‹ Journal de ma vie, mémoires (volume 2)Chapitre 6 sur 38 · FIN DU TOME QUATRIÈME ET DES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

FIN DU TOME QUATRIÈME ET DES MÉMOIRES

(Voir p. 6.)

Le 27 février ^629, le roi écrivait de sa main à la reine sa mère :

« Madame, voyiant que M'' de Savoye nous vouloit amuser sur des propositions qui estoient du tout a mon desavantage, que je croy que mon cousin le card^' de Richelieu vous mande, je me suis résolu de prendre les pasages, et pour cest efTect j'ay commandé aux mareschaux de Crequi et de Basonpierre de les aller ataquer avec dix compagnies des gardes, dix de Suises, douze de Piémont et quinze de Saux, et mes mousquetaires et huit cens chevaux, et moy qui suivray avec le reste de l'armée ^ cette ataque ce fera vendredy 2"''' de mars, vous vous pouvez assurer que quand l'armée des Espagnols et celle de M' de Savoye y seroient, que nous les forcerons s'il plait à Dieu ; pour Casai, toute la crainte que nous avons, c'est que les Espagnols ne nous attandent pas, et que ils lèvent le siège dès ausi tost que ils soront que je seray dans le Piémont : ils ont déjà retiré tous leurs canons et toute leur infanterie, et ont mis dans leurs forts leur milice (qui sont des païsans du Milanois) et la cavalerie, parce que elle se peut retirer sans coure fortune. Si mon frère ne se haste plus qui n'a fait jusques a ceste heure, il n'ari-

vera que quand tout sera fait. Je vous suplie de m'aimer toujours, et croire que je suis Madame,

Vostre très humble et très obeisant fils.

Louis.

A Embrun, ce 27 février ^1629. »

{Lettres du Roi et autres, pour servir à l'histoire de l'année 1629 {orif/in.). Bibl. Nat. Fonds Fr. 3825, fol. 39.)

(Voir p. 20.)

Voici la formule du serment prêté par le capitaine Reding : « Nous soubzsigné Henry Reding, cappitaine lieutenant au régiment des Suisses de la garde du Roy, et tous noz officiers et soldats icy assemblez par commandement de Sa Majesté, jurons tous unanimement, et promettons a Monsieur le Duc de Savoye, entre les mains du s"" cavalier Jean Baptiste Gabaleon, cons"" d'Estat, et veadour gênerai des gens de guerre de Son Altesse, icy présent et acceptant au nom d'icelle, de tenir comme en depost les forteresses de S^" Marie et de S^ François des Gravieres de Suze, et de les rendre et restituer à Sa dite Altesse, ou bien a celuy qu'EUe députera, incontinant après l'exécution des articles arrestez et signez entre Monsieur le Cardinal de Richelieu pour le Roy, et Monsieur le Prince de Piémont pour Monsieur de Savoye, et ce sans gaster, endommager, ny affbiblir lesditz chasteaux en façon que ce soit, ensemble toutte l'artillerie, munitions de vivre et de guerre, avecq tout ce que de plus sera contenu en l'inventaire, la coppie duquel nous sera remise, deuement signée, entrant dans lesdites forteresses sans lesconsonmier ny diminuer en tout ny en partie ; le tout réellement et de bonne foy, faict et passé devant la porte de ladite forteresse le treizième jour de mars ^1629. En présence de Monsieur le Mareschal de Bassompierre, lieutenant gênerai en l'armée du Roy et colonel gênerai des Suisses , Mons"" de Chasteauneuf ,

cons"' du Roy en ses conseils d'Estat et [privé], chancelier de ses ordres, et de Mons'' de Soneterre, aiissy cons' du Roy en ses ditz conseils, et gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté. Signé : Reding, Rassompierre, de l'Aubespine, Senetere. »

{Lettres et autres pièces pour servir à l'histoire de 1629 à 1634 {origin.). Bibl. Nat. Fonds Fr. 3827, fol. 35.)

Rien qu'il ait été dit à la page 397 du tome III que Wolfgang- Théodoric Reding, fils d'Henri Reding, avait prêté serment comme capitaine en sa place, il parait, par cet acte, qu'Henri Reding commandait encore à ce moment la compagnie dont il s'était démis en faveur de son fils.

(Voir p. 34.)

Dans une lettre autographe datée de Suze, le roi écrivait à la reine- mère ce qui suit :

« Madame, ayant cherché en ce pais quelque chose pour vous envoyier, je n'ay seu trouver que quelques vases d'agate et de cristail de roche, lesquels je vous suplie de vouloir accepter, et suis très marry qu'ils ne soint plus beaux. Je vous anvoye ausi une charge de mulet d'aigre de cèdre que ceux de Gennes m'ont anvoyié; je vous suplie d'en vouloir bien faire faire l'essay avant que d'an boire : car venant de ce lieu là, je n'an veux pas repondre et aimerois mieux mourir cinquante mil fois qu'il vous fut arivé le moindre mal du monde de quelque chose qui vint de ma part-, je vous suplie donc ancore d'en bien faire faire l'essay avant que d'an boire. Je fîniray en vous supliant de m'aimer toujours, et croire que je suis

Madame,

Vostre très humble et très obeisant fils.

