‹ Journal de Nicolas de Baye, greffier du Parlement de Paris, 1400-1417Chapitre 40 sur 58 · Ce registre ne nous est point parvenu · texte numérisé non relu

Ce registre ne nous est point parvenu

DE NICOLAS DK BAYE (1411). rî

Samedi, derrain jour d'octobre.

Fu receu Charles de Breuvers, escuier, en bailli de Meleun ou lieu de messire Ânguerran de Marcoignet, chevalier, par manière de provision et quoiisque, et pourveu que ledit de Breuvers comperra céans au Vermendois prouchain, pour respondre à ce que l'en voudra proposer contre lui.

Gedit jour, Regnault d'Âzincourt, escuier, fu receu par manière de provision et quousqtie^ conmie les autres precedens bailliz, ou lieu [de ]

bailly de Gisors, pourveu que ledit Regnault comperra aux prouchains jours de Vermendoiz céans pour respondre à ce que l'en voudra contre lui proposer. Conseil, Xm (X<* 1479), fol. 173 v».

Mercredi, îiijj* jour de novembre.

Fu receB Âmé de Vîry, escuier, en bailly de Mascon ou lieu de messire J. de Ghastehnorant, chevalier, par provision et quonsque, et pourveu qu'il comperra aux premiers jours de Vermendois céans pour respondre à ce que l'en voudra dire contre lui.

Gedit jour, sur la déclaration de la finance déposée sur pluseurs marchans et changeurs de Paris de par la Gourt de Parlement, en laquelle ladicte finance estoit contendeuse^ laquelle déclaration demandoit monseigneur de Boorgoigne pour s'en ayder pour le Roy en la nécessité qui estoit à paier gens d'armes, appoinctié a esté parles presidensque maistre Oudart BaiHet, Phelippe du Puiz et Thiebaut Tiessart, conseillers du Roy en Parlement, et ij des maistres de la Ghambre des comptes aviseront sur ce qui se pourra faire par raison, et sera fait.

Gedit jour, après disner, je fu mandé de par monseigneurde Bourgoigne, et alay à luy à l'ostel de Bourbon» où me requist messire J. de Nielles, chevaher, chancellier de monseigneur le Dauphin, de par le Roy et de par monseigneur de Bourgoigne, présent, etleprevost de Paris, le prevost des Marchans et pluseurs bourgoiz de Paris, monseigneur de S. Pol, le seigneur de la Viezville et pluseurs autres, que je déclarasse par cedule où estoient les deposts de Parlement, je respondi que sur ce avoit esté appoinctié avant disner d'y aviser par aucuns commissaires, au contraire fu dit que c'estoit delay et que en la matière l'en ne povoit plus attendre, toutevoie après pluseurs paroles hinc inde, je diz que, attendu mon office, nullement ne povoie faire ce que l'en me requeroit sans parler à messeigneurs les presidens, si fu envoie à eubc et ne peu avoir responce cedit jour, pour ce qu'il estoit tart, et ne se povoient bonnement assembler les seigneurs de Parlement pour l'eure.

Jeudi, v« jour de novembre.

Sur la requeste faicte de par monseigneur de Bourgoigne pour le Roy pour avoir la déclaration des deposts de Parlement pour les pranre, seurté bonne et suffisant donnée premièrement à ceulx de qui l'enlèvera lesdiz deposts qui les ont en garde, il a semblé au Conseil que, attendue la nécessité qui de présent apert pour la guerre que l'en fait contre la ville de Paris et autrement, je puiz bien bailler ladicte déclaration, pourveu que je retiegne les cedules des obligations de ceulx qui ont lesdiz deposts et qu'il ayent suffisant seurté de ravoir l'argent qu'il bailleront. Et pour ce assez tost

après portay par cedule la deciaration desdiz deposts et bailïay à mondit seigneur de Boui^oigne, montans que bons que mauvaiz à environ iiij mil escus, retenues devers la Court les œdules des obligations d'iceulx depos.

