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ANALYSE DES 8PHYGM0GRAMMES

la friction augmentée. La partie CD de la courbe de la flgure 6 montre la forme du mouvement résultant et du sphygmogramme ; cette anormalité du pouls est connue sous le nom de dicrotisme (pulsus bis feriens). La construction de la flgure 6 dojt être comparée avec les tracés des observations de Landois et de Riegel dans la flgure 7. Les courbes 1-4 montrent Torigine du dicrotisme d'après les observations de Landois. Toutes les singularités caractéristiques de ces sphygmogrammes peuvent être vues dans la construction de la figure 6, et surtout Taugmentation de la profondeur de Tincision entre les deux élévations est très bien marquée.

Les formes des courbes entre CD de la flgure 6 sont presque identiques

avec les sphygmogrammes du dicrotisme développé obtenus par Landois

numéros 3 et 4 de la flgure 7) et par Riegel (flgure 7, numéro 7). Il est aussi

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Fig. 7.

intéressant de remarquer que les tracés du pouls dicrote sont presque libres de ces petites élévations qui ont été attribuées par Landois à l'élasticité (t Elasticitatsschwankungen »). Ce fait est très surprenant quand on accepte une des théories qui attribuent l'élévation dicrotique à une onde, car il n'y a pas de raison pour laquelle les petites ondes devraient disparaître dans les tracés du dicrotisme anormal ; mais son explication est très facile quand on se souvient que cette forme du pouls est la résultante de deux vibrations qui interfèrent de cette manière que les vibrations d'amplitudes petites sont consommées par des autres de plus grandes amplitudes. Dans les sphygmogrammes du, dicrotisme anormal des élévations plus hautes changent avec des élévations de hauteur moindre et une onde complète consiste en deux de ces élévations. C'est la raison pour laquelle le doigt tâtant' sent deux chocs de force différente pour chaque contraction du cœur.

Landois donne les conditions suivantes comme favorables pour l'origine du dicrotisme : 1) une onde primaire courte comme dans la fièvre, où les battements du cœur se succèdent avec une grande rapidité ; 2) une tension artérielle diminuée, car le dicrotisme disparait si la tension de l'artère est augmentée par une compression des veines de cette partie du corps'.

Nous voyons, en effet, que ces conditions sont nécessaires et il pai*aît qu'elles «ont aussi suffisantes. Si le nombre des battements du cœur n'est pas aug-

* Landois. Human Physiology, 1889, p. 148.

menlé, il n'y a pas de dicrotisme, car les vibrations seront détruites par la friction avant l'arrivée de l'onde prochaine. Il est clair aussi que l'élasticité de l'artère doit être normale, car autrement des vibrations d'aucune sorte ne seront j^ossibles. La tension diminuée est aussi favorable en produisant des vibrations de grande période. Ces qualités sont sujettes à des variations locales et c'est pourquoi le dicrotisme anormal peut être observé quelquefois dans une partie du corps, mais pas dans une autre.

Dans les mêmes conditions ,mais sous l'influence d'une rapidité des battements du cœur un^ peu plus grande, il se produit la forme du pouls qu*on a nommée pouls hyperdicrote. Son'origine' est expliquéedans la construction de la iigureS.

La fOiislruction n'ésl pas difiérenle de celles des ligures précédentes. La phase ilans laquelle se Irouve la première vibration au moment de Tinterfé-

l-'ife'. H.

renée cause la forme iiiujulière lie la n^snllunte. Le spiiygiiiogranime du pouls hyperdicrote ressenihJe uu peu à un sphy^^niogramuie tracé de droite à gauche, mais sa Uesceule est trop lunie pour élre prise pour la partie an»erotique (fun sphygmogramme. L'interruption de l'ascension cause cette sensation dans le doigt tâtaut pour laquelle on a donné à cette forme du pouls le nom de pulsus capricaDs. Le développement du pouls hyperdicrotique et sa forme iinale sont montrés dans les numéros 5, 6 et 8 de la figure 7 ; les courbes tracées correspondent exactement aux constructions de la figure 8.