LODIS.

De Suze, ce 28™*" avril ^629. »

(Lettres du Roi et antres pour servir à l'histoire des années 1629 rt 30 (origin.). Bibl. Nat. Fonds Fr. 3828, fol. 37.)

(Voir p. 'i5.)

Le duc de Rohan dit dans ses mémoires :

« Les premiers qui entrèrent dans le fort mirent le feu à quelques caques de poudre, afin d'avoir un prétexte de faire main basse, comme il leur avoit été commandé, ce qu'ils firent. »

Mais, dans le camp royal, on rejetait la responsabilité de l'incendie sur les défenseurs de la ville, comme on peut le voir dans le récit du siège envoyé par le roi aux gouverneurs de province.

Le roy a M"" de Noailles, François, dernier may 4629.

« Mons' de Nouailles, vous aurez apris par mes précédentes comme aprez mon retour de Suze a Valence, je m'estois résolu de commancer le chastiment des rebelles de mon royaume par le siège de la ville de Privas qui en avoit esté jusques icy la retraicte en tous ces quartiers de deçà. Maintenant je vous diray qu'ayant par ung extresme travail et dilligence faict mener mon canon devant la place (ce que les rebelles avoient jusques alors tenu comme impossible, veu la difficulté des chemins et des avenues de lad. ville), je les ay si vivement battus par mon artillerye et pressés de telle sorte par une attaque générale que je fis faire le xxvj^ de ce moys, qui me donna tous leurs dehors, que les assiégez estonnez et cognoissans que par leurs crimes et par l'audace qu'ils avoient eue de m'attendre avec mon armée et voir tirer mon canon huict jours durant, ils s'estoient renduz indignes de toute grâce, une partie se résolut de chercher son salut en la fuitte, et sortit de la place le lendemain xxvij*" au soir, pour se retirer a la faveur de la nuict et des montagnes, ce qu'ilz ne peurent faire si dilligemment, que plusieurs tombans dans les gardes que j'avois mises aux advenues et passages des montagnes ne receussent en cet endroit la juste punition de leurs crimes. L'aultre partie, avec S' André de Montbrun, que le duc de Rohan avoit jecté dans la place pour y commander et faire resouldre les habitans a une si téméraire deffence, se retira

en foule dans le fort de Thoulon qui est au dessus de la viHe sur une haulle monlaigne, jusques au nombre de sept a huict cens, tant soldatz que habitans d'icelle. Mais comme, par ung juste jugement de Dieu, la confusion et le desordre estoient parmy eulx, S^ André et quatre des cappitaines qui estoient avec luy, voyants qu'ils ne pouvoient davantage tenir ny se sauver de ce fort (que je fis aussy tost environner de quelques régiments), estans venus d'eux mesme sans paroUe de qui que ce soit dans mon camp, pour se présenter a moy et implorer ma' miséricorde (ce qui m'eust touché le cœur s'ils y eussent eu recours plus tost). j'estimay que je les debvois retenir pour aviser a ce que j'aurois a faire d'eux. Ceux qui estoient restés ayans encore depuis faict contenance de se defïendre, comme ilz ont veu qu'ilz ne pouvoient éviter le mal qui les pressoit, se sont pareillement rendus a ma discrétion ; mais Dieu voulant les perdre et vanger par eux mesme leur rébellion et désobéissance, a permis que quelques uns d'entre eux, endurcis de plus en plus au mal, ont de propos délibéré mis le feu dans ung grand sacq ou il y avoit quantité de pouldre a canon, laquelle ayant enlevé celuy qui l'avoit allumé et quelques autres, tant de ces misérables que des soldatz de mes gardes, François et Suisses, que j'avois ordonnez pour asseurer ce fort et empescher qu'il n'y arrivast du desordre, mes gardes, excitez par ce mauvais acte, estimants que ce fust une mine que l'on eust faict jouer contre eux, s'emportèrent de fureur et, contre mon intention et mesdeflfences, tuèrent la pluspartdeceuxquis'estoientjectezdans le dit fort, si bien qu'il se peut dire que ceux la ont receu par leur faict mesme le chastiment qu'ilz meritoient; aucuns se sont sauvez dans cet accident inopiné, et d'aultres ont esté faictz prisonniers en grand nombre, entre lesquelz, oultre S' André, Clauzel et Vanderome, il y a encore six ou sept hommes de commandement, et le reste sont soldatz et habitans de lad. ville. Ainsy cette place dont l'assiette est fort advantageuse et les dehors bien fortiffiés de bastions, cornes et demy lunes, oultre les forts qui estoient alentour, dont celuy de Thoulon sembloit estre inaccessible, a esté emportée en dix jours, et ce succez se peult dire, comme il est véritablement, d'autant plus important et considérable, que cette prise assure le repos du pays de Vivaretz et

