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V. — Symptom ATOLOGiE spéciale aux animaux a sang froid

Nous avons expérimenté sur des grenouilles vertes et sur des poissons (goujons, vairons, ablettes, tanches, perches, etc.).

a) Nos grenouilles étaient injectées sous la peau à l'aide d'une seringue de Roux, à raison de i c. c. par minute. Ces expériences ont confirmé, en général, les résultats de nos recherches sur les poissons : c'est ainsi que V alcool méthylique s'est montré moins toxique que l'alcool éthylique, tuant à la dose de 12 à 15 c. c, ce dernier à celle de 9 k 10 ; c'est ainsi encore que la symptomatologîe a été faite, tout entière, de paralysie, d'anesthésie, sans phase notable d'excitation.

b) De plus, l'injection à des grenouilles, après mise à nu du cœur et des poumonSy nous a lait assister à l'apparition des troubles circulatoires et respiratoires, plus précoces avec Talcool éthylique (4 à 7 c. c.) qu'avec l'alcool méthyhque (6 à 14 c. c), comme aussi les troubles sensitivo-moteurs ; les troubles cardiaques nous ont paru particulièrement intéressants et faciles à enregistrer par cette méthode, avec la légère accélération du début, suivie d'un ralentissement notable des pulsations, qui passent de 44 à 56, pour tomber à 8, quelquefois avec rythme fœtal ou bigéminé : les mouvements respiratoires cessent avant les battements du cœur.

c) Chez les poissons, nous avons tenté parfois l'intoxication foudroyante et massive, en projetant directement Talcool, à l'aide d'une seringue, dans la bouche des poissons : par cette méthode encore, nous avons trouvé Talcool méthylique moins toxique (2 c. c.) que l'alcool éthylique (1",5).

d) Nous nous sommes surtout servis de goujons de taille moyenne^ mais à peu près égale, et nous avons suivi le plus souvent la méthode que nous avons indiquée plus haut. Bien que la perte de l'équilibre nous ait paru, assez souvent, un peu rapide, sous l'influence de l'alcool méthylique, Talcool éthylique s'est nettement montré plus toxique, soit au point de vue de la dose mortelle suffisante (voy. le tableau), soit au point de vue de la survie, con-

* Dron. Dos dangers de l'emploi de l'alcool méthylique dans l'industrie (Lyon zaédic^} 1874).

■ VioER (Journ. Soc, méd.y Caen et CalvadoSy 1877).

trairement aux conclusions de Gololian : en dilution à 15/1000, Talcool éthylique tuait le goujon en 2 h. 20, Talcool méthylique en 4 h. 40.

Gololian classe les alcools en excitants (alcools méthylique et éthylique), convulsivauts (propylique et butylique), anesthésiques et convulsivants (amylique).

Et, dans Tintoxication éthylique, il distingue 4 périodes : période de calme, période d'ivresse et d'agitation, période de prostration et d'anesthésie, période de coma.

En reprenant les expériences de Gololian (Taprès sa méthode, nous avons aussi observé parfois de courtes périodes d'agitation, pendant lesquelles le poisson, surpris de se trouver brusquement plongé dans un milieu inaccoutumé, se débat et saute parfois hors du cristallisoir.

e) Avec la méthode progressive que nous recommandons, ces phénomènes d'excitation ont toujours été légers et transitoires, ou même complètement absents : au bout de quelques instants, les poissons perdent l'équilibre, se couchent sur le flanc puis sur le dos ; la respiration branchiale, d'abord accélérée, se ralentit et s'arrête ; la sensibilité est vite supprimée, et les coups donnés sur le vase ne réveillent bientôt plus le poisson ; puis c'est le coma et la mort, à moins qu'on ne replace bien vite le poisson dans l'eau pure : à l'ouverture du cadavre on constate que le cœur continue à battre encore un certain temps après l'arrêt de la respiration, fait relevé déjà chez les grenouilles, et chez les animaux à sang chaud.

Nos expériences nous autorisent donc à dire que les alcools sont surtout des anesthésiques, des stupéfiants, des paralysants, et non des convulsivants (Valentino), des excitants (Gololian) : la propriété épileptogène appartient à certaines essences, aux liqueurs (absinthe), non aux alcools.

f) En somme, l'alcool pur, contrairement aux essences, est très peu convulsivant, et presque exclusivement paralysant. Valentino (qui cependant, à tort selon nous, le dit convulsivant) résume ainsi ses effets : incoordination motrice, ivresse comateuse, déshydratation ; il fait remarquer que dans les régions où l'on boit l'alcool pur (Angleterre, Normandie, Bretagne), l'intoxication aiguë revêt la forme comateuse, et que Tinjection d'alcool sous la peau de chats et de rats produit le coma chez ces animaux.

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