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Tome XV. — Juuit iH5o

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doit suffire de donner au rayon de courbure intérieur d'un coude une grandeur ana logue h celle du diamètre du canal rectangulaire , pour faire disparaître, quant a la partie la plus essentielle, l’espèce particulière de contraction de la veine provenant du mouvement d'amont. Or cette contraction est une cause évidente de solution de continuité dans le phénomène, et, par conséquent, dans l'application des formules de la résistance des coudes. Ces observations, faites sur une assez grande échelle, étendent en tes confirmant wiles que Du Buat avait faites sur des tuyaux d’un petit diamètre , en constatant le rayon de courbure pour lequel la veine n'était plus renvoyée dans l'axe.

J’ai eu occasion de les confirmer, notamment sur un canal ayant le rayon de courbure dont il s'agit, niais où les vitesses étaient très-petites. Il faut, dans ce cas, pour bien observer les directions des flotteurs en divers points de la section, se servir de feuilles d’une largeur suffisante pour que leur marche soit bien régulière lorsque l’eau n'est pas très-pure.

Quant aux canaux à grandes vitesses dont je me suis plus spécialement occupé dans 1rs circonstances susdites , il se faisait le long du plan vertical obturateur une espèce particulière de bouillonnement alternatif, qui ressemblait à une sorte de crinière liquide- Les effets de ce genre, joints aux tourbillons dans l’angle du coude, donnaient aux filets fluides une courbure continue, qu’il était intéressant d'observer pour constater la différence provenant, dans cette courbure, de ce que je reculais ensuite à une distance de plusieurs mètres la position de l'obturateur vertical. Denis Papin avait déjà remarqué que l'eau tourbillonnait dans la partie vive de l'angle droit brusque. La différence des trajectoires dans les deux cas étant peu considerable, j’en ai conclu qu'il devait en être ainsi de la résistance passive éprouvée par suite des mouvements curvilignes. C’est en effet ce qui résulte de la comparaison que tout le monde peut faire entre le résultat d'une experience de Venturi sur un coude à angle droit vif, et celui d’une expérience de S'Gravcsande, rapportée dans son Traité de Physique, Mais personne n’avait encore fait ce rapprochement entre des faits isolés trouvés par ces savants célébrés, et il était utile de les appuyer par des observations d'un autre genre, faites d'ailleurs plus en grand.

Ce résultat est utile dans l'étude de diverses machines hydrauliques, pour lesquels l'écoulement se fait par un orifice disposé immédiatement sur la paroi d’un tuyau de conduite horizontal. Il en résulté, en effet, qu’il doit être» permis, sans crainte de se tromper en moins sur la résistance passive, de se servir, pour ce cas, du coefficient delà résistance des coudes à angle droit vif, étudiée pour d’assez, grandes vitesses par Venturi.

Les directions des flotteurs, posés en uinont sur la surface de l’eau , se pliaient régulièrement sans rencontrer la surface transversale du coude, à cause de la résistance des tourbillons. Les petits corps tenus en suspension dans le liquide ou roulant pré» du fond prenaient des directions analogues. Toutefois, il se présentait sur l'entaille contre laquelle la planche en aval devait s’appuyer quand elle fermait l'orifice lateral, un mouvement oscillatoire très-régulier et très-prononcé formant une onde sans translation apparente dont je parlerai dans le $ V.

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Conservant tout l’orifice latéral ouvert, j’ai eosuite disposé parallèlement aux paroi» du canal , dan» le milieu du lit , une planche d'au moins a mètre» de long , ayant pour but de faire voir ce qui se passerait dans une ouverture beaucoup plu» large que la section du canal avec de plus grandes vitesses. Cette planche» qui s'élevait toujours au-dessus de l'eau par son arête supérieure, l'autre touchant le fond du canal , s'appuyait par une de ses extrémités verticales contre la planche rectangu laite qui formait le barrage. Il se présentait une sorte d'onde permanente, fournissant avec régularité, quoique avec bouillonnement, l'écoulement par la seconde moitié de l’orifice latéral. Dans la première moitié de cet orifice, l'écoulement était presque nul. Il résulté de ces effets qu’il ne doit y avoir aucun avantage bien sensible à donner à rel orifice un diamètre plus grand que celui du canal.