la liberté de la rivière du Rosne qui avoit esté depuis plusieurs années incessamment troublée par ceux qui estoient dans cette ville, en laquelle ont pris naissance les troubles et factions excitées en divers temps en ce royaume par les rebelles de la religion prétendue refformée. Ayant faict sauver les femmes, je n'ay peu denier le pillage de la ville a mes soldatz qui m'ont servi si courageusement en cette occasion ; mais, chose estrange, quelques deffences rigoureuses que j'ay peu faire et quelque soing que j'aye faict aporter pour empescher que la ville fust bruslée, ayant faict esteindre le feu par diverses fois, elle a esté enfin toutte consommée, et Dieu a voulu qu'elle portast des marques perpétuelles de sa longue rébellion. Ce que je plains, est la perte que j'ay faicte d'aucuns des officiers de mon armée et de ma noblesse, que je regrette plus que je ne puis dire, entre autres des marquis d'Uxelles et de Portes, mareschaux de camp, Marcillac, cappitaine au régiment de mes gardes, Espagne lieutenant, et dix ou douze autres officiers et gentilshommes de marque ; mais telles actions ne peuvent arriver sans perte et mesme de ma noblesse que je ne puis retenir, et qui se porte dans les périls avec tant de hardiesse et de valleur, qu'il ne peut qu'il n'en demeure tousjours quelques uns, lesquelz sont estimez des autres heureux de mourir glorieusement en la présence de leur roy et pour le bien de Testât. Je veux espérer que la suitte de mon voyage sera plus douce, et que l'obéissance volontaire plustost que l'exemple me conviera a user d'autant de clémence et de bonté envers ceulx qui s'y porteront d'eux mesme, que la rébellion et opiniastreté de ceux cy m'a contrainct a mon grand regret d'user de sévérité et de rigueur contre eulx. C'est de quoy je prie Dieu de tout mon cœur et qu'il vous tienne, Mons'' de Nouailles, en sa saincte garde. Escript au camp de Privas, ce dernier jour de may 1629.

Signé : Louis.

BODTHILLIER. »

{Lettres, etc., à M^ de Noailles par les rois, etc. T. II, fol. 365. Bibliothèque du château de Mouchy-Noailles.)

(Voir p. 72.)

Ce contrat est mentionne à la cote 'lOO de V Inventaire fait après le deceds de M^ le mareschal de Bassompierre.

« Item, un contrat passé devant Lecat et Contenot, notaires audit Ghastelet, le •12* janvier -1630, contenant dame Charlotte Jeannin, veuve de feu M""'" Pierre de Gastille, intendant et controUeur gênerai des finances, tant en son nom que comme tutriœ et soy faisante forte des enfants mineurs dudit deffunt et d'elle, avoir vendu, cédé et transporté a hault et puissant seigneur M'* Georges Afîricain de Bassompierre, marquis de Removille, acceptant par ledit seigneur maréchal son frère, une grande maison dite Beauregard, size près le village de Ghailliot, joignant le clos des Minimes de Nigeon, plus la haute justice, appartenances et dépendances d'icelle et autres droits de jurisdiction, avec touts les meubles qui étoienten ladite maison, aux charges y déclarées, et outre, moyennant la somme de 80425 1. 4 5s., sur laquelle en fut payé comptant par ledit seigneur maréchal des deniers dudit seigneur marquis de Removille a ladite dame de Gastille es dits noms, la somme de 53275 1. 4 5 s., et pour les 274 50 1. restant, ledit seigneur maréchal en auroit au nom dudit seigneur marquis de Removille constitué a ladite dame de Gastille es dits noms, 4 696 1. 47 s. 6 d, de rente; en marge duquel contrat est une saisine du 40* avril audit an 4 630, signé Marie Leclerc -, avec lequel contrat se sont trouvez les deux inventaires des meubles et tiltres de la maison et les tiltres spécifiés audit inventaire, et la ratification qui en a été faite par ledit seigneur marquis de Removille, passée par devant Valentin, tabellion juré au duché de Lorraine, le 24 dudit mois de janvier 4 630, signée de Bassompierre et Valentin-, inventorié au dos dudit contrat et ratification d'iceluy, l'un comme l'autre, et pour tout 4 00. «

En vertu de cet acte, les neveux et nièce du maréchal, créanciers de sa succession, firent leurs réserves à l'inventaire pour

maintenir leurs droits de propriété sur le château de Ghaillot, en leur qualité d'héritiers du marquis de Removille, leur père. Louis de Bassompierre, fils du maréchal et son seul héritier par bénéfice d'inventaire, protesta contre leurs protestations, dans lesquelles, à leur tour, ils persistèrent. En -1652, la succession étant bien loin encore d'être liquidée, les créanciers firent vendre le château, dans lequel les neveux de Bassompierre s'étaient établis. La reine d'Angleterre l'acheta et y fonda le monastère de la Visitation-Sainte-Marie de Ghaillot. Ce fut dans l'église de ce couvent que Bossuet prononça en -1 669 son oraison funèbre.

