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L'EXCITATION ÉLECTRIQUE DES NERFS

Toutes deux sont déduites de Texpérience, cela est bien évident, je ne vois pas d'où elles pourraient venir, mais voici oii est la différence capitale : • La formule de M. Hoorweg ne s'applique qu'au cas du condensateur et ne met pas en évidence l'influence du temps, j'ai montré au contraire que la mienne est générale, c'est-à-dire ne dépend pas de la forme de la décharge. Ouelle que soit l'onde électrique dont on se serve pour exciter un nerf ou un muscle, elle doit satisfaire à la relation

qui lie la quantité d'électricité à la durée de Tende, pourvu que cette onde soit très courte. J'en ai fixé la durée maxima à la période latente de Torgane soumis à l'expérience, c'est la limite pour laquelle mes recherches sont valables. .Les deux formules ne sont pas du tout à mettre sur le même rang, car, aussitôt que nous nous adressons à un autre appareil que le condensateur, la mienne continue à s'appliquer, celle de M. Hoorweg ne pouvant plus nous être d'aucune utilité.

Dans ce cas particulier du condensateur on peut déduire de ma formule générale (1) la formule particulière (2), mais il faut faire l'hypothèse, nullement certaine â jOi'iori, que la durée utile de la décharge du condensateur est proportionnelle à sa capacité. Bien entendu, il ne peut être question de tirer (1) de (2).

2» Partant de l'égalité

M. Hoorweg a, moyennant certaines hypothèses, établi la formule

izrzaie-^^ (3)

donnant l'excitation élémentaire à un moment déterminé. G'est-à-dire que moyennant ces hypothèses on peut passer de la formule (3) à la formule (2).

Peut-on conclure de là que (3) représente la loi générale de l'excitation électrique des nerfs et des muscles? Pas le moins du monde. Cette formule subit le sort de toutes les lois élémentaires; chaque fois qu'on l'appliquera à un cas particulier il faudra vérifier si le résultat du calcul est d'accord avec l'expérience. Il pourra arriver que dans un grand nombre de cas la concordance se fasse, mais si elle vient à cesser on en conclura que (3) n'est pas l'expression de la vérité et doit être rejeté. C'est précisément ce qui me semble être arrivé, à moins, comme je l'ai déjà dit, qu'avec de nouvelles hypothèses ou d'autres expériences M. Hoorweg ne nous montre comment cette loi doit être appliquée dans le cas où elle me parait en défaiit;

M. Hoorweg me reproche d'avoir dit autrefois que mes résultats concordaient avec sa formule et de ne plus l'admettre maintenant. Je ne m'en cache nullement, la chose est toute naturelle et ce que je viens de dire le fait clairement comprendre. Dans toute une série d'expériences j'ai trouvé des résultats auxquels s'appliquait la formule (3), mais à un moment donné j'en ai trouvé d'autres auxquels elle ne s'applique pas,; et c'est ce qui m'en fait suspecter l'exactitude.

Ce n'est pas la première fois qu'on a vu la vérité changer avec le temps ;

pour moa compte, mes opinions se sont bien des fois modifiées a la suite d'expériences faites pour les confirmer, et cela arrivera sanç doute encore souvent, sans cela il serait inutile d'expérimenter.

3^ J'en arrive donc à ces expériences et je prends les dernières que j*ai faites.

Je rappellerai d'abord que chaque unité de longueur de mes ondes correspond à 0,"000077, c'est-à-dire qu'une onde de longueur 20, par exemple, dure 0,"00154.

Cela étant, je donne à cette onde de longueur 20 une intensité suffisante pour me trouver au seuil de l'excitation. Je cherche ensuite à exciter le nerf à l'aide de cette onde 20 suivie immédiatement par une onde de sens inverse, de même intensité et de longueur 10 par exemple. Je constate qu'il n'y a pas de réponse et qu'il faut forcer légèrement l'inrensité du courant et arriver à une valeur de cette intensité qui rendrait efficace une onde de longueur 17 environ. L'onde — 10 a donc produit une certaine diminution d'effet. Cet effet est le même, que la seconde onde ait une longueur de 10, 8, 6, 4, c'est toujours comme si l'on retranchait trois unités environ à la longueur de la première onde. C'est pour cela que j'ai pensé que l'effet se localisait au moment de l'inversion. Si maintenant on affaiblit l'intensité de la deuxième onde, elle devient de moins en moins efficace, prise isolément, et cependant produit le même effet sur la première onde, jus(iu'à une certaine limite bien entendu à partir de laquelle son effet soustractif va en diminuant rapidement.

J'ai montré autrefois que deux ondes successives de même sens ajoutaient leurs effets arithmétiquement, le résultat obtenu avec deux ondes de sens inverse m'a étonné au début. Aujourd'hui il serait aisé d'en donner une interprétation en admettant par exemple que les effets de la décharge ne sont pas instantanés et que la portion qui n'a pas encore produit son action peut être annulée, mais nous entrerions dans le domaine des hypothèses et je désire ne pas m' aventurer sur ce terrain dans une discussion, je me contente de constater le phénomène.

Quand j'ai signalé ce fait à M. Hoorweg, il m'en a donné une explication tirée de sa formule, cette explication m'a paru fort plausible, je vais d'abord la donner en langage ordinaire, puis je la mettrai en formules.

D'après la règle de Hoorweg, à chaque instant l'excitation élémentaire, dont l'intégration donnera l'excitation totale, est proportionnelle à l'intensité, mais par suite du décrément, les effets vont en diminuant à mesure qu'on s'éloigne du début de l'onde. 11 en résulte qu'après le passage de l'onde + 20, l'onde — 10 ne produit plus qu'une action très amoindrie, une soustraction équivalente à — 3. Lorsque l'on passe de l'onde — 10 aux ondes — 8, — 6, les écarts tombent dans les limites d'erreur de ce genre d'expériences.

