‹ Journal de M. Miertsching, interprète du capitaine Mac Clure [sic] dans son voyage au pôle Nord [microforme]Chapitre 3 sur 13 · SION · texte numérisé non relu

SION

DE M. MIENTSCIING, 5

très-utile. Je pus me faire entendre de loin, et ils comy rirent que nous nous présentions en amis.

Je tracai entre eux et nous sur la neige une ligne parlementaire que personne ne devait dépasser. Entretiens et échanges de produits commencèrent alors. Nous fûmes très-déçus en voyant qu'ils ne savaient rien de Franklin; la posit on du cap Bathurst nous avait fait espérer le contraire. Bientôt ils nous amenèrent leurs femmes, leurs enfants, et, en signe de pleine confiance, déposèrent leurs nourrissons dans nos bras.

Ils parurent surpris quand je leur parlai du Grand-Être, créateur de toutes choses. Leur idée des étoik : #st particulière, et je ne pense guère qu’on la retrouve chez d'autres peuples. Le soleil, disent-ils, quitte pendant quelque temps sa maison, sa grande maison bleue (e’est le court été des contrées poaires); il y rentre ensuite, et regarde ce qui se fait sur la terre par une multitude de petits trous que nous appelons, nous, les étoiles. Après la mort, ceux qui, dans ce monde, ont nourri les veuves et Les orphelins, vont dans un pays d'où le bon esprit qui le gouverne empêche le gibier de s'enfuir. Les phoques, les rennes y sont sans nombre. Là, point d’ouragan, point de glace, une chaleur douce et constante, entretenue par un soleil qui luit toujours. J'ai souligné quelques mots pour rappeler un passage de l’apôtre saint Jacques : « La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père, c’est de visiter les veuves et les orphelins dans leurs afflictions. » Ne pourrais-je pas aussi rappeler à cette occasion la parole d’un autre apôtre «les Gentils montrent que la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience leur rendant témoignage... »

Comme ils m'allaient parler ensuite de ce .qui se passe dans le pays où iront les méchants, et que gouverne le mauvais esprit, le capitaine me fit appeler. Alors le vieux chef Kenalualik me supplia de rester pour leur raconter beaucoup de choses qu’ils désiraient savoir. — « Je ne puis ; je dois accompagner ceux-ci qui vont chercher des amis égarés dans les glaces. »

Mais Kenalualik ne voulait Pas me laisser aller, Il me retenait Fer le bras, il m'offrait une tente pour habitation, sa fille pour ma femme, un traineau et son attelage pour rejoindre plus tard le navire quand la mer serait gelée. Je ne savais comment me défendre, d'autant MICUX que c’eût été bien vo'ontiers que je fusse demeuré au milieu de ces Pauvres gens, pour leur parler de l'Evangile,

Enfin le capitaine Mac Clure lui-même vint me chercher, Is nous accompagnérent d'abord à la chaloupe, et ensuite jusqu'au vaisseau. Nous avions un Cortége de 15 kajaks. Dans la distribution que nous leur fimes encore de quelques présents, Je ne résistai pas à favoriser un Peu mon vieux ami Kenalualik,

On essaya de leur Offrir diverses boissons, mais elles leur répugnèrent toutes, sauf l’eau. Quant aux mets, le saindoux obtint de beaucoup la préférence, Le mensonge, l'escroquerie leur sont famitiers comme à tous les Esquimaux. L'un deux, par exemple, m'ayant donné sur un Vaisseau, vu l'année pré cétlente, des renseignements Qui avaient tous les Caractères de la vérité, le Capitaine lui remit quelques objets. Nous ne tardâmes pas à voir arriver une femme Portant son enfant dans Son capuchon, et nous débitant une longue histoire de l'air le plus innocent du monde. Elle avait vu des Européens trois étés auparavant; elle les décriva’t minuiticusement et appelait une compagne en témoignage, Tout cela était forgé; mon expérience me le donna à Connaitre, et je fis signe à M. Mac Clure de s’abstenir de présents,

Dans un moment où une loule de kajaks entouraient le navire, un matelot aperçnt sur le PORUUR pauvre Esquimau tout déguenillé, grelottant de froid. Emu de COMmpassion, ce brave homme lui fit revétir une bonne paire de l'antaions. Demiheure après, le même indigène, de nouveau déguenillé et toujours grelotiant, apparaissait à l’autre extrémité du navire, Le Capitaine, l'avisant, en eut Pitié à son tour, et donna ordre à

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son domestique de le vêtir chaudement. Enflé de son succès, cet homme voulut tenter encore la fortune, mais eette fais il fut reconnu.

