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DÉPENSE D'ÉNERGIE DANS LE FONCTIONNEMENT DU COEUR

avec énergie. Le lendemain matin le cœur est arrêté. En amenant l'orifice artériel à 0, et renouvelant le liquide, les contractions réapparaissent, mais cessent de nouveau rapidement quand la pression est rétablie. Cette manœuvre est répétée à plusieurs reprises. L'arrêt parait définitif à 3 heures. Le cœur examiné en ce moment ne parait pas renfermer de gljcogéne. Son poids était de 0, 44 centigr. Le foie de la grenouille était très riche en gljcogéne.

Ces faits sont d'autant plus significatifs que dans les conditions où la dépense d'énergie est réduite au minimum, le glycogène disparaît du cœur très lentement. Jensen en a trouvé des quantités normales dans un cœur ayant gardé pendant 5 jours ses battements spontanés dans une chambre humide. Le résultat est le même, ainsi que je m'en suis assuré, quand le cœur est incessamment lavé par du liquide de Ringer, la pression artérielle étant nulle ou négative.

Cet auteur a montré de plus que le cœur reconstitue très rapidement ses réserves de glycogène. Il est possible de le faire disparaître du cœur de la grenouille en maintenant chez cet animal un tétanos persistant plusieurs jours par des injections successives de faibles doses de strychnine. Or, si, à un moment où Ton est autorisé à supposer que tout le glycogène a disparu, on laisse l'animal se rétablir, la recherche du glycogène donne un résultat positif.

Jensen conclut de ces expériences qu'au moins pendant un certain temps le cœur peut travailler norjnalement sans glycogène. Le fait est possible, à moins que l'on n'arrive pas à déceler cette substance lorsqu'il n'en existe plus que des quantités très faibles.

Quoi qu'il en soit, les cœurs de grenouilles strychnisées peuvent être employés à des circulations artificielles avec le liquide de Ringer et développer un effort assez énergique. La contraction ne s'effectue cependant pas normalement, certaines fibres paraissent n'y pas prendre part^ il en résulte que le ventricule semble stricture en plusieurs endroits au moment de la systole.

Les solutions glucosées ou albuminées n'offrent pas plus d'avantages pour les cœurs de grenouilles strychnisées que pour les cœurs normaux. Si le cœur est réellement dépourvu de glycogène, il s'adresse à d'autres réserves plutôt qu'aux matériaux se trouvant à sa portée dans le liquide de circulation artificielle.

Conclusions

!• Le cœur de grenouille extirpé de l'organisme puise dans ses réserves l'énergie nécessaire à son fonctionnement.

2* L'énergie dépensée est en rapport avec le travail physiologique du muscle cardiaque et non avec le travail extérieur.

3* La dépense augmente quand la force mise en jeu dans la contraction cardiaque augmente, c'est-à-dire quand la pression s'élève.

4"* Les processus d'assimilation se font mal dans le cœur isolé et la durée de sa survie est liée, partiellement tout au moins, à l'intensité de la dépense ea réserves et, par conséquent, à la grandeur de la pression sous laquelle il travaille.

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