Gedit jour, messire Simon de Bourmont, chevalier, s'est opposé et oppose à Fenterinement des lettres obtenues par messire Charles de Villiers de l'office de bailli de Troyes, et a requiz que toutes informations faictes ou à faire contre lui cessent, attendu qu'il est prest de respondre à ce que l'en voudra demander ou dire contre lui, ce qui lui est octroyé.

Cedit jour, ont esté commiz à aler avec le prevost des Marchans et autres de la ville de Paris devers le duc de Bourgoigne maistre Phelippe du Puiz, Jaques du Gard, Guillaume de Besze et Giles de Clamecy, et si a esté ordonné que les noms des gens du corps de Parlement seront baillez auxdiz de ladicte ville pour aviser ce qui sera à faire de la taille mise suz par ladicte ville et au prouffit d'icelle pour sa garde et défense.

Venredi, vj* jour de novembre.

Fu ofifert aux bourgoiz de Paris, pour la portion contingent et touchant ceulx du Parlement pour la taille de la ville de Paris, \^ firans par les presidens, et lesdiz de la Ville ont respondu qu'il en parleront ensemble et rapporteront aux presidens.

Item, quant à tenir le Parlement, il se continuera à l'ordonnance du Grant Conseil, et de ce sera parlé au Ghancellier; mais quant à venir conseiller en la Chambre, les seigneurs y viendront le plustost que bonnement se pourra faire.

Samedi, vîj* jour de novembre.

Fu receu par les presidens en office de grant pannetier de France messire Ânthoinne de Graon ou lieu du seigneur de la Roche ^ qui est aie de vie à trespas, et a fait le serment acoustumé.

Cedit jour, ont esté leues certeinnes lettres de revocation des dons fais ou à faire des confiscations ou forfaictures de ceulx qui font guerre contre la défense du Roy pour le duc d'Orléans, lesquelles lettres sont enregistrées ou livre des Ordonnances*.

Lundi, ix"^ jour de novembre.

Fu U besoigne à Saint Gloud lez Paris, où morurent plus de yj à viij<^ des gens d'armes qui estoient venu contre la bonne ville de Paris, et po ou nulx y montrent des gens de par deçà^.

Conseil, XIH (X*« 4479), fol. 474.

Juedi, xij* jour de novembre.

Tint le Parlement messire Arnault de Qwbye, che-

4. Gui V, sire de la Rochegvyon, vicomte de Roncheville, chambellan du Roi, occupa depuis le 30 avril 4396 jusqu'à sa iQQrt le poste de grand panetier de France.

2. Ces lettres, portant révocation des dons de toutes confiscations et forfaitures, à l'exception de ceux faits en faveur de la Reine et des enfants de France, sont du 2 novembre 4444 (X** 8602, fol. -244 r«).

3. Ce passage est reproduit en note par M. Douêt d'Arcq dans la chronique de Monslrelet (t. Il, p. 208). Il s*agit de l'attaque et de la prise par les Parisiens, joints aux gens du duc de Bourgogne, de la ville et du pont de Saint-Gloud, qu'occupaient les partisans du duc d'Orléans, lesquels furent complètement défûts; d'après le Religieux de Saint- Denis, t. IV, p. 564, il périt 900 chevaliers ou écuyers du parti d'Orléans, et il n'y eut que sept ou huit morts du côté des Bourguignons.

DB NIG0LA8 DB BAYB (1411). 3t

vdier, chanodUar de France, preseos les e^eaques d'Amiens et de Tournay, messire H. de Marie»

maistres R. Mauger et J. du Drac, presidens en Parlement, maîstre Bustace de l'Âitre, présidant en la Chambre des Comptes, maistres J. de Marie et H. de Savoisy, maistres des Reqiiestes de l'ostel du Roy, maistres N. d'Orgemont, Phelippe de BdsgiUon, maistrea en la Chambre des Comptes, maistres Gaillart Petit Sayoe, J. de Saint Yerain et autres pluseurs jusques au nombre de xxxiij des Chambres de Parlement, et furent jeues les ordonnances touchant chascun estât de ceulx de Parlement en son endroit et par la forme acoustumée enregistrée en pluseurs années cy devent, et furent faiz les sermens acoustumez.