Cette conséquence est importante pour l’étude des machines hydrauliques , où l’écoulement de dedans en dehors se fait par un orifice immédiatement disposé sur la paroi d’un tuyau de conduite. On connaissait une remarque analogue à cette dernière, sur la grandeur qu’il convient de donner au diamètre de sortie de la soupape d'arrêt du bélier hydraulique de Montgolfier. Mais le phénomène pouvait être influencé par la soupape , et il était utile de l'étudier séparément d’ailleurs sur une assez grande échelle.

Il se présente sur la théorie des coudes de cette espèce une question intéressante. Dnit-on augmenter ou diminuer leur section pour avoir le moins de résistance possible à surmonter, dans le cas où un tuyau débouche directement dans un autre, au lieu de déboucher immédiatement à l’air libre, comme dans l’expérience précédente?

Cette question se rattache à celle du § I sur l’effet de l’évasement d'un tuyau de décharge. En effet, il résulte des évasements qui ne sont pas très-graduellement disposés, des tourbillons qui, an lieu d’augmenter la section réelle d’écoulement, la diminuent d'une manière d’autant plus sensible que la vitesse est plus grande. Ces effets sont bien connus des bateliers qui remontent le courant des rivière» en choisissant la partie des coudes où ils sont favorisés par ce genre de mouvements. Mais ce n'est p*" seulement de la section qu’il s'agit , il faut encore tenir compte de ce que la réaction doit produire un effet analogue il celui d’une veine tombant d'un vase sur un plan , et qui , selon les expériences de Hachette , diminue notablement le debit quand le plan n’est pas assez loin de l'orifice. Il résulte de là que, pour les coudes à angle droit vif, il est utile de faire déboucher le tuyau d'amont dans un tuyau d'un diamètre plus que double de celui du premier. Un tourbillon ramène, il est vrai , en général, les molécules liquides vers l'orifice. Or il faut faire en sorte que ce tourbillon ne nuise pas trop à l'écoulement par sa direction en aval. Quand le diamètre du canal, dans lequel débouche un premier canal faisant avec lui un angle droit vif, est assez grand, on voit distinrtemeni de quelle manière se comporte ce tourbillon qui ne retombe pas avec force sur le premier orifice déroulement.

On peut tirer des phénomènes du mouvement de l'eau dans les coudes des conse quenecs intéressantes sur la formation des vallées, ou du moins des vallées sablonneuse», fin effet , si un fluide est successivement animé de mouvements en sens contraires dans

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une vallée disposée en forme de coude , et surtout de coude à angle droit brusque , la disposition des obstacles est esse ntielle. Si ( par exemple , ils sont disposes d'un seul mté île l’angle plus près de la partie convexe que de U partie concave, il en resuite que , dans un sens du mouvement de ce fluide , ils peuvent ne pas gêner bien sensiblement ce mouvement, et avoir beaucoup d'influence dans l'autre sens.

Experiences sur 1rs tourbillons et les ondes résultant d’un barrage noyé.

J’ai communiqué à In Société Philomathique, le 8 août i84<>» une espèce particulière de mouvement de l'eau qui a été confirmée depuis plus en grand ( Journal de. 1‘ École. Polytechnique , xxxm® cahier, pages 149 et suivantes). Quelques mots écrits sur ce sujet par Leonard de Vinci et par Du Ruât n’etaient pas suffisants, ces expérimentateur célèbres avaient plutôt pressenti qu'aperçu le phénomène.

J'ai remarqué dans mon Mémoire sur les ondes, publié dans le tome XIII de ce tournai , que si l’on traîne un cor|>s selon Taxe d'un canal rectangulaire, rempli d eau en repos, même assez large par rapport à ce corps, l'onde qui en résulte s’étend sur toute la largeur du canal comme une barre. Il est intéressant de remarquer que , dans l'eau en mouvement , une barre fixe donne lieu à un phénomène , inverse sous certains rapports, ce qui ne peut provenir que de la reaction latérale qui renvoie le mouvement vers Taxe.

L'action de l'eau aux deux extrémités d'un barrage submergé est d’une nature toute particulière, par suite des phénomènes de la percussion contre la surface d’amont. Il en resuite qu’on voit se produire en aval du barrage le curieux phénomène des ondes qtiudrungidaircs fixes , de plus en plus affaiblies, tel que Didoitc l’a décrit. Mais ce célèbre hydraulicien ne l'avait observé qu'à la suite de la contraction à l’origine d im canul. Ainsi ce croisement de filets, attribué par lui au phénomène de la contraction , montre bien qu’en effet il y a une contraction d’une espèce toute particulière , occasionnée par le mouvement du liquide aux extrémités du barrage où il se présenté aussi une sorte de ronde liquide.

