REMARQUES SUR LA CRYOSGOPIE DES URINES
Par MM. M. CHANOZ et CH. LESIEUR
Dans leur récent article, paru ici même S MM. Claude et Balthazard nous adressent un certain nombre de critiques, les unes portant sur nos expériences, les autres concernant nos conclusions ^. Considérons ces deux points de vue.
A. L'argument principal, à notre avis, invoqué par MM. Claude et Balthazard S est la constatation d'erreurs relevées dans une thèse à laquelle nous renvoyons pour quelques observations^. Nous ferons les remarques suivantes : 1** La plupart des déterminations de 24 heures contenues dans cette thèse ont été faites par Tun de nous. 2"* Avant de conclure, nous avons repris les calculs de ces expériences d'après nos notes de laboratoire, c'est ce que nous disons notamment en première page de notre deuxième mémoire : pour l'obtention de nos tracés, « nous avons revisé les chiffres contenus dans le travail de Barailhié ». S"" Nous ne nions nullement avoir pu, malgré tous nos soins, laisser persister quelques fautes de détail, au milieu d'un pareil amas de documents.
A propos de l'observation XVIII de la thèse (p. 46j,.8 décembre (obs. XII
du 2* mémoire), MM. Claude et Balthazard prétendent que la valeur de r doit
être 1^15 et non pas 1,83. Or, dans nos tableaux, on peut constater que - est
véritablement 1,84 et que Terreur, reprochée bien à tort, dépend d'une
simple faute d'impression dans la thèse de Barailhié : NaCl 0/0 dans la thèse
est 0,38, notre mémoire porte 1,385, chiffre revisé.
Concernant l'observation X (p. 32), MM. Claude et Balthazard accusent
* H. Claude et V. Balthazard. Remarques sur la cryoscopie des urines (ce Journal, janvier 1903, p. 95).
* Voy. Chanoz et Lesikur. Ce Journal, 19J2, p. 865, 891 et 1087.
' C'est à la demande de la rédaction du Journal, en raison de l'abondance de nos tableaux, que nous avons dû supprimer de nos mémoires les observations de la thèse, que nous pensions reproduire après correction préalablCé
Goosle —
ÎJ48 M. CHANOZ ET CH. LESIEUR
une difTérence de 0®,*S2 entre A mesuré et calculé. Cette détermination n'a
pas été acceptée pour tableaux, au moment de la revision de nos expériences.
A propos de l'observation II (p. 34), nous disons ceci: le A des 24 heures
est 1,21 et non pas 1,01 comme on lit dans la thèse incriminée. Il y a cepen-
A dant une correction à établir: - est 1,49 et non pas 1,65. Toutefois cela ne
déplace pas le point représentât! f au-dessous de la loi-limite.
Dans Tobservation VI (p. 37), A mesuré n'est pas — 1'»,23, mais — 1°,23 (?) Nous avons eu tort néanmoins de tenir compte de ce nombre douteux. Le point 1 du tracé doit être supprimé purement et simplement. Pour Tobservation XIV, i*' novembre (obs. XVII de notre mémoire), la
valeur de - est 1,79 au lieu de 2,65, disent MM. Claude et Balthazard. o
L*examen du tracé correspondant montre que notre point représentatif n'est nullement à 2,65, Non seulement il n'est pas au-dessus de la loi limite, mais bien mieux, dans nos tracés, nous Tavons placé plutôt plus bas qu'il devait être.
Quant à Tobservation V (p. 37), dernière journée, où MM. Claude et Balthazard découvrent une erreur de 3*%06 par litre entre NaCl calculé et mesuré, nous répondrons ceci : Kn partant de notre tracé correspondant,
pour calculer NaCl, on trouve d'après ^ := 2,69 ) et - = 2,09/? 0/0 = 1 ,725,
ce qui donne NaCl par litre mesuré = 17»%3 au lieu de 17»%1 calculé.
Cela fait une différence de 0»%20 au lieu de '3»%20. Erreur qui n'est pas très « flagrante » en somme, puisqu'elle constitue, au contraire, une approximation remarquable de 1/85' environ !
Quant à Terreur d'addition observée dans Tobservalion V (p. 36), première journée, par MM. Claude et Balthazard, elle avait été naturellement corrigée dans notre mémoire.
B. Pour MM. Claude et Balthazard, revaluation que nous faisons des erreurs commises dans la détermination des V et jo de NaCl est entièrement arbitraire. 1° « Nous ne pouvons pas, disent ces auteurs, admettre une erreur de 50 ce. sur le volume de Turino des 24 heures... Les causes d'erreur qu'indiquent MM. Chanoz et Lesieur peuvent ol doivent être évitées, et Terreur sur V ne doit pas dépasser Terreur de lecture, soit 5 ce. en plus ou . en moins. » Nous persistons à soutenir que, lorsqu'on opère sur des sujets sains autres que soi-mfime, il est souvent bien difficile de compter sur un volume d'urine de 24 heures qui soit exact s plus de 50 ce. près. L'expérience que nous signalons dans notre mémoire 1, demeure pour nous le type d'une excellente détermination clinique ;
2° « Quant à Terreur au titrage de NaCl, de 0''*,5 de la solution décinormaie d'azotate d'argent, c'est encore là une estimation excessive », disent MM. Claude et Balthazard. Nous le savions parfaitement, puisque page 868, nous estimons « Terreur en général très inférieure à 0",5 de la solution N/10 de AzO^Ag ». Mais sachant qu'en clinique la méthode est parfois appliquée par des personnes qui ne sont pas des chimistes, nous avons voulu fixer une limite supérieure que ne dépasserait pas un expérimentateur quelconque un peu soigneux.
CRYOSCOPIE DES UKINES 849
La remarque de MM. Claude et Balthazard qui ont « coutume de recommencer les dosages de NaCl jusqu'à obtention de moins de 0^,1 de différence entre deux déterminations successives... j» confirme notre ancienne opinion € les recherches de cryoscopie urinaire sont délicates puisqu'il faut... etc. » (p. 875). Nous pensons et répétons souvent : toute recherche de cryoscopie urinaire qui prétend inspirer quelque confiance doit être falie ou tout au moins dirigée par une personne particulièrement compétente.
C. Nous reconnaissons volontiers avoir estimé à 1/20* au lieu de 1/30''
A Terreur relative faite sur le quotient -• Cela diminue évidemment, mais ne
supprime nullement le rectaagle de valeurs possibles dont nous avons parlé
dans notre travail.
A A En vérité ô est bien fonction de (A) puisque - = t p^-r* On ne doit
A JD oo,o
donc pas écrire : erreur relative sur j ■■= erreur relative sur A -f- erreur relative sur 8; mais bien, en posant :
a -A~PX58,5"" /)X58,5 -
Erreur relative sur ^ = erreur relative sur ^1 — x ]
erreur absolue sur ^^ ' •
/^^ . *• /pX58,5\
(1) = erreur relative sur ( - — ^^ — — ]
Cela admis, on peut en déduire quelques remarques intéressantes. La
valeur - la plus souvent inférieure à 2 atteint très rarement 2,5; c'est-à-dire
que Ton a le ptus souvent r7rT<2, ce qui s'écrit 1 — ^-— -^>0,5, ou
encore < 0,5.
Cela revient à dire, si Ton se reporte à l'expression (1) :
Erreur relative sur ^r := erreur relative sur ^' . '
y^my
A ou encore, pour une valeur —^=2 l'erreur relative commise sur ce rapport
iî58 5 A
est égale à Terreur relative faite sur - — ^ ou son inverse ,.,„ , . Pour toute