Item, fu leue la minue d'une lettre touchant la prorogation du Parlement quant aux Plaidoiries et de Tassignation des jours de ce Parlement, corrigée et alongée pour l'empeachement des guerres et gens d'armes qui sont en ce royaume, et par especial en ces marches de France, de gens de tous païz, tant d'Angleterre, de Gascoigne, de Savoie, de Lorreinne, de Breteigne que des autres païz de France, laquelle lettre est devers les registres de l'enregistreur des présentations de céans ^.

Et cedit jour, fu ordonné que, pour la nécessité qui est de présent en ce royaume d'argent avoir pour paier gens d'armes qui estoient icy pour bouter hors pluseurs gens d'armes faisant guerre à la ville de Paris et en pluseurs lieux de ce royaume, combien qu'il se deissentguerroier le duc de Bourgoigne, en poursuiant

1 . Ces registres de présentations n'existent plus de longue date.

n JOURNAL

la mort du feu duc d'Orléans, frère germain du Roy, qu'il avoit fait tuer en ladicte ville de Paris, et pour lesquelles gens d'armes l'en ne povoit ne n'osoit apporter les finances du Roy à Paris, et autres causes contenues en certeinnes lettres apportées en la Court par maistre Guillaume Le Clerc, commissaire ordonné sur les finances de ce royaume, l'an baillera les cedules des deposts qui sont céans pour ayder au Roy par manière d'emprunt de la finance desdiz deposts, laquelle sera rendue des premiers deniers qui seront apportez pour le Roy à Paris des aydes. Et pareillement a esté ordonné des deposts estans aux Requestes du Palaiz.

Item, a esté ordonné que, pour les empeschemens qui sont en ce royaume et par especial entour Paris et es paKz du bailliage de Yermendois et environ, et decy là, l'en ne plaidera decy au iiij* jour de Yermendois ordinairement céans, se ce n'estoit en cas de nécessité ou du consentement des parties qui fussent prestes d'aucunes causes, mais l'en conseillera chascun jour, et ne sera aucun tenu de soy présenter des jours de Yermendois decy audit jour quatriesme.

Conseil, XHI (X«* 1479), fol. 179 f.

Yenredi, xiij* jour de novembre.

Gedit jour, ont esté baillées les cedules des deposts de céans par l'ordonnance faicte céans en la présence de monseigneur le Chancellier, comme apert par le registre du xij"" de ce moiz, à J. de Precy, trésorier des guerres, qui a promis de les rendre, comme apert par sa cedule signée de sa main, en laquelle cedule sont inventoriées lesdictes cedules.

Samedi, xîiij® jour de novembre.

Gedit jour, le prevost des Marchans et pluseurs bourgoiz de Paris sont venus en la Chambre, et sur ce que autrefoiz avoient esté requiz par les presidens et seigneurs de céans nagueres que à l'ayde que requeroit et metoit sus la ville de Paris des habitans de Paris, pour la nécessité qu'elle avoit eue et avoit pour soy garder des invasions, assaulx, pilleries et roberies, occisions et autres violences que faisoient les gens des ducs d'Orléans, de Bourbon, les contes d'Âlençon, de Vertus, d'Ârmignac, messire Charles d'Âlebret, conestable de France, et pluseurs autres leurs adherens et complices contre icelte ville et les habitans, qui par aucun temps aussy avoient occupé et tenu de force la ville de Saint Deniz, et le pont et la ville de Saint Gloud, lequel pont leur avoit livré un appelle Colinet de Puiseux^ qui en avoit la garde, et qui pour ce et aucuns de ses complices ont esté décapitez et ledit Colinet esquartelé, ilz ne voulsissent point les gens et serviteurs du Roy nostre Sire en son Parlement imposer à taille par especial avec les autres habitans de ladicte ville, mais Testât, la charge et les petis gages d'iceulx considérez, se voulsissent passer pour aucune courtoise somme que lesdiz gens de Parlement, comprins les presidens, conseillers, graphiers, notaires et huissiers, tous faisans le nombre de cent et une personnes, feroient, donroient et paieroient à ladicte ville. Ont ce accordé, comme autrefois Tavoient accordé, et après