Pour que le phénomène se présenté dans toute sa netteté, il ne faut pas trop élever le barrage parce qu’alors la nappe se brise. Mais quand les ondes étaient bien régulières, le sommet du barrage étant , par exemple, à la moitié de la profondeur totale de l’eau dans les canaux dont je me suis servi, le profil, pris au moyen dune planche verticale, parallèle aux parois du canal et passant par les sommets des pyramides liquides, ainsi que par les diagonales de leurs bases, présentait une forme analogue à celle que Ridone a dessinée dans ses beaux Mémoires.

Quand on supprimait le barrage, le phénomène des ondes quadrangulaires disparaissait, le canal étant sans aspérités apparentes. La largeur de ce canal était deo“,5o, sa profondeur d'eau de o'",20; la vitesse moyenne, le liarragi* étant supprimé, était de ow,6o environ. Le barrage était fait en briques ordinaires, formant un mur régu-

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lièrement construit. Pour résister à la force du courant , j'avais disposé les briques en long. Un extrait de ma communication à la Société Philomathique est inséré dans le journal Y Institut, 1846, tome XIV, page 287.

La lame ne s e brisait pas quand le barrage était suffisamment plongé ; il y avait des tourbillons dans tous les angles. Dans le réservoir traversé par le courant décrit dans le § I, des tourbillons intéressants se formaient à chacun des angles opposes à l’embottr h tire d’amont du canal. Ix?s petits flotteurs colorés, formé» de débris de fleurs diverses, s'enfoncaient souvent au fond de l’eau, dans un des angles où le tourbillon se faisait avec plus de force autour d’un prisme vertical formé par une bonde. Les flotteurs, ainsi enfoncés dans cet angle, traversaient toute la largeur du réservoir sans revenir à la surface avant d’avoir achevé cette traversée. Ils remontaient ensuite dans l'autre angle , revenaient tout le long d'une des parois du réservoir pour se faire reprendre parle courant à sa sortie du canal d’amont. Lu traversée latérale des flotteurs au-dessous du courant est un effet de l'action des tourbillons engendrés dans tout le système liquide à cette extrémité du réservoir. (Journal V Institut, i845, tome XIII, page 4<>3.}

On voit que ce qu'il y a d'essentiel dans les conséquences déduites ultérieurement des phénomènes produits par les barrages noyés, relativement à la stabilité qu’il faut donner à leurs fondation*, etc., est non seulement indique depuis longtemps dans mes communications à la Société Philomathique , mais avec des détails qui n'ont même pas été reproduits , et qui caractérisent encore mieux le phénomène

Parmi les effets des tourbillons formant un effet analogue à celui des barrages, je mentionnerai encore celui qui se présenté dans un tuyau ou canal dont la direction est inclinée en sens contraire de celle d’un courant principal. Les tourbillons qui se forment «levant Vépemn empêchent d’appliquer sans modération le théorème de D. Bernoulli sur h» pressions des liquides en mouvement. L’eau était refoulée en arrière dans le tuyau ou canal additionnel dont il s'agit , et sortait plus haut que l’orifice de jonction , bien que U première extrémité de sortie restât ouverte. Dans les canaux découverts horizontaux, il résulte de ces tourbillons des ondes rétrogrades très sensibles dans le bout de canal dont l’axe fait de la même manière un angle aigu avec celui du principal courant.

Expériences sur ies vibrations rapides des veines liquides

On a longtemps admis que l’écoulement de l’eau d’un vast? était uniforme sous une hauteur de* niveau constante. Rama/zini parait être le premier qui ait remarqué dans les veines liquides en aval d’un coude à angle droit brusque des oscillations périodiques, ne provenant pas seulement de la chute du liquide retombant du sommet d’un jet d’eau. (De fontium Mutinensiurn admiranda seaturigine Tracta tus ph rsicohydrostatietu, in-4°, Modène, 1691, très-rare.)

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F. Savart a développé quelques intermittences provenant des phénomènes de la percussion de l'eau. Mais personne n'avait remarqué que la seule disposition de l’orifice de sortie permettait de faire alternativement cesser et renaître un jet d'eau , comme par un mouvement régulier de respiration , et cependant sans matelas d'air ni pièce mobile.