(Voir p. 95.)

La muse latine célébra la promptitude et le succès de la levée obtenue pendant cette ambassade, par deux petites pièces de vers, dont la première renferme une allusion au nom de Bassompierre :

Gur Bassompetrum ex galiis heroibus unum

Helveticae cautes rhetaque saxa volunt ? Ingentem facerent cautes et saxa ruinam

Fulciret petras ni basis ista petra.

Nil absque Hehetiis italo rex noster in orbe

Efûciat, pugnet Gallia tota licet; Nec quicquam Helvetii sine te praestare valebunt,

Se licet his Pallas praebeat ipsa ducem. Helvetii sunt namque manus quais vincitur hostis,

Hasque adeô nutu solus ad arma moves.

Ergo quidquid aget justis rex inclitus armis,

Bassompetreum gloria scia manet.

{Répertoire de M. de bassompierre. — Bibl. Nat. Fonds Lat. 14226.)

(Voir p. 110.)

Les trois phrases relatives à l'aflaire de Nice ont été ajoutées après coup par l'auteur ; les deux premières : Le sergent major de Nice^ etc., et : A gui/ Monsieur le cardinal commit, etc., sont rajoutées dans le texte -, la troisième est écrite en marge. 11 y a lieu de penser que Bassompierre a retrouvé sur cette affaire des souvenirs qu'il a négligé de transcrire.

Peut-être s'agissait-il d'une négociation pour livrer au roi Nice de la Paille, place du Montferrat, que Spinola avait récemment conquise , et qui était occupée par des troupes suisses. Mais il est plus probable que le traité en question avait pour objet de mettre en la puissance du roi le port de Villefranche, voisin de Nice en Provence, peut-être même la ville de Nice. Dans une lettre du 4 ou du 5 août \ 630, le marquis d'Effiat écrivait au cardinal de Richelieu :

« Je prétends avoir une intelligence infaillible pour prendre Villefranche et le chasteau, qui est l'unique port de mer de M. de Savoie. »

Et le cardinal répondait, à la date du 6 :

« Si vous pouvez faire l'affaire des deux places voisines qu'on vous a proposées, ce seroit un coup extraordinairement important. Ne craignez point de promettre \ 00 mil escus et de donner toutes seuretez : ils seront bien employez. On donneroit encore charge honorable à la personne avec qui on traittera. »

(Lettres et papiers d'État, t. Ill, p. 832.)

(Voir p. 117.)

La poésie, pendant ce temps, célébrait les exploits des dernières campagnes, et Bassompierre inscrivait dans son Répertoire des vers qui égalaient sa gloire à celle d'Achille :

Quôd recluci, palmisque caput Mavortis onusto

Accessi, et vates carmina nulla tuli Miraris, Musas que adeô culpabis inertes,

Bassompierii quôd tacuere decus.

Ne tamen incusa, metuit pimpleus Apollo,

Quaerenti et causam talia verba dédit : Post domitos toties hostes terrâque marique,

Emensa hesperii post juga celsa soli, Postque tôt eversas armis vitricibus urbes

Funeraque iliacis œquiparanda rogis, Heroa iEacidae sequandum cui cederet Hector

Te satis elatè scribere posse putas ?

Parve poeta, sile : non es, mihi dixit, Homerus,

Et tamen, aut nunquam est hic opus Iliade.

(Bibl. Nat. Fonds Lat. 14226.

(Voir p. 139.)

Dans un pamphlet intitulé : Conversation de M^ Guillaume avec la princesse de Conty aux Champs Elysées, on suppose que Madame, la défunte épouse de Gaston, adresse tout à coup cette question à la princesse de Conti qui arrive aux Champs-Elysées :

« Mon Dieu, ma Cousine, j'ay bien oublié de vous demander des nouvelles du pauvre mareschal de Bassompierre. »

La princesse de Conti répond :

« On dit, Madame, un peu devant que je partisse de l'autre monde, qu'il commençoit à enfler, et qu'il estoit fort bouffi ; je n'attends que l'heure que nous le voyons icy avec le mareschal de Marillac, qui a (ce dit-on) une fièvre lente où les médecins ne cognoissent rien. »

Et maître Guillaume, le bouffon imaginaire, le fou philosophe des pamphlets du temps, s'écrie :

« 0 que ces fièvres lentes sentent bien son empoisonné, aussi bien que l'enfleure du pauvre Bassompierre ! »

La supposition de maître Guillaume était gratuite : Bassompierre ne mourut pas de son enflure, et ce ne fut pas la fièvre lente qui tua Marillac.

(Voir ]i. 141.)

