IV. — Symptom ATOLOGiB générale
Les symptômes observés pendant les injections dans le sang du lapin ou du chien sont assez uniformes.
a) Les troubles thermiques^ par exemple, sont constants et variables : il se produit un abaissement parfois énorme de la température, qui, à la fin, dépend uniquement de la température ambiante et lui devient égale, descendant ainsi jusqu'à 20<» et au-dessous. Il semble qu'il y ait arrêt complet de la calorification, et que les lapins soient transformés, par l'alcoolisme, en des sortes d'animaux à sang froid. Ce fait, que nous avons trouvé constant, est à rapprocher de cet autre bien connu, que les ivrognes n'offrent aucune résistance au refroidissement, pas plus d'ailleurs qu'à l'hyperthermie des Tropiques.
b) Les troubles respiratoires sont également constants et ce sont les plus précoces : il y a d'abord accélération, puis ralentissement de la respiration, qui devient bruyante, puis s'arrête, mais peut être encore ranimée par la traction de la langue, si l'on suspend l'intoxication. Ce dernier point a bien son intérêt, et peut être mis en pratique chez l'homme, au début des crises souvent mortelles d'alcoolisation massive et foudroyante, comme on en observe parfois.
c) Les troubles cardiaques consistent en accélération, puis en ralentissement des battements du cœur, avec affaiblissement ensuite et arythmie. L'autopsie rapide montre que l'arrêt du cœur est postérieur à l'arrêt respiratoire.
d) Les troubles sensitivo-nioteurs méritent d'être l'objet, à nôtre avis, d'une courte discussion. L'opinion classique est que ces troubles sont marqués, au début, par une courte phase d'excitation, d'ailleurs inconstante, et ensuite par une phase de paralysie très nette, constante et définitive. Dans toutes nos expériences, entreprises avec des alcools de pureté parfaite, la phase d'excitation, le plus souvent totalement absente, ne s'est jamais traduite chez le chien, le lapin, le cobaye, que par quelques mouvements fibrillaires très superficiels et très passagers, jamais par des secousses véritables, comme en ont signalé quelques auteurs.
Il nous paraît important d'insister sur ce point, à cause de l'opinion contradictoire de M. Valentino, pour qui l'alcool pur serait un convulsivant.
Nous croyons que la caractéristique symptomatique de l'intoxication par Talcool pur, c'est la paralysie : cette paralysie est constante, atteint à la fois le mouvement et la sensibilité ; elle se traduit surtout par une parésie flasque du train postérieur, et aboutit finalement au coma mortel.
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é) Les troubles oculaires sont également faits surtout de paralysie : le nystagmus est très rare; on observe le plussouventlamydriase et toujours la perte du réflexe cornéen.
/) Il y a des troubles digestifs : diarrhée sanglante, salivation (surtout avec les alcools méthylique et éthylique), etc. Les mictions sont rares ; il faut d'ailleurs les éviter autant que possible au cours de l'expérience.
g) Quelques particularités ont été signalées, par exemple à propos du/iirîurol (Lépine, Magnan et Laborde, Joffroy et Serveaux, Antheaume) et de Talcool méthylique. Nous n'avons pas expérimenté sur le furfurol. Dans l'intoxication par l'alcool méthylique^ les accidents graves sont tardifs et de longue durée ; l'élimination est particulièrement lente, les mictions supprimées. On sait que l'alcool méthylique, tout en étant moins dangereux que les autres, a parfois causé des accidents chez l'homme (Dron *, Viger*).