Catherine de Yilliers, dame du Quesnoy
6. Le récit de ces événements a été reproduit par D. Félibien dans son Histoire de la ville de Paris, t. lY, page 555.
Bourgoigne, le conte de Gharroloiz, le conte de Saint Pol, connestable de France, les arcevesque dô Bourges, l'evesque de Tournay, Tevesque d*Agde et pluseurs chevaliers, TUniversité de Paris, les Prévost des Marchans et eschevins et pluseurs bourgoiz de Paris, a tenu son lit de justice céans, et ont esté leues parties de certeinnes ordonnances^ faictes et advisées par certains commissaires députez de par le Roy sur la reformation du bien et proufit du Roy et des seigneurs, du bien publique de tout le royaume^. Et, pour ce que le Roy est tart venu, s'est levée la Court environ une heure après midi^.
Samedi, xxvij* jour de may.
Tant à matin que après disner tint le Roy nostre Sire, presens les nommez ou jour précèdent, son lit de justice, et furent leues et parleues les ordonnances dont dessus est faicte mention. Et ce fait, requist rUniversité par un des maistres que ledit seigneur les approuvast et confermast, et que les seigneurs presens les jurassent à garder, et fussent de ce multipliquées lettres contenens icelles pour les envoier et mettre en divers lieux, et que le Roy octroyast audience à mardi prouchain à l'Université pour olr ce que voudroit dire et proposer consequament à ce que dit est, ce que octroyd^le Roy, et jurèrent les seigneurs
i. Ces ordonnances furent lues dans le lit de justice par Pierre de Fresnes, greffier du Ghâtelet, « qui avoit un moult bel langage » {Juvénal des Ursins, p. 483; Religieux de Saint-Denis, t. V, p. 53).
2. Le texte de la célèbre ordonnance du 25 mai 1413 se trouve dans les Ordonnances des rois de France, t. X, p. 70-140.
3. Ce paragraphe est reproduit à la suite.du texte imprimé dans les Ordonnances des rois de France, t. X, p. 140.
et autres assistens lesdictes ordonnanoes, en mereat m signum leticie : Noe^
Conseil, XIH (X<* 1479), fol. 244 ro.
Samedi, premier jour de juillet.
Gedit jour, à environ xij heures à midi, messire Pierre des Ëssars, chevalier, nagueres prevost de Paris, souverain maistre des finances du Roy nostre Sire, et souverain maistre des Ëaues et Foresls, et grant bouteillier de France, et qui puiz iij ans en ça avoit eu la plus grant auctorilé devers le Roy nostre Sire, messeigneurs le Dauphin et le duc de Bourgoîgne et la bonne ville de Paris, es armées faictes pour cause des descors d'entre nos seigneurs de France, a esté mené depuiz le Palaiz royal, où il avoit esté prisonnier par aucun temps mesme puiz environ le paquerel jusques à présent en la grosse tour, sur une cloye atachée à la queue d'une cberrette jusques devant Tostel de la Coquille en la grant rue S. Deniz, et de là miz en ladicte charrette et mené es Haies de Paris en grant compaignie, tant de cheval que de piet, et es dictes Haies a esté décapité par la sentence ou condempnation de certeins commissaires ordonnez et députez à cognoistre dudit des Essars et d'autres qui avoient esté prins avecques lui à Paris ^.
Conseil, XHI (X<« 1479), fol. 247 v.
1 . Le registre YII des Matinées (X^« 4789, foi. 458 v«), aux dates ci-dessus, mentionne très sommairement la tenue par le roi de ce lit de justice.
2. Ge récit de la un tragique de Pierre des Essarte figure parmi les extraits donnés par D. Félibien {Histoire de la ville de Paris, t. IV, p. 555). Le registre VU des Matinées (X<« 4789, fol. 476)
Mercredi, xij* jour de juillet.
Ce jour, a esté ordonné par la Court que Ven euterra {sic) de cy en avant pour plaider ou siège à yj heures au matin, et se lèvera la Court à ix heures pour les très excessives chaleurs^ qui sont et plus grans que Ten ne vit onques maiz.
Conseil, Xin (X<* 1479), fol. 248 v«.
Jeudi, xiij* jour de juillet.
