‹ Journal de physiologieChapitre 271 sur 578 · BERNARD ET M. SALOMON · texte numérisé non relu

BERNARD ET M. SALOMON

lions; elles nous amenaient à remarquer < combien sont relativement minimes les lésions rénales provoquées par les poisons diffusibles du bacille tuberculeux. Il y a loin des lésions de néphrite épithéliaie, de dégénérescence amyloVde ou graisseuse de la tuberculose humaine^ aux altérations minimes que provoquent expérimentalement les poisons diffusibles ». Les expériences pratiquées avec la tuberculine n'ont déterminé des altérations épithéliales et congestivcs marquées que dans les cas d'intoxication massive ; or^ les mêmes expériences faites avec les mêmes doses de glycérine engendraient les mêmes lésions. Dans les intoxications légères et prolongées, les lésions étaient au contraire très peu prononcées. Les expériences, faites avec les sacs de collodion, aboutirent à des résultats moins frappants que ceux de Ramond et Ilulot ; les lésions rénales étaient beaucoup plus discrètes que celles décrites par ces auteurs. Aussi Tun de nous avait-il pu conclure que « Texpérimentation laisse entière la question des lésions rénales attribuées aux poisons diffusibles. >

Depuis, nous avons poursuivi nos recherches sur un plus grand nombre d'animaux, traités par la tuberculine ou par la méthode des sacs de collodion.

i° Tuberculine. — Trente animaux ont été inoculés avQC de la tuberculine provenant de l'Institut Pasteur; seuls, 4 lapins ont reçu des injections intraveineuses; les autres animaux, lapins et surtout cobayes, des injections intra-péritonéales .

Avec les inoculations intraveineuses, les résultats sont inconstants, minimes ou nuls : un lapin, qui reçoit 28 ce. en 2 mois i/2 par inoculations quotidiennes, présente un rein à peu près sain : les epitheliums sont très bien conservés; on note seulement une légère tuméfaction glomérulaire. Un autre lapin, qui reçoit, par injections répétées tous les 8 jours, 6 ce. en 2 mois, montre au niveau des reins la même tuméfaction glomérulaire légère, et, çà et là, de la vacuolisation du protoplasma des epitheliums. Mais deux autres animaux qui reçoivent, l'un 15 ce, Tautre iO ce. en 9 mois, ne présentent aucune modification du parenchyme rénal.

Les inoculations intra-péritonéales aboutissent à des données qui ne sont guère plus caractéristiques.

Nous pouvons classer nos expériences en 4 types : dose unique forte ou moyenne; dose forte répétée 2 fois; doses fortes répétées; doses minimes répétées.

De 2 cobayes du même poids (350 gr.) recevant en une fois 3 ce. de tuberculine et mourant le soir même, l'un présente un rein porteur de lésions congestivcs peu intenses, l'autre offre de la tuméfaction trouble des épiUiélîums avec décoloration des noyaux et des glomérules refoulés par une substance grenue exsudée dans la capsule. Un autre cobaye, ne recevant que 2 ce./ meurt 25 jours après : on note une congestion légère du rein sans lésions épithéliales. Un autre cobaye, de petite taille, meurt cinq jours aprèsTinoculation de i c. c. : la congestion des glomérules et des vaisseaux est assez marquée, et il existe une légère vacuolisation de quelques cellules épithéliales avec formation de cylindres épitho'liaux dans les tubes excréteurs.

Il semble donc que l'injection à haute dose de tuberculine ne provoque que de la congestion du rein, avec quelques lésions épithéliales inconstantes.

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