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RECHERCHES SUR LES EFFETS

DE LA LIGATURE DE L'ARTÈRE OU DE LA VEINE RÉNALES Par M. ALEXANDRE IQNATOVSKT

Dans un précédent mémoire^ nous avons exposé le résultat de nos expériences sur la néphrectomie et la ligature de l'uretère. Il nous reste à relate celles qui ont trait à la ligature de l'artère ou de la veine rénales. De lâ comparaison de ces expériences, nous essaierons ensuite de dégager quelques conclusions générales.

A) Ligatare de V artère rénale. - La ligature de Tartère rénale est une opération qui nous permet d'élucider Tinfluence des néphrotoxines en éliminant toutes les actions accessoires. En arrêtant par cette ligature l'afBai do sang au rein, nous supprimons son travail sécrétoire et excrétoire, et d'autre part, en supprimant sa nutrition, nous exposons le rein à la Décria aseptique.

Les modifications anatomiques du rein après la ligature de son artère sont depuis longtemps un objet d'études. La littérature sur cette question doit être rapportée au milieu du siècle passé (Cokk, Beckmann, Blessig). Vers 1880 paraît une série de travaux des meilleurs observateurs de l'époque (Litteo, Talma, Werra, et plus tard Seeiig). Toutes ces rechercbes ont prouvé quels conséquence la plus évidente de la ligature de l'artère est une hyperémie du rein. Cette hyperémie survient immédiatement après la ligature de Tartère, et son intensité va d'abord en augmentant. Selon Litten, elle n'est pas es rapport avec le reflux du sang de la veine rénale, mais a un caractère artériel. Comme cause, Litten indique la circulation collatérale entre les vaisseaux de la capsule et l'artère rénale. L'hyperémie débute dans la couche corticale et envahit les glomérules, mais la couche médullaire, du moins au commeocement, n'est pas altérée.

Plus tard, la ligature de l'artère a une influence très pernicieuse sur le tissu rénal. Après une ligature de 1 h. 1/2 à â heures, la nécrose générale do tissu rénal se produit (Litten). Ensuite a lieu dans la couche médullaire, puis dans la couche corticale, un dépôt de sels de calcium infiltrant tout la rein. Si l'arrêt de l'afllux du sang artériel dans le rein n'a pas été de longue durée (pas plus de 2 heures)^ la restitution du rein ad xnd^rwm est encore possible^ selon quelques auteurs (Werra). Les sels de calcium sont peu à peu emportés et sortent de l'organisme; l'épithélium rénal est régénéré. Ce résultat favorable n'est pas la règle : Litten le considère comme udc exception; il est d'avis que si la nécrose de Tépithélium rénal se manifeste après la ligature et si le dépôt des sels de calcium a lieu, le rein est perdu irréparablement, car tout l'organe est atrophié. La plupart des auleuR

contemporains sont du même avis (Anzilotti et Fabrini). Les recherches récentes d'Alessandrini et Guini occupent, au sujet de ces questions, une place distincte. Ne partageant pas le pessimisme des auteurs précédents, ces observateurs affirment que, dans une série de cas, les conséquences fâcheuses de l'arrêt de Tafflux du sang artériel peuvent être compensées par la circulation collatérale. Celle-ci favorise tellement la régénération du tissu rénal que la fonction du rein peut être complètement rétablie. Ainsi, dans un cas expérimental^ 73 jours après l'opération, le rein était encore si bien conservé au point de vue macro- et microscopique, que l'expérimentateur (Alessandrini) a pu enlever Tautre rein avec succès. Le cas clinique de thrombose de l'artère rénale que le même auteur a signalé en faveur de son opinion est si peu convaincant que nous ne le discuterons pas.

Quant à l'état du rein opposé, Maron admet qu'à la suite de l'oblitération expérimentale de l'artère rénale il n'existe que de Thypertrophie compensatrice du rein sain. Après une série d'expériences sur les lapins, Castaigne et Rathery ont constaté que la mortalité après la ligature de l'artère rénale est de 32 0/0. Parmi les 25 lapins opérés, 6 ont succombé 2 semaines après l'opération, et 2 ont succombé beaucoup plus tard (les 15" et 33* jours). Selon les données de ces auteurs, on peut arriver à la conclusion que la ligature de l'artère provoque les mêmes conséquences pour l'organisme que celle de l'uretère.' Comme cause de la mort des sujets opérés, ces auteurs indiquent, dans l'un et l'autre cas, les népbrotoxines, particulièrement les lésions que produisent ces toxines dans le rein opposé.

Nous avons l'ait Texpérience de la ligature de Tartère rénale sur 5 lapins. Cette opération n'est pas plus difficile que la ligature de l'uretère. Il est à remarquer que les animaux la supportent très Tacilement. Selon les constatations des observateurs, on peut affirmer que cette opération, au début, a une influence moindre sur l'état général des animaux que la néphrectomie; c'est surtout juste par rapport à l'aptitude fonctionnelle du rein opposé; ainsi la diminution de l'urine et des chlorures 5 jours après la ligature de l'artère est moindre qu'après la néphrectomie. La quantité de l'urée est augmentée, mais elle est en proportion inverse de la diminution du poids après la néphrectomie. Dans un cas seulement, l'urine, 24 heures après l'opération, contenait un peu de sang. L'exécution de l'opération dans le cas donné ne laissait pas supposer qu'il y eût eu un traumatisme du rein, et l'on peut croire que la cause de Thématurie était l'hyperémie rénale dont nous avons parié plus haut. Au bout de 2 semaines, tout revient à la normale; les animaux semblent bien portants, mais une conclusion pareille serait fausse. Vers la fin de la seconde semaine, tout change progressivement. Bien que les animaux mangent avec appétit, bien que leur poids continue à augmenter, la diurèse et 1 élimination des chlorures et de Turée diminuent progressivement. Les animaux perdent Tappétit et deviennent lents dans leurs mouvements. Leur poids diminue. Puis l'élimination de Turée augmente, tandis que celle des chlorures et de l'eau continue à diminuer. Les quantités éliminées dans celte période sont beaucoup moindres que les quantités éliminées avant Topération dans des conditions d'alimentation identiques; l'excrétion des chlorures diminue plus fortement que celle de l'eau. De temps en temps, on trouve dans les urines des traces d'albumine. Si l'on réussit à

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