Furent les iij Chambres céans assemblées pour conseiller sur une cedule ou roole articulé qui a esté envoie cedit jour à la Court par monseigneur le Chancellier, dont la teneur s'ensuit^ :
contient une autre version due également à Nicolas de Baye, que nous rapprocherons de celle insérée au Conseil :
« Cedit jour, environ midi, a esté messire Pierre des Essars, chevalier, nagueres prevost de Paris, souverain gouverneur des finances de France et grant boutillier de France, et qui moult grant auctorité avoit eue à Paris puiz m ans es noises et divisions qui ont esté, a esté mené, par Tauctorité du Roy et des commissaires ordonnez à cognoistre des prisonniers prins puiz n ou m moif à Paris, puiz le Palaiz en une charriecte es Haies de Paris et puis décapité. » Y. la relation de cet événement donnée par le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 32, et le Religieux de Saint^Denis, t. Y, p. 77, qui énumère les griefs articulés contre le prévôt de Paris par ses accusateurs.
1. La chaleur excessive qui régna pendant Tété de 1413 développa de nombreux incendies; d'après le Religieux de Saint-Denis, t. Y, p. 81, pendant la première semaine de juillet, chaque jour, le feu consuma plusieurs édifices, entre autres la maison des écoliers de Saint-Denis.
2. D. Félibien, qui a reproduit dans ses extraits des registres du Parlement (Histoire de la ville de Paris, t. lY, p. 556) le paragraphe relatif à la délibération de la Cour, s'est borné à indiquer le rapport des députés envoyés par le Roi à Ivry et à Yerneuil, et n*en donne pas la substance ; ce document important, que nous
C'est, en effect, le rapport fait par les ambaxadeurs da Roy envoyez à Yn?^ devers les messages du roy de Sicile, de messeigneurs de Berry, de Bourgoigne, d'Orléans et d'Alençon,^ et depuiz envoyez à Vemueil devers ledit roy de Sicile, lesdis seigneurs d^Orleans et d'Alençon et aussi devers le duc de Bourbon.
Premièrement, audit lieu d'Yvry trouvèrent lesmessaiges des cinq seigneurs dessusdis, de SicÛe^ de Berry, de Bourgoigne, d'Orléans et d'Alençon ; après ce qu'ilz leur eurent exposé ce dont ilz estoient chargiez de par le Roy en très bonne disposition d^entendre et eulx employer au bien du Roy et de son royaume, et en la bonne amour et union desdis seigneurs qui audit lieu les avoient envoyez.
Item, après ce les messaiges desdis de Sicile, d'Orléans et d'Alençon requirent ausdis ambaxadeurs du Roy et messaiges de messeigneurs de Berry et de Bourgoigne que, pour le bien de la matière pour laquelle ilz se assembioient, ilz alassentjusques
croyons inédit, n'est point de la main du greffier N. de Baye, quoiqu'il soit dans le corps même du registre.
1. D'après le Religieux de SairU^Dmis, t. Y, p. 81, et Monstrelet, t. U, p. 376, les députés envoyés par le roi à Yerneuil étaient Jean de Thoisy, évoque de Tournay, l'Hermite de la Paye, sénéchal de Beaucaire et chambellan du roi, le bailli de Saint-Omer, les seigneurs d'Offemont et de la Viefville, et Pierre de Marigny, avocat au Parlement. La conférence avec les princes du parti d'Orléans dura trois jours, ils revinrent à Paris le 12 juillet; leur relation portait que lesdits princes n'aspiraient qu'à la paix et l'union, et demandaient la stricte observation du traité d'Auxerre. Les rois de Sicile, les ducs d'Orléans et de Bourbon, les comtes d'Alençon et d'Eu se rendirent à Yernon et de là envoyèrent leurs ambassadeurs à Pontoise pour exposer les « causes de leur complainte et les perilz et|incon venions de la guerre imminente ; » l'un de ces ambassadeurs, Guillaume Seignet, fut chargé de porter la parole devant les ducs de Berry et de Bourbon et développa sa créance, dont le texte est donné in extenso par le Religietix de Saint-Denis, t. Y, p. 97. Après quatre jours de négociations, un projet de traité entre les princes du sang fut arrêté (voir les articles de ce traité dans le Religieux de Saint-Denis, t. Y, p. 117, et dans Monstrekt, t. II, p. 387). La paix conclue fut publiée le 8 août.