5 septembre 1850. — Entre les caps Bathurst et Parry, la côte est une falaise de 400 pieds de haut et de pure lave. De petites colonnes de famée s'élèvent de toutes parts ; les cendres qui recouvrent le sol sont de couleur brique. Cela essemble tout à fait à la description de la soïfatare près de Xaples. Je recueille quelques échantillons, mais ils brûlent et mon mouchoir et la table d’acajou de ma cabine; je suis obligé de les garder dans du verre.

9 septembre. — Découverte d'une terre inconnue qui s’avance dans la mer et la domine d’une hauteur de 780 mieds. Presque tout l'équipage descend pour prendre possession. Nous plantons le drapeau anglais au bruit d'un triple hourra, et baptisons ce cap « la pointe Nelson. » Tandis que par l’ordre du capitaine un festin est préparé, nous tuons une foule de pauvres olsCaux sans défiance. Une longue et étroite baie s'ouvre devant nous; devons-nous nous y engager ? Nous avancons avec précaution, nous sommes dans un vrai défilé. A notre droite et à notre gauche Sélèvent à p:c des montagnes de 800 pieds, et la mer el'e-même n’en a que 36 de profondeur.

21 septembre. — Déterminant exactement notre position de latitude et de longitude, nous reconnaissons que nous ne sommes qu'à 80 milles de cette ile Melville qui, plus d’une fois, a été visitée par des explorateurs venant de l’est. Si, pendant ces 80 milles, aucune terre ne nous barre le chemin, le fameux passage est trouvé.

26 septembre. — Hier, linvestigateur , impitoyablement pressé par de puissants glaçons, commence à craquer. Mac Clure s'inquiète ; il rassemble son monde et le répartit à tout événement entre les chaloupes, chacune étant confiée à un of ficier. La journée est longue, pleine d’anxiété. Avant de me

coucher, j'ouvre mon livre de Passages", et trouve non sans émolion, pour le25 septembre, ces paroles du Seigneur Jésus- Christ: « Tenez-vous prêts, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure où le fils de l’homme viendra. »

Il ya quelques heures de Calme, mais au milieu de la nuit les craquements recommencent avec une telle violence. que subitement et comme Par instinct, nous nous Wouvons tous transportés sur le pont. Pendant dix-sept heures, on Put croire que chaque minute serait la dernière. Des masses quatre fois plus grosses que le vaissean s’accumulaient, par la force de l’ouraan, puis s’avalanchaient avec un fracas épouvantable, L'Invesligateur lui-même, élevé par les glaçons à une grande hauteur, était ensuite précipité dans la mer. Le goudron se détachait par larges plaques, les parois étaient disjointes, les portes des cabines ne pouvaient plus S’ouvrir, ni se fermer. — Quelques matclots ont forcé la cabine des Spiritueux, et s'enivrent pour échapper aux angoisses de la mort. — Le navire est jeté sur le flanc, une masse énorme Je surplombe et va l’écraser avec ses Soixantc-seize hommes... Tout à Coup, le calme se fait, mais un Calme absolu ; nous nous regardons avec Stupeur. Il semble qu’on ait entendu la voix de l'Eternel crier: «Tu n'iras pas plus loin. » On n’ose se fier; on attend, immobile, que le tumulte recommence, Rien.

Mac Clure alors rassemble tout l'équipage, et, tête nue, nous écoutons la lecture lente des règlements. La peiue est prononcée contre ceux qui se sont enivrés. Les regards de tons sont dirigés vers le ciel, d’où est venue Ja délivrance. Des larmes coulent sur les joues bronzées des plus vieux matelots.

9 octobre 1850.— Le Dr Armstrong el moi avons gravi une hauteur de 1200 Pieds, mais si loin que Ja vue S’étende, nous ne pouvons àaous assurer si celle terre est une ile où un contirent, et, à toute bonne fin, nous l’appelons Terre du prince AL.

‘ Les moraves publient, à l'usage de leur Communauté, un choix de Passages Lirés de la sainte Ecriture pour chaque jour de l'année.

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bert. Nous enterrons sur ce sommet une bouteille contenant V'abrégé de noire histoire.

Au retour, nous nous trouvons au bord d’ure large crevasse. Nous la voulons franchir et tnmbons dans l’eau ; nos vêtements se gèlent instantanément et nous empêchent de plier nos membres. C’est une sensation singulière et très-pénible. Inquiets sur notre sort, on lance des fusées du vaisseau pour nous montrer la direction, nous voyons des patrouilles se mettre en marche, mais nous ne pouvons nous faire entendre. À distance, € la pourrait paraître un léger incident dans un voyage polaire, mais le docteur et moi, nous ignorions l'issue, et notre situation était affreuse. Enfin, à minuit, grâce au calme parfait de l'air, nos cris furent entendus, l’on vint à nous avec le bateau de caoutchouc, et à deux heures nous étions sur le navire, gelés, affamés, mais heureux et bénissant Dieu.

