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I. — Historique But

11 n'est pas de bactériologistes qui n'aient eu l'occasion d'observer quelques cas de polymorphisme de bactéries, dont quelques-uns parfois faisaient constater des formes nouvelles si éloignées de celle de la bactérie primitive, qu'ils pouvaient faire douter de la réalité du lien unissant ces deux formes

Il y a des bactéries qui changent de forme, pourrait-on dire normalement, à mesure que la culture avance en kge, tels les bac. typhique et œli communis qui prennent au bout de plusieurs mois l'aspect de filaments pleins (Chantemesse) et le b. tuberculeux (MetchnikofT, Coppen Jones) qui augmente détaille, et se hérisse de ramifications renflées en massues à leur extrémité libre. Dans des conditions diverses, on a de même pu trouver des formes ramifiées au b, diphtérique, des formes en poires au 6. de la rouille (Marx, Galli Valerio, Conrad!) et au vibrion cAo/er i^u^ (Blieseners), de formes allongées ou b. de la peste (Teisi, Matsuchita).

Soumet-on les cultures bactériennes normales à des conditions défavorables et s'opposant à leur développement^ ces variations nécessitant plusieurs mois pour se produire, apparaissent alors en quelques jours : c'est ainsi que la chaleur entre 38*" et40 centigrades fait prendre au microc, prodigiosus la forme de filaments allongés ou renflés (Roger, Wasserzùg) ; que Rœser vit un bacille qu'il avait isolé de l'eau prendre la forme de filaments d'une longueur démesurée; qu'Hansen vit à 40" et 41 %5 centigrades se reproduire le même phénomène avec des bactéries acéti fiantes (B. aceti, B.pasteurianum, B. Kûrtitzingianum) , L'action prolongée d'acides généralement faibles, celle des milieux salins enfin. toutes conditions dysgénésiques, produisent des effets semblables. MM. Yersin et Wasserzùg leur ont vu parfois produire de longues chaînes de streptobacilles; les travaux bien connus de MM. Guignard et Charrin leur ont fait donner au B. pyocyanique les formes les plus variées. M. Gamaleîa retrouve le même phénomène avec quelques autres espèces bacillaires Plus récemment

avec le b. d'Eberth MM. Thiercelin et Jouhaud voient réapparaître ces formes involutives sous l'influence du bichromate de potasse.

C'est à ce même groupe de faits que se rattachent nos résultats. Signalés çà et là, isolément le plus souvent^ nombre des faits précédents apparaissent ainsi comme des caprices de la nature, et peu d'auteurs semblent avoir songé à chercher l'étendue du phénomène quails révèlent^ la généralisation possible, les limites qu'il présente ; à préciser les conditions auxquelles il obéit. C'est à quoi nous venons apporter la contribution de ce travail^ d'ailleurs encore incomplet aujourd'hui.

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