à Vernueîl devers lesdis seigneurs qui y sont, laquelle chose ilz ne vouldrent pas fere sans le congié du Roy et de nosdis seigneurs de Berry et de Bourgoigne, devers lesquelzilz envoyèrent pour ceste cause.
Item, ce pendant parlèrent ensemble lesdis ambaxadeurs du Roy et messaigestlesdis seigneurs d'un costé et d'autre et apparceurent lesdis ambaxadeurs que les seigneurs estans à Vernueil se plaignoient de œ que le traictié d'Aucerre n'estoit accompli^ par especial en tant que touche la délivrance des chasteaulx de Goucy, de Pierrefons^ et Galardon, et d'autres choses.
Item, se plaignoient d'aucuns mandemens donnez par le Roy, par Tun desquelz ilz disoient que on defendoità tous que aucun ne se armast^, se n'estoit en la compaignie de mesdis seigneurs de Berry et de Bourgoigne, et par l'autre pluseurs baillifs de ce royaume se efforçoientde débouter pluseurs capitaines de leurs offices, et y mettre des nouveaulx, et aussi de débouter pluseurs chevaliers et escuiers de leurs forteresses et mettre autres à la garde d'icelles. Et avecques ce se plaignoient des manières que on tient au regart de monseigneur de Bar qui est si prouchain du Roy que chascun scet. Toutesfois lesdis messaiges desdis seigneurs estans à Vernueil dirent que de toutes ces choses iceulx seigneurs leurs maistres ne tenoioit pas grant compte, car de legier on pourroit estre appoinctié, mais il y avoit aucunes autres choses dont lesdis seigneurs se douloient, et lesquelles leur seroient dites par lesdis seigneurs, se ilz aloient à Vernueil.
Item, que pendant ce lesdis ambaxadeurs du Roy et aussi les messaiges de mesdis seigneurs de Berry et de Bourgoigne
1. Monstrelet (t. Il, p. 411) mentionne la restitution au duc d'OrléailB des châteaux de Goucy et de Pierrefonds que détenait le comte de Saint-Pol; ce fut Gasselin du Bob, bailli de Bens, qui fut chargé de recevoir ces châteaux sous l'obéisBance du roi.
2. Le premier de ces mandements, en date du 6 juin 1413, qui fut envoyé dans tous les bailliages, faisait défenses â tous chevaliers et écuyers de s'armer et de s'assembler dans le royaume, sous aucun prétexte, sauf pour le service du roi, en édictant les mesures les plus rigoureuses contre tous infracteurs de l'ordonnance en question; le texte de ce mandement se trouve dans Monstrelet, t. Il, p. 362.
m JOURNAL
eurent lettres par lesquelles leur estoit mandé qu'ilz alassent à Vemueil devers lesdis seigneurs estans illec, lesquelx incontinent 7 aierent et se trahirent par devers iceulx seigneurs qui leur dirent en effect comment en la ville de Paris, depuis aucun temps en ça, avoient esté et encores estoient tenues aucunes manières qui fouloientetbleçoienirauctoritéetpuissance du Roy et de sa justice, par laquelle ce royaume qui est le plus noble des autres a esté gouverné ou temps passé. Et aussi leur dirent que le Roy, la Royne et monseigneur de Guyenne n*estoient pas en leur franchise et liberté, qui leur sembloit chose bien estrange. Et en oultre leur dirent en eulx complaignant qu'îlz nepovoient veoir le Roy, leur seigneur souverain, la Royne, ne monseigneur de Guienne, ne converser avecques eulx^ ne aucuns de leurs gens, ne osoient venir devers eulx, qui leur estoit bien grief, car c'estoit le plus grant désir qu'ilz eussent que de veoir le Roy leur seigneur en bonne prospérité. Parlèrent aussi de certaines lettres qu'ilz dient avoir esté escriptes de par le Prévost des Marchans et eschevins de la ville de Paris par tout ce royaume ou la plus grant partie, par lesquelles lettres ilz requeroient que Ten feist comme ilz avoieht fait, dont ilz disoient que grant inconvénient feust avenu en leurs pays et es pays voisins, se ilz n'y eussent remédié, mais ilz y avoient pourveu telement que aucun inconvénient n'en estoit avenu ne avendroit, et dirent que ces choses ilz ne povoient souffrir et avoient enlention d*y pourveoir.
