JOURNAL DE MA DIPORTATION
est porteur d'une lettre de Prachet qui se trouve dans la d
plus grande détresse sur la côte. On ne sait ici ni comment, ni pourquoi. I est vraisemblable que c'est lui qui a tiré le coup de canon qu’on a entendu ce matin.
Bourdon paraît plus mal. Cabrol est rebuté de ses folies. Willot a eu un accès de fièvre, mais moins fort. Tronson a eu un frisson et il croit aussi avoir la fièvre.
Mes douleurs ont été moins fortes aujourd’hui.
J’ai reçu le soir une lettre du procureur général du 7 de ce mois ; il me confirme les nouvelles que nous savions déjà : mais il m'annonce qu’il-y a à Cayenne des papiers publics qu'il m'enverra. Il me mande que ces papiers font l’éloge de Barthélemy, de Marboiïs, de Tronson, d'Aubry et de moi, mais qu’ils inculpent Pichegru et Willot. Je n’ai communiqué cette lettre qu'à Tronson. Il me mande aussi (le procureur général) qu’il a rendu compte à l’agent de la cruelle situation où nous sommes ici, et que l’agent ne lui a rien répondu. AE
12 pluviôse. — Je me suis servi cette nuit de ma
moustiquaire pour la première fois, et je n'en suis bien
trouvé. Le bruit qu’on a fait autour de nous a encore empêchés de dormir.
On a entendu du canon en mer hier au soir à 8 heures
et demie et cette nuit vers deux heures. Il est vraisemblable que c’est Prachet.
J’ai lu à Marboiïs la lettre du procureur général. Bourdon et Willot vont mieux. Tronson continue à se plaindre. Il devient tous les jours plus difficile d’avoir des vivres.
Je n'aurais su avec quoi diner, si Je n’avais pas eu une
tortue dans mon petit parc.
Le temps a été moins mauvais aujourd'hui. Nous n’a- P ]
vons eu que quelques petits grains de pluie. On nous a annoncé ce soir que la goëlette de Le Monnier était entrée. |
13 pluviôse. — Jai assez bien dormi. Le temps est .
beau ce matin et nous n'avons presque pas de pluie.
Le Monnier est venu me voir. Il part ce soir pour
Cayenne et j'en profiterai pour éertre.
Il m'a dit que Prachet était obligé de relîcher à cause
d'une voie d’eau qui s'était manifestée par suite de la négligence avec laquelle son bâtiment a été réparé. Une pièce principale avait été mise en place el on avait seulement oublié de Ia cheviller.
Willot a encore eu la fièvre, malgré qu’il ait pris ce matin du quinquina. Bourdon va mieux.
Une chenille qu'on m'avait apportée sur des feuilles d'oranger s'était changée dès le lendemain en chrysalide brunâtre, ayant une espèce de petite queue et deux espèces de cornes. Aujourd’hui j'ai entendu du bruit sur l’étagère ou était placé le bocal, et j y ai vu un très beau papillon que je tenterai de conserver.
J'ai écrit à ma femme, à mes enfants, à Barthélemy et . au procureur général, et j'ai remis mes lettres à Le Monnier qui est parti ce soir.
14 pluviôse. — Je n’ai pas très bien dormi cette nuit. Je prends tous les matins deux verres de limonade pour tâcher d’évacuer la bile et les humeurs qui ont pu causer ma fièvre. C’est une chose cruelle que notre situation; il faut sans cesse s'occuper de sa santé et des moyens de conserver une vie pénible à soutenir.
J'ai trouvé en promenade une espèce d’'azédaraæch très agréable pour l'odeur.
J'ai quelques notes intéressantes sur la Guyane que j'ai extraites du journal de Marbois. Je les ai placées dans mon Adversario, ou recueil encyclopédique.
J'ai commencé à rédiger la première partie de mon journal depuis l’époque de ma déportation. Je n'avais pris que des notes.
Je suis allé voir Bourdon; il est impossible de voir un malade plus insupportable. Si sa maladie continue, Cabrol, le chirurgien, sera forcé de labandonner.
15 pluviôse. — On nous a annoncé ce matin une goélette; nous espérons que ce sera celle de Dupeyron.
