M0UI88ET ET O. MOURIQUAND
Les glomérules sont respectés. La ooagesUon de tout le parenchyme est intense.
Expérimentalement il est possible de reproduire chez Tanimal des lésions superposables aux lésions de l'homnie. Dans ce cas, les glomérules sont également épargnés. Les lésions sont au maximum sur les anses de Henle et les tubuli. Contrairement aux résultats de Chauffard, nous avons toigours observé une congestion intense du rein.
Nos conclusions sont les suivantes :
La néphrite par le sublimé est une néphrite nécrotique, avec adjonction dun processus congesiif intense^ sans lésions des glomérules, aboutissant à une oblitération permanente ou temporaire et mécanique des tubuli contorti et des anses de Henle. L'ensemble de ces lésions rend bien compte de la symptomatologie urinaire.
ANALYSES
OUVRAGES DIVERS, TRAITES, MONOGRAPHIES
F. Bottazzi. Principi di fisiologia. — I. Chimica fisica, un vol. gr. in-8<» de 507 pages. Milano, Società éditrice, 1906.
Le premier chapitre de cet important ouvrage est consacré au rappel de notions élémentaires, mais essentielles, de physique et de chimie, les notions de matière et de force, celle d'énergie avec ses diverses formes, les principes de la thermodynamique, les formes du travail, la polarisation et ses lois, les mesures électriques, les lois des combinaisons chimiques, la loi des phases. Dans les chapitres suivants, au nombre de seize, Tauteur passe successivement en revue les équilibres chimiques, la vitesse de réaction, les phénomènes de libération d'énergie et de catalyse, les phénomènes de fermentation, les phénomènes de diffusion et d'osmose, la pression osmotique, la dissociation électrolytique et la théorie des ions, la conductibilité électrique des liquides et des tissus de l'organisme, ainsi que celle des tissus végétaux, les propriétés des colloïdes, la viscosité, la tension superficielle, le principe de distribution, les propriétés des membranes, la force électro-motrice, la dissociation hydrolytique, les principales données de la thermochimie. Dans chaque question sont présentés non seulement les principes et les faits, mais aussi les méthodes et les procédés d'étude avec toute l'instrumentation afférente. C'est ainsi que, dans le chapitre III (vitesse des réactions), sont
décrites avec soin la méthode des déterminations titrimétriques, la méthode colorimétrique, celle du polarimètre, etc. On remarquera particulièrement la richesse des chapitres qui traitent des actions catalytiques et de la pression osmotique ; on y trouvera un exposé complet de toutes nos connaissances actuelles sur les propriétés physico-chimiques des globules et du sérum sanguins et tout ce que nous savons à ce même point de vue des autres éléments cellulaires, une analyse chimico-osmolique approfondie de l'urine, etc. L*étude que fait Bottazzi de la viscosité et de la tension superficielle n'est pas moins intéressante ; il est dommage, soit dit en passant, que l'auteur, toujours si bien informé, continue à appeler (p. 367) réaction de Haycraft ce qui est en réalité la réaction de Hay (voy. ce journal, 1902, p. 308) et n'ait pas mentionné les intéressantes recherches de Billard sur la tension superficielle des urines, du liquide amnio* tique, etc. (Soc, de BioL, 1904 et 1906). A propos du principe de distribution, l'auteur expose le mécanisme de l'action des narcotiques et les résultats des travaux récents sur cette importante question. Son étude des membranes, qui comprend la filtration, rimbibition, l'absorption, le pouvoir de sélection si remarquable dos organes glandulaires, l'hémi-perméabilité, est un des meilleurs chapitres de l'ouvrage. — On peut dire que l'auteur, grâce à son érudition, à son sens critique et à son profond esprit biologique, a examiné à fond chacun des problèmes qu'a soulevés l'étude de la chi-* mie physique et chacune des applications de cette science à la physiologie.
ANALYSES
Chr. Lovén. Analomische und physiologische Arheilen^ un vol. in-S* de xxiv- 374 pages (avec 8 pi. doubles). Leipzig, Veil ct 0\ 1906.
