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empêcher la rentrée. Supposons que ce soit l'osmose : elle est le fait d'un surcroît de concentration; ce même surcroît qui a favorisé la sortie doit empêcher la rentrée. En 'd*autres termes, tous les mécanismes dans lesquels l'énergie développée est extérieure aux cellules rénales (énergie mécanique, énergie de concentration) ne peuvent expliquer à la fois la rentrée et la sortie : autrement, ce serait une possibilité de mouvement perpétuel. Dès lors l'un des phénomènes au moins doit être le fait d'un travail développé à l'intérieur des cellules rénales. Et les partisans de la résorption sont obligés d'admettre l'existence d'un travail cellulaire pour l'expliquer.
On en arrive donc au même point, soit qu'on n'admette pas, soit qu'on admette une résorption. Mais des arguments de fait rendent l'existence de ce processus peu probable.
Les auteurs nous disent que la rentrée se fait par un mécanisme d'« échange », sans d'ailleurs préciser autrement. — Nous avons vu que, quand on injecte de petites doses de cristalloi'des^ il y a sortie du cristalloîde à une forte concentration, sans que celle des autres s'abaisse : où est l'échange? De même quand on injecte de la caféine (Asher et Michaud), la concentration du chlorure de sodium? qui ne change pas dans le sang, augmente dans l'urine sans abaissement des concentrations des autres substances*.
^ la vérité, la théorie de la résorption n'est pas une théorie du mécanisme rénal; c'est surtout, comme nous le verrons, une théorie anatomo-physiologique créée pour rendre compte des différentes parties du rein. Elle invoque une sortie puis une rentrée de substances^ et on ne peut concevoir cette rentrée que par un travail cellulaire. Et nous aurons à nous demander s'il n'est pas plus simple, puisqu'il faut un travail cellulaire, qu'il serve à la sortie seulement.
7. En résumé nous croyons que les résultats que nous avons apportés dans nos précédents mémoires et que nous venons de rappeler sufQsent à démontrer que le mécanisme de l'élimination de l'eau et des cristalloîdes n'est pas simple. Aucune des hypothèses, ne tenant compte que de la filtration, de la diffusion, de la dialyse, de l'osmose, ne suffit à rendre compte des constatations expérimentales.
L'eau, les sels, les sucres, l'urée ne peuvent s'éliminer que grâce à un travail cellulaire, en donnant au mot travail son sens strict.
C'est ce que nous avons exprimé en disant qu'il se fait au niveau du rein une véritable sécrétion ou < sélection > de l'eau et des cristalloîdes*.
1 Quand on injecte un cristalloîde à dose massive, sa concentration dans l'uriDe va en augmentant, cependant que celle des autres cristalloîdes s'abaisse. Mais il ne s'agit ici nullement d'un échange, mais bien d'une inégalité d'élimination. En effet, si l'on injecte successivement deux cristalloîdes, quels qu'ils soient, au moment de l'injection du second, ceUe du premier baisse. Dira-t-on alors que le sucre, par exemple, rentre dans l'organisme pour faire sortir de l'urée; ou le sulfate de soude pour faire sortir du chlorure de sodium, ou l'urée pour faire sortir du chlorure de sodium?
* De ce fait qu'il existe un travail développé par les cellules, faut-il renoncer à con> naître de quelle nature physico-chimique il est? Évidemment non. Ce travail de concentration fait par les cellules n'est pas sans analogue parmi les phénomènes physiques : nous faisons allusion aux phénomènes d'absorption et d'imbibition. Mais ils sont encore à peine étudiés par les physico-chimistes.
II* PARTIE. EXAMEN DES HYPOTHÈSES SUR l'aNATOMO-PHYSIOI.OGIE DU REIN
8. Le problème anatomo-physiologique ne consiste pas à trouver le mécanisme de la sécrétion rénale, mais à faire voir : i* par quelle partie du rein passent les différentes substances excrétées (eau et cristalioîdes); â"" quel est le rôle des différents organes dont est constitué le rein.
Les parties anatomiquement différentes dont il s'agit de savoir la fonction sont surtout au nombre de quatre : 4"» les glomérules de Malpighi; 2» le réseau capillaire dont les mailles s'étendent à travers le rein ; d"* l'épithélium des tubes urinifères; 4* les espaces intertubulaires.
Il nous faut insister sur ce 4* élément. Sur une coupe du rein, on voit les membranes basâtes des tubes urinaires accolées : les tubes sont au contact; de loin en loin, on voit la coupe d'un vaisseau; les cellules rénales ne sont donc pas en relation directe avec le sang. Il n'y a, sur la coupe, qu'un capillaire pour plusieurs tubes, et encore n'est-il en relation qu'avec un des points du tube. Au cours des polyuries^ les tubes cessent d'être accolés par leurs membranes basales. On voit alors qu'entre eux existent de véritables espaces, analogues à des espaces lymphatiques ou à du tissu cellulaire lâche.
LIEU DE PASSAGE DES ÉLÉMENTS DE l'uRINE
Examinons les hypothèses classiques sur les lieux de passage de l'eau et des cristalloîdes.