1 . Y. le récit de l'exécution de Colinet de Puisieux dans le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 17, et dans le Religieux de Saint" Denis, t. V, p. 567.

po de paroles ont eu iceulx prevost et boui^oiz ^ aggreable, et sont contens que tadicte Court soit quitte parmi la somme de mil libvres tournois, et que ladicte sonmie soit preste dedans lundi prouchain inclusive. Si a esté divisée et assignée ladicte somme de mil libvres tournois entre eulx et par eulx par la manière qui s'ensuit :

C'est assavoir, que le premier président en paiera xl libvres parisis, chascun des autres iij presidens XX libvres parisis, chascun des seigneurs clers G solz pariais, chascun des seigneurs laiz x libvres pariais, chascun des graphiers et notaires d'icelle Court viij libvres parisis, et chascun des huissiers viij libvres parisis, hors J. Maignier, Anguerran delà Porte, Adam des Vignes et Jaques de Buymont qui ne paieront chascun , attendue leur petite faculté , que yj libvres parisis, et maistres J. Gerart et J. Genciens, conseillers laiz céans receuz de nouvel et qui ancores n'avoient receu gages céans ne paieront que x libvres eulx ij, et les autres x libvres qu'il eussent deu par ladicte as^gnation paieront à la chappelle de la sale, et par ce demourront quittes des x libvres qu'il y dévoient pour leur entrée. Conseil, Xm (X<* 1479), fol. 179 r.

Lundi, xvj* jour de novembre.

Gedit jour, messire Renault de Montjan, chevalier, a esté receu en bailli de Touraine par provision et qmus^ que^ et pourveu qu'il comperra aux plaidoiries prouchaines de Vermendois pour respondre à ce que l'en voudra proposer contre lui.

Jeudi, xix* jour de novembre.

Ce jour, J. de Neuvy, escuier, a esté receu en bailly

DE NIOOLàB DB BATE (1411). 35

de Montargy, de Gepoy et des ressers et exemptions d*Orteans, on lieu de Loiz de Giroles, par provision et par la manière des autres bailliz dessus enregistrez.

J. de Merlemont, escuier, a esté receu bailly de Valoiz ou lieu de messire Guillaume de Senliz, chevalier, par avant bailly par provision, et par la manière dessus enregistrée pour autres.

Maistre Guillaume Carroble a fait le serment acoustumé à faire céans par les maistres des Requestes de l'Ostel à leur entrée ou lieu de maistre Raoul Le Sage^, par avant maistre des Requestes de TOstel, auquel, pour ce qu'il est absent et n'a pas esté oy sur ce que le Roy l'a deschargé dudit office pour certeinnes causes , contenues es lettres dudit Carroble et sur sa réception à la Court réservé, présent ledit Carroble qui à ce s'est consenti et l'a eu aggreable, de le oïr en ses causes d'opposition, s'aucune^ en a ledit Sage à dire, quant il sera retourné, ou toutes foiz que bon lui semblera, et lui faire justice.

Venredi, xx* jour de novembre.

Cedit jour, Ânthoinne des Ëssars^ a esté receu concierge du Palaiz ou lieu de Tiebaut de Meseray et a fait le serment acoustumé, pourveu que se ledit de Meseray se vient opposer et weille estre oïz, l'en le orra et ly fera l'en justice.

Conseil, XIII (X<* 1479), fol. 180-181.

1 . En regard du nom de Raoul Le Sage, le greffier a ajouté dans la marge : hww^axii of/Udum suum ipse RadtUphui, Raoul Le Bage avait obtenu cet office grâce à l'appui dlsabeau de Bavière (cf. Blanchard, Généalogies des maistres des Requestes de VOstel, p. 93).

2. Y. dans le Journal d'un bourgeois de Paris, pp. 36, 39, les notes relatives à Antoine des Essarts et à l'office de concierge du Palais.

Samedi, xxj*jourde novembre.

