RECHERCHES SUR LA TUBERCULOSE RÉNALE
Arloing, Rodet et CourmontS injectant à des lapins des < doses médicinales fréquemment renouvelées de tuberculine», ont relevé parmi les altérations provoquées < les lésions de la néphrite parenchymateuse. >
Les constatations, rapportées dans ce travail, nous semblent trop pauvres de détails pour qu'on puisse, dans l'état actuel des choses, en faire état.
Carrière * a inoculé avec de la tuberculine de l'Institut Pasteur 9 cobayes et ii lapins; les uns ont reçu des doses massives et répétées, les autres des doses plus faibles, quotidiennes.
En réalité, des doses énormes ont été injectées chez tous^ car nous voyons rangés, parmi les animaux de la seconde catégorie, des sujets qui ont reçu chaque jour 1, 2 ou 3 ce. de produit soluble, et ont vécu 5 ou 6 mois. Nous n'avons jamais pu réussir de telles expériences, nos animaux succombant plus rapidement à de telles doses. Carrière a constaté de l'hyperémie glomérulaire ou de la glomérulite, d'autant plus prononcées que Texpérience est plus prolongée; de la tuméfaction et de la nécrose des epitheliums de Heidenheim, avec formation de cylindres; enfin, de l'endartérite légère et des hémorragies chez les animaux intoxiqués par de hautes doses. Donc, lésions congestives ou hémorragiques, lésions vasculaires et lésions épithéliales, pas de lésions interstitielles.
Carrière ne dit pas si tous les animaux ont présenté le même ordre de lésions. En outre, les doses élevées de tuberculine employées permettent de ne pas accepter a priori son interprétation de ces expériences. Straus a soutenu, en effet, que la glycérine qui, dans le produit artificiel, véhicule le poison, est le véritable agent des lésions qu'il provoque. De fait, à doses élevées, la glycérine peut déterminer de semblables lésions rénales.
Pour éviter cette objection, Ramond et Hulot-* ont appliqué le procédé de Nocard à l'étude de la tuberculose; enfermant des cultures de bacille de Koch dans des sacs de collodion et insérant ceux-ci dans le péritoine d'animaux, ils ont espéré réaliser ainsi les véritables lésions rénales dues aux poisons diifusibles du bacille, par un procédé comparable à celui qu'il emploie dans l'organisme humain. Les auteurs ont inoculé 5 cobayes et 2 lapins, qui ont vécu de 9 semaines à 4 mois. Ils ont observé surtout des lésions épithéliales, caractérisées par de la tuméfaction trouble et vacuolaire et la désintégration du noyau, et un léger degré de glomérulite chez un cobaye mort au 9' mois.
£n résumé, parmi les faits invoqués par la théorie toxinique des néphrites tuberculeuses, les uns sont inutilisables parce qu'ils ne dérivent pas d'expériences concluantes, lefs autres s'appuient sur des résultats obtenus avec la tuberculine de Koch et les sacs de collodion. Comme ceux-ci ne sont encore ni très nombreux, ni ti^ès concordants, que les principaux sont au moins discutables en raison des hautes doses de poison employées, nous avons voulu reprendre ces deux séries d'expériences.
Dans un précédent travail S l'un de nous a publié nos premières constata-
1 Arloing, Rodbt et Courmont. Etude expérim. sur les propriétés attribuées à la tuberculine de Koch. Cong, de la Tub., 1892.
* Carrière. Etude experiment, dos altérations histolog. du foie et du rein produites par les toxines tuberculeuses, Areh. méd. expér.j 4897.
* Ramonu et HuLOT. Action de la tuberculine vraie sur le rein, Soc, de Biol., oct. 1900.
^ Salomon, Rech. expérim.. sur les lésions rénales causées par les poisons tuberculeux» Th. Paris, 1904.