« Celuy qui conduisoit l'affaire estoil Besançon, liomme do cœur et de courage, qui s'estoit eschapé de prison, ou le mareschal d'Estrée l'avoit faict mettre a cause de la vieille querelle, en sorte qu'il n'osoit plus se monstrer, et estant homme agissant et ambitieux de parvenir, ne se peut tenir a rien faire, outre que c'estoit pour faire affront au mareschal d'Estrée son ennemy, qui estoit auprès de la Roine de la part du Roy, que de la faire eschaper. Il fit toutes les negotiations, allées et venues avec le marquis de Vuardes le jeune, qui estoit dans la Capelle avec sa femme la contesse Moret, ou il commandoit en l'absence de son père. L'entreprise se debvoit exécuter le mardy \ e*" juilliet que la Roine debvoit partir, et pour cet effect avoit envoyé ses carrosses de relais a la campagne -, mais a cause de quelques gens de guerre qui estoient encores aux passages de la rivière, elle ne peust faire son coup que le jeudy au soir '^8^ »

(Journal de la cour sous Louis XIII, manuscrit do la collection Godefroy, portefeuille cclxxxv, fol. 42.)

(Voir p. 158.)

On lit à ce sujet, dans le Répertoire du maréchal de Bassompierre, les vers qui suivent :

Bassompierium referebant carcere clausum

Armigeri curas seposuisse dei ; Attamen in mediis turmis, ad flumina Rheni

Bassompierii fulminât ense manus :

Fulminât, et cuneos findens, fundens que decoro

Vulnere, dextra decus saucia grande refert. Utraque vera canit, nec dissona fabula narrât :

Otia agit patruus, militât inde nepos.

Pugnat uterque tamen ; generosâ in mente nepotis

Bassompierii mens generosâ viget ; Corpore quœque nepos excepit vulnera nuper,

Hsec eadem patruus vulnera mente gerit.

Sed decus hinc magnum surgit : nam sancia dextra

Plus laudis, quàm si plus valuisset, habet.

(Bibl. Nat. Fonds Lat, 14225.)

(Voir p. 194.)

Extrait d'un acte capitulaire tiré des archives du chapitre d'Épinal^ conservé dans les archives de la maison de Bassompierre.

« Nous Dames Abbesse, Doyene, Ghanoinesses, et Chapitre de l'insigne Eglise collégiale et séculière de S^ Gœry d'Espinal, immédiatement sujettes au S^ Siège, attestons....

« Que madame Margueritte de Bassompierre a esté chanoinesse en cette église avant qu'elle eut l'âge de quinze ans, que le 'l 4 mars -1 628 elle obtint du pape Urbain Huict, a la recommandation de S. A. Charles IV, duc de Lorraine, bulles d'accès a la mesme dignité abbatiale pour en jouir après le decés de la Dame Claude de Cussigny, alors abbesse, sa cousine ^ que dans ces bulles elle y est qualifiée pour estre issue de noble race du costé paternel et maternel; qu'elle n'avoit alors que quinze ans-, que le sept may mil six cent vingt neuf, Messire George African de Bassompierre, marquis de Removille, grand escuyer et conseillier d'Estat du serenissime Duc de Lorraine et de Bar, et Bailly de la province de Voge, père de laditte Dame Margueritte de Bassompierre, présenta, comme son procureur fondé, au chapitre de lad. Eglise lesdittes bulles, a l'occasion desquelles il y eut di//iculté; que le •!" novembre -1635, madame de Cussigny estant decedée, madite Dame Margueritte de Bassompierre se présenta le 8 décembre suivant, pour prendre possession de lad. dignité abbatiale, a quoy il y eut aussy opposition; que le

4 décembre -KJSO, elle remercia, s'esLanL mariée avec Monsieur le marquis d'Haraucour.... »

(Pièce signée, et revèluc du sceau du chajiitre.)

(Voir p. 234.)

Ce livre, intitulé : Philotime^ ou examen des notes d'Aristarqiie sur l'histoire des rois Henry le Grand et Louis le Juste, composée par M. Scipion Dupleix, fut publié en octobre ^637, chez Claude Sonnius, avec privilège du roi. L'auteur déclare dans sa préface que ni Zoïle, ni Patœcion, ni Archilochus ne furent jamais si injurieux que le critique auquel il répond : « Son impudence, dit-il, a passé mesme jusques là que pour donner crédit à son œuvre, ou porter la curiosité du siècle à la voir, il l'a publiée sous le nom de M. le mareschal de Bassompierre, escrite néanmoins à la main, pour n'avoir pas trouvé imprimeur qui se voulût charger de si mauvaise marchandise. » Et pour se mettre plus à l'aise dans sa réponse, il démontre que le maréchal, qui désavoue lui-même cet écrit, n'en peut être l'auteur, et ce pour quatre raisons principales : « La première, que l'on sçait bien que ce seigneur, quoyqu'affligé de la longueur de sa prison, jouit néanmoins de sa santé et d'esprit et de corps avec la mesme vigueur qu'auparavant. . . La seconde est que ledit sieur mareschal et ses devanciers ont esté de tout temps parfaictement catholiques : et cet injurieux censeur porte à toutes rencontres la cause des religionnaires, tant contre la religion que contre l'Estat... La troisième raison est qu'il n'a point sujet d'estre piqué contre l'auteur de ladite histoire, lequel a parlé honorablement de luy et de ses ancestres a toutes rencontres -, et en ce qui regarde le sujet de sa prison, a rapporté, selon ce qu'il en avoit appris, que c'estoit plustôt une faute qu'un crime, et une trop licentieuse liberté de parler qu'aucune action honteuse... La quatrième raison est que quand mesme il auroit eu quelque mal-talent contre l'historien, luy, qui a commandé des

armées royales, auroit si bien sceu commander sa passion, qu'il n'en auroit jamais estendu les pointes sur tant de personnes d'honneur et de mérite. »

