du sud.

Jeudi, 4. Après nous être avancés dans la direction du sud, nous avons fait halte pour la nuit sur le versant d'une petite colline près d'une rivière^ qui se jette dans le Missouri au-dessus du village des Panis- à une distance de cinq lieues environ de notre dernier campement. Nous avons traversé un autre petit cours d'eau qui se jette dans le Missouri à un mile environ au-dessous du village des Mandans. Les éclaireurs ont rapporté qu'il y avait des buffles à proximité.

Vendredi, 5. Nous avons découvert un voleur hier soir au moment où il s'emparait d'un fusil parmi nos bagages alors qu'il nous croyait endormis. Le chef envoya deux jeunes garçons pour passer la nuit près de notre tente et veiller sur nos effets. Après avoir marché durant 3 heures et demie dans la direction du sud, nous avons aperçu des buffles et nous avons tous fait halte. Le chef prononça une harangue et les jeunes partirent pour la chasse, après quoi nous avons parcouru une lieue et demie environ et avons campé. Il n'y avait ni ruisseau ni rivière pour nous fournir de l'eau; nous ne trouvâmes que quelques mares d'eau stagnante que les chevaux et les chiens avaient rendu si épaisse et si boueuse qu'elle n'était pas buvable.

Samedi, 6. Un sauvage B. B. a trouvé ma lunette et me l'a remise. Nous sommes partis à 8 heures et à 11 heures les éclaireurs ont rapporté qu'ils avaient vu des ennemis. Nous fîmes tous halte, les hommes s'armèrent et montant leurs chevaux les plus rapides, s'élancèrent à la poursuite de ces derniers. Ils revinrent quelques heures après, car les éclaireurs avaient pris pour des ennemis un parti de leur propres gens qui étaient allés à la chasse. Après nous être remis en route nous avons campé à 1 heure sur la rive d'une petite rivière qui coule à l'ouest et qui se jette dans le petit Missouri. Le vent a soufflé en tempête le soir. Parcour 4 lieues dans la direction du sud.

Dimanche, 7. Nous avons levé le camp à 10 heures et à 3 heures nous avons aperçu des buffles. Des harangues furent pro-

1. La rivière Heart qui se jette dans le Missouri un peu à l'est de la long. 101°.

2. Pawnees. Pour l'historique et la description de cette tribu, voir Henry, I, 3.34; Lewis & Clark (éd. Ho.smer), I, .35-36; Coues' 'Pike,' II, 532 et seq.; Catlin, II. 27.

nonces pour inciter les jeunes à leur faire la chasse, pendant qu'un parti de ces derniers qui constituaient une garde de soldats/ paradait devant la masse du peuple pour empêcher que quelqu'un ne s'esquivât avant le départ des chasseurs, après quoi nous nous mettons en route de "nouveau et allons camper au pied d'ime montagne que nous avions en vue depuis avant-hier. Parcouru 18 miles environ dans la direction du S. 0.

Lundi, 8. Avant de lever le camp il fut fait un dénombrement général des fusils dont le total atteignit le chiffre de 204 à l'exclusion des nôtres. Ce jour-là nous avons parcouru 7 milles environ dans la direction du sud.

Mardi, 9. La région parcourue depuis le village des Big Belly jusqu'à l'endroit oi^i j'ai perdu ma lunette est très montagneuse; ensuite le terrain, sans être entièrement uni est moins accidenté. L'herbe croit abondamment dans les plaines. En poursuivant notre marche ce jour-là, nous avons passé entre deux grosses montagnes sur le sommet desquelles nous avons aperçu des buffles en grand nombre aussi loin que la vue pouvait atteindre. Nous avons campé sur le bord d'un petit cours d'eau qui coule vers l'ouest et se jette dans le petit Missouri. Les sauvages ont chassé les buffles et en ont tué un grand nombre. Neuf milles parcourus dans la direction du S. S. 0. et du S. 0. Le vent a soufflé avec violence durant la nuit, mais nous n'avons pas eu de pluie. Plusieurs tentes ont été renversées bien que solidement attachées à des piquets.

Mercredi, 10. Nous avons passé la plus grande partie de la journée où nous avions campé la veille pour faire sécher la viande et enterrer une femme qui est morte. Nous nous sommes mis en route à 4 heures de l'après-midi et nous avons dressé les tentes près d'un petit cours d'eau qui se dirige vers l'ouest, après avoir parcouru 5 milles dans la direction du S. 0. et de l'O. La région est montagneuse mais l'herbe y croît abondamment et il s'y trouve une quantité incalculable de fleurs de toutes sortes.^

1. Presque toutes les tribus nomades des prairies se soumettaient à une forme de discipline qui devait être observée lorsqu'elles étaient en marche ou campées temporairement. A cette fin une police était chargée de maintenir l'ordre. Voir Journal de La Vérendrye (Archives, 1889) et Henry l'aîné (éd. Bain, 294) pour ce qui est des Assiniboines; le journal de Hendry (R.S.C., 1907) pour ce qui est des Blackfeet. Maximilian fait la description de ces soldats ou de cette police chez les Mandans.

2. Voir Maximilian. Liste des plantes collectionnées dans le territoire du Missouri, à la fin de son ouvrage.

Jeudi, 11. Nous avons traversé une chaîne de montagnes d'une largeur de trois milles environ et sur leurs sommets, gisait un amas de pierres qui paraissaient avoir été brûlées; une partie du roc s'était détachée des montagnes. Nous avons ensuite traversé une plaine assez unie, puis nous avons campé près d'un petit cours d'eau qui se dirige vers le nord-ouest; nous avions parcouru 12 milles environ et à cet endroit nous apercevons le petit Missouri à droite, à 4 milles environ dans la direction du S. 0. Nous avons vu quelques serpents à sonnettes durant le trajet, mais nous n'en avons pas rencontré de grandes dimensions. Ce sont les premiers que j'ai vus dans les régions des sauvages et il ne s'en trouve pas plus au nord.

Vendredi, 12. Nous avons traversé aujourd'hui une plaine agréable et nous avons dressé nos tentes près d'un petit cours d'eau à'5 milles au S.O. de notre dernier campement.

Samedi, 13. Nous sommes partis à 9 heures et après avoir traversé une région montagneuse et aride et franchi deux petits cours d'eau, nous sommes arrivés à midi sur les bords du petit Missouri. Après l'avoir traversé, nous sommes allés camper à deux milles plus haut sur le bord de ce cours d'eau. La largeur de cette rivière, d'une rive à l'autre, est de | d'acre environ; il y passe très peu d'eau et à plusieurs endroits l'on aperçoit le fond qui se compose de sable et de graviers. Quelques rares liards^ croissent ci et là sur ses bords. Les élévations ont un aspect rude et aride; elles se composent d'une glaise blanchâtre qui ressemble à du roc à distance. Le terrain sur lequel [nous] étions campés, [était

couvert] d'un tapis de ^ épineux si épais que l'on ne savait

où marcher; cet endroit est complètement dépourvu d'herbe. En somme l'aspect de cette région est loin d'être agréable. Nous avons parcouru 12 milles dans la direction du S. S. 0. Il y a quelques jours j'ai donné quelques gouttes de Beaume de Turlington^ à un enfant qui souffrait de colique et ce remède l'a immédiatement guéri. Cette guérison m'a valu une telle réputation d'habile médecin que je suis requis de guérir tous ceux qui sont malades dans le camp. Un homme est venu aujourd'hui me demander pour accoucher sa femme.

1. Populus balsamifera. Le cotonnier bien connu des plaines de l'ouest. Le mot français a servi de nom à la grande branche de la ri^dère Mackenzie.

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