Le commandant est venu faire la visite. Il m'a dit que l'agent qui lui avait d'abord écrit qu’il n'y avait pas à délibérer sur Ia demande des déportés malades de se rendre à Cayenne, lui écrit aujourd’hui que jusqu’à présent il avait cru pouvoir accorder cette permission sur un certi-
ficat de l'officier de santé de Sinnamary, vérifié par les officiers de santé de Cayenne; mais qu'aujourd'hui, voyant qu'il ne pouvait pas même accorder cette faveur auxrofficiers en activité de service, il ne pourrait plus accorder
de pareilles permissions aux déportés. Je lui ai fait obser-
ver qu'une pareille résolution était un arrêt de mort contre tous ceux qui auraient des maladies qu’il était impossible de traiter ici, puisque la plupart des remèdes manquaient, puisqu’à l'hôpital toute espèce de services manquaient aussi; il n’y avait pas même une seule baignoire. Je ne sais ce que signifient tous ces nouveaux actes de barbarie, mais ils sont désespérants pour tous ceux de nous qui sont malades. Tronson en est vivement affecté. Willot a encore eu la fièvre aujourd'hui. Il l’a eue assez violente, malgré le quinquina dont il a commencé à faire usage.
Ce n’est pas Dupeyron qui est à la Pointe. C’est la goélette de Prachet qui est à 3 lieues sous le vent et qui attend les ordres de l’agent. Fe
Cela est désolant; nous comptions avoir ce soir des nouvelles fraîches : c’est ainsi que nos espérances sont toujours décues.
Nous avons eu depuis hier au soir jusque vers 9 heures un orage assez fort pour le pays. Ce matin, le ciel était tout en flammes ; mais cela s'est dissipé. La chaleur a été accablante aujourd'hui, et des insectes de toute espèce d'une incommodité désespérante nous ont tourmentés.
Le Sieur Lavau, officier de La Vaillante, embarqué actuellement sur la goélette La Friponne, qui sert de mouche à Prachet, est venu nous voir. Il paraît que Prachet a demandé la permission d’aller se radouber à Surinam, etqu’il en attend l’ordre. Ce bâtiment est dans l'état le plus pitoyable.
16 pluviôse. — Aujourd’hui, anniversaire de la liberté des noirs, la fête a été annoncée par le canon du port. Il s'en faut de beaucoup que ce soit une fête pour les habi- * tants. Il n’y a point de milieu pour eux. L’esclavage ou la perle des colonies, voilà ce qu’on leur entend sans cesse répéter. Je suis loin de partager cette opinion ; malheureu-
à UN DÉPORTÉ DE FRUCTIDOR 199
sement, ce n’est pas ainsi que la liberté devait être donnée. Lorsqu'en 1788, j'ai fait imprimer un discours sur la nécessité de s’occuper des moyens de détruire l'esclavage, J'ai dit expressément que si on donnait la liberté tout d’un coup, on ferait une grande injustice, on perdrait les colonies et les noirs eux-mêmes.
Les événements n'ont que trop cruellement justifié mes principes. Il est en politique, comme dans la nature, des mouvements que toutes les puissances humaines ne peuvent pas empêcher, tous les efforts humains doivent se diriger vers les moyens de rendre ces mouvements moins désastreux. Il était impossible que les progrès de la philosophie et des lumières, que les erreurs même de tous les gouvernements ne préparassent en Europe de grandes révolutions ; 1l était impossible que le mot de liberté ne retentit dans les colonies, il fallait la préparer et prévenir tous les dangers qui menaçaient à la fois et les colons et leurs esclaves. L’orgueil et les préjugés ont résisté à tout changement, la résistance a produit des effets contraires, et les scélérats, qui ne voyaient que le bouleversement de tout ordre publie, pour assurer l’impunité de leurs pillages et de leurs crimes, ont tout renversé, tout souillé de sang et de forfaits.
Aujourd’hui, les colonies sont-elles perdues? Et si un gouvernement sage et humain succédait enfin à la tyrannie, n'y aurait-il plus ici et dans nos iles des moyens de culture, des moyens de population? Voilà les grandes ques- Lions qu'il faut courageusement aborder : mais, en les examinant, il faut également se tenir en garde contre les préjugés des habitants et contre les systèmes hasardés que crée l’ignorance, sans connaître les objets sur lesquels elle prononce.
L’orage a continué toute la nuit depuis hier au soir. J’ai assez mal dormi.