Enfin, dans un avis au lecteur, placé à la suite du livre, l'auteur ajoute :

« Depuis que cet examen sur les notes d'Aristarque a esté mis sous la presse, l'historien a eu advis que lesdites notes ont esté faites de diverses mains, et de divers esprits (dont les noms sont encore incognus), mais tous portés d'une mesme malice envers luy : les uns pour avoir de l'aversion au gouvernement présent par luy descrit, ou pour se trouver (à cause de leurs mauvaises actions) en mauvaise posture dans son histoire... Ledit advis porte aussi que M. le mareschal de Bassompierre ayant fait certaines notes sur ladite histoire, ils ont pris de là occasion de publier les leurs soubs son nom, afin de donner plus de crédit à leur malice et impostures. »

Il existe plusieurs copies des remarques attribuées au maréchal de Bassompierre :

r A la bibliothèque de l'Arsenal, sous ce titre : Fautes remarquées imr le s" de B. en l'histoire de Henri 4*^, composée par Duplex (Recueil manuscrit de Gonrart, t. IX, deuxième suite, p. -1) ;

2" A la même bibliothèque, sous le titre : Lumières pour l'histoire de France contre Scipion Dupleix, 4 636. Copie écrite de la main de Gonrart (Mélanges de vers et prose. Fr. Belleslettres, n" -145, p. 99^);

3° A la bibliothèque nationale, Fr. ^0453 : Choses a supprimer, retrancher, adjouster ou rayer en l'histoire du roy Henry le Grand, composée par Scipion Dupleix; et : Fautes remarquées par M. de B. en l'histoire de Louis XIII, composée par Duplex ;

4° A la même bibliothèque, Fr. •! 358-1. Les deux mêmes titres.

Ges remarques furent imprimées seulement en -1665, année de la première publication des Mémoires, sous ce titre : Remarques de monsieur le mareschal de Bassompierre , sur les vies des roys Henry IV et Louis XIII, de Dupleix. Paris, chez Pierre Bienfait, m. dc. lxv. Avec privilège du Roy.

(Voir p. 235.)

Je n'ai pas trouvé de sonnet commençant par ces mots : Mettre Bassompierre en prison.

Mais, dans le livre intitulé : Le tableau de la vie et du goiivernement de Messieurs les Cardinaux Richelieu et Mazarin^ etc. Cologne, Pierre Marteau, m. dc. lxxxxiii., on trouve une pièce de vers qui commence ainsi :

Les Princes au Boy.

Grand roy, faut il qu'un Cardinal A qui tout le monde veut mal, Abuse de votre puissance ?

Juste Roy, l'image de Dieu, Faut il pour ce dur Richelieu Appauvrir tous les lieux de France, Tenir Bassompierre en prison, Pousser Gaston jusqu'en Lorraine, Et chasser Roger (1) de Dijon, Faire des édits à Soissons, Suspendre une cour souveraine, Reléguer en une semaine Trois princesses (2) de leur maison, Menacer d'abbattre les testes.

Bannir trois maistres des requestes, Exiler les grands de l'État, Tenir la terre et la marine, Faire crier partout famine ?

C'est le jeu de cet apostat.

(1) Belgarde.

{2) La Reyne, Conty, Gheuvreuse.

(Voir p. 267.)

C'était à titre de parent que le maréchal de Bassompierre chargeait M. d'Hocquincourt d'exercer sur son neveu une sorte de tutelle : le père de ce dernier et le maréchal étaient enfants de cousins issus de germain, comme on peut le voir par le tableau suivant :

Guillaume Picart, seigneur d'Estelan.

Jeanne de la Garde.

Anne Picart.

Jean de Monchy, seigneur de Montcavrel.

Jean Picart , seigneur de Radeval.

Geneviève Basset.

Nicolas de Monciiy, seigneur de

Montcavrel.

Jossine d'Ailly.

Georges Picart , seigneur de

Radeval.

Louise de la Motte-Blequin.

François de Monchy, seigneur Louise Picart, dame de Radede Montcavrel.

Jeanne de Vaux, dame d'Hocquincourt.

Antoine de Monchy, seigneur

de Montcavrel.

Anne de Balsac.

val.

Christophe, baron de Bassompierre.

François, maréchal de Bassompierre.

Georges de Monchy, seigneur d'Hocquincourt.

