‹ Journal de physiologieChapitre 521 sur 578 · J. WAITZ · texte numérisé non relu

J. WAITZ

R. Sand. La Neuronophagie (Mémoire couronné de l'Académie royale de Médecine de Belgique), un vol. de 456 pages (avec une planche hors texte et 13 figures en couleurs), Bruxelles, Hayez, 1906.

Des méthodes spéciales de différenciation sont nécessaires pour distinguer sûrement certains noyaux conjonctifs ou névrogliques d'avec les leucocytes.

Les noyaux libres du tissu nerveux normal sont uniquement névrogliques; A l'état pathologique, quelques-uns sont lymphocytuires, et plus rarement dérivent de mononucléaires ou polynucléaires, de plasma- ou mastzellen, de cellules granulo-graisseuses. La présence de cellules névrogliques autour des neurones est normale; la multiplication anormale de ces noyaux, quelquefois avec leucocytes, constitue l'infiltration ou gliome péricellulaire ; la neuronophagie est la pénétration de cellules satellites ou de leucocytes dans la cellule nerveuse, phénomène plus sou-

vent apparent que réel et plus rare qiim ne Ta cru. La neuronophagie n'atldot jamais une cellule nerveuse saine conuDt la multiplication des noyaux névroglique péricellulaires, elle est secondaire >'ëUt normal) ou à la fois primaire et secocdaire (lésions de la cellule nerveuse aret multiplication active des cellules névtogliques). La neuronophagie primaire »

rencontre dans l'inflammation « la sclîrose, la dégénérescence du tissu nervecL sauf si les cellules sont peu altérées oo h névroglie incapable de proliférer. La nesronophagie n'est pas spécifique, et n'etf pas le seul mode de disparition des cellules nerveuses, qui peuvent se dissood»

sans l'intervention d'éléments étrangers La neuronophagie par la névroglie estU règle (par l'endothélium dans les guglions nerveux); exceptionnellement des lymphocytes, des mononucléaires, des polynucléaires, viennent s j ajouter. Elk se rencontre dans toutes les parties da système nerveux, mais surtout dans l'écorce et les ganglions de la base, pms dans les ganglions cérébro-spinaux H sympathiques, ensuite dans le bulbe et la moelle, enfin dans le cervelet. Le nombre des neuronophages est en raiscH^ de la vulnérabilité des cellules nerveuses et de la prolifération névroglique. L& neuronophagie est un procède de cicairmiion du tissu nerveux, peut-être avec histolyse, mais sans phagocytose. Les processus morbides généraux entraineot.

dans le système nerveux, la sclérose, la dégénérescence ou Tinflammation, suivant leur viinilence, ou la résistance du sujet : sclérosa et dégénérescence dan* les états constitutionnels non microbiens, sclérose avec inflammation dans les maladies générales infectieuses, inflammation dans les maladies infectieuses cérébro-spinales et la paralysie générale* sclérose après la ligature de Taorte abdominale et dans les affections systématiques, gliose diffuse et altérations régressives des cellules nerveuses dans U sénilité (neuronophagie secondaire'!. L« cellules granulo-graisseuses sont probablement d'origine conjonctive; les plasmazellen, d'origine leucocytaire. Dans ce travail très consciencieux et très complet, on trouve un historique détaillé de la question, une étude de 72 cas, une bibliographie comprenant 329 noms d'auteurs. Les faits se rapportant à U rage rappellent ceux qu'ont publiés Paviot et Lesieur, mais avec pai-ticipatioa

AGENTS MÉCANIQUES. PHYSIQUES ET CHIMIQUES

du noyau lenticulaire et poljnucléose, dans ce Journal en 1902.

GH. LSSIEUR.

P. Ménétrier et Gh. Aubertin. La

leucémie myéloîde, petit in-8 de 206 pages, de l'Encyclopédie scientifique des aidemémoire. Paris, Masson et C", 1906. — Étude d'ensemble de la leucémie myéloide, basée sur des documents personnels et les travaux les plus récents. L'histoire clinique de la maladie, notamment le chapitre du diagnostic, les caractères de la splénomégaiie et son évolution, l'état du sang sont traités de façon aussi complète et aussi claire que possible. On trouvera dans ce travail un chapitre intéressant des classifications des myélomatoses, et tous les éléments du diagnostic des splenomegalies. p. j. t.