La famille de réminent physiologiste a eu Phourcuso idée de réunir ses œuvres ; c'est le professcurTigerstcdt qui s*est chargé du soin de cette édition. II l'a fait précéder d'une étude très complète sur la vie de Lovén et sur ses travaux, sur leur signification, leur portée, la place qu'ils conservent dans la science ; c'est avec raison qu'il remarque combien fortement peut leur être appliqué le mot non multa, sed multum. De fait, les résultats des recherches de Tancien professeur de Stockholm sur le tissu osseux, sur les bourgeons gustatifs (découverte faite indépendamment de celle de Schwalbe), sur les lymphatiques de la muqueuse stomacale, sur les nerfs vasomoteurs (tous les physiologistes connaissent le réflexe de Lovén), sur la nature de la contraction musculaire volontaire, etc., demeurent intacts. G*est que, comme le dit Tigerstedt, Lovén fut un chercheur à Tœil aigu, à l'oreille fine, à la main sûre, et extraordinairement instruit ; encore n'a-t-il sans doute pas donné toute sa mesure et rempli tout son mérite, atteint qu*il fut de bonne heure par la maladie et obligé, à maintes reprises, d'abandonner ses travaux pour aller tenter, sous un ciel plus doux, sinon do rétablir sa santé, du moins d'enrayer les progrès du mal. — Ce beau volume se termine par deux études très intéressantes que Lovén a publiées, Tune sur Claude Bernard, en 1878, l'autre sur A. Retzius, en 1896. E.G.
Ch. Porcher. De la lactosurie, brochure in-8<* de 31 pages. Paiis, IMasson et G'',
L'auteur rappelle d'abord les principales propriétés du lactose et indique avec précision la manière d'en reconnaître la présence dans les urines; puis, dans un excellent chapitre de physiologie, expose la question de la formation de ce sucre dans la glande mammaire ; ses expériences personnelles, rapprochées de celles que Paul Bert a faites il y a une vingtaine d'années, établissent que le lactose se produit uniquement dans cette glande aux dépens du glycose du sang, ce dernier étant formé en plus grande quantité par le l'oie au moment de la lactation. Le reste de cette monographie très
soignée (p. 11-31) est consacré à l'étude des sucres urinaires avant et après l'accouchement ; Vauteur passe successivement en revue la lactosurie et la glycosurie ante partum, la lactosurie puerpérale, la lactosurie durant la lactation ct enfin la lactosurie au cours do divers états pathologiques (fièvre puerpérale, abcès du sein, fièvre Titulaire de la vaehc) et la lactosurie d'origine alimentaire. Ainsi est parfaitement justifié le sous-titre de ce travail : Eludes urologiques de médecine comparée sur les états de grossesse, de puerpéralité el de lactation chez la femme et les femelles domestiques. Il importe toutefois d'ajouter que la physiologie et la pathologie générale dirigent constamment et dominent cette étude d'urologie. E. G.
Comptes rendus de V Association des anatomistes, publiés par le professeur A.
Nicolas, V réunion (Genève, 6-10 août 1905), un vol. grand in-8® de xL-îiS pages. Nancy, Institut anatomique, 1905.
Cette réunion constitua en même temps le premier congrès fédératif international d'anatomie, organisé par les cinq grandes sociétés anatomiques qui existent dans le monde. On ti*ouvera dans ce volume plusieurs communications intéressant la physiologie, celle de 0. Barfurlh sur la régénération des nerfs périphériques, de S.
Bonnamour sur les modifications des capsules surrénales dans divers étals pysiologiques (hibernation, inanition), de J.-A. Uammar sur le poids et la persistance du thymus, de J. Jolly sur la formation des globules rouges, de J. Kunsller sur les modifications anatomiques du lièvre des marais, de Fr. Weidenreich sur la formation des globules blancs dans la vie postfœtale. e. g.