45 octobre. — Une petite ile occupe le cent: du eanal que nous suivons depuis longtemps; nous y trouvons un tombean et des piéges à renard recouverts de mousse. Elle est baptisée lle de la princesse royale.

29 octobre. — 18° R. Nous allons, au nombre de quatre, faire une excursiôn par terre. Bientôt un tas de bois flotté nous invite à faire du feu; nous avons avec nous de la poudre de café, un petit chaudron ; nous nous asseyons en cercle, humant un nectar que nous trouvons délicieux parce qu'il est bouillant. C’est alors qu’au loin nous voyons se mouvoir vers nous

une forme qui se détache en foncé sur la neige : d'abord une, puis deux, puis trois. Ce sont des Esquimaux, ce sont mes amis, et me voilà faisant toutes sortes de projets sur mes rapports de bon voisinage avec eux pendant cç long hiver. Mais tandis que mon imagination trottait, se plaisant déjà dans les détails de cette relation, les figures avançaient. Ce n'était pas des hommes, ce n'était pas des ours, qu’était-ce donc? Nous nous blottimes derrière une petite élévation de neige, d’où nous pouvions voir sans être vus. Les cinq animaux approchaient

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sans défiance. Ils étaient de la grosseur d’un bœuf, avec de redoutables cornes recourbées, et leurs Corps couverts de poils si longs qu'ils trainaient Sur la neige et cachaient entière= ment les jambes. Nos fusils étaient chargé:, amorcés : le cœur nous battait. À soixante pas, ces animaux S’apereurent de notre présence. S’arrétant tout Court, ils se mirent à fonir la neige du pied droit, et à a lancer avec leurs cornes, Lout en soufflant bruyamment par les narines. Puis le plus gros S’avança lentement vers nous, tandis que ses quatre compagnons demeuraient serrés les uns contre les autres. T1 s’arréta à trente pas environ, recommenca à fouiller Ja neige et à souffler; c’est alors qu'il reçut au milieu du front la première balle, Il fit volte-face, reçut encore une balle dans le flane, et vint se placer sans hâte à côté de son peut troupeau, sa tête Saignante tournée vers nous.

Rampant quelques pas en avant sur nos genoux, nous fimes (ous quatre feu, puis nous nous Séparâmes instantanément. En cela nous fûmes bien inspirés. Devenus furieux, les bœufs se précipitérent sur nous, dans les directions différentes que nous avions prises. Il nous fut possible, non-senlement de leur échapper, mais encore de continuer le feu. La dificulté Ja plus grande avec nos doigts demi-gelés, c'était de saisir les capsules. Cependant trois bœufs gisaient sur le sol quand leur chef, se retournant, se précipite sur moi. Je l’attends de pied ferme, je le couche en joue. le fusil rate: mal assujettie, la Capsule était tombée, Je voulus faire un saut de côté, Je m’étendis tout de mon long. Plus effrayé que moi, le bœuf bondit en me dépassant, et COnlnua sa course. Je me relevai, J'amorçai et suivis Syr la neige sa trace de sang,

En relisant ces lignes à froid après mon retour en Europe, mes nüpressions sont tout autres que quand je les écrivis. Je me trouve cruel, j'éprouve un sentiment pénible à l’idée de ces animaux inoffensifs qui ne connaissaient pas l’homme, et à qui le premier qu'ils rencontrent envoie une balle en signe de sa

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domination. Mais alors je ne pensais pas à ce'a ; j'étais chasseur dans l'âme; tout gibier était bienvenu de l'équipage, qui vis vait de viande salée. Le danger, d’aileurs, absorbait toute impression de sensibilité.

J'atteignis enfin le fugiif. On eût dit qu'il voulait s’ensevelir dans la neige: ses jambes y étaient déj enfoncées. Son sang s’échappait par plus:eurs blessures ; une dernière balle le coucha sans vie. Au même moment, mes compagnons triomphaient aussi du dernier qui s'était vaillamment défendu. Nous respirâmes, nous échangeimes nos. félicitations, et nous bénimes la main paternelle qui nous avait protégés. Trois d’entre nous connaissaient la relation du capitaine Ross, où il dépeint sa rencontre avec des bœufs musqués dans l'ile Melvil'e. Nous ne doutämes pas que ce ne fût cet animal. Nous nous réjouissions «ee la joie de nos camarades, et savourions d'avance leurs remerciements en voyant arriver ce supplément respectable pour le garde-manger.

