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DÉPENSE D'ÉNERGIE DANS LE FONCTIONNEMENT DU CCEUR

d'exemple de pression inférieure à 9 centim., parce que dans ces conditions, Torifice veineux étant à un niveau plus élevé que 1 orifice artériel, il n'y a plus réellement travail. Le cœur se trouve soumis à un véritable lavage, ma?s alors la durée de persistance des contractions spontanées est extrêmement considérable. Si Ton prend la précaution de préparer le cœur et de conduire l'expérience aseptiquement, on peut observer les battements pendant plus de 5 jours. On observe une survie analogue en ne renouvelant pas le liquide et en se servant du dispositif à circulation fermée.

La rapidité de l'épuisement du cœur isolé où circule du liquide de Ringer dépend donc de la pression qu'il a à surmonter. On ne peut objecter que, dans les cas de pression élevée, le cœur s'arrête uniquement par insuffisance de renouvellement de son contenu amenant l'accumulation de CO* ou de substances fatigantes. En effet, un lavage d'un tel cœur arrêté détermine bien une reprise momentanée de l'énergie, mais cette reprise est toujours de très courte durée. De plus, des battements inefficaces persistent souvent pendant longtemps après la cessation de l'écoulement^ c'est-à-dire de tout travail utile; mais un cœur qui a travaillé sous une forte pression jusqu'à épuisement et qu'on soumet ensuite à un lavage à pression nulle, ne présente jamais une durée de survie bien considérable.

Ces faits paraissent explicables si on les rapproche de ce que l'on sait de la physiologie du muscle strié ordinaire.

Le travail du cœur ne doit pas être apprécié uniquement par son résultat extérieur, l'élévation d'une certaine masse de sang à une certaine hauteur avec une certaine vitesse, mais aussi par le travail intérieur, la création de force élastique qu'il doit accomplir pour lutter contre la pression. Ce travail intérieur peut être considérable, alors que le travail extérieur est très faible.

Par exemple, dans le cas de pression maximale avec écoulement nul et, par conséquent, de travail mécanique nul, cas de travail statique, pourrait-on dire, les travaux intérieurs ne sont nullement négligeables.

On peut donc penser que, si Ton pouvait mesurer l'énergie dépensée par le cœur pour son travail sous différentes pressions, on trouverait dans cette mesure la raison des variations observées dans la persistance de sa puissance. Si Ton y fait circuler un liquide impropre à lui fournir de l'énergie, il utilisera celle qu'il possède en réserve, et celte utilisation sera d'autant plus rapide que la pression sera plus forte.

La comparaison des débits aux diverses pressions a montré à Marey ' qu'ils variaient sensiblement en raison inverse l'un de l'autre. Le calcul montre aisément, comme l'a signalé Dreser, que le produit de ces deux quantités, le travail extérieur, est maximum pour leur position moyenne. C'est ce que vérifie l'expérience. Pour des périodes de courte durée le travail utile d'un cœur isolé est maximum, quand la pression à laquelle il est soumis est la moitié de sa force absolue. La pression aortique mesurée dans l'aorte gauche de la grenouille est voisine de cette valeur, 25 à 30 centimètres d'eau en moyenne. Comme l'aorte droite offre, sans doute, à elle seule un déversement insuffisant, il est probable que, normalement, la pression aortique est légèrement inférieure au chiffre précédent. C'est d'ailleurs pour des valeurs

» Trav. du lab., IV, p. 171, 1878.

JODRNAL DE PHYSIOL. ET DE PATHOL. 6ÊXBR., 1906. 65

9M M. M. LAMBERT

de la pression artérielle inférieure à la moitié de la force absolue qu'est seulement possible l'unifoi^misation du travail accompli, selon la loi de Marey, par des variations inverses de la fréquence et de la pression. Même dans ces limites la dépense d'énergie ne se maintient sans doute pas uniforme.

Pour connaître cette dépense d'énergie quand le cœur de la grenouille fonctionne à la pression de 20 centim.^ il faudrait pouvoir appliquer la formule de Chauveau et déterminer, outre Ténergie de travail utile et l'énergie de vitesse, Ténergie de soutien. Sans doute dans revaluation de ce dernier terme, étant données les limites relativement restreintes entre lesquelles peut varier le raccourcissement cardiaque, l'influence de la charge est-elle prépondérante.

J'ai pris soin, dans les expériences précédentes, de ne pas trop m'écarter des conditions dans lesquelles le cœur se trouve normalement, et ne vois pas d'autre explication plausible de Tarrét précoce aux pressions élevées qu'une augmentation des phénomènes de désassimilation. Cela semble d'autant plus vraisemblable que le glycogène disparaît des cœurs qui ont effectué une intense transformation d'énergie.

J'ai employé pour la recherche du glycogène dans le cœur de grenouille un procédé analogue à celui de Jensen ^ sauf qu'au lieu de traiter le cœur par l'eau bouillante et le liquide d'extraction par le réactif de Brûcke, j'ai simplement utilisé l'acide trichloracétique à 4 0/0. Je faisais avec une solution de glycogène à 0 J 0/0 dans l'acide trichloracétique une série de tubes contenant pour 4 c. c. des quantités décroissantes de glycogène. Ces tubes étaient additionnés de 2 c. c. d'une solution iodo-iodurée convenablement étendue. Le cœur, divisé aussi finement que possible, est trituré avec 2 c. c. de solution trichloracétique et laissé en contact pendant i/2 heure. Après filtration on reprend 2 fois par 1 c. c. de solution, et complète, s'il est nécessaire, le volume de liquide recueilli à 4 c. c. On l'additionne de 2 c. c. de la solution iodée et compare la coloration à celle des tubes titrés. J'ai trouvé ainsi des chif res analogues à ceux de Jensen^ soit de 0,0002 à 0,0004 ponr le cœur normal. Je ne crois cependant pas que l'on puisse accorder grande confiance à des dosages effectués sur des objets si délicats. Mais on peut demander à la méthode des renseignements sur la présence ou l'absence da glycogène. Or, sur 36 recherchés de substance glycogène ayant porté sur des cœurs extirpés depuis moins de 24 heures et ayant travaillé sous une pression suifisante pour amener la cessation définitive des contractions, le résultat a été 27 fois négatif. En voici un exemple :

Expérience. — Un cœur de grenouille isolé commence à fonctionner & 4 h. 15 do soir dans l'appareil à circuit fermé. Pression veineuse, 6; pression artérielle, 30, Aa bout de 1 h. 4/2 de travail régulier, l'orifice de l'écoulement artériel est amené à 0. On recueille le liquide qui s'écoule et le remplace par du liquide frais dans le réservoir veineux. Après qu'il est passé 440 c. c. de Ringer, le cœur est nus de nouTean dans les mêmes conditions qu'au début. Les contractions continuent à s'eftectaer

« ZeiUchr. f, physiol. Chemie, 35, p. 525, 1902.

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