Item, que pour appaisier toutes choses fût parlé de rassemblée de nosseigneurs^ tant d'une partie comme d'autre, et mesmement que le roy de Sicile seul se assemblast premièrement devers nosdis seigneurs de Berry et de Bourgoigne, et fut parlé des lieux ou lesdis seigneurs se trairoient; c'est assavoir, les seigneurs qui sont à Vemueil se trairoient à Yernon qui seroit mis en la main du roy de Sicile par bonne seureté de le rendre l'assemblée passée, et mesdis seigneurs de Berry et de Bourgoigne se trairoient à Mante et lors adviseroient place moyenne pour eulx assembler, et s'il sembloit expédient, que le roy de Sicile seul assemblast premièrement devers nosdis seigneurs audit lieu de Mante, Peu a assez senti que par ce ne demourra pas si grant bien.
DE NICOLAS DE BATE (1413). m
Item, après Ait parlé sur quoy se feroit rassemblée desdis seigneurs et quel bien s'en ensuivroît. Et Ait dit premièrement que Tamour et union qui doit estre entre nosdis seigneurs d'une part et d'autre seroit là fermée et fortiOée par seremens, par lettres et par toutes autres meilleurs manières que fere se pourroit.
Item, et adviseroient et conclurroient manières pour fere widier de ce royaume les gens de eompaîgne^ qui y font tant de maulx, fust par force, par puissance ou par autre manière.
Item, adYîseroient que ce que reste à accomplir du traictié d'Aucerre, tant de Tun costé comme de l'autre, seroit accompli par bonne manière, et telement que cbascun d'eubc en seroit content.
Item, adviseroient manières par lesquelles cbascun demourra paisible et en bonne seurté pour le temps ayenir de toutes choses avenues, et dont lesdis seigneurs se deulent, tant de Tun costé comme d'autre, et mesmement ceulx de ladicte ville de Paris, sans ce que aucun jamais en puist estre poursuis empeschié ne dommagié en quelque manière que ce soiL
Item, adviseroient manière par laquelle tous nosdis seigneurs pourroient seurement venir ensemble devers le Roy pour le veoir et yisiter, ainsi qu'il appartient, et confermer les choses qu'ilz auroient traictées et advisées ensemble.
Et semble ausdis ambaxadeurs du Roy, par ce qu'ilz ont peu sentir et appercevoir que lesdis seigneurs estans à Vernueil et ceulx de leur conseil ont grant désir que toutes choses s'appaisent amiablement par l'assemblée et par les manières dessus touchées, et se ainsi ne se fait sans grant delay^ s'entent assez
1. Ces compagnies de gens de guerre, sous les ordres de Glignet de Breban et de Louis Bourdon, ravageaient toute la région comprise entre Paris et les bords de la Loire, et poussaient leurs courses dévastatrices jusqu'en Auvergne (cf. Monstrelet, t. XI, p. 388, et le Beligieux de Saint-Denis, t. V, p. 157). On voit, dans Monstrelet, t. Il, p. 391, que ces capitaines du parti d'Orléans vinrent, durant les négociations, à la tête de 16,000 hommes jusque dans le Gâtinais, et que Hélion de Jacqueville, avec bon nombre de combattants, s'avança à leur rencontre jusqu'à Montereau, mais qu'il n'y eut aucun conflit.
par aucuns que lesdis seigneurs sont disposez d'eulx mettre sus à grant puissance et de faire guerre de feu et de sang et la plus dure qu'ilz pourront, soubz umbre seulement de souslenir Tauctorité et puissance du Roy, et de le mettre et aussi monseigneur de Guyenne en franchise et liberté et contre ceulx de Paris, sans vouloir susciter ne mettre avant, comme on peut senlir par leurs paroles, quelconque querelle du temps passé. Et ont lesdis seigneurs de par delà bien espérance d'avoir en ce cas, qui tant touche la seigneurie et liberté du Roy, si comme ilz dient, très grant suite, confort et aide de pluseurs, tant nobles comme autres, et tant de ce royaume, comme estrangers.
Si soit sur ces choses advisîé pour conseillier au Roy ce qui sera expédiant et proufQtable au bien de lui et de son royaume.
Sur quoy la Court conseille au Roy qu'il die auxdis de Berry et de Bourgoigne que, pour le bien du royaume, leur plaise eulx assembler avecques lesdis seigneurs de par delà, et de ce leur supplie icelle Court.