On m'a apporté une très belle chenille verte d’une espèce différente de celle que j'ai déjà eue, quoique également posée sur une branche d'oranger; je l’ai mise dans un bocal avec quelques feuilles de cet arbre : elle s’est presque aussitôt enveloppée. Elle avait environ 2 pouces 1/2,
elle était grosse et garnie de belles houppes vertes.
J'ai reçu une lettre de Granier du 14. Il ne m'annonce rien de nouveau. LEE E
Cette lettre a été portée par un grenadier noir. Le commandant a voulu le faire passer par terre et 11 s’y est refusé. Le commandant alors a ordonné de le conduire en prison, alors ce grenadier a couru se précipiter dans la rivière : mais quand il a été au milieu, il a dit : je me noie cependant comme un C..…. et il est revenu à terre. Le commandant la fait conduire à Cayenne par des hommes.
Je n'ai point de lettres de Barthélemy. Cela m'inquiète et m'étonne. Je suis allé vers trois heures avee Marboïs me promener jusqu'à la Pointe. Nous avons eu le plus beau temps du monde ; mais nous sommes si peu accoutumés à marcher que nous étions un peu fatigués.
Quand je suis sur les bords de la mer, quand je contemple cet océan immense qui me sépare de tout ce qui m'est cher, je ne puis m'empêcher de tomber dans une rêverie profonde, mon âme pareourt la longue chaîne de mes malheurs, et toujours la perte de mes filles est le plus cruel de tous... Il n’y a plus d'espérance. |
J'ai ramassé quelques cailloux et quelques graviers ;. quoique la mer ait monté très haut. Je n’ai rien trouvé d’intéressant sur le sable. |
Nous avons vu la goélette mouillée à l'entrée de la rivière, etle bâtiment de Prachet, La Diane, mouillé à deux ou trois lieues dansle S.-0.
Nous avons vu Bourdon en revenant : il va mieux.
Il y a eu une querelle au poste entre les soldats blancs et les soldats noirs. Un blanc a donné un coup de baïon- . nette à un noir. La baïonnette a heureusement plié sur les côtes sans entrer. =
17 pluviôse. — La goélette de Power est montée ce
matin venant de Coséinios elle nra apporté plusieurs
lettres et quelques objets. On m’a aussi remis des lettres du 11 qui avaient été données à une femme de chez Vogel.
Point de gazettes encore; mais d’après tout ce qu'on
nous mande, il paraîtrait qu'il y a une grande agitation en Europe, que les puissances coalisées réunissent des forces immenses, que le Directoire est forcé de faire une réquisition, que trois personnes ont été guillotinées à Paris, parmi lesquelles le prince de Carency et le vicomte de Praslin. Il paraît aussi qu’au mois d'octobre on savait en France d’une manière positive le lieu de notre déportation. On dit aussi, mais cela me paraît plus vague et moins certain, que Barras a été tué, que Merlin est en fuite, qu'on redemande les députés proscrits, que Bonaparte s’est arrangé avec l'Empereur.
Jeannet se fait remettre toutes les gazettes : on m'en promet cependant par la première occasion.
Toutes les nouvelles qu’on répand m'’inquiètent cruellement. Je crains la réquisition pour mes fils: Ce serait pour moi l’événement le plus accablant.
Les banqueroutes se multiplient au continent américain. Tronson y perd, dit-on, 50,000 franes.
Le temps a été très lourd aujourd’hui. Il me parait toujours orageux : hier-au soir encore, nous avions beaucoup d’éclairs dans le $S.-0.
J'ai négligé aujourd'hui de prendre mes bottes et je
n’en suis repentb ; j'ai des démangeaisons aux jambes. J’espère cependantqu en me lavant avecsoin, comme je le fais tous les matins, cela se dissipera.
48 pluviôse. — J'ai assez bien dormi cette nuit. On m'a apporté une lettre de Barthélemy du 414, qu’on avait oublié de me remettre hier, Le temps continue à être pesant et orageux. Les petits moucherons nous déséspèrent ; quand on travaille ils volent dans les yeux et on ne sait comment
s’en garantir.
On m'a envoyé de Cayenne des ojgnons F sont presque tous germés.
La goélette de Power charge du coton. Je suis fâché de n'avoir pas arrêté tout celui qu'on avait récolté iei. Notre
cruelle situation ici m'a presque entièrement forcé d'abandonner tous les projets que j'avais formés pour faire quelques opérations utiles.