(Voir p. 287.) .

Les deux lettres suivantes, qui se trouvent aux pages 2^ et 22 du tome XIV du recueil manuscrit de Conrart (Bibliothèque de l'Arsenal), font supposer que la princesse de Guemené s'inter-

APPENDICE. 3o0

posa auprès du duc de Weymar, pour obtenir en faveur du marquis de Bassompierre un traitement plus doux.

De Monsieur le duc Bernard de Saxe- Weymar A Madame la princesse de Guemené.

a Madame, je vous demande pardon si des raisons assez puissantes m'ont retenu jusques icy de vous rendre mes très humbles remercimens des soins qu'il vous a plu prendre de ma santé. Ils m'ont esté si avantageux et la faveur de vos lettres si précieuse, qu'ils m'ont fait oublier les maux que j'avois ressentis, mais non les obligations que je vous en ay, qui me feront rechercher avec passion les moyens de vous témoigner ma véritable reconnoissance. J'en eusse rencontré. Madame, dans le commandement que vous m'avez fait en faveur du s"" marquis de Bassompierre, s'il n'eut esté prévenu par auparavant par mon obéissance, et l'ordre que j'avois donné pour faire cesser le sujet de ses plaintes, qui me fait croire avec raison que quelque bon génie m'inspire souvent à rendre mes effets conformes a vos désirs -, et les miens seront accomplis quand je pourray en quelque bonne occasion faire voir combien je chéris l'honneur de vos commandemens, et qu'il n'y a personne au monde qui soit plus véritablement que moy

Madame,

Vostre très humble et très obéissant serviteur. Bernard de Saxe.

Ce 'l 5 juin ^639. »

De Monsieur le marquis de Bassompierre

A Madame la princesse de Guemené :

[que M. le duc de Weymar luy a envoyée).

« Madame, j'estime tant l'honneur que vous m'avez fait de témoigner que vous prenez quelque part a ma mauvaise fortune, que je treuve du gain dans la perte de ma liberté, puis qu'elle me cause une grâce si signalée; aussi la reçois je avec tout le respect que je dois ; et quand la courtoisie et la générosité de Monsieur le duc de Saxe Weymar n'auroit point prévenu

vostre recommandation, elle seroit capable de me faire rencontrer des plaisirs dans Beinfeld, et de me rendre douces les plus insupportables peines. Ce sont, Madame, les moindres effets que produisent une cause si puissante comme votre souvenir, que je ne mérite en aucune façon, et dont je vous avoue que j'ay esté surpris, ne m'imaginant point que vous puissiez avoir tant de bonté pour les prisonniers d'autruy, après en avoir toujours eu si peu pour les vôtres. Je me loue donc de mon malheur. Madame, puis qu'il me fait estre heureux, et si toutes les fois que je seray en prison, vous me voulez honnorer de la même sorte, je vous assure. Madame, que je ne tâcheray d'estre libre que pour me faire reprendre, et mepriseray tous les avantages du monde pour acheter par quelque nouvel accident une gloire pareille a celle que je reçois a cette heure de votre assistance et du soin que vous prenez pour moy, qui n'en auray jamais de plus particulier que je l'ay de vous rendre tous les services a quoy est obligé

Madame,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Bassompierre.

De Beinfeld, ce 24 avril -1639. »

(Voir p. 293.)

Dans le Bulletin de la Société belfortaise d'émulation (année ^ 872-'! 873, p. 53), on lit une lettre, jusqu'alors inédite, du maréchal de Bassompierre au comte de Ribeaupierre : cette lettre, entièrement autographe, est datée du -16 juin ^634. Le maréchal appelle le comte de Ribeaupierre « Monsieur mon cher frère », et le remercie des démarches qu'il a faites pour obtenir la liberté de son neveu de Bassompierre , alors prisonnier pour la première fois, en le suppliant de lui continuer son assistance.

Dans le même bulletin on peut lire une lettre de la marquise

de Removille, adressée au fils du comte de Ribeaupierre, et relative au payement du prix d'un cheval vendu par lui à M. de Bassompierre.

(Voir p. 317.)

Le poëte iMalIeville, le secrétaire et le fidèle ami du maréchal de Bassompierre, a consacré quelques stances à ce chien favori.

Que perfides sont nos esbats, Et que les plaisirs d'icy bas Souvent se changent en supplices, Puisque Medor, qui fut si beau, Au milieu mesme des délices Treuve les ombres du tombeau !

Dieux que son heur estoit parfait, D'entretenir par quelque effet De son adresse inimitable Le plus illustre malheureux.

Et le plus innocent coupable De ce règne si rigoureux.

Quand la mort eut fermé ses yeux Il fut ra-s^ dedans les cieux Malgré la Parque trop severe.

Et depuis cet enlèvement Jupiter a comme son frère Un chien qu'il aime chèrement.

Si tost qu'il se vit transporté Dans ce palais dont la clarté Ne peut augmenter ny descrestre, 11 vit bien qu'il changeoit de lieu Mais non pas qu'il changeoit de maistre, Avant fait rencontre d'un Dieu.