Pour obtenir ret effet singulier au moyen d'un ajutage cylindrique implanté sur un iiiyau de conduite relevé verticalement en aval de son réservoir alimentaire, il m“» suffi de disposer à l'orifice de sortie des obturateurs partiels fixes en bois qui en interceptaient une partie. Les uns étaient des espèces de demi- cylindres, des coins disposes verticalement dans l'ajutage et transversalement quant à Taxe du tuyau de conduite. I.es autres étalent des pièces extérieures posées au-dessus de l’ajutage. Ii «•tait surtout intéressant d’observer les jets inclinés, parce que l’intermittence, la cessation complète du jet , qui se reproduisait indéfiniment avec une extrême régulante, comme les battements d’un pendule, ne pouvaient pas être attribués à la chute de l’eau retombant sur la colonne ascendante.

Les intermittences ne venaient pas non plus de quelque mouvement dans de l’air emprisonné; je m‘cn suis assuré au moyen de tubulures disposées de diverses manières sur le tuyau horizontal , et alternativement remplies d’air et d'eau, ce qui ne changeait rien aux effets dont il s’agit. Or, dans tous les cas, le moindre dérangement de l’obturateui suffisait pour rétablir la permanence du jet d’eau sans qu’on changeât rien au tuyau de conduite.

Le réservoir dont je me suis d'abord servi était un peu conique, la base inférieure ayant o*,i3 de diamètre et le sommet ayant un diamètre de o“,20. La hauteur du reservoir était o“,29. Le tube horizontal avait om,oi5 de diamètre et ow,2o de long. Les divers ajutages verticaux avaient om,o35 de haut.

J’ai recommencé les memes observations en portant la hauteur île ce réservoir à im,2 au-dessus de l’orifice du jet; il se présentait encore des intermittences dans des circonstances analogues, mais le jet ne cessait plus complètement.

Je dois avertir les personnes qui voudraient recommencer ces expériences, qu’il faut , en général, beaucoup de tâtonnements pour y parvenir, même quand on les a déjà faites plusieurs fois.

Ce genre de phénomène se présente dans beaucoup de circonstances , quelquefois très-difficiles à produire, mais assez nombreuses pour qu'il soit désormais indispensable d’en tenir compte dans l’explication des fontaines naturelles. Il parait dépendre moins de la pression de l'eau du réservoir que de la hauteur des jets. J'ai observé des intermittences à peu près complètes dans un jet d’eau irrégulier sortant sous une près sion d’au moins 2 mètres d’eau par une fissure de porte d’écluse de navigation, le jet s’élevant à au moins om,5o de haut. Pour un orifice de O™, 02 de diamètre, la cessation à peu près complète d’un jet d’eau vertical ne se présentait plus pour une hau leur au-dessus de oTO,3o environ. F.nfin il faut tenir compte de ce que les circonstances en apparence les moins importantes changent complètement ces effets et rendent au jet sa permanence.

lia ni le» cours d’eau les mieux arrivés it la permanence , j’ai observé des oscillations parfaitement régulières dans les angles concaves. Je suis parvenu it en produire artificiellement au milieu d'un canal rectangulaire de o",5o de large et de o”,i8 de profondeur, dont l’eau avait une vitesse moyenne de o”,6o environ par seconde. Pour cela, je disposais dans ce canal , d'une manière fixe, un de ces polyèdres creux en bois . dont tout te monde connaît la forme et les dimensions , dans lequel les blanchisseuses se mettent pour laver le linge. L’ouverture était disposée du côté d'amont, sous de» angles que j'obtenais par le tâtonnement. 11 en résultait, dans les angles à l’intérieui de cet appareil, des oscillations parfaitement régulières, et d’une hauteur considérable par rapport à la hauteur due à la vitesse moyenne de l'eau dans le canal. Le moindre dérangement dans les surfaces faisait cesser cette espèce de mouvement de pendule battant pour ainsi dire la seconde , et rendait au courant sa permanence.

