ANIMAUX A SANG FROID
Les expériences sur les animaux à sang froid présentent un intérêt théorique sur lequel a déjà insisté Cololian ; elles montrent que Tintoxication de la cellule produit les mêmes effets chez eux que chez les animaux à sang chaud. De plus, elles sont d'une grande utilité pratique, à cause de leur simplicité et de leur rapidité : elles sont au moins précieuses, comme d'ailleurs certaines injections intramusculaires, pour les substances insolubles telles que Talcool amylique, dont Tinjection intraveineuse offre de grands dangers d'embolie.
Les recherches de Cololian ont porté sur des carpes, des goujons, des gardons, des cyprins, des tanches, des anguilles, etc. Ces espèces n'offrent pas absolument la même résistance, celle-ci variant pour Talcool éthylique, par exemple, de 10 c. c. (gardon, goujon) à 17 c. c. (cyprin) pour un litre d'eau (chiffres obtenus par Cololian). Par contre, le poids et les dimensions du poisson ont peu d'importance, comme nous avons pu le vérifier nous-mêixie après Cololian, d'après qui 10 c. c. d'alcool éthylique sont également toxiques pour les goujons gros ou petits : seule la nature de Palcool fait varier notablement les résultats. Nous dirons plus loin que nous avons surtout expérimenté sur le goujon, et quelquefois sur la grenouille.
. La méthode de dilution à laquelle nous nous sommes arrêté, après plusieurs essais, diffère peu de celle de Cololian. Cet auteur place des poissons à la température de 15 à 16® dans plusieurs vases contenant chacun 1 litre d'eau additionnée de doses différentes d'alcool, variant de 1/4 c. c. à 50 c. c, suivant la toxicité présumée, et, au bout de 24 h., il constate la survie ou la mort, et note la dose toxique minima. Nous avons aussi employé cette méthode ; celîe que nous proposons est plus rapide, puisqu'elle renseigne en 15 minutes au maximum, et, à part les différences de quantités, elle nous a donné des résultats proportionnellement superposables ; elle a de plus le mérite d'être toutà-fait comparable au procédé d'injection employé chez les autres animaux. Elle consiste à laisser couler, dans un cristallisoir contenant 1 litre d^eau ordinaire, l'alcool d'une burette de Mohr dont on limite le débit à la vitesse de 4 c. c. par minute environ, soit à l'aide d'une pince de Boem placé sur le tube de caoutchouc servant à l'écoulement, soit à l'aide du bouchon supérieur que nous avons décrit; il faut avoir soin de faire tremper l'aiguille ou la pipette effilée qui termine le tube de caoutchouc, dans le liquide même du cristallisoir, et de brasser ce liquide avec un agitateur, pour rendre la dilution bien homogène, surtout quand il s'agit d'alcools peu solubles. On arrête
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l'écoulement quand la respiration est définitivement arrêtée, ce qui s*apprécie facilement par l'absence du mouvement des branchies.
Les quantités d'alcool nécessaires pour produire la mort aussi vite sont plus fortes que celles données par Cololian: en effet, nos chiffres représentent plutôt la toxicité expérimentale, les siens la toxicité vraie, dont nous ne nous occuperons pas dans ce mémoire. Ces quantités sont évaluées en centimètres cubes par une simple lecture sur l'échelle de la burette. Il est facile de les transformer en grammes^ la densité des différents alcools étant connue (0,8).