PROPOSITION IX
THéOltfeHE.
Une Jonction d'un nombre impair n de lettres, qui a précisément n valeurs, est symétrique par rapport à n — i lettres.
La démonstration suivante suppose n au moins égal à 5, mais pour les fonctions de trois lettres, le théorème est presque évident [ *].
Soit
[•] Soil
une fonction de trois lettres qui a trois valeurs. Si V n’est pas symétrique par rapport aux deux lettres a et b, soient V, et V, les deux valeurs que prend cette fonction par les permutations de ces lettres, et V, la troisième valeur de V ; on a
V, {V, + V,4- Vj)— (V,4- V,)^
d’où il résulte que V, est symétrique par rapport à a et b, Done V est symétrique par rapport à deux lettres.
PURES ET APPLIQUÉES. ai
une fonction d'un nombre impair n de lettres, qui a précisément n valeurs.
Soient a et b deux lettres quelconques, et faisons toutes les permutations des n — a autres lettres
il en résultera pour V un nombre de valeurs qui sera l’un des suivants
Mais, d’après la proposition VIH, n — a étant impair, si ce nombre de valeurs est inférieur à n — a, il est au plus égal à a , ce sera donc l’un des cinq nombres
Nous allons faire ces cinq hypothèses.
i°. La Jonction V est sf métrique par rapport aux n — a lettres ct if,..., A, /.
Alors, d’après la proposition IV, le nombre des valeurs de V ne peut être égal à n que si cette fonction est symétrique par rapport à n — i lettres.
a”. La Jonction V a deux valeurs par tes permutations des n — a let tirs c, d,..., k, l.
Cela est impossible d’apres le corollaire de la proposition V.
3". La Jonction V a n — a valeurs par les permutations des n — a lettres c, d,..., k, l.
Alors, d’après la proposition III, la fonction V ayant en tout n valeurs et n’en ayant que n — a par les permutations de n — a lettres, a une ou deux valeurs par les permutations de « — a lettres. Par conséquent, le nombre de ses valeurs ne peut être égal à n , que si elle est symétrique par rapport à n — - i lettres.
4°. La fonction V a n — t valeurs par les permutations îles n — a lettres c, d,..., k , l.
Alors, d’après la proposition III, la fonction V est symétrique
aa JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
par rapport an — a lettres, et, par conséquent, elle ne peut avoir n valeurs. que si elle est symétrique par rapport à n — i lettres, d’après la proposition IV.
5°. La Jonction V prend ses n valeurs par les permutations des n — a lettres c, d,... k , l.
Cela est impossible, d’apres la proposition VI, parce que n est un nombre impair.
Conclusion. La premiere, la troisième et la quatrième hypotheses sont, comme on voit, seules admissibles, et quelle que soit celle qui a lieu, la fonction V est nécessairement symétrique par rapport à n — i lettres; ce qu’il fallait démontrer.