Conseil, XHI (X*« 1479), fol. 249 r».
Jeudi, xxvij* jour de juillet.
La Court vaque pour les processions de la Saincte Ghappelle à S. Magloire, où la Court a esté pour la paix, pour laquelle traiter sont à Pontoise messeigneurs de Berry et de Bourgoigne et la ville de Paris. Et mes autres seigneurs les roy de Sicile, le duc d'Orléans, le conte d'Âlençon et autres sont à Vernon, conune Ten dit.
Matinées, VH (X<« 4789), fol. 494 r*.
Mercredi, ij* jour d'aoust.
Cedit jour, furent les iij Chambres de Parlement assemblées pour conseiller sur certeinne ceduie articulée contenent certeinnes choses que offrent pour venir à paix les seigneurs du sanc royal, c'est assavoir,
les roy Loiz de Sicile, ducs de Bourbon, d'Orléans, le conte d'Alençon et autres, pour lesquelles choses ofiBrir ont envoie, comme Ten dit, leurs ambaxeurs especiaulx, ayans à ce puissance suffisant, à Pontoise devers les ducs de Berry et de Bourgoigne, et pluseurs des bourgois de Paris et du Conseil du Roy, qui là estoient pour le Roy alez pour tractier de ladicte paix; lesdis roy Loiz, Orléans et autres ou pluseurs d'eulx estans à Vernon sur Seinne. Et dit l'en que, venredi derrienement passé, audit Pontoise fu proposé de par lesdis seigneurs de Sicile, de Bourbon et autres ce qui s'ensuit, puiz fu offert le contenu en la cedule qui s'ensuit après. Lesquelles choses rapportées par deçà au Roy en son Conseil, a esté envoiée ladicte cedule avec ledit propos céans, et autant de ladicte cedule, tant en l'Université que en chapitre de Paris, à la Chambre des Comptes et au Prévost des Marchans, et depuiz autant d'icelle cedule en a esté communiqué, comme l'en dit, par les quartiers de Paris, pour sur ce dire leur adviz et le reporter au
Roy ou à son Conseil *
Sur laquelle cedule a esté dit et advisé par ladicte
1. Félibien reproduit parmi ses extraits du Parlement (t. IV, p. 556) le compte-rendu de cette séance importante, mais il passe sous silence la cedule qui y fait suite dans le registre du Conseil, ainsi que la teneur du traité de Pontoise. Monstrelet, dans le chapitre de sa chronique intitulé : Comme derechef fu la paix traiciié entre les seigneurs du sang rayai en la mile de Pontoise (t. II, p. 376), donne en entier le texte de cette cédule exposée paf Guillaume Seignet, et celui du projet de traité ; quoique la version insérée dans le registre du Conseil nous paraisse plus correcte et plus conforme au langage de l'époque, nous nous bornerons à la signaler, comme permettant de rétablir le sens de certains passages dénaturés et assez obscurs.
Court qu'elle est bonne, saincte et juste et nécessaire, et doit Ten conseiller au Roy qu'il la reçoive.
Conseil, Xm (X^* 1479), fol. 251 v^
Jeudi, iij* jour d'aoust.
Gedit jour, n'a pas esté plaidié, mais conseiliié sur ce que, combien que l'en eust ordonïié au Conseil, comme l'en dit, que au jour d'ui l'en feist la response sur la cedule, dont mention est faicte du ij^ de ce moiz, par ceulx à qui avoit esté baillée ladicte cedule, pour sur ce que dit est respondre au Roy, neantmoins aucuns avoient fait devers le Roy tant que céans avoit esté mandé, et en l'Université, et ailleurs, que la journée estoit proroguée jusques à samedi prouchain pour faire ladicte response, ou très grant péril du tractié de la paix dessusdicte estre rompu, car les ambaxateurs desdis seigneurs de par delà attendoient la responce à Reaumont, et estoient Angloiz et Frison et en grant nombre gens de compaigne environ la rivière de Loire, et par deçà icelle rivière du costé des autres, comme l'en dit, pour quoy a esté conseiliié se l'en delairoit ou non. Si a esté conseiliié et dit que l'en ne delayra point oultre ce jour, mais demain ira la Court avec TUniversité, se elle y welt aler, ou sens elle, se elle n'y welt aler, requérir que l'en oye les responses sur ladicte cedule et l'adviz de ceulx qui de ce estoient chargiez, attendu l'imminent péril.
