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avait profité des offres d’un jeune homme, nommé Abel Robineau, qui avait voyagé dans la Guyane, et qui lui avait promis d'aller délivrer mon-père ; il partit en effet ; on verra dans le journal que je publie comment se termina ce trop malheureux voyage.
Les sollicitations de ma mère et de M" de Marbois étaient continuelles pour obtenir du Directoire, alors renouvelé en partie, un changement de résidence pour les deux malheureux déportés exposés à tous les caprices et à toute la tyrannie du gouverneur.
On obtint enfin léur translation à l’île d'Oléron, lieu d’exil nouveau, choisi par le Directoire, où se trouvaient déjà plusieurs condamnés à la déportation Dax suite du coup d'Etat du 18 fructidor.
L'ordre fut expédié, et mon père et M. de Marbois revinrent ensemble sur la frégate {a Syrène, qui, chassée par les Anglais, fut forcée d’entrer à Brest.
Mais, avant son arrivée, le 3 ventôse an VIIL (20 février 1800), tout avait changé pour nous: le Directoire avait été renversé dans la Journée du 18 brumaire, et Napoléon Bonaparte avait saisi les rênes du gouvernement : ils’entourait des hommes de tous les partis qui pouvaient lui être utiles ou qu'il jugeait vouloir s'attacher à sa fortune. Mon père et M. de Marbois revinrent à Paris, et reçurent pendant leur route les hommages les plus flatteurs.
J'étais encore à Hambourg à cette époque, et je ne fus pas témoin de la première entrevue de mon père avec sa famille qui avait désespéré de le revoir, pendant si longtemps ; mais à la fin de l’année 1800, je pus enfin voir exaucé mon vœu le plus ardent.
Mon père, à son arrivée, s’occupa de remédier au mal effroyable qu'avait causé sa déportation dans ses affaires particulières ; son courage, qui ne l’abandonnait jamais, lui fit surmonter les plus grandes difficultés; mais il en trouva d’insurmontables dans l’opiniâtreté du caractère du directeur de l’arriéré, chargé de régler les anciens comptes avec le gouvernement. Les prétentions les plus injustes et les plus criantes lui furent opposées ; il y résista avec toute l’énergie de son caractère.