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FiG. 10. — Cryoscopie.
Les résultats concernant l'un des observateurs sont représentés par le graphique joint (fig. 40). On voit que les trois coefficients cryoscopiques —, -^ et y ont bi pendant les deux premiers jours du séjour au sommet un abaissement considé-
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en est de fort toxiques auxquels l'urine doit le quart au moins de sa toxi< globale.
De leur rétention dans Torganisme résulte une auto-intoxication dont effets entrent certainement pour une bonne part dans la symptomatolo du mal de montagne. Nous avons d'ailleurs constaté également une rétent des matières minérales; or on sait quelle part importante revient aux sels potasse en particulier dans la toxicité urinaire. Or^ il est remarquable c la plupart des symptômes du mal de montagne sont ceux d'une urémie p ou moins intense. On conçoit d'ailleurs qu'un certain nombre de facte étiologiques entrent en jeu pour en modifier la symptomatologie. C'est ai que la fatigue musculaire chez les sujets non entraînés, le défaut de perm bilité rénale^ TinsufiBsance cardiaque et en général toutes les causes susc tibles d'augmenter l'élaboration des toxines ou d'entraver leur éliminât hâtent l'apparition des symptômes et en augmentent l'intensité, d'où crises aiguës du mal de montagne (nausées, vomissements, coliques, diarrh anurie complète, céphalalgie intense, torpeur intellectuelle^ somnolen éblouissements, syncope). £n dehors de ces différents facteurs d'aggravati le séjour à une altitude supérieure à 4,000 mètres provoque un ensemble symptômes qui constituent le mal de montagne subaigu caractérisé par 1 thénie, l'anorexie, l'insomnie, la céphalée, tous symptômes qui survienn à des degrés divers même chez les sujets très habitués à la montagne S el cèdent qu'après plusieurs jours, au fur et à mesure que l'organisme s'ac mate. L'expérience classique de Regnard met bien en évidence l'influence la fatigue sur l'éclosion des accidents : le cobaye auquel on fait effectuer travail musculaire dans une atmosphère raréfiée présente les symptômes mal de montagne aigu, alors que le témoin soumis à la seule influence de dépression ne manifeste aucun trouble. Toutefois, la somnolence et l'a rexie qu'on observe constamment chez les animaux soumis à la depress montrent qu'en dehors de toute fatigue musculaire ils présentent les syi tomes du mal de montagne subaigu. L'économie réagit contre l'anoxyhéi par une active néoformation d'hématies* et contre Tauto-intoxication pari décharge urinaire, véritable crise comparable à celle des maladies infectieu et qui marque le début de l'acclimatement.
Ces faits viennent à l'appui de la théorie développée en 1887 par M. B chard ' sur la pathogénie de l'urémie et sur l'importance thérapeutique inhalations d'oxygène dans les cas d'auto-intoxication. « Ce qui est surt toxique, écrivait-il à cette époque, ce sont les produits de la vie sans o gène. Augmentez l'oxygène disponible, vous n'augmenterez que très me rément la désassimilation; mais les produits de cette désassimilation ser beaucoup moins toxiques. J'ai vu le séjour dans l'air comprimé diminuer plus de moitié la toxicité urinaire. Il est donc rationnel d'adopter la prati de Jaccoud, qui vante les inhalations d'oxygène dans le traitement l'urémie. >
1 Notre guide, qai avait fait une centaine de fois l'ascension da mont Blanc et plus! séjours prolongés & Tobservatolre, nous avouait se trouver moins à i'aise que dai vallée.
« H. GuiLLBMARD et R. Mooo, C. R., t. GXXXXII, 1906.