La Court a ordomié, que pour ce que l'en disoit que le Roy avoit donné les biens de maistre Hugues de Guinghan^ pour ce que tenoit la partie du duc d'Orléans et ly estoit favorable, et y estoit en garnison ou s'efforçoit d^y estre le chevalier du guet à Paris*, dont la femme dudit Guinghan avoit appelle, que inventoire desdiz biens se fera, presens les parties, et seront mis iceulx biens en main seure de par le Roy, qnousqucy et seront les parties oyes au Yermendois prouchain. Audit inventoire faire est commiz maistre J. du Boiz, graphier criminel, et J. Dauviller, huissier, et chascun d'eulx, et ce fait, se partiront ceulx qui sont en Tostel dudit Guinghan.

Matinées, VU (X<« 4789), fol. 205 r«.

Ce samedi, xxj^ jour, ta receu J. d'Ormoy, escuier, bailly de Heaulx, ou lieu de Bureau du Mesnil qui l'estoit par provision, et pour ce que en Parlement estoit procès pour ledit bailliage entre Jaques d'Orléans, par avant bailly, d'une part, et messire Esclabot de Montmorancy, et estoient appoiucté en droit, a esté dit audit d'Ourmoy que l'en le recevoit, sauf et réservé à faire droit aux parties oudit procès.

Conseil, Xm (X<* 1479), fol. 181 v.

Mardi,, xxiiij* jour de novembre.

Ce jour, maistre GuiUaume Carroble s'oppose à ce

1. Hugues de Guing&nt, secrétaire et garde des chartes du duc de Touraine, devint maître des comptes en 1403, au lieu et place de François Ghanteprime, et conserva ces fonctions jusqu'au 14 juillet 1410.

2. Vraisemblablement Florent d*Ëncre , chambellan de Jean sans Peur, qui, dès 1409, est cité comme chevalier du guet.

que les lettres royaulx de maistre Charles des Mares, obtenues pour l'office de maistre des Requestes ou lieu de maistre Raoul Le Sage, ne soient entérinées ipso inauditO. Matinées, VH (X<* 4789), fol. 205 v.

Lundi, premier jour de décembre.

Messeigneurs maistre Robert Uaugér, président, Gaillart Petit Sayne, Pierre Le Fevre et Pierre Buffiere, conseillers du Roy céans et commissaires ordonnez dealer parler au cardinal de Pisse ^ estans à Paris, qui s'estoit chargié et offert d'escripre au Pape que voulsist tenir les seigneurs de céans, graphier et notaire firans et quittes du dixiesme imposé sur le élargie de France qu'il avoient refusé à paier, pretendens en estre quittes par previlege, considérées certeinnes lettres royaulx enregistrées ou livre des Ordonnances^. Et pour ce leur avoit donné delay et surseance icellui cardinal dès aoust derrain passé jusques au Noël prouchain venant, s'il avoit escript et oy nouvelles dudit Saint Père, et ou cas que non, qu'il voulsist proroguer la souffrance ou surseance, sans ce qu"; iceulx seigneurs, graphier et notaire dessusdiz en cheussent en sentence d'exconuneniement. Si ont relaté à la Court que ledit cardinal a offert et donné delay et surseance jusques à Pasques prouchain aux dessusdiz de

1. Adhémar Alamanno, archevêque de Pise, fut envoyé en 1411 comme légat en France par le pape Jean XXni, qui le créa cardinal le 6 juin de la même année ; il occupa le poste de légat en Aragon boub le pontificat de Martin V.

2. Ces lettres de Charles VI portant exemption de tous décimes en faveur des membres du Parlement, tant conseillers que notaires et greffiers, possesseurs de bénéfices ecclésiastiques, sont du 5 juillet 1411 (Ordonnances, X<« 8602, fol. 240 v«).

paier aucune chose dudit dixiesme, sans ce que pour défaut de non paier ilz encourrent sentence d'excommeniement.