Il est difficile de bien définir la cause de ces divers effets, qui ne se sont présentés jusqu’ici d’une manière complète que par suite de pièces transversales, soit à l’extréinite, soit loin de l'extrémité d'une conduite ou d’un canal. Il s’agit d'un phénomène de percussion , combiné peut-être , du moins tlans certains cas, avec un phénomène d'ajutage plus ou moins rempli par la vraie section de la veine liquide; niais je l’ai vu se présenter dans des circonstances tellement singulières, qu’il est prudent de sen tenir provisoirement à la simple exposition des faits

Ainsi , un jet d'eau vertical sortait d’un orifice sensiblement circulaire , sans obturateur, de o™,ooa5 environ de diamètre, entouré de dix jets d’eau d'un diamètre de ov.oo?. environ , dont chacun sortait à o“,ota du jet central. Celui-ci s’élevant à des hauteurs de o",î.3 et au-dessous, ainsi que la couronne de dix jets un peu inclinés, il cessait alternativement, d’une manière complète et régulière, comme par un véritable mouvement de respiration, tandis que tous les autres s'élevaient à une hauteur sensiblement constante, Pour une hauteur de o"*,3o, le jet vertical ne cessait plus alternativement d’une manière aussi complète , il y avait seulement des intermittences très-sensibles. La plaque de cuivre, dans laquelle étaient disposés des orifices, avait environ o“,ooi 5 d'épaisseur. Pour l'orifice du jet vertical, l'épaisseur était d’environ o™, OUI. La plaque était trop bien |>olic pour que l'air pdt s’arrêter longtemps pardessous; or le phénomène durait indéfiniment. Pour les hauteurs très-petites, les dix jets un peu inclinés étant toujours sensiblement uniformes, les intermittences du jet central étaient encore très-régulières.

la» intermittences étaient d’autant moins sensibles relativement que les jets étaient plus élevés; j’ai observé des hauteurs plus grandes de om,5o à i mètre et au-dessus, pour lesquelles il y avait bien moins d'intermittences malgré la division des gouttes Or, pour augmenter la hauteur des jets , il suffisait d'ouvrir plus ou moins un robinet à une certaine distance sur le tuyau de conduite, ce qui semble indiquer une influent quelconque des phénomènes particuliers aux étranglements. Si le jet central présente d’une manière caractérisée l’effet singulier dont il s’agit , tandis qu’il n'en est pas ainsi des autres, nu serait-ce pas il cause de quelques effets |>articiiliers ù l'étranglement immédiat? Les autres filets liquides s'épanouissent vers la rouronne de jets, en perdant

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quelque chose de la nature primitive de leur mouvement à cause de l’evasement du sommet du tuyau. J'ai, en effet, remarqué d'autres jets inclinés qui présentaient le phénomène dont il s'agit ; l’inclinaison de ceux-ci n’est donc pas une raison péremptoire.

Ix*s circonstances dans lesquelles les colonnes liquides entrent en vibration par suite de la disposition des orifices, ne sont pas encore assez connues pour être utiles à l’art du fontainier dans l’étude de l’état «l’une conduite engorgée. Mais ce que j'ai dit fait déjà concevoir la possibilité de parvenir à connaître un nouveau moyen d’inspection pour le service des eaux d’une grande ville. Il est intéressant d’entrevoir qu’on pourra en venir là au moyen de la seule vibration des jets d'eau. Voici , en effet , de nouveaux exemples de la vibration des colonnes liquides.

Lorsqu'un tube partant du fond d’un réservoir se relève verticalement à une certaine distance, et que sur la partie horizontale 01» établit une prise d'eau d’un certain diamètre, le liquide se tient beaucoup plus haut dans le tube relève en aval que dan*» un tube vertical en amont. Cette expérience est due à Ramazzini, page 7. Il

n’a pas donné les dimensions de son appareil , dans lequel il dit que le liquide n’atteignait, dans le tube d'aval, que les cinq sixièmes de l.i hauteur du niveau du reservoir au -dessus de l’orifice de la prise d’eau intermédiaire.

J’ai répété cette expérience avec l’appareil dont j’ai donne ci-dessus les dimensions, et, de plus, je suis parvenu à augmenter notablement la hauteur de la colonne d'aval en inclinant en arrière le tube du jet d’eau qui était vertical dans l’appareil de Hjiina/zini. De sorte que la différence d’un sixième, dont je viens de parler, a etc diminuée d'environ moitié. Elle a été encore plus diminuée, même avec un ajutage de sortie vertical , lorsque cet ajutage a été disposé près du réservoir à une distance égale tout au plus au diamètre du tube. Quand l’ajutage était horizontal et encore plus près de ce réservoir, l’eau parvenait alternativement k la hauteur même du reservoir dans le tube d’aval , mais on ne peut pas dire précisément que c’était à des intervalles périodiques, car il paraissait sc présenter à certaines époques des oscillations accumulées.