3 Bouchard, Leçon $ur let auto-intoxicatione dam le$ maladiee, i8S7.
NUTRITION GÉNÉRALE AUX HAUTES ALTITUDES
De autre conséqaence pratique des faits que dous venons d'exposer est livante. A une époque où les chemins de fer de montagne se multiplient ont dans un avenir prochain aborder les grandes altitudes (Yungfrau, it Blanc), les ascensions jusqu'alors réservées aux sujets robustes et bien aînés seront à la portée de tous. Le travail musculaire de l'ascension supprimé et avec lui les crises aiguës du mal d'altitude, mais non pas 3xyhémie et ses conséquences sur la nutrition : accroissement de la toxiurinaire et arrêt plus ou moins complet de la diurèse. Il y aura lieu de »uter de sérieux accidents d'urémie chez des sujets dont la fonction d'éliation présente une tare avérée ou latente, soit que la perméabilité rénale amoindrie, soit que le cœur ne soit pas apte à maintenir, dans ces con« )ns nouvelles, l'intégrité de la pression artérielle, ce point de vue, deux facteurs importants sont à considérer : l'altitude L durée du séjour qu'on y accomplit.
quelle altitude la dépression atmosphérique commence-t-elle à impresner fâcheusement l'économie? 11 est vraisemblable que, au fur et à ure que diminue la tension d'oxygène dans le sang, ce dernier se charge léchets azotés incomplètement brûlés ; tout dépend dès lors de la façon t se comporte le rein ; de là d'inévitables variations individuelles ; c'est i que, dans une même caravane, à la même altitude et dans les mêmes litions, certains sujets ont le-mal de montagne auqpiel échappent leurs pagnons de route ; c'est ainsi encore qu'un sujet parvenu indemne sur la î se trouve indisposé à la descente. Mais on peut affirmer que, à une aine altitude, on voit toigours apparaître les symptômes de cette affecque nous avons décrite sous le nom de mal de montagne subaigu. Nous )ns tous ressenti à l'observatoire Janssen (4,810 m.). M. Kûss, pendant ieux séjours qu'il a faits à l'observatoire Yallot (4,350 m.), l'a également ^rvé sur lui-même et sur la plupart des personnes qui l'accompagnaient, s pensons toutefois qu'au-dessous de 4,000 mètres un sujet normal it complètement indemne, surtout si toute fatigue musculaire lui est 'gnée.
lelle est la durée du séjour nécessaire à l'apparition des symptômes de ufQsance de dépuration urinaire? Pour ce qui nous concerne, c'est à ir du lendemain même de notre arrivée au sommet, c'est-à-dire après un ur de 12 heures environ, que nous avons observé simultanément avec un dlélisme frappant les signes du ralentissement de la diurèse. On conçoit leurs qu'un certain laps de temps soit nécessaire pour accumuler dans le ; la quantité de matière toxique suffisante pour retentir sur la fonction Je. On doit admettre que, si des ascensions en ballon ont permis à cer- 3 sujets d'atteindre sans être indisposés des altitudes bien supérieures à IS du mont Blanc, cela tient uniquement à ce qu'il n'y a jamais eu de ur de notable durée à l'altitude maxima atteinte.
)us ces faits viennent à l'appui des conclusions par lesquelles M. Kro- [er, chargé d'étudier au point de vue médical le projet du chemin de fer I Yungfrau, termine son travail. Il paraît nécessaire qu'à la station de irt un médecin puisse examiner les voyageurs et se rendre compte s'ils ont pas atteints d'affections de nature à faire déconseiller l'ascension ; la on terminale devra être installée de telle manière que les voyageurs
(M 6UILLEMARD ET MOOG
paissent jouir de tout le coup d'œil sans avoir besoin de monter; ei^n il viendra de conseiller aux voyageurs non habitués aux altitudes élevée ne pas rester plus de 2 ou 3 heures à la station du sommet.
COMPARAISON AVEC LES RÉSULTATS FOURNIS PAR l'ÉTUDE DES ÉCHANGl
RBSPmATOIRES
On a essayé de mesurer rintensitè des combustions intra-organiques [en fa Tétude des échanges respiratoires. M. Kûss, à qui nous deyons une récente et intéressante étude faite sur ce sujet à l'obserTatoire Vallot, conclut que c les bustions intra-organiques, mesurées par les échanges respiratoires, et toutes cl égales d'ailleurs, ne sont pas modifiées par un séjour à l'altitude de 4,350 mé elles ne subissent d'autres variations que les variations habituelles observée plaine sur tous les sujets > .
