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GLUGOPROTÉINES, MILIEUX DE CULTURE

diminue, leur solubilité dans Talcool diminue au contraire- à mesure que n diminue: laglucoprotéine en C® est donc très soluble dans Teau et très peu soluble dans Talcool; au contraire la glucoprotéine en C*^ est peu soluble dans Peau et très soluble dans Talcool absolu ot froid. Leur constitution peut être exprimée de la manière suivante, pour CH^Az^O* par exemple :

yCH3

C02H . CH3 . AzH . CH2 . CH^ . AzH . CH<

Les autres termes diffèrent seulement par le nombre de groupes CH^.

Leur poids moléculaire que j'ai déterminé pour la première fois, en collaboration avec le D' Alvaro Bastos, par la méthode cryoscopique correspond bien aux formules ci-dessus (pour C en solution acétique nous avons obtenu 183; calculé 190). Ce sont donc des corps chimiquement bien définis.

Liquides nutritifs, — Je n'insisterai pas sur les essais que j'ai faits pour établir les proportions les plus favorables de glucoprotéines, d'hydrates de carbone et de sels minéraux. Le plus grand nombre des espèces que j'ai étudiées, saprophytes ou pathogènes, poussent bien dans les milieux à seule base de glucoprotéine ; toutefois, étant donnée l'influence favorable, bien connue, des corps tels que la glycérine, le saccharose, j'ai ajouté dans certains cas ces substances aux liquides nutritifs. Voici les formules dont je fais usage :

Formule A.

Glucoprotéine pure * 1,5 à 3»' 2

! Chlorure de sodium 0,5 '

Sulfate de magnésium 0,05

Glycerophosphate de calcium 0,2 àO, 3

Bicarbonate de potassium 0,1 à 0,2

Eau 100«^'

Formule B.

Glucoprotéine pure 2«'

Hydrate de carbone soluble ou alcool polyatomique.. 2 à 3*'

Constante minérale de la formule A.

Eau 100^

Quelques mots sur ces formules : la formule A s'applique à toutes les espèces relativement peu exigentes. La formule B s'applique à la grande majorité des espèces cultivées dans les laboratoires, y compris certaines espèces considérées comme très exigeâtes.

Les hydrates de carbone et alcools polyatomiques que j'emploie sont la glycérine, le glucose, le saccharose; on peut évidemment en employer d'autres.

Les sels minéraux que j'indique sous le nom de constante minérale^ parce qu'elle ne varie pas, ont également des avantages sur les formules générale-

* De C* à G".

* En général 2 grammes.

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ment employées. C'est une formule nouvelle pour laquelle j*ai calculé les quantités des éléments Cl, S, P — Na, K, Ca, Mg nécessaires à la vie microbienne.

Dans les formules généralement employées pour la préparation des milieux artificiels on a recours aux sulfates et phosphates alcalins qui donnent des précipités avec les métaux alcalino-terreux (Mg, Ca) ; aussi on n'obtenait pas de solutions transparentes et le précipité formé ne peut s'^éliminer sans perte de principes nutritifs indispensables et sa présence nuit à Texamen des cultures.

L'emploi du glycerophosphate de calcium pur^ comme source de calcium et de phosphore résout bien la difficulté ; c'est un sel soluble qui ne précipite pas les bicarbonates alcalins dans les proportions indiquées dans la formule * et qui a l'avantage en outre de fournir le phosphore aux microbes sous une forme particulièrement assimilable (l'acide glycérophosphorique faisant partie de la molécule des lécithines et des nucléines). On obtient ainsi des solutions absolument transparentes, incolores ou légèrement jaunes.

Comme on le voit, dans ces formules l'azote est exclusivement fourni par les glucoprotéines qui en renferment de 11 à 16 0/0 de leur poids. Il est absolument inutile, comme je l'ai vérifié, d'ajouter d'autres substances azotées (urée, asparagine, etc.), ce qui compliquerait les milieux sans aucun avantage.

La préparation des milieux est des plus faciles : il suffit de dissoudre les produits dans l'eau chaude, la réaction doit être neutre ou mieux légèrement alcaline. Comme les glucoprotéines sont un peu acides (voir leur formule de constitution), si le liquide était encore un peu acide au tournesol, on ajouterai^en plus 0,05 à 0,1 de bicarbonate de potassium pour 100. On stérilise à 100* pendant une demi-heure, tous les jours pendant 8 ou 4 jours.

Au point de vue de leurs exigences nutritives on peut diviser les microbes en trois groupes : !•* microbes peu exigeants (ce sont ceux qui poussent bien dans les anciens milieux minéraux) ; 2<» les microbes d'exigence moyenne (la grande majorité des microbes) ; 8** microbes très exigeants (gonocoque, pneumocoque, etc.).