Apres l'honneur qu'il a perdu, Toute autre puissance eut rendu Sa fortune trop inégale, Et ce chien ne pouYoit flatter, Tant il avoit l'âme royale.

Que Bassompierre, ou Jupiter.

Et, dans d'autres stances, sur la mort d'une belle chienne, nommée Petite, il rappelle le souvenir de Médor, et termine ainsi :

Mais je m'abuse en ce discours : Si le sort qui reigle nos jours, Ravit dans le ciel cette belle, C'est afin qu'un nœud solemnel Fasse de son Medor et d'elle Un hymen qui soit éternel.

Petite, puisses tu là haut Jouir d'un bonheur sans défaut Avec une moitié si digne ; Et voisins du chien d'Orion, Faire tous deux un nouveau signe Entre la Vierge et le Lion.

(Poésies du sieur de Malleville. Paris, Nicolas Bessin. m. dc. lix.)

(Voir p. 318.)

Tallemant des Réaux dit , dans son Historiette de Bassompierre :

« On croit qu'il estoit marié avec la princesse de Conty

Il eut un fils de la princesse de Conty, qu'on a appelé la Tour- Bassompierre ; on croit qu'il l'eust reconnu s'il en eust eu le loisir. Ce la Tour estoit brave et bien fait. En un combat où il servoit de second, ayant affaire à un homme qui depuis quelques années estoit estropié du bras droit , mais qui avoit eu le

loisir de s'accoustumer à se servir du bras gauche, il se laissa lier le bras droit et battit pourtant son homme. Il logeoit chez le mareschal-, depuis il est mort de maladie. » (T. Ill, p. 337 et 338.)

Goulas, dans ses mémoires encore inédits, après avoir fait réloge du maréchal de Bassompierre, ajoute :

« Néanmoins chascun le blasma de n'avoir donné aucun ordre a ses affaires, et d'avoir laissé un fils qu'il avoit eu de la princesse de Gonty, des mieux faits et des plus braves de la cour, sans subsistance et sans establissement. «

Ce reproche paraîtra moins fondé si on consulte V Inventaire du maréchal de Bassompierre, dans lequel on lit les mentions suivantes :

« La 8^ (pièce) écrite de la main dud. seigneur mareschal intitulée charges ordinaires de ma maison en l'année 4 644 : Au s"" de la Tour par an i 800 liv. «

« Plus y est un estât de la dépense des hommes et chevaux de M"" de la Tour fait par led. de la Marre au dos duquel est un écrit signé dud. de la Marre du 20*^ décembre \ 645 contenant que led. seigneur mareschal luy a alloué la somme contenue aud. estât. «

François de la Tour mourut peu de temps après son père-, du moins ne vivait-il plus en 4 652, comme on le voit pai' la pièce suivante :

« Exploit de saisie arrest a la requeste du s'' du Monceau entre les mains du s'" comte de Tillieres de ce que luy et sa femme peuvent avoir entre leurs mains appartenant au s'' de Bassompierre, dont est extrait ce qui suit :

« L'an mil six cent cinquante deux, le deuxiesrae jour d'aoust, par vertu de certaine sentence de nosseigneurs des requestes du pallais en date du dix septiesme may dernier et a la requeste de M''^ Guillaume du Monceau cons"^ du Roy, trésorier provincial de l'extraordinaire des guerres, en ayant droit par transport de M'*" Michel Barbier, aussy cons'' du Roy, trésorier provincial de l'extraordinaire des guerres, Robert Legoix, marchand linger, bourgeois de Paris, et Louis Gollard, aussy bourgeois de Paris, créanciers a la succession vacante de M'* François de la Tour de Bassompierre J'ay huissier aux requestes du pallais soub-

signé, faulte de payement avoir esté fait par led. sieur de Bassompierre, j'ay saisi et arresté de par le Roy, nostre sire, entre les mains de M'" Tenneguy le Veneur, chevalier, comte de Tillieres, et dame Catherine de Bassompierre, son espouse, tous et un chacun les deniers qu'ilz ont appartenant a feu M""" François de Bassompierre, vivant chevalier, seigneur de la Tour, et qui auroient esté déposez entre leurs mains par feu M'^ François de Bassompierre, chevalier des ordres du Roy, mareschal de France »

(Voir p. 338.)

Dans le Bcpertoire du maréchal de Bassompierre (Bibl. Nat. Fonds Lat. 14225) on lit l'extrait suivant de la bulle impériale :

« Te igitur ob predicta, imperii principem non facimus, sed quippe e Olivia domo tôt principum scaturigine oriundum unà cum omnibus a prefato Ulderico per masculinam lineam légitime descendentibus, naturae privilegio, sanguinis nobilitate hereditatis que jure natum imperii principem declaramus, et ut in imperii comitiis pristino Clivise principum ordini restituaris volumus, jubemus, imperamus. »

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