AGENTS MÉCANIQUES, PHYSIQUES ET CHIMIQUES

M. Boinet. La maladie des scaphandriers. (69) CXCVII, 2305-2318; 1906.

R. Zipkin. Auftreten von Fett in der Kôrpermuskulatur bei Durchquetschung des Halsmarks (Apparition de graisse dans les muscles après contusion de la moelle cervicale). (5) CLXXXV, 478-483; 4906. — Trois observations. Aucune conclusion pathogénique. gouget.

Vaquez. Action des rayons X sur l'organisme malade. (63) XIV, 698-705; 25 septembre 1906. — Les rayons X ont une action élective sur les éléments anormaui de l'organisme, mais leur valeur thérapeutique est différente suivant les caractères cliniques de la maladie. La radiothérapie doit poursuivre uniquement la guérison physiologique; à vouloir atteindre la disparition complète des lésions organiques on risque de provoquer des accidents irréparables.

F. Barjon et Nogler. Nouvelle et curieuse action des rayons X ; éruptions généralisées sous l'influence d'irradiations localisées. (63) XIV, 706-712; 25 septembre

J. Kentzler. Ueber expérimente! le Rûckenmarksver&nderungen nach Blutinjektionen (Des altérations médullaires

expérimentales consécutives aux injections de sang). (38) LX, 157-174; 4906.

— Les injections répétées de sang, chez le lapin, amènent, au bout d'un certain temps, la production d'une paralysie des membres postérieurs, s'étendant généralement ensuite aux membres antérieurs, et bientôt suivie de mort. Ces paralysies s'obtiennent aussi bien avec le sang de lapin qu'avec le sang d'homme ou de bœuf. La moelle épinière n'offre aucune lésion à l'œil nu ; mais, à l'examen histologique, on constate diverses altérations des cellules motrices (contours moins nets, raréfaction des corpuscules de Nissl, noyaux moins colorables etc. ) . Ces altérations s'observent surtout dans le segment sacro-lombaire.

Sont-elles dues au sérum ou aux globules? Des expériences de contrôle ont montré l'innocuité du sérum. 11 faut donc admettre que la dissolution des globules met en liberté des substances analogues aux toxines microbiennes, ou amène dans l'organisme la production de pareilles substances. Or, l'injection de sang dissous par un sérum hémoly tique et filtré produit les mêmes paralysies que celle du sang en nature; on peut en conclure que la substance toxique se trouve bien contenue dans les globules. C'est une cytoendotoxine à affinité spéciale pour les cellules motrices du système nerveux. L'auteur se demande si certaines myélites ascendantes ne pourraient s'expliquer ainsi par une auto-intoxication. gouobt.

A. Le Play. Du rôle des substances minérales en biologie. Thèse de Paris 1906, 133 pages. — L'auteur insiste tout d'abord sur les propriétés des substances minérales et sur leur mode d'action . Cette action se manifeste en biologie suivant des processus complexes physico-chimiques, physiques et chimiques. Elles agissent sur les cellules comme des diastases et sont de puissants agents de catalyse. Les propriétés électrolytiques des molécules, le dédoublement provenant de la dislocation moléculaire, les propriétés radioactives probables expliquent les courants osmotiques et l'excitation cellulaire provoquée par les substances minérales. Ces éléments jouent donc en biologie un rôle considérable; ils tiennent sous leur dépendance toutes les forces moléculaires qui régissent non seulement la forme, mais encore la nutrition et par conséquent la vie de la cellule. Leur absence ou leur trop grande abondance

JOURNAL DB PHTSIOL. ET DB PATHOL. GÉMR., 1906.

ANALYSES

en modi6ant la constitution chimique de la cellule, affaiblissent le terrain et peuvent provoquer de graves désordres.

Dans une seconde partie, Le Play expose ses recherches personnelles et étudie l'influence des substances minérales sur les processus infectieux et toxiques Administrées en quantité minime, elles augmentent le pouvoir bactéricide des humeurs et la résistance de l'organisme ; en quantité excessive leur action est défavorable, elles affaiblissent l'organisme par les lésions cellulaires qu'elles produisent. En conclusion, il résulte que les matières minérales en très minime quantité, susceptibles d'accélérer les échanges, interviennent dans les maladies de la nutrition et spécialement dans les troubles brad jtrophiques ; en second lieu, leur influence sur l'élimination, la diurèse, la diffusion des différentes substances, permet à ces matières d'influencer les intoxications d'origine interne ou externe. En troisième lieu, pour ces mêmes raisons, les infections qui ne sont que des empoisonnements microbiens subissent aussi ces influences. En quatrième lieu, les expériences sur le rôle de la minéralisation dans l'excitabilité du névraxe établissent que de tels principes ne sont pas étrangers aux réactions nerveuses. En cinquième lieu, en révélant les altérations cellulaires survenues sous l'influence des oscillations de la teneur en substances minérales, l'auteur a montré que les tares tissulaires et partant les affections viscérales dépendent aussi des matières minérales. lbsnê.