Des traces de loups et d'ours blanes nous firent inger prudent de ne point abandonner notre butin. MM. Sansbüry et Newton, d’ailleurs hors de serv.ce par leurs doigts gelés, allèrent annoncer la nouvelle, M. Payne et mot, tout en veillant, allumâmes un feu, et fimes du café. Sur le soir, arriva un traineau, chargé pour nous d'une tente, de couvertures et de vivres. Nous nous endormimes en causant encore de notre chasse, qui avait défrayé la conversation toute la soirée, et le lendemain un nombre suffisant d'hommes et de traineaux vin rent en chercher le produit. Ces cinq animaux, quatre vaches et un bœuf, ne pesèrent pas moins (dédnetion faite des têtes), de 1296 livres. Treize quintaux de chair fraiche, à l'entrée de l’h'ver, dans ces parages, ce n’était pas un médiocre bien fait! Le gel ôte presque entièrement à cette viande le parfum de muse qui, sans cela, lui donne un goût intolérable.

34 octobre. — Ce matin nous avons vu arriver seul, dans un déplorable état, notre brave capitaine Mac Clure, qui

nous avait quittés il y a dix Jours pour une expédition. A quelques milles de distance du vaisseau, il avait laissé son monde avec les lraineaux, et s'était acheminé vers DOus, impatient d'arriver, comme l’est tout porteur d’une grande nouvelle. Un ouragan de cege l'avait surpris, égaré, et pendant vingt heures il avait erré sans nourriture, sans sommeil, et n'osant s'asseoir, de peur d’être surpris par le froid.

Il avait dépensé toute sa poudre à tirer des coups en l'air Pour attirer l'attention de nos vedettes ; il entendait dans le voisinage el au sein de l'obscurité les rugissements des ours blancs. Enfin le Jour se leva, tardif, et il aperçut l’Investigateur à la distance de deux ou trois milles. Il rassembla ses dernières forces pour l’attcindre, mais à peine dans sa cabine, ses sens l’abandonnèrent, Il fut trés-longtemps sans parler. Enfin il put nous annoncer que le Passage Nord-Ouest était découvert; ce passage pour lequel tant de vies, tant de millions ont été dépensés, Mac Clure avait alteint le 26 octobre, avec ses rainçaux et en cheminant sur la glace, l’extréinité du détroit dans lequel nous sommes engagés. Ce détroit s’ouvre dans la mer de Barrow qui baigne l’ile Melville, H y avail trente ans que, des hauteurs de cette ile où il était arrivé par l’est, Parry ava.t découvert le rivage oriental de la terre que nous côtoyons à nolre gauche, et qu'il avait nommée terre de Banks. Plus de doutes, la communication entre les deux océans est trouvée, Nous avons baptisé notre détroit «détroit du prince de Galles!» eL avons donné les noms de Russell et de Peel aux deux pointes qui le terminent dans la mer de Barrow. Le lieu de notre hivernage est à 75°31" de latitude et 1 140 30° de longitude.

2 novembre 1850. — Le capilaine rétabli offre à léquipage un bon diner, et le soir un grog pour fêter sa découverte du 26.

11 novembre. — Aujourd'hui le soleil n’a paru qu’une seule

Les dernières cartes géographiques l'appellent à bon droit « détroit de Mac Clure. »

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minute sur l'horizon. Avec quel bonheur nous saluerons son retour au commencement de février, si Dieu nous conserve

jusque-là l— On s'occupe à élever tout autour du navire une

muraille de neige de huit pieds de haut, qui nous garantira du vent glacial.

25 novembre. -— Une école est organisée pour les matelots, dont un grand nombre ne savent ni lire, ni écrire. Certes, quand, jeunes garçons, ils faisaient l’école buissonnière, ils ne s'attendaient guère qu’au milieu des glaces, durant une nuit de trois mois, ils se trouveraient tout heureux que quelqu'un voulüt bien les instruire. La dernière heure de la journée se passe en musique, en danses et en récréations diverses, auxquelles tout le monde prend part.

On couvre le pont avec une sorte d’asphalte polaire d’un pied d'épaisseur, dont, au reste, nous n'avons pas l'invention. C’est un composé d’eau, de sable et de neige qui offre un puissant obstacle à la déperdition de la chaleur de l'intérieur.

30 novembre. — Deux corbeaux viennent chaque jour nous visiter. — Les cabines ont une humidité, une odeur de moisi qui nous porte péniblement à la tête. — Nous voyons constamment les étoiles. La lune est pleine aujourd’hui ; elle ne se couche pas, mais fait à nos yeux le tour complet de l'horizon. — Notre cuisinier se sert indifféremment de neige ou de glace pour obtenir de l’eau dans son chaudron. Je suis toujours surpris que cette glace de mer soit douce; celle de l’année conserve une saveur un peu amère, mais la glace plus ancienne donne de l’eau parfaitement douce.

1° décembre 1850. — 22° R. L'école des matelots réussit à merveille. — On fait rougir des boulets qu’on apporte dans

nos cabines pour les sécher.

12 décembre. — Un système de ventilation, inventé par l’un de nos officiers, nous délivre plus efficacement que les boulets rouges de l’humidité devenue intolérable, Ce sont trois cheminées en forte toile qui conduisent au dehors l’air de lentre-

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