On ne m'a remis que ce matin une lettre de Barthélemy
du 8 de ce mois : elle me donne quelques détails que je n'avais pas eus encore.
Je craignais hier d’être incommodé de nouveau : j'avais des douleurs par tout le corps; mais aujourd’hui je me suis très bien trouvé. J’ai mangé hier et aujourd’hui moins de végétaux, et il me semble que mon estomac s’en trouve mieux. | -
J’ai été le soir me promener dans la Savane. C’est une détestable promenade, mais nous n’en avons aucune, et je sens qu'il me faudrait de l'exercice. Je suis allé chez Rovère et Bourdon en terminant ma promenade. La Villeheurnois y avait diné et Je l’ai trouvé mieux.
Rien n’est extraordinaire comme Îles rapports de La Villeheurnois et de Brottier avec Bourdon et Rovère. Les premiers se croient encore dans tout l'exercice de leur pouvoir, et il paraît qu’ils offrent de traiter pour le roi avec ceux mêmes qui ont voté la mort de Louis XVI. Rovère m'assurait que Billaud Varennes avait traité avec Brottier, et, hier au soir, Bourdon, dans un de ses accès de folie, disait à M®° Cousin, son hôtesse : « Prenez un fusil, et tuez-moi. On veut rétablir la royauté en France. On va confisquer toutes mes propriétés. Je ne’puis pas y retourner.Je ne puis pas survivre à la République. » Rovère alors lui avait dit : « Tranquillise-toi, mon ami, de quelque manière que les choses tournent, j'aurai une grande influence et tu peux compter sur moi. » Quelle est donc cette influence ? A-t-il fait aussi son marché avec La Villeheurnois ? Tout cela est extrêmement plaisant. D'un autre côté, : Rovère, quand il me parle, m’'assure qu’il ne voit Brottier et La Villeheurnois que pour s’instruire. La Villeheurnois m'assure qu'il ne va chez Rovère que parce que c’est une promenade agréable, et qu’il est bien fâché que Rovère et - Bourdon ne soient pas des hommmes avec lesquels on puisse faire une société plus intime.
Prachet a fait dire à Morgenstern de baliser la passe, parce qu’il entrerait dans la rivière s’il ne pouvait pas se rendre à Cayenne. Le vent est favorable, et il est inconcevable qu’il n’ait pas appareillé.
19 pluviôse. — J'ai assez mal dormi. Un chat qui est
entré dans ma chambre m'a obligé de me lever deux fois, et je crains de m'être un peu refroidi. J’ai des douleurs dans les cuisses et dans les jambes.
LamenTIN. On a vu passer ce matin un lamentin mort qui flottait sur la rivière. Rodrigues et son nègre sont allés le chercher. J'ai été le voir. C’est une jeune femelle d’environ 8 pieds de long (elle avait exactement 7 pieds, - 8 pouces.). Il paraît qu'elle a été tuée à coups de fusil, il y a plusieurs Jours. Elle est gâtée ; on en retirera cependant de l'huile.
Willot a toujours la fièvre.
J’ai achevé hier de lire un roman très intéressant : The Vicar of Wakefield, a Tale by Oliver Goldsmith. Ce roman porte pour épigraphe : Sperale miseri, cavete felices. Ce roman est rempli de sensibilité et de morale ; plusieurs situations, qui ont quelques rapports avec la mienne, et particulièrement les alarmes du docteur sur la santé de sa fille, m'ont vivement ému... Il y a dans ce roman un excellent chapitre sur les formes de gouvernement et un autre sur les lois pénales.
Je me croyais exempt de chiques. La propreté avec laquelle je lave mes jambes et mes pieds me le faisait espérer. En examinant mes doigts, j'ai vu une petite dartre au bout du troisième doigt du pied droit : j'ai voulu la sortir et j'ai crevé le sac ; alors J'ai appelé une Indienne, qui m’a dit que c'était une chique, et qui a retenu les lambeaux du sac, cela n’a pu se faire sans entamer un peu les chairs qui ont saigné. Elle m'en a retiré une autre au même doigt sans rien entamer que la peau. Ce sac, et l’insecte lui-même qui est renfermé dedans, sont gros tout au plus comme la tête d’une épingle moyenne. L’endroit que j'ai crevé me fait mal; cela jeta quelques sérosités. |
20 pluviôse. — J'ai assez bien dormi; j'ai écrit plusieurs lettres ce matin que j'ai fait partir par l’'exprès du commandant.