A. Binet. VAtmée psychologique, t. XI, vol. in-8° de VII-C93 pages, Paris, Masson et C»« , 1905.
Ce volume est rempli de documents et de données intéressants pour le physiologiste. Parmi les mémoires originaux il faut signaler les deux études de A. Binet sur la possibilité de la mesure de la fatigue intellectuelle scolaire et les moyens employés pour cette mesure et sur la mesure de Tintelligence ; celle de B. Bourdon ct M. Dide sur Tétat de la sensibilité tactile dans l'hémiplégie organique, celle de
PHYSlOLOaiE GÉNÉRALE
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ill. Hsemelinek sur Tasymétrie du sensgus- ' taiif. Parmi les revues annuelles que Binet a introduites à si juste titre dans celle publication, on lira celles de van Gehucbten, de Frcdericq et de Guillain sur Fanatomie, la pliysiologie et la pathologie du système nerveux, celle de Nuel sur la physiologie des sensations et celle de Grasset sur Taction motrice bilatérale de chaque hémisphère cérébral. Paimi les analyses bibliographiques, assez abondantes, on consultera surtout celles qui concernent les sensations, les mouvements, les émotions.
E. Rignano. Sur la iransmissUdlité des caractères acquis. Hypothèse cPune ceniro'épigénèsc t un vol. in-8° de 3iO pages. Paris, Félix Alcan ; 1906.
L'ontogenèse est une récapitulation de la phylogénèsc, un résumé de la chaîne infinie des ancêtres. Cest en prenant pour base cette loi biogénétique fondamentale t|uc Fauteur a édifié sa théorie d'une action continue de la substance gcrmînale sur le soma pendant tout le cours du développement. Selon son hypothèse centro-^éiiétique, la substance germinalc , bien que limitée à une seule zone et distincte de tout le reste du soma, bien que conlinuc donc au sens weismannien, exercerait sur tout le reste de l'organisme, et pendant tout le développement, son action formatrice de nature épigénétique, sans que par sa participation active au développement elle vint à s* altérer aucunement. Celte action s'effectuerait grâce au dépôt par un courant spécifique d'une substance apte à restituer seulement cette spécificité de courant par laquelle elle a été elle-même déposée. — La conception de M. Rignano permet nonseulement de rendre compte de la li*ansmissibilité des caractères acquis, mais encore d'expliquer tous les phénomènes mnémoniques dans leur sens le plus large, depuis la spécialisation histologique par laquelle les cellules répondent de la façon qui leur est propre aux stimulus les plus variés, jusqu'aux phénomènes psychomnémoniques proprement dits. — L'hypothèse d'une centro-épigénèse s'accorde bien avec les faits de la biologie ; toutefois l'auteur ne se dissimule pas qu'en l'état actuel nos hypothèses ne sauraient être que provisoires. Les mieux juslifiées ne font que continuer un travail d'approche, que prépai*er la voie aux hypothèses nouvelles qui
surgiront dans la suite, plus satisfaisantes et plus complètes. b. kbindel.
G. Cuboni. Ezio Sciamanna nella vila intima. — S. de Sanctis. Commemorazione del Prof. Ezio Sciammanna.
Ànnali dêU'lstituto psichiatrico délie B. Univérsiià di Homay t. IV, p. 3-H et 42-21 ; 1905.
Les regrets qu'a laissés la mort premalurée de E. Sciammanna (18o0-1905), survenue si peu de temps après sa brillante et pénétrante conférence au o° Congrès international de psychologie, à Kome, le 28 avril 1905, sur l'écorce du cerveau et les fonctions psychiques, ont engagé ses élèves et ses amis à consacrer à sa mémoire la première partie du 4° vol. des Antmles que dirigeait Téminent professeur. On trouvera dans les deux études de Cuboni et de S. de Sanctis des renseiguements circonstanciés et pleins d'Intérêt sur sa vie et sur son œuvre. On a eu la bonne idée de reproduire à la suile celle belle conférence de Sciammanna qui vient d'(Hre mentionnée et la liste complète des travaux publiés par le regretté neuropalhologiste, psychiatre et psychologue. e. g.
