‹ Journal de ma déportation à Guyane françaiseChapitre 46 sur 50 · OA DE MA À DÉPORTATIC · texte numérisé non relu

OA DE MA À DÉPORTATIC

de Bonaparte et le rapport des événements $ Jo des 48 et 19 brumaire. La Constitution, si long Impuissante el toujours violée, n'existe plus; un got | HERO provisoire régit l’ Etal ; ma tête et mon cœur s0

des feuilles d un journal, intitulé Le Bien Informé :« feuilles nous montrent les armées coalisées battues Ê tous les points; une confiance non équivoque dans le nouveau gouvernement de France, et de grandes apparences, de paix. Tout cela ajoute bien au désir extrême Fa ae

hâter mon retour.

L mon fils Fa du Le avril ; c’est la seule que j'aie eue de lui de Hambourg, elle m'a fait le plus grand plaisir car J'ai été bien cruellement inquiet sur son sort. Ces ne

ment la frégate ne retournerait pas en a il sou u dit quil comptait expédier un pr Fe

Fes encore | Re rie avons eu une assez longue conversation :

assise. è J'ai lu avec plaisir quelques numéros de La écade

sir qu'au milieu de nos barbares convulsions, les arts et les sciences font encore des progrès.

23 nivôse. — Marbois est venu m’annoncer que l’agent se déterminait à renvoyer en France la frégate [a Syrène et que nous passerions sur ce bâtiment. Je balançais depuis plusieurs jours de passer à Saint-Domingue, mais l’incertitude de pouvoir y aborder avec sûreté, les objets si puissants qui me rappellent, ne me permettent plus d’hésiter à profiter de l’occasion que le Ciel offre à mes vœux.

24 nivôse. — Je prépare mes collections pour être embarquées.

J’ai vu chez Noyer le muscadier : 1l a deux individus mâles et une femelle en rapport, et une pépinière assez nombreuse. J'ai vu l'arbre à pain que nous avons porté sur {a Vaillante; il s'élève et paraît vigoureux ; on en a fait une bouture à Baduel qui a bien réussi. J’y ai vu aussi le Letti, qui porte, dit-on, un fruit délicieux; j y ai vu aussi de très beaux poivriers.

26 nivôse. — L'abbé Beauregard est arrivé ; je ne l'ai vu qu'un moment; c’est un des hommes que je regrette le plus. Desvieux a consenti à ce que Freytag partit avec

nous.

… 27, 28, 29, 30 nivôse. — J'ai continué mes préparatifs, et J'ai commencé à faire mes adieux; je reçois partout les témoignages du plus touchant intérêt.

1% pluviôse. — L'agent, pour célébrer l'assassinat du 21 janvier, donne aujourd’hui une superbe fête.

Marboïs est parti ce matin pour se rendre à bord de la frégate ; 1l a craint que quelque événement ne la forçât de mettre à la voile. J'ai plus de confiance, et je trouve inutile d'aller passer sur la côte trois ou quatre jours.

2 pluviôse. — J'ai achevé mes arrangements de départ : Je suis chargé de plus de trois cents lettres à remettre, et accablé de commissions. J'ai vu tous mes amis; j'ai trouvé l’abbé Beauregard, je lui a serré la main; il m’eût été impossible de partir sans prendre congé de lui ; c’est un des hommes les plus intéressants que j'aie connus.

3 pluviôse. — Hughes m'a fait prévenir qu’on partirait à onze heures au lieu de deux ; il m’a fallu précipiter tous

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mes arrangements; J'ai pris congé des excellentes sœurs de l'hôpital; elles m'ont exprimé leurs vœux pour le ‘succès de mon voyage avec la plus touchante sensibilité ; tous les habitants m'ont donné à l’envi des témoignages d'affection, d’estime, de confiance que Je n’oublierai jamais ; vers midi je me suis rendu au port, Franconie, Prachetet plusieurs autres habitants m’y ont accompagné. J’y ai trouvé Hughes et Desvieux qui pressaient l’embarquement : je ne pouvais regretter le lieu de ma déportation, mais je quittais d'excellents amis, et mon âme était bien vivement émue !

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