Tronson souffre beaucoup de ses jambes, elles sont très enflées. Il demande à aller à Cayenne, et il a envoyé un certificat de Cabrol pour appuyer sa demande.
Willot a eu une faiblesse chez Marbois. Je le trouve extrémement changé.
On ma parlé du fruit de Balata (Voyez aux notes dans mon Recueil). |
21 pluviôse. — Ce matin, on nous annonce que Le Monnier qui avait été pris, Vautrin qui était avec Dupeyron et un autre jeune homme, étaient sur lhabitation de Dupeyron, venant de Surinam et qu’ils seraient ici ce soir; peut-être enfin aurons-nous des nouvelles !
Je suis assez bien aujourd’hui : mais le doigt auquel j'ai
fait tirer des chiques, suppure et cela me gêné pour mar-
cher.
Ces messieurs sont arrivés le soir. Is sont partis de Surinam le 19 janvier. [ls sont venus à pied par des chemins impraticables dans quelques endroits, marchant ou dans la vase ou sur des dunes de palétuviers dans lesquels ils étaient obligés de s'ouvrir une route. Ils ont laissé Dupeyron partir avant eux de Surinam sur les côtes, ne pouvant pas gagner au vent. |
La Monnier a remis à Marbois des gazettes hollandaises qui vont jusqu’ au 13 janvier.
Vautier m'a rapporté la réponse au sujet de quelques objets que j'avais fait demander à Surinam. Il paraît que la maison Couderc n’a plus d'établissement dans la colonie de Surinam. [ m'a donné pour correspondre à Paramaribo une adresse.
22 pluviôse. — Voiei ce qui ressort des papiers publies que Marboiïs et moi avons eus. — Après une reprise d’ar- . mes, la paix auraitété signée avec l'Empereur le 19 octobre. La nouvelle en serait arrivée à Hambourg le 30 et à Berlin le 93. |
Boulay aurait proposé au Conseil des Cinq- -Gents de nouvelles mesures contre les nobles, ou Litrés, où ayant
possédé de grandes charges sous l’ancien régime. Hs.
seraient tous obligés de s’expatrier. On leur payerait la moitié de la valeur de leurs biens mobiliers en marchandises et on confisquerait l’autre moitié au profit de la république. Tous les nobles seraient obligés de souscrire une
déclaration de fidélité à à la république et de combat contre
la monarchie, ou de s’expatrier aussi et de recevoir la moitie de leurs biens en marchandises, en abandonnant Pautre à la république.
Chenal a annoncé qu’on avait découvert une correspondance qui Jetait le plus grand jour sur la conspiration. On a arrêté le consul (anglais?) à Calais, qui, dit-on, favorisait cette conspiration. On a trouvé sur les bords de la mer près de Calais, je crois, une correspondance relative à cette conspiration. Dans tout cela, qu’aura-t-on pu trouver contre moi, à moins qu'on n'ait fabriqué des pièces ?
Ernouf est ministre de la Guerre.
Le Tourneur, de l'Intérieur.
Paganel, des Relations extérieures.
Talleyrand a eu le prix de son infamie.
Lambert, de la Justice.
Augereau a le commandement de l’armée de Germanie.
Lemoine commande à Paris.
Bernadotte dans le sud.
Bonaparte a fait une proclamation à son armée, où il parle de la conspiration comme d’un fait constant.
On craint une diète de vins en Angleterre.
C’est le 12 octobre que le combat a eu lieu entreles flottes holiandaise et anglaise sur les côtes de Hollande ; la première a perdu 9 vaisseaux, au nombre desquels l'amiral et le contre-amiral.
On a imprimé que nous avions corrompu Du Tertre pour nous échapper. Le corrompre, c’eût été difficile, il y a longtemps qu'il l'était, et la marque en était, dit-on, sur son épaule. Nous échapper, nous l’aurions pu cent fois si nous ne nous étions pas reposés sur la nature entière du soin de nous venger.
M. Ponthier a dit que nous étions arrivés à Rochefort sans qu’on nous eût témoigné aucun intérêt. Ponthier a fait son métier :’47 a menti.
Camille Jourdan a été arrêté à Middelbourg.
Carnot, Suard, Portalis sont en Suisse.
On a répandu le faux bruit qu'il y avait eu des troubles dans le midi.
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