Ce jour, m'a esté bailliée la quittance faicte à messeigneurs et autres de la Court de la taille ou subside fait à la bonne ville de Paris, quant à la part ou portion contingent iceulx de la Court, faicte par André d'Espernon, changeur et comraiz à lever icellui subside, dont la teneur s'ensuit :

Sachent tuit que je Andry dCEspernon, changeur, commiz à recevoir Payde nagueres lîberaument octroyé au Roy nostre Sire par les bourgois et habitans de la ville de Paris, confesse avoir eu et receu de Pierre Dailly, commiz par messeigneurs de Parlement à recevoir Tayde que mesdis seigneurs grapbiers, notaires et huissiers de la Court de Parlement ont donné liberaument comptans à ladicte ville de Paris la somme de mil libvres tournois pour convertir es nécessitez, fortiflcations et afftdres d*icelle ville, pourveu que ce ne porte prçjudice à ladicte court de Parlement, ores ne pour le temps avenir; de laquelle somme de mil libvres tournois je me tien à bien content et paie, et en quicte ladicte Court de Parlement, ledit Pierre Dailly et tous autres^ tesmoing mon seing manuel cy miz, le xxvij" jour de novembre. Tan mil CCCG et uQze.

Signé : A. d'Espeenou.

Conseil, XIH (X«* 1479), fol. 182 v.

Mercredi, ij* jour de décembre.

Comme procès fust pendens céans en la Court de Parlement entre maistre Pierre de Villers, d'une part, et maistre J. Aguenin, d'autre part, pour raison de l'office de conseiller du Roy en Chastellet que soloit tenir maistre Pierre Jehan, ouquel lesdictes parties ont esté appoinctées en fais contraires, et pareillement entre ledit Haguenin, d'une part, et maistre Pierre La

DB NICOLAS MB BAYE (14tl). 39

Gode, d'autre part, pour cause dudit office, et eussent esté appoinctées contraires, finablement, pour et après ce que lesdiz Villers et Gode ont dit estre suffisaument informé le don fait audit Haguenin avoir esté pur et simple, ilz ont renuncié audit procès et aux fais par eulx proposez, et pour ce la Court a adjugié et adjuge ledit office audit Haguenin et sans despens,

kinc inde.

Matinées, VH {X<» 4789), fol. 205 v.

Lundi, vj* jour de décembre.

Gedit jour, fu receu par provision et quousque J. Gantepyé bailly de Saint Sauveur Landelin ou lieu de J. Davy, pourveu que se le procureur du Roy ou autres wellent aucune chose proposer ou dire contre, seront oïz et leur sera fait droit.

Conseil, Xm (X<» 1479), fol. i83 V.

Jeudi, x^ jour de décembre.

La Court de Parlement a eu et receu de Alexandre Le Boursier, receveur gênerai des aydes ordenez pour la guerre, seze deschai^es de lui données le v* jour de ce présent moiz de décembre, montans à la somme de xv" libvres tournois, levées icelles deschai^es sur pluseurs receveurs et grenetiers desdiz aydes, faisans mention par maistre Nycaise Bougis , secrétaire du Roy nostre Sire, pour les gages de messeigneurs de Parlement de ceste présente année ^, commençant le

1. On yoit par le compte du Trésor pour les années 1407-i408 (Archives nationales, KK 16) que les conseillers clercs recevaient 5 sols parisis par jour, tandis que les conseillers lais touchaient 10 sols; dans le cours du irf siècle, les gages furent augmentés et portés à 10 sols pour les clercs et 15 sols pour les lais. En 1498,

premier jour d'octobre derrain passé, dont ledit Alexandre a eu mandement du Roy nostredit Seigneur, donné le xxs]^ de novembre derrain passé, vérifié par les oonunissaires ordonnez sur le fait des finances desdiz aides. Et de ce lui faut avoir quittance dudit maistre Nycaise selon ledit mandement d'icelle somme, laquelle quittance ladicte Court fera bailler audit Âlixandre par ledit maistre Nycaise de ladicte somme de xv"^ libvres, ou lui rendre lesdictes descharges ou ladicte somme.

Matinées, VU (X<* 4789), fol. 205 v.

Mercredi, xxx* jour de décembre.

Ce jour, a estéreceu le sire d*Ivoy en office de bailly de Constantin ou lieu de messire Robert de Peletot, chevalier, sauf l'opposition de ceulx qui se vouldront opposer, et a fait le serment accoustumé. Conseil, XHI (X<« 1479), fol. 186 ro.

Jeudi derrain jour de décembre.