Depuiz ce dit, environ vespres, à la requeste de maistre J. Le Rugle, procureur de la ville de Paris, et de pluseurs autres manans et bourgoiz de Paris, le premier président et pluseurs autres des seigneurs de céans sont alez devers le Roy requérir que demain se
rendist la respoDse de ladicte cedule audit seigneur, qui a esté octroyé^.
Conseil, XIH (X^• 1479), fol. 256 ro.
Venredi, iv* jour d'aoust.
Furent au Conseil en la Chambre tous les presidens et les iij Chambres, et fii appoinctié que l'Université, la Court, la Chambre des Comptes et le chapitre de Paris iroient ensemble à Saint Pol au Roy^ pour dire la délibération dont dessus est mention faite, et ainsy a esté fait. Et environ x heures, en Tostel dudit S. PoJ, le Roy estant en la grant court de sondit hostel par devers Teglise de S. Pol, à une fenestre, après monseigneur le Dauphin, à une autre, et le duc de Berry à la tierce, contigues l'une à l'autre, maistre Ursin de Tarevende, maistre en théologie, pour introduire la délibération de l'Université à ladicte cedule, qui tant en concluant afin d'avoir paix, a prins pour
i. Ce paragraphe, de même que le suivant, figure parmi le^ extraits de Félibien {Uist de la ville de Paru, t. IV, p. 556, 557).
2. Dans une séance solennelle, tenue le 2 août, le chapitre de Paris, avec le clergé de la capitale, avait donné son adhésion pleine et entière au traité de Pontoise (Journal d'un bourgeois de Paris, p. 34). De son côté, l'Université s'était rendue à Saint-Pol pour demander au roi c congié de proposer le lendemain choses moult profitables pour la paix du royaume » (rbid., p. 35). Ursin de Talevande, docteur en théologie, porta la parole et conclut en faveur de la paix et de la mise en liberté des personnes incarcérées par les Gabochiens ; son discours est analysé par le Religieux de Saint-» Denis, t. V, p. 127. Le Dauphin, à la tète des bourgeois armés, se'^ransporta au Louvre et délivra les ducs de Bavière et de Bar, ainsi que Robert de Boissay, ses deux fils, et Antoine des Essarts, enfermés au Palais. Juvénal des Ursins, p. 486-489, et le Bourgeois de Paris, p. 38-40, racontent les dramatiques incidents qui signalèrent la fin de la domination cabochienne à Paris.
m JOURNAL
thème : Rogate que adpacem sunt^, puiz a recominradé paix par aucuns moiens, sans soy y tenir longuement, puiz est venu à la response et délibération de ladicte Université à ladicte cedule, qui est, que elle est bonne, juste et saincte, et doit estre exécutée, et de la manière de Texecution se rapportent au Roy. Puiz ont supplié que Ten délivre le duc de Bar, prisonnier au Louvre, et tous les autres prisonniers qui estoient au Palaiz. Et incontinent après affluèrent à S. Pol et par toute la ville de Paris pour venir à S. Pol au Roy gens d'armes sans nombre, tant à piet que à cheval, en moult bel arroy, des bourgoiz et habitans de Paris, pour requérir paix et récuser et refuser guerre, en consentent la cedule et les offres de la cedule dessusdicte faictes par lesdiz seigneurs de par delà. Et lors monta monseigneur le Dauphin à cheval, accompaignié des ducs de Berry et de Bourgoigne, qui par avant estoit aie à S. Germain TAucerroiz, ou cloistre de laquelle église avoit, comme l'en dit, bien de ij à iij'" hommes d'armes de Paris, pour les appaiser et desmouvoir à oster sédition, qu'il ne venissent à S. Pol, comme Ten dit. Et vindrent lesdis seigneurs au Louvre où estoit prisonnier le duc de Bar, et à la tour delez le Louvre par devers Paris, où estoit messire Loiz, duc en Bavière, frère de la Roy ne, et au Palaiz où estoient prisonniers les seigneurs de Boissay et plusieurs autres, et les délivra de prison. Et intérim (u publiée la délibération de la Court de céans, de la Chambre des Comptes et du chapitre et de l'evesque de Paris sur ladicte cedule, et de la ville de Paris qui estoit pareille. GonseU, Xni (X<* 1479), fol. 256 r*.