irfaut Dotér d'ailleurs, et M. Kûss en fait la remarque, que les résultats obi par les expérimentateurs qui l'ont précédé dans cette voie ne sont nullement cordants ; < les uns montrent, écrit-il, l'invariabilité des échanges respiratoires nous avoDs nous-mêmes observée; les autres conduisent à admettre unestimul des combustions intra-organiques, ce qui est en opposition complète avec nos : tatations. Nous ne croyons pas qu'il soit possible d'expliquer ces différence admettant une variabilité d'action du climat d'altitude suivant les individus, croyait en général & une stimulation des combustions intra-organiques sous fluence excitante du climat de la haute montagne. M. Kûss montre qu'il n ei rien, et par là ses conclusions se rapprochent beaucoup plus des nôtres que cell ses devanciers. Il semble définitivement acquis que l'étude des échanges res toires ne démontre aucune augmentation des combustions dans les hautes altiti mais est-elle susceptible d'enregistrer la légère diminution des oxydations, résulte la surproduction de toxines alcaloidiques dont nous avons constaté la sence dans l'urine? Nous ne le pensons pas et il est aisé de le montrer. Les l maînes, produits immédiats de la désintégration des albuminoides, disparai normalement dans le protoplasma réducteur par hydrolyse et à la périphérie cellules par oxydation. Une petite quantité de ces substances résiste toujours double processus, mais si les oxydations diminuent une plus grande quantité re dans le sang. En supposant que tout leur carbone passe à l'état de CO* par oi tion (ce qui certainement n'est pas), pourraît-on, en mesurant l'acide carboi exhalé, se rendre compte de cette diminution des oxydations? La créatinin< brûlant complètement dans un tube à combustion, donne naissance très seni ment à une fois et demie son poids de CO'; l'apparition dans les urines d'un exe
I gramme de creatinine en 24 heures (ce qui en- doublerait à peu près la dose maie), équivaudrait, si les choses se passaient ainsi dans l'organisme, à une < nution de 1>',50 de CO* exhalé. Or un adulte élimine chaque jour 925 gramm< CO* en moyenne. Dans cette hypothèse, la quantité de CO' mesurée diminuer!
5^. Si nous remarquons que d'ailleurs la combustion totale que nous i
supposée ne se réalise jamais dans l'organisme, il n'est pas douteux que i minimes différences dans la quantité de CO* exhalé doivent échapper à la me
II est vraisemblable que la destruction des déchets azotés, corps relativement ciles à brûler, exige une certaine tension d'oxygène dans le sang; nous pensent l'étude des résultats obtenus par l'analyse urinairo fournit à cet égard des doi plus précises que le cbimisme respiratoire.
NUTRITION GÉNÉRALE AUX HAUTES ALTITUDES
e l'exposé que nous Tenons de faire^ nous tirerons les canclmûms généralef
'antes :
. L'anoxyhémie qui résulte du séjour dans l'air raréfié des hautes alti-
» détermine une diminution légère des combustions intra-organiques,
se traduit par la formation d'une quantité anormale d'alcaloïdes toxiques.
contre, l'acide urique ne subit pas de variations.
. Ces substances réagissent sur le rein en provoquant une diminution
»agère de la diurèse, caractérisée par une rétention d'eau et de matériaux
tés et salins.
. De cette rétention résulte une auto-intoxication dont les symptômes
Btituent le mal de montagne. Toutes les causes susceptibles d'augmenter
iboraUon de toxines ou d'entraver leur élimination (fatigue musculaire.
lifisance cardiaque, rénale ou hépatique), hâtent l'apparition dés symp-
es et en augmentent l'intensité (mal de montagne aigu). En dehors de
facteurs d'aggravation, le séjour à une altitude supérieure à 4,000 mètres
^oque un ensemble de symptômes qui constituent le mal de montagne
aigu.
. L'économie réagit contre i'anoxyhémie par une active néoformation
^maties et contre l'intoxication par une décharge urinaire comparable à la
e des maladies infectieuses.
. Les sujets dont les fonctions d'élimination présentent une tare même
Te ne peuvent sans risquer de sérieux accidents d'urémie effectuer un
>ur même de courte durée aux grandes altitudes.
SUR LE RYTHME DES OSCILLATIONS ÉLECTRIQUES DU MUS( DAN8 LA CONTRACTION RÉFLEXE ET VOLONTAIRE