9. Lieu de passage de l'eaa, - La plupart des auteurs admettent que l'eau passe à travers les glomérules de Malpighi. Remarquons tout de suite qu'aucune expérience directe ne l'a jamais montré. Cette croyance repose sur des présomptions qui sont au nombre de deux : 1° quand on admet que leau passe par filtration à travers le rein, on est conduit à chercher parmi les organes du rein une paroi filtrante très simple : la capsule de Bowman est une membrane peu compliquée; 2* par analogie avec ce qui se passe pour les autres capillaires du corps, on admet que ceux du glomérule laissent passer l'eau à travers leurs parois.
Il faut remarquer toutefois que nous ne savons pas si la capsule glomérulaire est comparable physiologiquementàun endothelium; nous savons que, si les colloïdes colorés passent à travers les capillaires du reste du rein, puisqu'on les retrouve dans l'épithélium, ils ne traversent pas les capillaires glomérulaires : raison de penser qu'ils ne sont pas absolument semblables.
« Nous avons essayé de voir quelles modifications histologiques du rein se produisent quand on provoque une élimination abondante d'eau'.
Nous avons le moyen de les produire, par ingestion forcée ou par injection, soit en faisant varier la quantité d'eau du sang, soit sans qu'elle varie (sécrétion vraie).
Or, dans tous ces cas, les modifications sont les mêmes. D'abord, macroscopiquement^ quand on coupe le rein, on le trouve gonflé d'eau et comme œdématié. Nous avons montré d'ailleurs que sa densité a diminué. Microsco-piquement, si nous examinons les glomérules, nous voyons qu'ils ne sont^
> Qe même numéro, p. 624.
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nullement modifiés. Par contre, les autres territoires rénaux le sont considérablement. Avant tout, les espaces intertubulaires sont très élargis. Us sont remplis d'eau S ce qui rend compte de Timbibition macroscopiquement visible.
A quoi correspond ce passage d'eau dans les espaces? Est-ce le fait d'un passage du sang vers les espaces ou d'une résorption d'eau venue du glomerule et allant du tube urinifère vers les espaces à travers l'épithélium? Cette résorption serait invraisemblable. Supposons le cas d'une sécrétion vraie de l'eau, c'est-à-dire le cas où la quantité d'eau du sang ne varie pas. Brusquement, la sécrétion de l'eau augmente énormément. Comme si ce travail ne suffisait pas, il faudrait qu'il y eût encore par surcroît assez d'eau rejetée par le glomérule, non seulement pour suffire à cette polyurie, mais encore à une résorption considérable. Et pourquoi cette résorption? N'est-il pas bien plus simple de supposer que cette eau des espaces vient des capillaires, qu'elle n'est qu'entreposée dans les espaces, qu'elle passe par l'épithélium et s'en va sous forme d'urine. On s'explique ainsi que cette dilatation des espaces commence avec la polyurie et finisse avec elle.
Si l'on examine l'épithélium, on le trouve profondément modifié, extraordinairement aplati.
La hauteur du protoplasma peut être le 4/3 de la normale. Dira-t-on qu'il est refoulé par l'eau sortie du glomérule? Mais alors il serait refoulé in tato et non diminué de hauteur; d'ailleurs, ses caractères même ont changé; il est clair^ ses files sont écartées. Ces modifications sont vraisemblablement dues au passage de l'eau.
Au total, nous pensons que les modifications histologiques qu'on observe au cours de toutes les polyuries aqueuses donnent à croire que l'eau est éliminée en deux temps : dans un premier temps^ elle passe à travers la paroi endothéliale des capillaires rénaux et vient remplir, puis distendre, les espaces intertubulaires; dans un second, elle traverse les cellules épithéliales des tubes.
10, Lieu de passage des cristalloïdes, - Les opinions les plus diverses sont émises par les auteurs touchant le lieu de passage des cristalloïdes. La plupart pensent qu'ils passent à travers le glomérule. 11 n'y a pas d'expériences qui le montrent. D'autres pensent que certains cristalloïdes traversent l'épithélium : par exemple, on a pu montrer directement que le ferrocyanure de potassium est éliminé par ces cellules; après injection de ce sel, elles se colorent en bleu par le perchlorure.
Nos expériences histologiques apportent un argument en faveur du passage par Tépithélium des sucres et de la plupart des sels. Nous avons en effet pu montrer que leur élimination est toujours accompagnée de la formation, dans*le protoplasma tubulaire, de vacuofes caractéristiques '. Toutefois, ces vacuoles n'apparaissent pas après injection de chlorure de sodium ou
* Cet élargissement des espaces, cette imbibitioD du rein par l'eau sont des conditions indispensables de la polyurie. Nous rappelons ce fait parce que Lôewi, ayant enfermé le rein dans une masse de plâtre, a vu qu'ensuite l'action des diurétiques était sans effet. H en conclut que cette action se fait par rinteruiédiaire d'une vaso-dilatation. On voit que pour nous l'explication est tout autre.
• Ce numéro, p. 630.
d'urée. Mais nous ne croyons pas que ce soit une raison pour penser que le lieu de passage de ces deux substances soit différent : les conditions générales de leur élimination sont les mêmes que celles des sucres; et il est raisonnable de penser que des éléments qui passent habituellement en abondance dans les cellules n'y provoquent pas des modifications aussi profondes (vacuoles) que les éléments qui sont éliminés sur Theure, en grande concentration.
Au total, nos constatations rendent probable le passage des cristalloïdes par les cellules épithéliales. Ils suivraient la même voie que l'acide urique, les colloïdes, etc.