‹ Journal de physiologie (volume 2)Chapitre 7 sur 146 · LE € NON DOSÉ » ORGANIQUE DE L'URINE · texte numérisé non relu

LE € NON DOSÉ » ORGANIQUE DE L'URINE

totale de ces corps û*a pu être déterminée qu^approximativement, soit à Taide d*une méthode colorimétrique, sujette à caution, soit par le procédé des ethers benzoylés de Baumann, qui est plus sûr, mais qui ne peut donner qu'une fraction des hydrates de carbone de Turine^ Il est donc vraisemblable que ces corps sont contenus dans Turine en quantité plus considérable que ne l'indiquent ces procédés. C'est aussi la conclusion à laquelle nous conduit provisoirement et par voie indirecte l'analyse de ces huit urines. Ainsi Turine n* 6 a fourni un poids de 19«% 2 de matières extractives auxquelles ne correspondaient que 0»%76 d'azote extractif. La quantité d'hydrates de carbone contenue dans cette urine pouvait donc atteindre une dizaine de grammes, et comme celle du sucre fermentescible paraît rester toujours inférieure à i gramme, on voit que celle des hydrates non fermentescibles devait être considérable.

S*il en est vraiment ainsi, on voit fmalement que les idées courantes sur les proportions relatives des diverses matières organiques dans Turine se trouvent modifiées depuis quelques années sur deux points. D'une part, ce n'est plus Tacide urique ou la creatinine qui se placent immédiatement après Turée, comme déchets azotés venant en seconde ligne par leur masse, mais bien l'acide oxyprotéique de Bondzynski et Gottlieb, et, d'autre part, les hydrates de carbone, que Ton a considérés pendant longtemps comme ne figurant pas dans l'urine normale, et dont on a ensuite admis la présence en petites quantités seulement, représentent probablement une fraction assez importante des matières organiques de Turine normale.

Nous nous proposons de compléter sur ce dernier point notre travail par des vérifications plus directes, mais, quoi qu'il en soit, il reste acquis que le poids des matières extractives de l'urine normale est beaucoup plus important qu'on ne l'admet en général, et que c'est donc une fraction considérable des déchets urinaires que nous laissons d'une manière constante en dehors de toute investigation. L'étude de la composition et des variations physiologiques et pathologiques de cette fraction réserve probablement plus d'une trouvaille intéressante *.

* Ainsi, en dissolvant 5 gr. de glucose dans 15 ce. d'eau et ajoutant' Se, 10 de soude et Oc, 30 de chlorure do benzoyie, Baumann n'a retrouvé à l'état d'éther benzoylé que 77 0/0 du sucre employé {D. ch. G., t. XIX, p. 3218).

' Notons ici que Hosin et von Alfthan ont trouvé dans Turine des diabétiques, à côté du glucose, de 9^,2 à â0s%6 d'hydrates de carbone (en ethers benzoylés) non fermentescibles pour 24 heures. Celte « hydrocarbonurie », ainsi que les auteurs appellept ce symptôme, concomitante avec la glucosurie, est donc beaucoup plus importante qu'on ne le croyait (Dnutsch, mod, Wochcnscbr.j 1900, p. 497 et 499. Le lecteur trouvera là une bibliographie très étendue sur la question).

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