L'évôché de fieauvais resta vacant depuis le mois de sep
miz hors de ce royaume plus de xxx ou xl mil escas ; et ainsy d'autres bénéfices, selon leur qualité, en la grant depauperation de ce royaume et esclande de Saincte Eglise, que la Court voulsist sur ce adviser et leui" dire leur adviz. La Court, appellées les Chambres et lesdiz reformateurs, a délibéré qu'il est bon d'attendre les messages que le Roy avoit envoie à Romme pour ladicte cause, et qui retournoient et estoient en chemin, mais intérim lesdiz reformateurs se pourroient assembler pour adviser sur ledit remède, et la Court leur énvoieroit des seigneurs de céans telx et en tel nombre qu'il voudront, et aussy pourront appel- 1er autres telx que voudront, et lesdiz messages retournez, s'ilz rapportent selon l'entention du Roy, bien, sinon l'en poursuira le remède qui sera advisé,
se bon semble*
Conseil, XHI^X^* 1479), fol. 242 r*.
Lundi, xxij"" jour de may.
Cedit jour, les Prévost des Marchans et eschevins de Paris et pluseurs autres boui^ois et habitans de Paris, en grant nombre armez, et avecques eubt messire Helion de Jacleville, chevalier, capitaine depuiz un peu de Paris, ont esté à Saint Pol devers le Roy et monseigneur le Dauphin, presens messeigneurs les ducs de Berry, oncle, et de Bourgoigne, cousin germain du R,oy, et après une collation faicte par maistre Ëustace de Pavilly, maistre en théologie, de l'ordre de
tembre 1412, à la suite du décès de Pierre de Savoisy, jusqu'au .mois de mai 1413, époque de la prise de possession de Bernard de Ghevenon ; le siège épiscopal lui avait été disputé par Renaud de Chartres dont l'élection fut annulée.
Nostre Dame du GarmeS tendans afin d'oster les bons des mauvaiz, et narrez les grans inconveniens qui ont esté dès long temps en ce royaume, ont requiz que Ten leur baillast pluseurs seigneurs et dames et autres serviteurs, tant de Tostel du Roy que de la Royne, et aussy de mondit seigneur le Dauphin, et ont persisté longuement, comme m'a esté relaté, en ceste instance et requeste, comme depuiz xj ou xij heures jusques à iij heures après midi, et tant qu'il ont priz et mené pluseurs prisonniers au Louvre; c'est assavoir, messire Loiz, duc de Bavière, frère de la Royne, lequel devoit demain espouser la suer du conte d'Alençon*, vefve de messire Pierre de Navarre, qui estoit frère du Roy de Navarre, cousins germains du Roy, et en la Gonciei^erie de ce Palaiz messire Regnault d'Ângennes, chambellant de mondit seigneur le Dauphin, et son gouverneur dès passé a v ou vj ans,
1. Le Religieux de Saint-Denis, t. V, p. 41, et Juvénal des Ursins, p. 483, consacrent quelques développements au discours prononcé par Eustache de Pavilly, savant professeur en théologie et orateur fort éloquent, qui, prenant pour exemple un jardin où croissent de belles fleurs et de mauvaises herbes, montra la nécessité de a sarcler et nettoyer le jardin du Roy et de la Royne, et de le débarrasser de certaines mauvaises herbes très périlleuses qui s'y trouvoient, c'est-à-dire de quelques serviteurs et servantes qu'il falioit sarcler et oster, afin que le demeurant en valust mieux. » Ces paroles ne furent point perdues, et les chefs de la sédition revinrent dans raprès-midi à l'hôtel de Saint- Pol; l'un d'eux, Jean de Troyes, somma le duc de Guyenne de livrer au peuple les traîtres dont il était entouré, et, continuant l'image du carme, déclara qu'il fallait arracher ces mauvaises herbes qui empêchaient la fleur de sa jeunesse royale de produire les doux fruits qu'on était en droit d'en espérer.
2. Catherine d'Alençon, veuve de Pierre de Navarre, épousa, en secondes noces, le l*' octobre 1413, Louis, duc de Bavière.
messire Charles de Villiers, chevalier, maisfre d'ostel de la Royne, messire J. de Nyelles, chevalier et chancellier dudit Dauphin et de la Royne, et qui avoit eu grant auctorité es cours desdis seigneurs puiz iiij ans, et qui de homme et estât de practique et de conseiller dudit duc de Bourgoigne estoit venu auxdis estas, J. de Nantoillet et pluseurs autres^. Et aussy en icelle Conciergerie avoient esté amenées prisonnières la dame de Montauban, nommée Bonne d'Armignac^, cousine de la Royne et sa chancelliere, et femme du seigneur de Montauban, la dame de Chasteaulx', la dame de Noviant^, la dame du Quesnoy'^, la dame d'Âvelne, Ysabel des Barres et pluseurs autres fenmies de Tostel de l'a Royne et de madame la Dauphine, comme l'en dit*^.
Conseil, XIH (X<« 1479), fol. 243 i*.
Venredi, xxyj* jour de may, Cedit jour, le Roy nostre Sire en sa personne, presens messeigneurs le Dauphin, les ducs de Berry et de
i . Notamment Robert de Boissay , premier maître d*h6tel du duc de Guyenne, Guillaume Cassinel et Conrad Bayer, maitree de rhôtel de la reine, Jean Picard, son secrétaire, Guillaume Boisratier, son confesseur.
2. Qonne Visconti dite de Milan, fille de Charles Visconti et de Béatrix d'Armagnac, demoiselle dlionneur d'Isabeau de Bavière, épousa, en septembre 1411, Guillaume de Montauban, et reçut de la reine, à Toccasion de ses noces, un présent de 1,000 livres en vaisselle d'or.