JOURNAL DE MA DÉPOR A
- Hier au soir, Fontaine m’a dit que n ie . niait qu’il eût dit que Marois ebn
m'a causé la . cruelle inquiétude ; jei me ps la témoigner ; cependant j'ai peine à croire à cet HOUR ;
Nous nous y sommes rendus, et tout le RE cités sur notre rappel. Il nous fait entrer re
nous a dit que la France était dans un extrême d en partout, au point Re ns avait ue
or de monde et nous avons reçu encore ] de félicitations. ;
Nous sommes rentrés : quelques iistants a darme est venu nous dire de la pets de l'agen
après j'ai reçu un mot de Franconie, qui m EE lettre de ma femme du 18 octobre, et une d Auguste du 15 vendémiaire il mn ‘adresse nos
pour mon retour. Ma femme me peint ses. ë désespoir, l’inutilité de ses efforts auprès dela toire ; le passeport qu’elle à obtenu est du Di
médiaire ; elle m'adresse en même temps les passeports. de Perlet, d'Aimé, et celui de Marbois. Ces passeports sont délivrés en exécution de l’arrêté du Directoire du 28 nivôse an VIT; celui dont j'avais été instruit à La fin de messidor par la voie de Surinam, arrêté rédigé avec la plus atroce perfidie, pour nous exclure et nous empêcher d’être jamais rappelés de la Guyane! |
Ce n’est, je le vois, qu’à foree de sollicitations que je suis rappelé, et si le désir extrême de revoir ma femme et mes enfants ne me commandait, J'attendrais encore. Car ce n'est que changer d’exil d’aller à Oléron, et c’est encore avoir perdu sa liberté. Quoique ce rappel change infiniment notre position, je suis trop accoutumé au malheur pour me féliciter encore; je ne sais quel parti nous pourrons prendre pour notre retour. Hughes nous a dit ce matin qu'il ne renvoyait pas la frégate, et qu'il ne comptait pas expédier encore de bâtiment pour la France.
Le soir, Tonnat m'a remis une autre lettre de ma femme du 12 octobre ; elle commence par ces mots si touchants :
Reviens, mon ami, viens lâcher d'oublier auprès de nous tes longues el cruelles souffrances.
19 nivôse. — Ce matin, le commissaire et l'officier de
santé de la frégate la Syrène sont venus me porter une lettre de ma femme du 17 brumaire et une de mes compagnons de malheur déportés à Oléron; ma femme me donne beaucoup plus de détails dans cette nouvelle léttre ; elle a éprouvé les angoisses les plus affreuses ; on m’assure qu'elle à porté le deuil six semaines, ma mort ayant été publiquement annoncée dans les papiers américains; ce qu'elle me dit des tourments que lui ont causés les jJournaux, me le persuade ! Les malheureux! que de maux ils ont causés à tout ce qui m'est cher!
La lettre d'Oléron m'a bien vivement ému ; elle est datée du 7 brumaire ; elle est adressée à ceux de nous qui survivront, elle est signée de Muraire, Gaux, Villaret-Joyeuse, Siméon, Dumolard, Lemarchant Gomicourt, Boissy-d’Anglas, Paradis, Doumerc, Noaïlles, Lomont, Duprat.
Je suis allé au département, où j ai lu les proclamations