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mêmes font connaître l'esprit et les mœurs du temps où 1l écrivait, et sous ce rapport ils MR encore |
T1 brumaire. — Cest la première fois, depuis trois mois, que J'ai pu mettre les pieds à à terre sans souffrir.
Lavaur, prêtre déporté qui m'a été recommandé par … M. de Lamillière (note 48), est venu me voir cet aprèsmidi : je me suis sr fort accoutumé à vivre seul. que les visites m'étonnent presque.
8 brumaire. — Lavaur a la fièvre, il est frappé, il ma remis son testament et un dépôt de quarante- cinq pièces d’or; j’ai cacheté tout cela ; il semble que je doive craindre pour les jours de tous ceux qui me sont adressés. L’âme souffre de n’avoir que des scènes de destruction et de mort sous les yeux. :
9 brumaire. — À neuf heures et demie, j'ai vu arriver le commandant de Conanama dévoré par la fièvre, 1l a été obligé de se faire porter. Il est dans un état pitoyable.
12 brumaire. — On a brûlé ce matin la savane au vent de ma chambre, quoique ce feu fût à près d’une demi-lieue, l’air en était embrasé. La fumée obseurcissait le soleil et formait une zone assez large, qui S’étendait jusqu’au couchant; de sorte que toute la journée le soleil à eu pour nous la même apparence.que lorsqu on le voit au travers d’un verre fumé. |
Cabrol m'a dit que Lavaur était presque à l’agonie. -
13 brumaire. -— À cinq heures, Lavaur vient d’expirer ! Cette nouvelle victime de la tyrannie paraissait jouir de la meilleure santé, lorsqu'ilest venu me voir pour la première fois. Lorsqu'il est revenu de Conanama, je le trou-
vai tout changé.
Je suis allé “chez le juge de paix, pour 6 He. à l’ouverture de son testament. Le commandant proteste contre sa validité par des raisons absurdes. J'ai été obligé d'écrire au département et à l'agent. Un arrêté de ce dernier n alloue que douze franes pour les frais funéraires et interdit de faire des cercueils pour les déportés!
J’ai accompagné les tristes restes de Lavaur au cimetière où ils ont été déposés : voilà les scènes de destruc-