Gamiine Gianci. Sul meccanismo di azione del fenolo somministrato per via endovenosa ed ipodermica. (99) V, 351- 367; 4906. — Dans le tétanos expérimental obtenu chez les animaux au moyen de l'empoisonnement par la strychnine, l'acide phénique ne se montre nullement curalif. Il n'en est pas de même chez l'homme; l'action modératrice exercée sur les réflexes, la stimulation de la résistance obtenue par la formation de lysines et par la leucocytose expliquent les excellents résultats que donne la méthode Baccelli. e. feindel.

AGENTS FIGURES

Mlle P. Gemovodeanu et Victor Henri. Détermination du signe élec-

trique de quelques microbes pathog'^ce* (80) LXl, 200; 28 juillet 4906. — La ba^ téridie charbonneuse, le colibacille, k bacille d'EbeKh, le bacille de Kock U phléole, le staphylocoque doré sont népr tifs, c'esi-À-dire se déplacent vers le ipth* positif; le bacille de la dysenterie (Fiexner) est positif. Cette différence est et rapport avec leur colorabilité; ce deraier bacille, en effet, se colore plus faîblefflœ: et plus lentement que les autres par k bleu et la thionine, et ioTersement se colore plus rapidement et plus vivement par la fuchsine acide. Or, placés dans m champ électrique, la thionine et le bleo se déplacent vers le pôle négatif (colloîc» positifs), et la fuchsine acide vers le pèle positif (colloïdes négatifs). Le signe éif**trique des microbes reste le même quand ils sont tués par la chaleur; Tacidifiâtion diminue et même rend nulle li charge électrique. p. nobégoubt.

E. Levy, F. Blumenthal ei A. Marxer. Abtôtung und Abscfawi-

chung von Mikroorganismen durch dl^ misch indifférente Kôrper (Destruction r. atténuation de microbes par des corps chimiquement indifférents). (14) XLll, 265-270; 1906. — La glycérine ou le sucrt et mieux l'urée en solutions coDcentrèes ont le pouvoir de tuer les bactéries et d'extraire certaines de leurs parties coqsti tuantes par osmonocivitë. On peut «ie même atténuer les bactéries et les employer & la production de vaccins : 1^ auteurs ont pu protéger ainsi des animaui contre des doses mortelles de tuberculose, de morve ou de flèvre typhoïde.

CH. ssirsiN.

Mcuc Liissauer. Uber den Bakterie»

gehalt menschlicher und tierischer Pires (Les bactéries des fèces humaines et animales). (4) LVllI, 136-450; 1906 — L abmentation végétale ou carnée ne fait pas varier beaucoup la quantité de bactérie contenues dans les selles. Les chiens pré^ sentent des variations sensibles soivaBî qu'on les alimente avec de la viande ou des légumes. La vache a des selles riches en bactéries; les selles du lapin très sèches renferment peu de bactéries. Bibliographie. V. MOXTAGABD

Klieneberger. Beitrâge zum saprophytischen Vorkommen hârooglobiiKv philer Bacillen (Les bacilles hémoglobisophiles saprophytes). (18) XXXIl, loijîi»:

AGENTS FIGURÉS

27 septembre 4906. — Les bacilles hémoglobiaophiles retrouvés dans la vessie et dans le pus du pancréas avaient des provenances saproph^ tiques. Deux cas d'abcès abdominaux avec intervention conOrment cette donnée.

y. MONTAGARD.

G. Frœnkel et E. Baumann. Untersuchungen ûber die Infektiositât verschiedener Kulturen des Tuberkelbazillus (Recherches sur le pouvoir infectant de diverses cultures tuberculeuses). (37) LIV, 247-262; 1906. — Laboratoire Frœnkel à Halle. Les auteurs ont essayé d'étudier la virulence des bacilles tuberculeux de diverses provenances sur le lapin, le rat et la souris. Ces animaux sont impropres à cette étude. Le cobaye seul est utilisable. Avec cet animal, on trouve rarement des différences sensibles dans la virulence des bacilles. Des cultures maintenues vivantes sur milieux artificiels depuis des années, avaient à peu prés la même virulence que les cultures tirées des animaux. Des cultures datant de 6 ans ont gardé le même pouvoir d'infection. Les auteurs confirment les travaux de Gourmont et Dor, de Silvestrini.

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