Ces expériences concourent, avec celles de Ramazzini, à prouver que non-seulement l'eau peut s’élever en aval d’un puits artésien à des hauteurs bien plus grandes que l’orifice de ce puits , mais que, de plus, il se présente en aval des oscillations, dont il y a lieu de penser que les fontaines naturelles peuvent se servir pour elever de l’eau à une petite hauteur, même au-dessus du niveau de la source, si le tuyau ou conduit souterrain est convenablement rétréci à son sommet.

Diverses causes mettent une colonne liquide en vibration; dans les grandes cascades tombant sur un plafond en pierres, l’eau rejaillit dans diverses circonstances en don liant des percussions véritablement périodiques, mais le phénomène doit être influence par les mouvements de l’air.

On sait qu'un cylindre autour duquel s’enroule une veine liquide s’élevant verticalement de bas en haut, petit, dans certains cas. être soutenu indéfiniment sans autre

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appui , en tournant comme une véritable roue verticale. Ses mouvements oscillatoires dans la verticale ne lui font pas quitter le jet qui le soutient ; ils sont intéressants .» observer comme un exemple des effets d’intermittence de la veine enroulée , même à une assez grande hauteur au-dessus de l*orifice d’où elle sort.

Je mentionnerai encore l’observation suivante. Si, lorsqu’un jet d'eau présente à son sommet de petites variations périodiques, on dispose au-dessus un entonnoir fixe, cela ne diminue pas le mouvement oscillatoire; au contraire, l’eau se jette périodiquement un peu plus haut en y donnant de petits coups de bélier alternatifs. Si l'on baisse l’entonnoir de manière à obliger le jet de le traverser selon son axe, il y a certaines conditions , par exemple pour un jet de o“,oo8 de diamètre et de im,ao de haut , dans lesquelles le jet diminue de hauteur, la partie du jet qui a traversé l’entonnoir devient plus sensiblement oscillante.

En général , quelte que soit la cause des oscillations d’un jet d’eau , quand elles sont considérables, comme cela se présente, |»ar exemple, pour le grand jet d’eau dis Tuileries, il est évident que si un entonnoir convenablement disposé est fixé à une hauteur intermédiaire entre les limites de hauteur minimum et maximum du jet , il en résultera des coups de bélier hydraulique qui augmenteront sa hauteur à des inter valles plus ou moins irréguliers. Si un second entonnoir est disposé au-dessus, le jet exhaussé par le premier coup de bélier en donnera un second qui l’exhaussera encore, et ainsi de suite. De sorte qu'il peut en résulter des effets très-curieux dans les jardin* publics et qui sc présentent sans doute aussi dans les grottes naturelles.

Depuis que j’ai fait connaître pour la première fois, le 25 juillet 1846 (Journal I Inthtut, tome XIV, page 27 1), ce genre singulier de vibrations , M. Darcy, inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, a fait sur les rétrécissements dans l'intérieur des conduites, des expériences d’où il résulte que la présence des diaphragmes rend extrêmement difficile, dans certains cas, d’obtenir un écoulement uniforme. On ne sait pas encore d’une manière positive en quoi consistent les conditions dont il s'agit , et il est bien intéressant pour l’art du fontainier de tes mieux connaître. J'ai soulevé la question , elle sera tôt ou tard résolue par les ingénieurs. I ne Note sur les vibrations , publiée dans le Journal t/e t École Polytechnique t xxxiii" cahier, page 169, confirme la nouveauté de ces faits que j’avais signalés depuis quatre ans.

M. Coriolis avait depuis longtemps propose aux ingénieurs des eaux de Paris d'étudier plus en grand par l’expérience mes idées sur le frottement de l’eau, la position et la forme des rétrécissements. Malheureusement les expériences faites sous ses auspices furent interrompues par sa mort prématurée.

Manoury d'Ectot a fait osciller une colonne liquide très-courte sans pièce mobile , au moyen d'un obturateur fixe, formé d'une sorte de bouton horizontal au sommet d'une tige. Mais il y avait au-dessus un tuyau où l'élévation de la colonne liquide était une seconde cause particulière d'oscillation. Ce qu'il y a de certain , c'est que toutes les explications de ce singulier appareil , données en France et à l'étranger, sont aujourd'hui

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