Voilà qui était fort clair, mais prenons le cas où l'onde -|-20 est précédée par l'onde — 10. Cette fois par suite du décrément Tonde -[-20 devra être notablement affaiblie dans son action suivant le raisonnement précédent, à cela s'ajoutera Teffet soustractif de — 10 et il nous faudra hausser beaucoup l'intensité du courant pour revenir au seuil de l'excitation. Or il n'en est rien, on retrouve la même intensité que dans le cas où —10 suit l'onde -f-^O*

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Pour qu*il n'y ait pas d'erreur dans les mots, traduisons cela en langage mathématique, c'est-à-dire appliquons la règle de M, Hoorweg. Pour Tonde 4-20 — 10 nous aurons l'excitation totale :

Pour l'onde — 10 + 20 nous aurons de même :

[/^lo . yj "1

C'esl-à-dire

,„=?il[l+e-=»i'-2e-'»?I. (7)

Quelle valeur faut-il attribuera ,S? Deux expériences faites avec des ondes de longueur 20 et 10 nous ont donné, pour être au seuil de l'excitation, des valeurs de i représentées par 20 et 30. Ce même rapport se retrouve sensiblement dans toutes les expériences, donc nous aurons pour ces deux ondes :

Comme on est dans les deux cas au seuil de l'excitation, r,^=:ri3, donc :

En portant cette valeur dons (6), (7) cl (8) on Irouve (juo i'excilation y) nécessaire pour être au seuil de l'excitation est respectivement dans les trois cas +20, +20 — 10, — iO + 20, représentée par :

ri = — 0,75, 71^^0,625,

C'es-à-dire

En passant de Tonde +20 à -|- 20— 10, on trouve expérimentalement quelque chose d'analogue à ce que donne le calcul, en admettant des écarts expérimentaux énormes, mais quand on passe de + 20 — 10 à — 10 + 20 le calcul donne /j = 5/ alors que Texpérience conduit à /j = /, vraiment l'écart est trop considérable.

Journal de phtsiol. bt db patrol, oéner., 190S. 16

D'après ce que je crois comprendre dans la dernière note de M. Hoorweg, une portion de décharge, Tonde — 10 par exemple, ne devrait pas être prise en considération si par elle-même elle n^étaii pas suffisante pour être efficace. C'est une explication nouvelle, je voudrais bien l'admettre si elle était satisfaisante, mais alors je ne comprends plus comment on applique la formule e = a/e-P^ je ne demande d'ailleurs qu'à l'apprendre. Seulement voilà, l'expérience s'élève d'une façon absolue contre cette manière de voir. Considérons, en effet, deux ondes successives de même sens et séparées par un petit intervalle, non efBcaces, chacune étant prise isolément, et telles que l'ensemble des deux tombe dans la période latente, l'expérience m'a montré qu'elles ajoutent leurs effets arithmétiquement, l'ensemble des deux ondes se comportant comme une onde unique. Donc, quoique chacune de ces deux ondes soit insuffisante par elle-même on ne peut cependant la négliger purement et simplement. J'avais toujours cru que dans l'intégration de e = a/e— P' il fallait comprendre toute Téleclricité faisant partie d'une décharge et que l'on ne pouvait pas en négliger une portion, sous prétexte qu'elle faisait partie d'un groupement qui, pris isolément, formerait une excitation insuftisante. Cela n'est, en tout cas, pas vrai pour des ondes de même sens.

Ce n'est pas vrai non plus pour les ondes inverses, le raisonnement de M, Hoorweg est, en effet, en défaut sur un point fondamental comme je vais le montrer. Quand j'emploie, en premier lieu, une onde v.nique, -|-20 par exemple, au seuil de l'excitation, puis cette même onde suivie d'une onde — 10, insuffisante par elle-même, je constate, dans le second cas, une diminution de l'action. M. Hoorweg dit que l'onde — 10 ne doit pas être prise en considération, je ne comprends pas pourquoi, et il dit que la diminution d'effet observée tient à « une petite perturbation produite par le changement brusque des résistances dans le pont de Wheatstone. au moment où les fils sont coupés par la balle du pistolet ». Or, remarquons qu'au moment de la rupture du fil donnant passage à l'onde — 10, l'onde + 20 a complètement passé dans les mêmes conditions que lorsqu'elle était seule; la petite perturbation en question, si elle existait, serait donc une onde de même sens que -f-20, ce qui renforcerait l'excitation, ou une onde de sens inverse insuffisante qui, d'après M. Hoorweg même, ne devrait pas être prise en considération. Ce n'est donc pas là l'explication du phénomène.

Voici, enfin, deux choses qui m'étonnent énormément dans la note de M. Hoorweg, et sur lesquelles il ne peut pas ne pas y avoir de malentendu. La formule Q = a-\-bt est établie, il n'y a pas de discussion sur ce point; je puis, quand on me donne une onde de longueur déterminée, calculer la quantité d'électricité mise en jeu. Mais, d'après M. Hoorweg, je ne puis calculer

t quand on me donne I à l'aide de t = ; .

Remarquons que Q = I^ dans le courant constant. J'avoue que je ne m'explique pas cette interdiction ; jusqu'ici, je croyais qu'ayant une fonction j^'= /(a-), je pouvais calculer la valeur de a- correspondant à une certaine valeur de /; ce qu'il y a de pire, c'est que je le crois encore.

« Et voici qui est plus fort », suivant la propre expression de M. Hoorweg.

Je défends encore la validité de la formule 1 = — \-bfje le fais pour une

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