Avec les milieux à base de glucoprotéines j'ai observé que la plupart des microbes poussent parfaitement. J'ai étudié à ce point de vue 45 espèces dont 22 pathogènes et 23 saprophytes. Les cultures peuvent se poursuivre en série. Les caractères que les microbes présentent dans ces milieux sont les mômes que dans les bouillons ordinaires : par exemple le vibrion cholérique donne des voiles superficiels et le bacille de la diphtérie des petits grumeaux. La nature des glucoprotéines n'a presque pas d'influence sur les microbes du 1" et du 2® groupes, le plus grand nombre assimilent aussi bien l'azote de la glucoprotéine en C« qu'en C**. Cependant certaines espèces préfèrent certaines glucoprotéines. Il est du reste facile de savoir à quelle

* La quantité de 0,3 0/0 de glycerophosphate de calcium correspond à environ 1 gr. de P"0', 1 gr. de chaux et 1 gr. de glycérine par litre de solution nutritive.

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glucoprotéine on a alTaire sans recourir à Tanalyse : il suffit de suivre les indications que j*ai données plus haut.

Quand certains microbes proviennent de milieux courants très mUvitits on observe quelquefois un retard dans la mise en marche des cultures, mais après 2 ou 3 jours d'étuve l'adaptation est faite, les cultures sont en pleine vigueur et ne se distinguent pas des cultures ordinaires de même date.

J'indiquerai les résultats obtenus avec les espèces étudiées :

l"" Microbes qui asaimilent l'azote des glncoprotôines, quelle que soit leur teneur en carbone (Cfi à G"). — Quatorze espèces pathogènes : B. typhiquCy B. coli communis, vibrion cholérique, staphylocoque pyogène, tétragrne, b. pyocyanique, b. de la morve, A. ictéroïdej b, viridis Lcsage,

A. typhi murium, A. testicuîaris, b, de la maladie du sommeil, oïdium albicans^ actynomyccs hominis. — Vingt-trois espèces saprophytes : M, cinabareus, M. carneus, M. flavus tartigradus, M. flavus liquefaciens, AL aquatilis, M. prodigiosus, b. fluorescent Flûgge, n. liq., b. fluorescent liquéL,

B. radicosus, B, urea, Mesentericus vulgatus, B. luteus, /?. subtiliformis, B, subtilis, Proteus vulgaris, B, megaterium, B. syncyaneus, Sarcina alba, S. pulchra, Cladothrix alba, Aspergillus niger. Pénicillium glaucum, levure de vitt^ levure rose.

1" Microbes qui assimilent surtout Tazote de certaines glncoprotôines.

— Sept espèces pathogènes: le streptocoque, le b, diphtérique, le b. du charbon, lob, de la peste {Djeddah et Porto), le h. du tétanos, le vibrion septiqne poussent très bien dans les glucoprotéines en C^ et G*. Le bacille de la tuberculose humaine préfère les glucoprotéines en G*^ et G**. Enfin le méningocoque exige une adaptation préalable ; toutefois le germe exalté par les procédés que j'iudiquerai sous peu pousse bien dans les liquides ci-dessus, sans adaptation.

Les cultures des microbes pathogènes ainsi obtenues sont aussi virulentes que dans les milieux courants ^

Il est évident que les milieux nouveaux dont je préconise remploi peuvent être solidifiés par addition de gélose (qui ne renferme presque pas d'azote) ; ces cultures sur gélose peuvent avoir certains avantages.

En comparant le résultat de mes cultures avec les cultures des microbes pathogènes dans le milieu d*Ouchinsky, je n'ai obtenu que des résultats négatifs avec ce dernier liquide, à Texception du b. pyocyanique dont Texigence est, on le sait, très petite. Ces résultats, eu opposition avec ceux d'Ouchinsky, sont identiques à ceux d'Hugounenq et Doyon.

Il résulte de ce qui précède que presque tous les microbes (pathogènes ou non) poussent parfaitement dans les liquides où l'azote est exclusivement fourni par les glucoprotéines pures, espèces chimiques bien définies, cristal-

* Les glucoprotéines iigectées aux animaux de laboratoire sont inoffensives.

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lisables, qui résultent du dédoublement des substances albuminoïdes par les alcalis.

Je ferai remarquer également que mes expériences paraissent donner une démonstration biologique de l'exactitude des conclusions de Schiitzenberger sur la constitution des substances albuminoïdes à une époque où ces conclusions sont discutées par certains savants.

Il né suffit pas cependant d'avoir vérifié la prolifération microbienne; il faut profiter de cette facilité de prolifération et de conservation de virulence pour faire une étude méthodique des produits élaborés par les microbes, les toxines surtout, tâche que la simplicité des milieux que j'indique rendra peut -être plus facile. Je continue mes recherches dans cette voie.

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