D'après notie explication de l'origine de l'élévation dicrotique,des ondes réfléchies n'ont *pas d'influence sur la forme des sphygmogrammes. Des ondes réfléchies ne causent que de petites irrégularités, mais comme les conditions de réflexion sont stationnaires pendant une expérience, leur effet se trouve dans toutes les parties du sphygmogramme. Mais les conditions de la réflexion sont exti*émement variables et, par exemple, la fixation même de l'instrument produit une déformation de l'artère, qui cause une réflexion. C'est pourquoi l'on observe souvent de petites ondulations régulières dans.les tracés d'une expérience, qu'on ne peut pas retrouver dans une autre. On attribuait autrefois une grande importance à chaque ondulation de la partie catacrotique des sphygmogrammes, et on espérait pouvoir caractériser toutes les maladies par leurs sphygmogrammes. Cet espoir est vain. Les

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sphygmogi^ammes sont très utiles, mais ils permettent des conclusions seulement en regard de certaines qualités du système artériel.

La forme des sphygmogrammes dépend principalement de la fonction du cœur, de Télasticité de la paroi de Tartère et de la vélocité de Técoulement du sang par les capillaires. Un changement de la forme des sphygmogrammes peut être produit par les circonstances suivantes :

!• La vélocité de Técoulemenl peut changer subitement sous une certaine pression. La ligne droite, dans les constructions de la figure S, ne représentera plus la diminution du volume et elle doit être remplacée, par exemple, par deux droites qui s'intersectent en un angle. Ce cas sera relativement rare et nous excluons aussi la possibilité que le sang change tant qu*il n'a plus les qualités physiques d*un liquide incompressible.

2"* L*onde produite par la contraction du ventricule gauche peut avoir une forme qui ne permet plus de la représenter schématiquement par une courbe comme celle de la figure 1. La forme de la partie ascendante est de première importance, car la forme de la partie anacrotique dépend d'elle. Un changement du « plateau • ou de la partie descendante de la courbe de la pression intracardiaque aura une influence semblable à celle mentionnée plus haut sous le n*» 1, c'est-à-dire la diminution du volume ne peut plus être représentée graphiquement par une ligne droite ^

La rapidité de la succession des battements du cœur ne semble pas avoir une grande influence sur la forme des courbes, tant que l'intervalle entre deux battements suffit pour que la friction détruise les vibrations de la paroi de Tartère. Un changement de la période des battements du cœur rend les courbes plus longues ou plus courtes, mais ce n*est pas un signe essentiel pour la forme de la courbe, car on peut obtenir le même effet en augmentant ou diminuant la vitesse du papier mouvant. Si, au contraire, la nouvelle onde arrive avant l'extinction de la vibration de l'artère, le sphygmogramme montre des formes anormales selon la phase de la vibration au moment d'interférence. Si le travail du cœur change, c'est-à-dire si la quantité du sang jetée dans les artères par la contraction du ventricule est augmentée ou diminuée, la hauteur des courbes changera. Un changement de hauteur, cependant, n'indique pas nécessairement un changement de l'action du cœur, car la hauteur des courbes peut être affectée aussi par un changement de l'amplitude des vibrations de l'artère.

S"" Les vibrations de l'artère dépendent de deux facteurs : de l'élasticité et delà friction. L'élasticité dépend, dans un temps court et dans un sujet donné, principalement de l'innervation de la paroi et elle dépend aussi du degré de repletion des artères par le sang. Une augmentation du volume du sang fait agrandir la force élastique sous Tinfluence de laquelle la paroi retourne vers sa position d'équilibre et une diminution du volume sera favorable à des vibrations lentes.

La friction dépend de l'état des tissus voisins. Gela explique le fait que des

* n paraît que les élévations dans la partie anacrotique sont un ^ signe anormal. Les sphygoiogrammes de douze personnes de santé normale ont été observés pendant une année sans trouver une interruption do Tascension. Des expériences furent faites de celte manière que le bras, sur lequel Tinstrument était fixé, reposait dans une position horizontale sur une table.

JOUHNAL Dl PHTSIOL. BT DR PATHOL. OBNÉR., 1906. 27

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