Ce jour, a esté receu messire Âmé de Choisel, chevalier, en office de bailly de Ghaumont ou lieu de Jehan d'Aunoy, et a fait le serment acoustumé, nonobstant qu'il n'eust pas ses lettres, car elles sont au païz, comme il dit, sauf l'opposition de ceulx qui se vouldront opposer.

Item, cedit jour, Anthoinne desËssars^ a esté receu

il y eut un accroissement notable ; on alloua aux présidents de la cour 51 sols au lieu de 41 par jour, aux conseillers clercs 15 sols et aux lais 10 sols; les greffiers civil et criminel obtinrent le même gage que les conseillers lais.

1. En regard du nom d'Antoine des Essars, le greffier a ajouté à la marge : Duravit in of/leio uno anno cum uno vel duolms meri' sibw.

DB NlGOIiàS DE «AYE (1412). 41

en office de concierge du Palaiz royal à Paris ou lieu de Tbîeèaut de Meseray, vacant par la résignation dudit Thibaut faicte par son procureur devant le Roy, conune apert par lettres, et a fait le serment acoustuoié.

Conseil, Xin (X<« i479), fol. 186 y\

Jeudi, vij* jour de janvier.

Vint visiter et tint le Parlement monseî^eur le Dauphin, filz du Roy, Dauphin de Vienne et duc de Guienne, aagié de xv ans ou environ, et sist comme lieutenant du Roy nostre Sire son perc, a9sistens et assidens les duc de Bourgoigne, le conte de Nevers, son frère, messire Pierre de Navarre, leur cousin germain, et eulx cousins germains du Roy, messire Loiz, duc en Bavière, frère de la Royne, le conte de Vaudemont, les evesques d'Amiens et de Tournay, presens le Ghancellier, iij presidens et les seigneurs des Chambres et pluseurs autres seigneurs et barons. Et sist mondit seigneur le Dauphin tout seul ou haut siège des clers, comme en la place du secont président, son siège affaitié et paré conune une chaiere, et dessus sa teste un petit ciel, et à l'autre hault siège des laiz sidrent lesdiz seigneurs duc, contes et autres du linage du Roy et lesdiz prelas, et es bas sièges, c'est assavoir du ranc des clers, le Ghancellier, presidens et autres conseilliers dudit Seigneur, en l'autre banc bas le chancellier de Guienne et autres conseilliers consequaument, et moy à l'endroit des piez de mondit seigneur de Guienne, c'est assavoir, mon gros carreau à enregistrer aux jours de Plaidoiries miz sus le mar^

chepiet de mon siège et moy assiz dessus. Et print pour thème monseigneur le premier président^ la parole'.

En disant que, comme la cité de Romme avoit esté non pas seulement édifiée de édifices, mais fondée pour faire justice de cent vaillans honunes appeliez sénateurs, aussy avoit esté ceste Court ordonnée et establîe pour faire justice par cent personnes qui font le Parlement, c^est assavoir, xij pers, yj prelas et vj laiz, viij maistres des Requestes de TOstel, et le remenant estoit en iij chambres, c'est assavoir, vj en la chambre des Requestes du Palaiz, xv clers et xv laiz en la Grant Chambre et xxiiij laiz en la diambre des Enquestes et xvj clers, qui font en nombre G personnes ordonnées pour la justice capital de ce royaume. Âvecques oe a en ceste Court advocas et procureurs ordonnez pour poursuir, démener et défendre les causes, qui chascun an font les sermens acoustumez. Yray est que, pour les turbakions et empesdiemens qui ont esté et sont en ce royaume, notoirement ont esté depuiz aoust jusques à cy empeschées les Plaidoiries; toutevoie, pour le bien universal de ce royaume, a esté advisié ^n'il estoit bon que l'en plaidoiast céans, afin que justice soit faicte, par laquelle tous biens se soustiennent et par le défaut de laquelle tout bien se diminue et se degaste, si conmie dit Cyprianus. Et pour ce la Court supplie à mondit seigneur le Dauphin et auxdiz autres seigneurs qu'ilz tiegnent la main à la justice et qu'ilz facent publier que

1. Le premier président du Parlement était à cette époque Henri de Marie.

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