PHYSIOLOGIE GÈNCHALE
ET COMPARÉE
PHARMACODYNAMIE
E* Hertel. Ueber die Einwirkung von Lichtstrahlen auf den Zollteilungsprozess (Influence des rayons lumineux sur les processus de division cellulaire). (34) i V, 535- 565 ; 1905. — Les radiations ultraviolettes de 280 ti{i. de très forte intensité tuent les œufs d'oursins artificiellement fécondés, d'intensité moindre retardent leur développement ou mâme en produisent la régression. Les radiations lumineuses agissent d*une façon analogue, mais moins accentuée. Il est donc vraisemblable que l'abondance des mitoses observées dans le traitement par la lumière des inilammations du la cornée est duc à une actiou indirecte.
M. LAMBRRT.
Angel Gallardo. Les propriétés des colloïdes et Tinterprctalion dynamique de la division cellulaire. (79)CXLII, 228-230.
* Los numéros entre parenthèses tiennent lieu des titres des périodiques où ont paru les travaux analysés. La liste de ces périodiques se trouve à la lin du fascicule.
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ANALYSES
Th. Bokomy. Nochmals ueber die WirkuDg stark verdûonter Lôsungen auf lebende Zellen (Nouvelles recherches sur l'action des solutions fortemeni étendues sur les cellules vivantes). (K) GX, iU-iU ; 1906. -^ L'auteur passe en revue un très grand nombre de substances solubles et fixe le degré de concentration auquel elles sont toxiques. Il admet que la toxicité dépend de Faptitude de la substance à se combiner au protoplasma cellulaire qui peut l'accumuler en l'enlevant progressivement à la solution. L'effet toxique est en rapport avec les quantités relatives de la substance et de la solution: il est plus grand avec une plus grande quantité de solution pour une petite quantité de matière vivante; il se développe avec le temps. Tout cela est la conséquence de la faculté d'accumulation du toxique par le protoplasma. Enfin, la nature de la cellule, c'est-à-dire la spécificité de son protoplasma intervient aussi. On voit, par exemple, le bleu de méthyle se fixer à l'état vivant sur le cylindraxe nerveux, sur la fibre spirale de la cellule ganglionnaire sympathique et non sur la fibre droite ; l'acide cyanhydrique se fixer sur le tissu nerveux des animaux supérieurs et n'avoir qu'un effet insignifiant sur d'autres éléments ou organismes. Le mémoire renferme beaucoup de faits particuliers relativement aux sels des métaux lourds, aux couleurs d'aniline, aux acides, aux bases, aux alcaloïdes, aa point de vue du mécanisme de leur toxicité. DASTRB.
Georges Bohn. L'influence des variations du degré de pureté de l'eau sur le phototropisme. (80) LIX, 650-652 ; 16 décembre 1905.
Gtoorgee Bohn. Sur le parallélisme entre le phototropisme et la parthénogenèse artificielle. (79) GXLI, 1260-1262; 26 décembre 1905.
P. Statkewitsch. Gralvanotropismus und Galvanotaxisder Ciliata. (34) V,611-534; 1905. — Le courant électrique ne produit pas uniquement, comme l'ont prétendu Verwom et Ludloff, une excitation expansive à la partie antérieure, contractile à la partie postérieure des infusoires ciliés. Leurs expériences concernent un cas pai^ ticulier, celui de milieux très visqueux ou d'intensité forte. Pour un courant optimum presque tous les cils sont animés de mou-
veraeota de flexion (d'avant en arrière) et déterminent une progression rapide de Tinfusoire vers la cathode. Pour un courant fort presque tous les die sont en extension, et il se produit rapidement une déformation, puis une désagrégation cellnlaire. Le galvanotropisrae est surtout une réaction motrioe oiliaire. Il s'exerce indépendamment des obstacles mécaniques ou chimiques.